1En effet, la loi, qui possède une ombre des biens à venir, et non l’exacte représentation des choses, ne peut jamais, par les mêmes sacrifices qu’on offre perpétuellement chaque année, amener les assistants à la perfection.
2Autrement, n’aurait-on pas cessé de les offrir, parce que ceux qui rendent ce culte, étant une fois purifiés, n’auraient plus eu aucune conscience de leurs péchés?
3Mais le souvenir des péchés est renouvelé chaque année par ces sacrifices;
4car il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés.
ⓘCes versets citent Psaumes 40.6–8. Le Psaume 40...
Ces versets citent Psaumes 40.6–8. Le Psaume 40 est un hymne de louange à Dieu dans lequel le psalmiste confesse son désir de faire la volonté de Dieu. L'auteur de l'épître aux Hébreux comprend que c'est Christ qui parle.
5C’est pourquoi Christ, entrant dans le monde, dit: Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps;
6tu n’as agréé ni holocaustes ni sacrifices pour le péché.
7Alors j’ai dit: voici, je viens (Dans le rouleau du livre il est question de moi) pour faire, ô Dieu, ta volonté.
ⓘL'auteur suit avec une grande précision le cheminement...
L'auteur suit avec une grande précision le cheminement de la pensée dans le psaume.
D'abord, Christ a dit que Dieu ne voulait pas de sacrifices d'animaux. L'auteur de l'épître aux Hébreux comprend cela comme le rejet par Dieu de l'ancien système de sacrifices.
Ensuite, il a dit qu'il était venu pour faire la volonté de Dieu. L'auteur de l'épître aux Hébreux y voit la volonté de Christ d'être le sacrifice suprême pour les péchés.
L'auteur de l'épître aux Hébreux conclut qu'en raison du sacrifice de Christ, Dieu a annulé la première alliance. La volonté de Dieu, comme le montre Psaumes 40.6–8, était que le Christ meure pour les péchés en tant que sacrifice, et cela ne devait être fait qu'une seule fois pour toujours.
8Après avoir dit d’abord: Tu n’as voulu et tu n’as agréé ni sacrifices ni offrandes, ni holocaustes ni sacrifices pour le péché (ce qu’on offre selon la loi),
9il dit ensuite: Voici, je viens pour faire ta volonté. Il abolit ainsi la première chose pour établir la seconde.
10C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes.
ⓘL'offrande supérieure du Christ a été décisive, contrairement...
L'offrande supérieure du Christ a été décisive, contrairement aux sacrifices faits par les prêtres de l'ancienne alliance.
11Et tandis que tout sacrificateur fait chaque jour le service et offre souvent les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais ôter les péchés,
ⓘLe sacrifice du Christ se distingue de celui...
Le sacrifice du Christ se distingue de celui des grands prêtres terrestres en ce qu'il s'est offert à Dieu lui-même comme un sacrifice, au lieu d'offrir des sacrifices d'animaux.
Après que le sacrifice a été accompli, il s'est assis à la place d'honneur (voir Ps 110:1). Au lieu de se tenir debout chaque jour comme les prêtres de l'ancienne alliance (Heb 10:11), il attend que ses ennemis soient humiliés et deviennent un marchepied sous ses pieds (Ps 110:1).
12lui, après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu,
13attendant désormais que ses ennemis soient devenus son marchepied.
14Car, par une seule offrande, il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés.
ⓘL'auteur cite à nouveau Jérémie 31.33–34 (voir Hé...
L'auteur cite à nouveau Jérémie 31.33–34 (voir Hé 8.7–12) pour étayer l'affirmation de 10.14, selon laquelle l'offrande unique de Christ dans le cadre de la nouvelle alliance a rendu les adorateurs parfaits pour toujours.
Les lois de Dieu ont été placées dans leur cœur et dans leur esprit. La relation du croyant avec Dieu a ainsi été intériorisée.
Comme l'auteur l'a montré (9.11–10.14), le sacrifice supérieur de Christ a rendu possible cette réalité de la nouvelle alliance.
15C’est ce que le Saint-Esprit nous atteste aussi; car, après avoir dit:
16Voici l’alliance que je ferai avec eux, après ces jours-là, dit le Seigneur: Je mettrai mes lois dans leurs cœurs, et je les écrirai dans leur esprit, il ajoute:
17Et je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs iniquités.
18Or, là où il y a pardon des péchés, il n’y a plus d’offrande pour le péché.
ⓘL'auteur de l'épître aux Hébreux reprend des mots...
L'auteur de l'épître aux Hébreux reprend des mots et des concepts de 4.14–16 pour délimiter et résumer la partie centrale (4.14–10.18) et pour introduire les exhortations qui suivent, offrant ainsi un résumé concis de ce livre : la nouvelle alliance, établie par le ministère supérieur de Jésus, nous donne de meilleures fondations pour nous rapprocher de Dieu et pour persévérer dans la vie chrétienne.
