Jérusalem, la nouvelle

Le nom « nouvelle Jérusalem » n'est mentionné que deux fois dans la Bible, vers le début et vers la fin du livre de l'Apocalypse (Ap 3.12 ; 21.2). La première grande vision du livre contient les lettres adressées aux Églises d'Asie. Dans celles-ci, le Christ ressuscité parle à ses Églises qui traversent de grandes épreuves dans ce monde. Parmi les promesses à ceux qui vaincront se trouve celle que ceux qui triomphent du mal et persévèrent dans la foi seront un jour citoyens de la nouvelle Jérusalem. La dernière des visions du livre montre l'accomplissement de cette promesse. Le peuple de Dieu victorieux habite dans la ville, qui sera leur demeure dans le nouveau monde.

Toutefois, ce passage ne dit pas exactement ce que sera la nouvelle Jérusalem. Plus de détails sont donnés sur sa description que sur ce qu'elle est.

Description de la nouvelle Jérusalem

Un ange emmène Jean au sommet d'une montagne pour lui montrer la nouvelle Jérusalem. Dans le récit qui suit (Ap 21.10–22.5), la première chose que Jean remarque est la lumière qui éclaire la ville. Elle est semblable à un joyau et reflète « la gloire de Dieu » (21.10–11).

Il décrit ensuite sa muraille et ses portes (21.12–14). Les 12 portes portent les noms des tribus d'Israël. Le mur entre chaque porte et la suivante est d'une seule « fondation » ou un bloc et porte le nom de l'un des 12 apôtres de Christ. Les dimensions de la ville sont indiquées (v. 15–17). Elle mesure 2 220 kilomètres de largeur, de longueur et de hauteur. Sa muraille a environ 66 mètres d'épaisseur ou de hauteur.

Les dimensions équivalentes en mètres voilent cependant ce que Jean aurait probablement pensé être beaucoup plus important. Selon les unités de mesure bibliques, la ville fait 12 000 stades de largeur et son mur 144 coudées d'épaisseur. Ce sont là des chiffres symboliques. En tant que multiples de 12, ils représentent la perfection, tout comme les autres multiples de 12 dans l'Apocalypse (p. ex. 7.4–8).

Après cela, Jean décrit les matériaux dont la nouvelle Jérusalem est faite (21.18–21). La muraille est en jaspe. Ses fondements sont incrustés d'autres pierres précieuses. Ses portes sont des perles et les rues ainsi que les bâtiments intérieurs sont en « d'or pur, semblable à du verre pur ».

Jean souligne ensuite ce qui est absent de la ville (v. 22–27) : il n'y a ni temple, ni soleil, ni lune, ni nuit. Les portes ne sont pas fermées et on n'y trouve aucun mal. Enfin, il y a les trois merveilles qui s'y trouvent (22.1–5) : le fleuve d'eau de la vie, l'arbre de vie, ainsi que le trône et la présence de Dieu lui-même.

C'est donc ainsi que Jean décrit la nouvelle Jérusalem. Cependant, il était plus important pour lui que nous comprenions ce qu'elle est véritablement et ce qu'elle représente que ce à quoi elle ressemble physiquement.

Arrière-plan de la nouvelle Jérusalem

Ancien Testament

L'Ancien Testament (AT) présente la cité de David, l'ancienne Jérusalem, comme le lieu d'où Dieu régnait et était présent parmi son peuple. Dans cette Jérusalem se trouvaient le Temple, où les sacrificateurs étaient de service, et le trône des rois qui gouvernaient en tant que représentants de Dieu. Cette Jérusalem était la métropole ou ville mère d'Israël, le peuple de Dieu.

Les prophètes de l'AT ont vécu le déclin de l'ancienne Jérusalem. Dans la douleur et la colère, ils l'ont vue manquer à son extraordinaire destinée, infectée par le péché. Ses rois et ses sacrificateurs ont été de plus en plus infidèles à leurs vocations devant Dieu. Eux-mêmes et le peuple de la ville et du pays sont devenus des insensés. C'est alors que deux prophètes en particulier ont commencé à parler d'une Jérusalem qui, un jour, serait ce qu'elle était censée être :

  • Ézéchiel (chap. 40–48) reçoit des visions de la reconstruction détaillée de la ville et de son Temple.

