ⓘMatthieu place l'offre de repos de Jésus (11.28–30)...
Matthieu place l'offre de repos de Jésus (11.28–30) en relation étroite avec une discussion sur le sabbat. Le repos de Jésus libère les hommes et les femmes des traditions humaines concernant le sabbat (voir Hé 4.1–11). Les pharisiens ont rejeté Jésus en raison de leur attachement à la tradition.
ⓘCet échange met en lumière le manque de...
Cet échange met en lumière le manque de compassion des pharisiens qui imposent un joug pesant (11.29–30).
1En ce temps-là, Jésus traversa des champs de blé un jour de sabbat. Ses disciples, qui avaient faim, se mirent à arracher des épis et à manger.
2Les pharisiens, voyant cela, lui dirent: Voici, tes disciples font ce qu’il n’est pas permis de faire pendant le sabbat.
ⓘC'est à juste titre que les lois rituelles...
C'est à juste titre que les lois rituelles ont parfois été suspendues, pour des personnes ou des circonstances spécifiques (1S 21.1–6).
ⓘLes pharisiens ne comprenaient pas que le sabbat...
Les pharisiens ne comprenaient pas que le sabbat était conçu pour être bénéfique aux gens. Leur conception du sabbat imposait des fardeaux pesants sur les personnes.
3Mais Jésus leur répondit: N’avez-vous pas lu ce que fit David, lorsqu’il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui;
4comment il entra dans la maison de Dieu, et mangea les pains de proposition, qu’il ne lui était pas permis de manger, non plus qu’à ceux qui étaient avec lui, et qui étaient réservés aux sacrificateurs seuls?
ⓘLes prêtres travaillaient le jour du sabbat (Lv...
Les prêtres travaillaient le jour du sabbat (Lv 24.8–9 ; Nb 28.9–10), et cela n'était pas une offense pour les pharisiens. Si les prêtres ont le droit de travailler dans le temple le jour du sabbat, alors Jésus peut en faire autant, car il est plus grand que le temple (voir Mt 4.23 ; 9.35 ; 11.2–6, 20–30).
5Ou, n’avez-vous pas lu dans la loi que, les jours de sabbat, les sacrificateurs violent le sabbat dans le temple, sans se rendre coupables?
6Or, je vous le dis, il y a ici quelque chose de plus grand que le temple.
7Si vous saviez ce que signifie: Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices, vous n’auriez pas condamné des innocents.
8Car le Fils de l’homme est maître du sabbat.
ⓘDans cette seconde controverse à propos du sabbat,...
Dans cette seconde controverse à propos du sabbat, les pharisiens sont accusés d'avoir élevé les règles au-dessus des besoins humains (voir 12.7, 11–12).
9Étant parti de là, Jésus entra dans la synagogue.
10Et voici, il s’y trouvait un homme qui avait la main sèche. Ils demandèrent à Jésus: Est-il permis de faire une guérison les jours de sabbat? C’était afin de pouvoir l’accuser.
ⓘIl était incohérent de sauver des animaux tout...
Il était incohérent de sauver des animaux tout en négligeant les humains.
11Il leur répondit: Lequel d’entre vous, s’il n’a qu’une brebis et qu’elle tombe dans une fosse le jour du sabbat, ne la saisira pour l’en retirer?
12Combien un homme ne vaut-il pas plus qu’une brebis! Il est donc permis de faire du bien les jours de sabbat.
13Alors il dit à l’homme: Étends ta main. Il l’étendit, et elle devint saine comme l’autre.
14Les pharisiens sortirent, et ils se consultèrent sur les moyens de le faire périr.
ⓘCe résumé du ministère de Jésus vient préciser...
Ce résumé du ministère de Jésus vient préciser son identité en tant que Messie et serviteur de Dieu qui vient apporter le salut aux nations (voir Es 42.1–4).
15Mais Jésus, l’ayant su, s’éloigna de ce lieu. Une grande foule le suivit. Il guérit tous les malades,
16et il leur recommanda sévèrement de ne pas le faire connaître,
17afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète:
18Voici mon serviteur que j’ai choisi, Mon bien-aimé en qui mon âme a pris plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui, Et il annoncera la justice aux nations.
