Le pronom « tu » est singulier en...
Le pronom « tu » est singulier en grec. Il désigne ici un Juif complaisant hypothétique, persuadé de sa supériorité sur les païens et convaincu d’échapper au jugement divin. Paul adopte un style littéraire hellénistique courant, la diatribe, où il met en scène un débat entre lui-même et un interlocuteur fictif afin de rallier son auditoire à son point de vue. • tu fais les mêmes choses : Paul souligne que les Juifs, tout comme les païens, rejettent la révélation divine pour suivre leur propre voie.
1O homme, qui que tu sois, toi qui juges, tu es donc inexcusable; car, en jugeant les autres, tu te condamnes toi-même, puisque toi qui juges, tu fais les mêmes choses.
2Nous savons, en effet, que le jugement de Dieu contre ceux qui commettent de telles choses est selon la vérité.
3Et penses-tu, ô homme, qui juges ceux qui commettent de telles choses, et qui les fais, que tu échapperas au jugement de Dieu?
4Ou méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longanimité, ne reconnaissant pas que la bonté de Dieu te pousse à la repentance?
5Mais, par ton endurcissement et par ton cœur impénitent, tu t’amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu,
Paul utilise un chiasme (disposition en « X...
Paul utilise un chiasme (disposition en « X ») pour illustrer son propos :
A Dieu juge tout le monde de la même manière (2.6)
B La vie est la récompense pour ceux qui font le bien (2.7)
C La colère est la sanction pour ceux qui font le mal (2.8)
C′ La colère de Dieu s'abat sur ceux qui commettent le mal (2.9)
B′ La vie est accordée à ceux qui pratiquent le bien (2.10)
A′ Dieu ne fait aucune distinction entre les hommes (2.11)
6qui rendra à chacun selon ses œuvres;
7réservant la vie éternelle à ceux qui, par la persévérance à bien faire, cherchent l’honneur, la gloire et l’immortalité;
8mais l’irritation et la colère à ceux qui, par esprit de dispute, sont rebelles à la vérité et obéissent à l’injustice.
9Tribulation et angoisse sur toute âme d’homme qui fait le mal, sur le Juif premièrement, puis sur le Grec!
10Gloire, honneur et paix pour quiconque fait le bien, pour le Juif premièrement, puis pour le Grec!
11Car devant Dieu il n’y a point d’acception de personnes.
12Tous ceux qui ont péché sans la loi périront aussi sans la loi, et tous ceux qui ont péché avec la loi seront jugés par la loi.
13Ce ne sont pas, en effet, ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ce sont ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés.
Paul explique que les païens qui obéissent instinctivement...
Paul explique que les païens qui obéissent instinctivement à la loi montrent qu'ils en ont une certaine connaissance. Ils pourraient être des païens devenus chrétiens, car l'idée d'une loi écrite dans leurs cœurs (2.15) fait allusion à la prophétie de la nouvelle alliance (Jr 31.31–34). Mais ils pourraient aussi être des non-chrétiens issus du paganisme, qui perçoivent la loi morale de Dieu par leur conscience. Dans ce cas, Paul ferait allusion à la loi naturelle pour souligner que tous les êtres humains sont responsables devant Dieu de certaines exigences morales fondamentales.
14Quand les païens, qui n’ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n’ont point la loi, une loi pour eux-mêmes;
15ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s’accusant ou se défendant tour à tour.
16C’est ce qui paraîtra au jour où, selon mon Évangile, Dieu jugera par Jésus-Christ les actions secrètes des hommes.
La fierté des Juifs reflète l'enseignement de l'Ancien...
La fierté des Juifs reflète l'enseignement de l'Ancien Testament et de la tradition juive concernant les privilèges et les responsabilités que Dieu leur a confiées. Il leur a donné sa loi, établi une relation particulière avec eux et les a appelés à être une lumière pour les païens (voir Es 42.6–7). Les Juifs n'avaient pas tort de profiter de ces bénédictions : leur erreur résidait dans leur incapacité à vivre à la hauteur de cette position privilégiée.
17Toi qui te donnes le nom de Juif, qui te reposes sur la loi, qui te glorifies de Dieu,
18qui connais sa volonté, qui apprécies la différence des choses, étant instruit par la loi;
19toi qui te flattes d’être le conducteur des aveugles, la lumière de ceux qui sont dans les ténèbres,
20le docteur des insensés, le maître des ignorants, parce que tu as dans la loi la règle de la science et de la vérité;
Paul recourt de nouveau au style de la...
Paul recourt de nouveau au style de la diatribe pour mettre en lumière l’incohérence des revendications juives (voir note d'étude sur 2.1–5).
21toi donc, qui enseignes les autres, tu ne t’enseignes pas toi-même! Toi qui prêches de ne pas dérober, tu dérobes!
22Toi qui dis de ne pas commettre d’adultère, tu commets l’adultère! Toi qui as en abomination les idoles, tu commets des sacrilèges!
23Toi qui te fais une gloire de la loi, tu déshonores Dieu par la transgression de la loi!
24Car le nom de Dieu est à cause de vous blasphémé parmi les païens, comme cela est écrit.
25La circoncision est utile, si tu mets en pratique la loi; mais si tu transgresses la loi, ta circoncision devient incirconcision.
26Si donc l’incirconcis observe les ordonnances de la loi, son incirconcision ne sera-t-elle pas tenue pour circoncision?
27L’incirconcis de nature, qui accomplit la loi, ne te condamnera-t-il pas, toi qui la transgresses, tout en ayant la lettre de la loi et la circoncision?
28Le Juif, ce n’est pas celui qui en a les dehors; et la circoncision, ce n’est pas celle qui est visible dans la chair.
29Mais le Juif, c’est celui qui l’est intérieurement; et la circoncision, c’est celle du cœur, selon l’esprit et non selon la lettre. La louange de ce Juif ne vient pas des hommes, mais de Dieu.