  • Ésaïe (chap. 52, 60–66) décrit cette Jérusalem des derniers temps de façon encore plus spectaculaire.

Les visions de ces deux prophètes sont étroitement liées à la vision de Jean dans Apocalypse 21–22.

Écrits juifs entre l'Ancien Testament et le Nouveau

Les auteurs juifs de livres écrits entre l'Ancien Testament et le Nouveau (livres qui ne font pas partie de la Bible) sont encore plus désillusionnés par les événements. Eux aussi encouragent leurs lecteurs à ne pas espérer la restauration de la Jérusalem terrestre. Ils les encouragent plutôt à espérer la venue d'une Jérusalem céleste, qu'ils décrivent de façon très imaginative. Selon eux, elle existe déjà et, à la fin des temps, Dieu la fera descendre du ciel. Elle deviendra alors la métropole de son peuple, peuplée et magnifique, le lieu de son Temple et de son trône. En fait, ce que ces auteurs apocalyptiques ont imaginé ressemble à bien des égards à ce que Jean voit et rapporte dans l'Apocalypse.

Nouveau Testament

La Jérusalem de l'AT était la ville mère d'Israël et représentait le peuple de Dieu dans son ensemble. Le NT décrit aussi le fait que Dieu rachète un peuple pour lui-même, qui vient de toutes les nations et de toutes les époques. Il s'agit d'un bien plus grand « Israël » dont l'Israël de l'AT fait également partie. Il est donc logique que la dernière révélation dans la Bible (Apocalypse) donne une vision de ce peuple immense, qui habite enfin chez lui dans la véritable ville mère, une nouvelle et bien plus remarquable Jérusalem.

Jésus et le règne de Dieu

Jésus donne des détails remarquables sur ces choses qui concernent le futur. Il ne prédit pas seulement la destruction de Jérusalem et de son Temple (Marc 13 ; Lc 19.41–44). Si c'était le cas, beaucoup de questions sur la suite seraient restées sans réponses. En effet, la Jérusalem terrrestre avait une vocation importante. Elle était étroitement liée au règne de Dieu sur terre. Si cette Jérusalem devait être détruite, comment s'accomplirait cette vocation ? Où est-ce que le peuple de Dieu trouverait alors son trône et son Temple ?

Certaines des paroles de Jésus nous aident à trouver une réponse à ces questions. En effet, depuis l'Incarnation, le règne et la présence de Dieu sont centrés sur lui-même (Mt 28.18 ; Jn 14.9). C'est lui qui a inauguré le royaume de Dieu et qui incarne sa présence et son règne d'une façon nouvelle. De plus, ce que les écrits du Nouveau Testament révèlent à propos de la nouvelle Jérusalem fait également partie de la réponse à ces questions.

Nouveauté de toutes choses

Il y a deux mots grecs différents qui se traduisent en français par « nouveau » ou « nouvelle ». Quelque temps après la destruction de Jérusalem en 70 apr. J.‑C., l'empereur Hadrien fait construire une « nouvelle » Jérusalem. Le sens du mot « nouvelle » dans ce contexte est que c'est la dernière version d'une série de villes construites à ce même endroit et qui porte ce nom. Toutefois, dans la vision de Jean, le mot « nouvelle » met l'accent sur le fait qu'elle est différente de celle d'avant.

Le NT parle de la même manière de la nouvelle alliance et d'un nouveau commandement (Jn 13.34 ; Hé 8.8), de la nouvelle créature et du nouvel homme (2Co 5.17 ; Ep 2.15). La vision de Jean souligne ce type de nouveauté également en parlant de sept choses qui n'existeront « plus » dans le nouveau ciel et la nouvelle terre : plus de mer, de mort, de deuil, de larmes, de douleur, de malédiction (LSG : anathème) ou de nuit (Ap 21.1, 4 ; 22.3–5). À ces égards, tout sera nouveau et différent, y compris la nouvelle Jérusalem.

