Ce passage conclut la section débutée en 11.1....
Ce passage conclut la section débutée en 11.1. L'échec d'Israël, qui ne produit pas de bon fruits (11.12–26 ; 12.38–40), et l'hostilité de ses dirigeants envers le Messie, l'oint de Dieu (11.1–11, 27–33; 12.13–17, 18–27), vont entraîner un jugement et la destruction de Jérusalem et du temple.
1Lorsque Jésus sortit du temple, un de ses disciples lui dit: Maître, regarde quelles pierres, et quelles constructions!
2Jésus lui répondit: Vois-tu ces grandes constructions? Il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit renversée.
André apparaît ici avec le trio formé par...
- André apparaît ici avec le trio formé par Pierre, Jacques, et Jean (5.37 ; 9.2 ; 14.33), qui vient compléter les deux duos de frères (1.16–20 ; 3.16–18).
- La prophétie de Jésus a suscité deux questions de la part des disciples. Bien que certains érudits soutiennent que la deuxième question va au-delà de la première, en interrogeant sur les signes qui accompagneront la venue du Fils de l'homme à la fin des temps, il est préférable d'interpréter ces deux questions comme se concentrant sur le moment et le signe associé à la destruction de Jérusalem et du temple (voir 13.29–30 ; Lc 21.7). Ces questions découlent naturellement de la prophétie annoncée par Jésus dans 13.2. Le désir de connaître les signes annonciateurs de toutes ces choses est évocateur du désir des disciples d'être prévenus et préparés pour ces évènements.
3Il s’assit sur la montagne des oliviers, en face du temple. Et Pierre, Jacques, Jean et André lui firent en particulier cette question:
4Dis-nous, quand cela arrivera-t-il, et à quel signe connaîtra-t-on que toutes ces choses vont s’accomplir?
Cette section est souvent divisée en deux parties,...
- Cette section est souvent divisée en deux parties, 13.5–13 et 13.14–23. La première partie est souvent interprétée comme décrivant la destruction de Jérusalem, qui a eu lieu en l'an 70, tandis que la deuxième partie est interprétée comme décrivant la venue du Fils de l'homme, encore à venir. Il est cependant préférable d'interpréter l'ensemble de 13.5–23 comme décrivant les événements entourant la destruction de Jérusalem en l'an 70 car : (1) 13.5–23 est la réponse de Jésus aux deux questions (13.4) qui traitent de la destruction de Jérusalem (13.2); (2) Les commandements de fuir la Judée (13.14–16), le malheur annoncé aux femmes enceintes et allaitantes (13.17), et la prière pour que cela n'arrive pas en hiver (13.18) n'ont du sens que s'ils renvoient aux événements de l'an 70, mais pas s'ils renvoient au retour futur du Christ ; (3) Trois avertissements (13.5,9,23) font le lien entre les différentes parties de cette section, et indiquent que 13.5–23 devrait être compris comme une unité.
- Les subdivisions de cette section sont disposées en chiasme (motif en forme de X) : A: Des faussaires prétendent être le Messie (13.5–6). B: Il y a des échos de combats et de catastrophes naturelles (13.7–8). C: On assiste la persécution des croyants (13.9–13). B': Les combats en Judée et la tribulation qui en résulte commencent (13.14–20). A': Des faussaires prétendent être le Messie (13.21–23).
Jésus met en garde ses disciples afin qu'ils...
Jésus met en garde ses disciples afin qu'ils ne se laissent pas tromper par les nombreux faux messies qui pourraient venir, armés de grandes prétentions, trompant par là même beaucoup de personnes. Ces faussaires prétendraient être le Messie juif tant attendu (et non pas Jésus en soi), ou parler au nom du Messie. Parmi ces prétendants ont figuré Theudas le Galiléen (Ac 5.36), Simon Bargiora, ou encore Jean de Gischala. Ils ont trompé beaucoup de personnes dans les années 60 de notre ère.
5Jésus se mit alors à leur dire: Prenez garde que personne ne vous séduise.