19Ainsi donc, frères, puisque nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire
20par la route nouvelle et vivante qu’il a inaugurée pour nous au travers du voile, c’est-à-dire, de sa chair,
21et puisque nous avons un souverain sacrificateur établi sur la maison de Dieu,
22approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience, et le corps lavé d’une eau pure.
23Retenons fermement la profession de notre espérance, car celui qui a fait la promesse est fidèle.
24Veillons les uns sur les autres, pour nous exciter à la charité et aux bonnes œuvres.
25N’abandonnons pas notre assemblée, comme c’est la coutume de quelques-uns; mais exhortons-nous réciproquement, et cela d’autant plus que vous voyez s’approcher le jour.
ⓘLa rébellion ouverte contre les lois de Dieu...
La rébellion ouverte contre les lois de Dieu était décrite comme un "péché effronté" (voir la note d'étude sur Nb 15.30–31). Ici, l'auteur parle spécifiquement d'un rejet de Christ et de son œuvre. Le sacrifice de Christ pour les péchés a aboli le système sacrificiel de l'ancienne alliance (Hé 9.11–10.18). Si une personne rejette le sacrifice du Fils, il n'y a plus aucun sacrifice ni aucun endroit où aller pour obtenir le pardon. Une personne qui rejette Christ ne peut que s'attendre à être jugée comme l'un des ennemis de Dieu (cf. Es 26.10–11).
ⓘL'auteur lance un avertissement fort concernant le danger...
L'auteur lance un avertissement fort concernant le danger de rejeter le Fils de Dieu et sa parole d'autorité. L'avertissement incite les auditeurs à réagir en s'engageant à suivre le Christ.
26Car, si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés,
27mais une attente terrible du jugement et l’ardeur d’un feu qui dévorera les rebelles.
ⓘL'auteur utilise un argument du moins important au...
L'auteur utilise un argument du moins important au plus important (voir la note d'étude sur 9.14). La situation la moins sévère est l'ancienne peine de mort infligée à une personne qui refusait d'obéir à la loi de Moïse (voir Dt 13.6–11). La situation la plus sévère concerne ceux qui rejettent le Christ et le traitent avec mépris.
Ceux qui ont rejeté le Christ sont voués à la damnation éternelle.
Le sang de l'alliance, qui nous a rendus saints, est le sacrifice parfait du Christ (9.11–10.18).
Ceux qui rejettent les incitations et la miséricorde de l'Esprit nient la validité de la Bonne Nouvelle et la supériorité du Christ et de son œuvre salvatrice (cf. Mc 3.22–30).
28Celui qui a violé la loi de Moïse meurt sans miséricorde, sur la déposition de deux ou de trois témoins;
29de quel pire châtiment pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour profane le sang de l’alliance, par lequel il a été sanctifié, et qui aura outragé l’Esprit de la grâce?
ⓘConcernant le jugement de Dieu sur son peuple,...
Le fait que Dieu leur rende la monnaie de leur pièce et qu'il juge son propre peuple montre les circonstances terribles dans lesquelles se trouvent ceux qui ont rejeté le Christ. Une fois que Dieu a décidé de juger quelqu'un, personne ne peut le soustraire à la main de Dieu (Dt 32.39).
30Car nous connaissons celui qui a dit: A moi la vengeance, à moi la rétribution! et encore: Le Seigneurjugera son peuple.
31C’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieuvivant.
ⓘL'avertissement sévère (10.26–31) est suivi de paroles d'encouragement....
L'avertissement sévère (10.26–31) est suivi de paroles d'encouragement. La fidélité manifestée par ces chrétiens dans le passé est utilisée comme un exemple positif à suivre aujourd'hui.
32Souvenez-vous de ces premiers jours, où, après avoir été éclairés, vous avez soutenu un grand combat au milieu des souffrances,
33d’une part, exposés comme en spectacle aux opprobres et aux tribulations, et de l’autre, vous associant à ceux dont la position était la même.
34En effet, vous avez eu de la compassion pour les prisonniers, et vous avez accepté avec joie l’enlèvement de vos biens, sachant que vous avez des biens meilleurs et qui durent toujours.
ⓘSur la base de leur fidélité exemplaire dans...
Sur la base de leur fidélité exemplaire dans le passé (10.32–34), l'auteur les exhorte à ne pas perdre leur confiance dans le Seigneur. Le mot traduit par "confiance" ou "assurance" est également utilisé dans l'épître aux Hébreux pour parler de "l'audace" d'entrer dans la présence de Dieu (4.16 ; 10.19 ; cf. 3.6). Ceux qui restent fidèles reçoivent une grande récompense (voir 1.14 ; 6.12 ; 9.15 ; Jc 1.12). Faire preuve d'une patiente persévérance est la réponse clé face à la persécution, comme l'affirme l'auteur dans Hébreux 10.32–12.17.
35N’abandonnez donc pas votre assurance, à laquelle est attachée une grande rémunération.
36Car vous avez besoin de persévérance, afin qu’après avoir accompli la volonté de Dieu, vous obteniez ce qui vous est promis.