La nouvelle Jérusalem et le peuple de Dieu

Quatre autres passages du NT aident à donner un contexte à Apocalypse 21 :

  • Dans Galates 4.26, Paul parle de la « Jérusalem d'en haut », la ville mère de tous ceux qui reçoivent le salut par la foi, par opposition à l'ancienne Jérusalem, à laquelle appartiennent ceux qui cherchent à plaire à Dieu en essayant de gagner leur salut par la loi (v. 5).

  • Dans Éphésiens 5.25–32, il parle de l'épouse du Christ (c'est-à-dire l'Église). Dans la vision de Jean, l'« épouse » est la « ville » (Ap 21.9–10).

  • Dans Philippiens 3.20, il est dit que la cité céleste n'est pas simplement la future demeure des croyants mais aussi le lieu de leur « citoyenneté » actuelle.

  • Hébreux 12.22 parle de ceux qui croient comme s'étant approchés de la « Jérusalem céleste ». En d'autres termes, cette nouvelle Jérusalem est la demeure de tout le peuple croyant de Dieu, Juifs et non-Juifs, des temps de l'AT et du NT.

Ainsi, il semble que la nouvelle Jérusalem ne soit pas seulement future, mais qu'elle existe déjà, d'une certaine manière, dans le présent. Que devons-nous donc penser de la vision de Jean ?

Ce que représente la ville

Certains de ceux qui attendent un futur règne millénaire (un règne terrestre de Christ qui commencera après son avènement, durera 1 000 ans et sera suivi de la défaite finale de Satan) croient que la nouvelle Jérusalem arrivera pendant ce règne. En effet, ils comprennent certaines indications concernant la nouvelle Jérusalem comme convenant mieux à cette période qu'au règne éternel qui suivra (Ap 21.24–26 ; 22.2). Ils voient la nouvelle Jérusalem comme une ville réelle au sens littéral et physique du mot. Dans ce cas, elle sera en forme de cube, ou peut-être de pyramide. Certains l'imaginent même planant comme un immense vaisseau spatial au-dessus de la surface de la terre.

Cependant, la plupart de ceux qui croient en un futur règne millénaire de Christ et beaucoup de ceux qui n'y croient pas dans le sens littéral mentionné ci-dessus, pensent que Jean décrit la ville telle qu'elle sera dans l'éternité. Eux aussi pensent qu'il s'agit d'une ville au sens littéral, ou alors ils croient que les détails descriptifs de ces chapitres (les dimensions de la ville, les matériaux, etc.) sont la seule manière dont Jean pouvait décrire quelque chose qui est en fait indescriptible (bien que réel).

D'autres considèrent que la nouvelle Jérusalem représente la ville idéale de Dieu, qui appartient non seulement à l'avenir mais aussi au présent. Selon eux, elle existe ici et maintenant parce que c'est une vérité spirituelle et non matérielle. Certains d'entre eux croient que puisqu'il s'agit d'une réalité spirituelle, la nouvelle Jérusalem vient continuellement aux hommes « d'auprès de Dieu » (21.2).

Le fait demeure, bien sûr, que tout ce que Jean décrit dans les deux derniers chapitres de l'Apocalypse appartient à un monde qui n'apparaîtra qu'après la disparition du premier ciel et de la première terre, un monde qui est (pour nous, en tout cas) encore futur.

En tenant compte de toutes ces passages, il est possible de comprendre la nouvelle Jérusalem comme la communauté de Christ et de son peuple qui n'apparaîtra dans sa perfection que lorsque l'âge présent prendra fin. Pourtant, d'un certain point de vue, les chrétiens en font déjà partie. Cela leur donne à la fois un idéal à atteindre dans ce monde et une espérance à anticiper dans celui qui vient.

Voir aussi épouse de Christ ; Église ; Jérusalem.

Tiré du Dictionnaire biblique Tyndale, adapté par Mission Mutual. CC BY-SA 4.0.

Références Bibliques (31)

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