6Car plusieurs viendront sous mon nom, disant; C’est moi. Et ils séduiront beaucoup de gens.
7Quand vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres, ne soyez pas troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin.
8Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume; il y aura des tremblements de terre en divers lieux, il y aura des famines. Ce ne sera que le commencement des douleurs.
9Prenez garde à vous-mêmes. On vous livrera aux tribunaux, et vous serez battus de verges dans les synagogues; vous comparaîtrez devant des gouverneurs et devant des rois, à cause de moi, pour leur servir de témoignage.
10Il faut premièrement que la bonne nouvelle soit prêchée à toutes les nations.
11Quand on vous emmènera pour vous livrer, ne vous inquiétez pas d’avance de ce que vous aurez à dire, mais dites ce qui vous sera donné à l’heure même; car ce n’est pas vous qui parlerez, mais l’Esprit-Saint.
Les chrétiens persécutés n'avaient aucun groupe, pas même...
Les chrétiens persécutés n'avaient aucun groupe, pas même leur propre famille, vers lequel ils pouvaient se réfugier pour avoir de l'aide (voir Mt 10.35–36 ; Lc 12.53). Ils vont être universellement haïs en raison de leur allégeance à Jésus, parce qu'ils sont ses disciples. Ceux qui restent fidèles jusqu'à la mort vont ainsi être sauvés de la punition éternelle (voir aussi Mc 8.35 ; Ap 2.7,10,17,26–28 ; 3.5,12,21).
12Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant; les enfants se soulèveront contre leurs parents, et les feront mourir.
13Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom, mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé.
Le signe demandé en 13.4 est maintenant révélé...
Le signe demandé en 13.4 est maintenant révélé par Jésus, et il instruit ses disciples sur la manière dont ils doivent réagir lorsqu'ils le verront advenir. Dans 13.5–13, il leur était dit de ne pas être alarmés. Ici, ils sont informés que ceux qui sont en Judée doivent fuir vers les collines.
14Lorsque vous verrez l’abomination de la désolation établie là où elle ne doit pas être, que celui qui lit fasse attention, alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes;
Après avoir discerné et vu le signe de...
Après avoir discerné et vu le signe de l'abomination, une personne flânant sur le toit de sa maison en Judée ne devait même pas prendre le temps de faire ses bagages, mais descendre et fuir. De même, une personne présente au champ ne devrait pas rentrer chez elle pour récupérer son manteau. Dès l'apparition du signe de 13.14, les croyants devaient donc fuir devant l'armée romaine qui approchait. L'armée romaine ne pratiquait pas le principe de la "guerre éclair". Elle avait plutôt pour principe d'avancer avec prudence, de manière méthodique et implacable. Mais Jésus a mis en garde contre ceux qui auraient pu être tentés de patienter jusqu'au dernier moment pour fuir, en attendant de voir comment les choses allaient évoluer.
15que celui qui sera sur le toit ne descende pas et n’entre pas pour prendre quelque chose dans sa maison;
16et que celui qui sera dans les champs ne retourne pas en arrière pour prendre son manteau.
17Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là!
18Priez pour que ces choses n’arrivent pas en hiver.
19Car la détresse, en ces jours, sera telle qu’il n’y en a point eu de semblable depuis le commencement du monde que Dieu a créé jusqu’à présent, et qu’il n’y en aura jamais.
20Et, si le Seigneur n’avait abrégé ces jours, personne ne serait sauvé; mais il les a abrégés, à cause des élus qu’il a choisis.
La section plus large (13.5–23) se conclut par...
- La section plus large (13.5–23) se conclut par un autre avertissement concernant des personnes qui prétendraient être le Messie. Ici, les prétendants sont associés aux événements de l'an 70, alors qu'en 13.5–6, ils étaient associés au cours normal des événements. En plus des faux messies, des prophètes de mensonge apparaîtront et accompliront des signes et des prodiges (13.22), espérant tromper non seulement les juifs de Judée et de Jérusalem, mais aussi les chrétiens (les élus de Dieu). Jésus a averti ses disciples de ne pas croire en de tels hommes. Lorsque le Messie viendra du ciel (13.26), tout le monde le verra et le reconnaîtra (voir Ap 1.7).