ⓘCes versets citent Habakuk 2.3–4 pour comparer les...
Ces versets citent Habakuk 2.3–4 pour comparer les justes aux méchants face au jugement de Dieu (cf. Rm 1.17 ; Ga 3.11).
37Encore un peu, un peu de temps: celui qui doit venir viendra, et il ne tardera pas.
38Et mon justevivra par la foi; mais, s’il se retire, mon âme ne prend pas plaisir en lui.
39Nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour se perdre, mais de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme.
Commentaire
Hébreux 10.1
L'ancien système sous la loi de Moïse (littéralement "La loi"), tout comme le Tabernacle lui-même (8.5), n'était qu'une ombre, un faible aperçu d'une réalité plus grande, notamment les bonnes choses que Christ a instaurées dans la nouvelle alliance. Sous l'ancienne alliance, les sacrifices devaient être répétés sans cesse parce qu'ils n'étaient pas capables de purifier définitivement les adorateurs ou de les purifier de manière à ce qu'ils puissent entrer dans la présence de Dieu perpétuellement.
Le caractère perpétuel des sacrifices démontre leur insuffisance. Si les sacrifices de l'ancienne alliance avaient offert une pureté véritable et durable, ils auraient cessé.
Concernant la culpabilité face au péché, voir 9.9, 14 ; 10.22 ; 13.18.
Au lieu d'enlever la culpabilité, les sacrifices incessants rappelaient année après année à ceux qui souhaitaient s'approcher de Dieu qu'ils étaient coupables devant lui.
Le sang des taureaux et des boucs dans les sacrifices de l'ancienne alliance offrait dans une certaine mesure la purification (9.13, 23), mais cette purification était limitée car elle ne pouvait pas enlever les péchés. Elle ne pouvait pas éradiquer le péché d'une manière qui offrirait une purification permanente et la paix avec Dieu (voir Ac 10.36 ; Rm 5.1 ; 11.26–27).
Dieu avait préparé le psalmiste à être obéissant, enclin à faire sa volonté ; l'épître aux Hébreux applique maintenant ces paroles à Christ. Dans l'épître aux Hébreux, la préparation d'un "corps" humain, en particulier celui de Christ, montre que Dieu l'utilisera comme un sacrifice supérieur.
La conclusion logique lorsque les péchés sont pardonnés - c'est-à-dire lorsque les péchés sont complètement et définitivement enlevés (10.1–4, 11) - est qu'il n'est plus nécessaire d'offrir des sacrifices. Ainsi, le sacrifice supérieur de Christ a rendu obsolète tout le système sacrificiel de l'ancienne alliance.
Le Lieu très saint terrestre n'était pas librement accessible (voir la note d'étude sur 9.3). Cependant, la présence même de Dieu dans le ciel (9.11, 24) est désormais accessible grâce au sang de Jésus versé par sa mort sacrificielle (9.11–10.18).
La mort de Jésus a ouvert pour nous un chemin nouveau et source de vie à travers le rideau,qui fait allusion au rideau séparant la première et la deuxième pièce du Tabernacle (voir 9.1–5). Les croyants entrent désormais dans le Lieu très saint de la présence de Dieu grâce à la mort sacrificielle de Jésus.
Nous devons tenir fermement à l'espérance que nous affirmons, à savoir que la mort de Christ est efficace pour nous permettre d'avoir une relation juste avec Dieu.
Certains membres de cette communauté chrétienne avaient manifestement commencé à négliger leurs réunions de culte régulières, peut-être pour éviter la persécution (10.32–39).
Nous devons nous encourager les uns les autres à la charité et aux bonnes œuvres en pensant au jour de son retour, la seconde venue du Christ (9.28 ; Lc 12.42–46 ; 1Co 5.5 ; 1Th 5.2 ; 2P 3.10 ; 1Jn 2.28).
L'auteur rappelle à ses lecteurs les premiers temps, peu après la conversion de la communauté au christianisme, où leur foi a été mise à l'épreuve. À ce moment-là, ils sont restés fidèles malgré de terribles souffrances. Il est normal qu'une personne qui s'identifie au Christ et à sa communauté soit confrontée à la souffrance (13.12–13 ; Ac 9.16 ; Rm 8.17 ; 1Co 4.12–13 ; Ph 1.29 ; Jc 1.2–4).
Les prisonniers dépendaient de leurs amis et de leur famille pour les besoins quotidiens les plus élémentaires (cf. 13.3).
Il arrivait que le gouvernement romain expulse des groupes de personnes de leurs maisons et les force à quitter une ville (voir Ac 18.2–3). Ces chrétiens avaient déjà été confrontés à ce type de persécution dans le passé et les avaient acceptées avec joie (cf. Rm 5.3 ; Jc 1.2–4 ; 1P 1.6). Ils avaient foi en des choses meilleures qui dureraient éternellement (voir Hé 11.35). Dieu promet des récompenses à ceux qui persévèrent fidèlement.