apocalyptique

Ce terme est dérivé du mot « apocalypse », qui lui-même vient d'un mot grec qui signifie « révélation » (montrer quelque chose qui était caché). L'adjectif apocalyptique est utilisé pour désigner un type d'écrits qui décrit certains types d'événements concernant la fin des temps (ou eschatologie, l'étude de la fin des temps). Ces événements traitent souvent du jugement.

Que sont les apocalypses ?

Les écrits « apocalyptiques » ou apocalypses sont des récits dont les auteurs ont reçu ou affirment avoir reçu des révélations de Dieu par des visions. Les visions sont décrites en détail et souvent accompagnées d'interprétations. La seconde moitié de Daniel inclut plusieurs visions de ce type (Daniel 7–12), ainsi que l'ensemble du livre de l'Apocalypse.

Les autres écrits prophétiques de l'Ancien Testament (AT) décrivent aussi parfois des visions (p. ex. Ésaïe 6 ; Amos 7–9 ; Zacharie 1–6). Cependant, dans les écrits apocalyptiques, ce type de visions occupe la place principale. Ce sont ces visions qui définissent la structure littéraire des apocalypses.

Dans certains cas, comme celui de Daniel, la vision est donnée au prophète lors d'un rêve. Dans d'autres cas, le prophète est transporté dans les lieux célestes où il voit et entend des choses qu'il doit transmettre au monde des humains (voir 2Co 12.1–4).

Le prophète apocalyptique était souvent incapable de comprendre le sens de ses visions. Dans de tels cas, un ange le lui expliquait souvent (Dn 8.15–26 ; 9.20–27 ; 10.18–12.4 ; Ap 7.13–17 ; 17.7–18).

La fin des temps dans la Bible

Ce qui va arriver à la fin des temps (l'eschatologie) est présenté de deux façons dans la Bible. Dans les deux cas, la certitude est que Dieu va agir pour sauver son peuple et punir ceux qui les oppriment.

Les livres des prophètes de l'AT se concentrent davantage sur comment Dieu va intervenir dans le cours de l'Histoire pour ramener l'humanité et la nature à la perfection qui existait avant la venue du péché. C'est l'eschatologie prophétique classique.

Dans l'eschatologie apocalyptique, le monde tel qu'il existe aujourd'hui est détruit pour refaire du monde un paradis. C'est Dieu qui accomplit tout cela.

En Israël, les écrits apocalyptiques ont gagné en importance alors qu'Israël était sous la domination de puissances étrangères. Au début du 6e siècle av. J.‑C., il y a de plus en plus en d'intérêt pour la vie après la mort, le monde céleste et le rôle des anges et de Satan dans ce qui se passe sur terre. C'est dans ce contexte que les écrits apocalyptiques deviennent plus répandus.

Le livre de Daniel, écrit au 6e siècle av. J.‑C., est le plus ancien exemple connu d'écrit apocalyptique. Le livre de Malachie a été rédigé plus tard, au 5e siècle av. J.‑C. Malachie est le dernier livre prophétique de l'AT. Il n'y aura plus de livre de prophète biblique jusqu'aux débuts du christianisme. Hormis Daniel, tous les livres apocalyptiques juifs qui ont survécu ont été écrits entre le 3e siècle av. J.‑C. et le début du 2e siècle apr. J.‑C.

Caractéristiques clés des écrits apocalyptiques

Les écrits apocalyptiques mettent l'accent sur le conflit entre Dieu et Satan. Les individus, les nations, les êtres surnaturels (anges et démons) sont soit des alliés de Dieu, soit des alliés de Satan.

La Bible a toujours décrit celui-ci comme un ennemi de Dieu et de l'humanité (Gn 3.1–19 ; Jb 1.6–12 ; 2.1–8). Sa puissance était limitée tant qu'Israël restait fidèle à l'alliance de Dieu. Mais quand Israël est devenu un territoire conquis sous la domination de puissances étrangères, la puissance temporaire de Satan dans ce monde est devenue beaucoup plus évidente pour les Israélites.

Les écrits apocalyptiques concernent souvent des puissances au pouvoir en Israël à différentes époques de l'Histoire. Ils mettent en évidence la relation entre les actions de ces nations et l'œuvre de Satan pour s'opposer à Dieu et à son peuple. Puisque que ces nations s'opposent à Dieu, elles seront finalement vaincues.

La conviction au centre des apocalypses est la suivante : qu'importe à quel point une période de l'Histoire peut être difficile, Dieu et son peuple vont triompher de leurs ennemis à la fin. Cela ne voulait pas dire que tout était écrit d'avance et qu'il fallait se résigner aux circonstances. Au contraire, il ne fallait pas perdre espoir, car Dieu est souverain et donnera la victoire ultime à son peuple face à tous ses ennemis terrestres et spirituels.

Beaucoup d'apocalypses contiennent des prédictions de ce qui arrivera à Israël ou à l'Église dans le futur, culminant avec la victoire de Dieu et de son peuple. Par exemple, dans le le rêve de Nebucadnetsar qui est interprété par Daniel, plusieurs empires étrangers sont décrits symboliquement comme faisant partie d'une statue gigantesque construite en différents matériaux. Cette statue est ensuite détruite par le royaume de Dieu qui est représenté par une pierre qui se détache d'une montagne sans l'aide d'aucune main (Dn 2:31–45).