- L'invitation à être prudent et sur ses gardes vient unifier et conclure la section (Mc 13.5–23). L'exhortation de Jésus à ne pas se laisser tromper pas de faux messie n'a pas été suivie pas tous ses contemporains, puisque beaucoup de Juifs ont cédé à de telles revendications à la fin des années 60 de notre ère, et Flavius Josèphe (Antiquités juives 17.10.8) a pu décrire les grands dommages causés par ces faux prétendants, qui ont encouragé le peuple juif à la révolte contre les Romains. Rien ne devait détourner les chrétiens de fuir la Judée et Jérusalem lorsqu'ils verraient l'abominable dévastation (annonciatrice de la profanation) émerger.
- Pour les lecteurs de l'évangile de Marc qui se situaient à Rome, le message de Jésus devait avoir une application différente. Marc veut que ses lecteurs se méfient de ceux qui s'appuient sur des calendriers pour annoncer l'imminence d'une prophétie. Ils ne pouvaient pas connaître le moment de sa venue (13.32), et toute frénésie autour du second avènement du Christ était interdite. Cependant, ils devaient être vigilants (13.33–37) et se préparer à la persécution (13.9–13; voir 8.34–38) selon les paroles adressées par Jésus (13.11,13).
21Si quelqu’un vous dit alors: Le Christ est ici, ou: Il est là, ne le croyez pas.
22Car il s’élèvera de faux Christs et de faux prophètes; ils feront des prodiges et des miracles pour séduire les élus, s’il était possible.
23Soyez sur vos gardes: je vous ai tout annoncé d’avance.
Dans certains passages du Nouveau Testament, il est...
Dans certains passages du Nouveau Testament, il est parlé du son d'une trompette qui accompagne la seconde venue de Jésus (1Th 4.16). Cela semble être métaphorique puisque dans l'Ancien Testament, un langage cosmique est fréquemment utilisé pour décrire (métaphoriquement) des événements historiques (voir Es 11.1–9 ; 13.9–11 ; Jr 4.23–28 ; Ez 32.1–16). Il est donc possible que cette imagerie puisse renvoyer à un événement passé, tel que la destruction de Jérusalem, si c'est le sens de Mc 13.24–27. Cependant, les auteurs du Nouveau Testament ont clairement associé la venue du Fils de l'homme au retour futur de Jésus, un retour personnel et visible (voir Ac 1.9–11).
De nombreux érudits soutiennent que les signes cosmiques...
De nombreux érudits soutiennent que les signes cosmiques de 13.24–25, la venue du Fils de l'homme en 13.26, et le rassemblement des élus du monde entier en 13.27 sont des façons métaphoriques de renvoyer à la destruction de Jérusalem, qui a eu lieu en l'an 70 de notre ère, et qui vient confirmer la véracité des annonces prophétiques de Jésus. Cependant, l'interprétation traditionnelle diffère quelque peu : alors que les éléments vus précédemment renvoyaient bien à la destruction de Jérusalem, ce passage renvoie par contre à la venue du Fils de l'homme qui se produira à la fin de l'histoire (la parousie). Cette interprétation convient mieux pour différentes raisons : (1) Le temps de détresse du v.24 fait référence à la destruction de Jérusalem, et les événements mentionnés se déroulent après ce temps, pas en même temps. Les jours en question se déroulant après ce temps de détresse peuvent se produire à tout moment après les événements de 13.5–23; (2) Plusieurs mots utilisés dans 13.26 sont utilisés ailleurs pour décrire la venue du Fils de l'homme : gloire (8.38), puissance et nuée (14.62); et (3) à la lumière du désir de l'Église et de sa prière pour que le Seigneur revienne (1Co 16.22 ; Ap 22.20), les lecteurs de Marc ont pu interpréter Mc 13.26 comme faisant référence à la seconde venue de Jésus, qui allait mettre fin à l'histoire telle que nous la connaissons. Les prophètes, Jésus et les auteurs des évangiles ont décrit cet événement comme s'ils l'avaient vu à travers un télescope, et la distance entre les événements n'est pas toujours très claire ; personne ne sait quand cet événement adviendra, si ce n'est Dieu lui-même (13.32). Les événements de 13.5–23 et 13.24–27 font partie du même grand ensemble d'œuvres de Dieu, qui inclut la venue du Fils de l'homme, son ministère, sa mort et sa résurrection, le jugement de Jérusalem en l'an 70 de notre ère, et la venue finale du Fils de l'homme dans la gloire.