Différences d'emphase entre la prophétie classique et la prophétie apocalyptique

L'eschatologie apocalyptique a pour signe distinctif le fait qu'une catastrophe à l'échelle mondiale doit se passer avant la victoire ultime de Dieu. Dans le livre de Daniel, Dieu intervient pour vaincre les empires des impies et le mal, puis établit son royaume. Dans le livre de l'Apocalypse, il détruit complètement le monde actuel avant d'en créer un nouveau (Ap 21.1 ; comp. avec 2P 3.10).

Le point de vue principal des apocalypses est que la situation sur Terre empirera de beaucoup avant que Dieu intervienne de façon radicale. Durant l'âge d'or où Israël était une nation indépendante (d'environ 1000 à 600 av. J.‑C.), la prophétie ne se concentrait pas sur de futures catastrophes à l'échelle mondiale. Mais cela change en 586 av. J.‑C., lorsque l'armée babylonienne détruit Jérusalem. Désormais, les prophètes commencent à parler du salut d'Israël comme nécessitant une intervention décisive de Dieu dans le cours de l'Histoire.

Les prophéties apocalyptiques considèrent alors l'Histoire en termes d'âges. L'âge présent est mauvais, et Satan et ses serviteurs agissent à travers les nations. L'âge à venir apportera les bénédictions et le règne de Dieu. Avant que le nouvel âge puisse commencer, de nombreux événements importants doivent se produire. Ces événements mettront fin à l'âge présent mauvais et inaugureront le nouvel âge. Lorsque Paul parle du « dieu de ce siècle » dans 2 Corinthiens 4.4, il fait allusion à la puissance de Satan sur « ce siècle ». (Le mot siècle est utilisé dans des versions françaises pour signifier une longue période de temps plutôt qu'une période de 100 ans).

En conséquence, une autre caractéristique des écrits apocalyptiques est l'expression d'un fort désir que Dieu raccourcisse l'époque mauvaise présente pour amener plus rapidement son royaume. Ainsi, Daniel demande : « Quand sera la fin de ces prodiges ? » (Dn 12.6) et Jean s'exclame : « Viens, Seigneur Jésus ! » (Ap 22.20). Ce désir d'une intervention rapide et de la victoire de Dieu permet de garder espoir dans des circonstances difficiles, encourageant le peuple de Dieu à vivre d'une manière digne du royaume à venir (2P 3.11–13 ; Ap 21.5–8).

Textes apocalyptiques importants

Le livre de Daniel est le seul écrit apocalyptique dans l'AT et le livre de l'Apocalypse le seul dans le NT. Cependant, il existe d'autres livres juifs et chrétiens qui contiennent des visions sur la fin des temps mais qui ne font pas partie de la Bible. Les livres apocalyptiques juifs ont été écrits entre environ 300 av. J.‑C. et 150 apr. J.‑C. Les livres apocalyptiques chrétiens ont été écrits entre environ 100 et 400 apr. J.‑C.

En plus de Daniel et de l'Apocalypse, des éléments littéraires apocalyptiques se retrouvent dans d'autres passages de la Bible. Par exemple, le discours de Jésus sur la montagne des Oliviers concernant la fin des temps (Marc 13, Matthieu 24 et Luc 21) est parfois appelé « la petite apocalypse ». Cependant, les livres qui sont considérés comme des apocalypses ont habituellement la plupart des caractéristiques qui suivent.

Mis à part Daniel et Apocalypse, les autres écrits apocalyptiques qui ont survécu ont été écrits par des auteurs qui s'identifient faussement comme quelqu'un d'autre, généralement un personnage biblique connu. C'est pourquoi ces livres sont souvent appelés pseudépigraphes. Par exemple, le livre intitulé « 1 Hénoc » a été écrit par plusieurs auteurs inconnus qui l'ont rédigé entre environ 200 av. J.‑C. et 100 apr. J.‑C. Ils ont affirmé qu'il avait été écrit par Hénoc, l'un des premiers descendants d'Adam (Gn 5.21–24). Cependant, Hénoc a vécu de nombreuses années avant que le livre ne soit réellement écrit.

D'autres apocalypses juives prétendent avoir été écrites par d'autres personnages importants de l'Ancien Testament, tels qu'Adam et Ève, Moïse, Ésaïe, Baruc, Salomon et Esdras. Comme toutes ces apocalypses ont été écrites bien plus tard et après même l'écriture du dernier livre de l'AT, il est clair que ce ne sont pas les noms de leurs véritables auteurs. Ces derniers ont peut-être voulu attribuer leurs œuvres à ces personnages de l'AT pour que les gens s'y intéressent. Affirmer que le livre venait de la main d'un personnage biblique connu lui donnait plus de poids. Les premières apocalypses chrétiennes font la même chose en prétendant avoir été écrites par des personnes importantes de l'Église apostolique comme Pierre, Paul ou Thomas.

Voir aussi écrits apocryphes, où une description plus détaillée de chacun de ces livres est donnée.

Tiré du Dictionnaire biblique Tyndale, adapté par Mission Mutual. CC BY-SA 4.0.

Références Bibliques (25)

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