24Mais dans ces jours, après cette détresse, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière,
25les étoiles tomberont du ciel, et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées.
26Alors on verra le Fils de l’homme venant sur les nuées avec une grande puissance et avec gloire.
27Alors il enverra les anges, et il rassemblera les élus des quatre vents, de l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel.
Dans ce passage, on retrouve une instruction tirée...
Dans ce passage, on retrouve une instruction tirée de la parabole du figuier (13.28–30), ainsi que deux autres dires (13.30–31). On y trouve des liens étroits avec la section 13.4–23 (voir v.4 ; v. 14; v. 29).
28Instruisez-vous par une comparaison tirée du figuier. Dès que ses branches deviennent tendres, et que les feuilles poussent, vous connaissez que l’été est proche.
29De même, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte.
30Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n’arrive.
31Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.
Tout comme 13.28–31 semble reprendre le thème de...
Tout comme 13.28–31 semble reprendre le thème de 13.5–23 en parlant de la destruction de Jérusalem, 13.32–37 reprend apparemment le thème de 13.24–27 et parle de la venue du Fils de l'homme. On retrouve un avertissement introductif contre les spéculations concernant la fin des temps (13.32) qui est suivi d'une exhortation à se tenir en éveil, car on ne peut pas connaître le moment de la fin (13.33). Jésus va raconter une histoire pour illustrer le besoin d'être prêt pour le retour du Seigneur (13.34), et il va donner des applications qui réitèrent le besoin de veiller, de peur de ne pas être prêts (13.35–36) ; l'avertissement final invite également à rester vigilants (13.37).
32Pour ce qui est du jour ou de l’heure, personne ne le sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul.
Ces versets contiennent plusieurs variations à partir du...
Ces versets contiennent plusieurs variations à partir du même avertissement de base, appelant à rester vigilants.
33Prenez garde, veillez et priez; car vous ne savez quand ce temps viendra.
L'argument donné n'est pas que le retour du...
- L'argument donné n'est pas que le retour du Seigneur est quelque chose d'incertain (voir Mt 24.45–51 ; 25.1–30 ; Lc 12.36–38 ; 19.12–27), mais qu'il n'y aura pas de signes ou d'avertissements avant son arrivée. La parabole est allégorique à au moins deux égards, le maître (kurios en grec) étant compris comme le Seigneur [kurios] Jésus-Christ, et les serviteurs de la maison comme la communauté chrétienne. Mais voir dans le portier une image allégorique pour parler d'un apôtre (comme Pierre) est un développement ultérieur au Nouveau Testament.
- Les quatre périodes de la nuit (le soir, au milieu de la nuit, au chant du coq, ou à l'aube) correspondent à la division romaine de la nuit, en quatre veilles de trois heures chacune. La signification de ce verset est simplement que le maître peut revenir à tout moment pendant la nuit.
34Il en sera comme d’un homme qui, partant pour un voyage, laisse sa maison, remet l’autorité à ses serviteurs, indique à chacun sa tâche, et ordonne au portier de veiller.
35Veillez donc, car vous ne savez quand viendra le maître de la maison, ou le soir, ou au milieu de la nuit, ou au chant du coq, ou le matin;
36craignez qu’il ne vous trouve endormis, à son arrivée soudaine.
37Ce que je vous dis, je le dis à tous: Veillez.