19Il ne contestera point, il ne criera point, Et personne n’entendra sa voix dans les rues.
20Il ne brisera point le roseau cassé, Et il n’éteindra point le lumignon qui fume, Jusqu’à ce qu’il ait fait triompher la justice.
21Et les nationsespéreront en son nom.
ⓘJésus a été rejeté par les pharisiens, les...
Jésus a été rejeté par les pharisiens, les docteurs de la loi religieuse, et sa propre génération.
22Alors on lui amena un démoniaque aveugle et muet, et il le guérit, de sorte que le muet parlait et voyait.
23Toute la foule étonnée disait: N’est-ce point là le Fils de David?
24Les pharisiens, ayant entendu cela, dirent: Cet homme ne chasse les démons que par Béelzébul, prince des démons.
25Comme Jésus connaissait leurs pensées, il leur dit: Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et toute ville ou maison divisée contre elle-même ne peut subsister.
26Si Satan chasse Satan, il est divisé contre lui-même; comment donc son royaume subsistera-t-il?
27Et si moi, je chasse les démons par Béelzébul, vos fils, par qui les chassent-ils? C’est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges.
28Mais, si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc venu vers vous.
29Ou, comment quelqu’un peut-il entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, sans avoir auparavant lié cet homme fort? Alors seulement il pillera sa maison.
30Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse.
31C’est pourquoi je vous dis: Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera point pardonné.
32Quiconque parlera contre le Fils de l’homme, il lui sera pardonné; mais quiconque parlera contre le Saint-Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir.
ⓘJésus en vient au cœur du problème: si...
Jésus en vient au cœur du problème : si les pharisiens n'ont accepté ni sa personne ni l'origine divine de son ministère, c'est parce qu'ils sont mauvais (voir 7.15–27).
33Ou dites que l’arbre est bon et que son fruit est bon, ou dites que l’arbre est mauvais et que son fruit est mauvais; car on connaît l’arbre par le fruit.
34Races de vipères, comment pourriez-vous dire de bonnes chose, méchants comme vous l’êtes? Car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle.
35L’homme bon tire de bonnes choses de son bon trésor, et l’homme méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor.
ⓘDans ce contexte, les paroles inutiles font référence...
Dans ce contexte, les paroles inutiles font référence à l'accusation selon laquelle Jésus serait inspiré par le diable.
Les paroles reflètent le véritable état du cœur, d'où leur fonction de condamnation ou d'acquittement.
36Je vous le dis: au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parolevaine qu’ils auront proférée.
37Car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné.
38Alors quelques-uns des scribes et des pharisiens prirent la parole, et dirent: Maître, nous voudrions te voir faire un miracle.
ⓘExiger un signe démontre un manque de foi....
Exiger un signe démontre un manque de foi.
Le signe du prophète Jonas consistait en sa "résurrection", après avoir passé trois jours et trois nuits dans le ventre du grand poisson, ainsi qu'en sa prédication (12.41 ; Lc 11.32) ; c'est donc un évènement analogue à l'ensevelissement et à la résurrection de Jésus, et à sa prédication. Jésus établit un parallèle entre l'expérience du prophète Jonas et ce qu'il vivrait lui-même. Il ne prédisait pas la chronologie exacte de sa mort et de sa résurrection.
Le cœur de la terre est un euphémisme pour désigner la tombe.
39Il leur répondit: Une génération méchante et adultère demande un miracle; il ne lui sera donné d’autre miracle que celui du prophète Jonas.
40Car, de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson, de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre.
ⓘJésus est plus grand que le temple (12.6),...
Jésus est plus grand que le temple (12.6), plus grand qu'un prophète (Jonas) et qu'un roi (Salomon) ; par conséquent, le rejeter entraîne un jugement plus grand sur cette génération mauvaise et adultère (12.39).
41Les hommes de Ninive se lèveront, au jour du jugement, avec cette génération et la condamneront, parce qu’ils se repentirent à la prédication de Jonas; et voici, il y a ici plus que Jonas.
42La reine du Midi se lèvera, au jour du jugement, avec cette génération et la condamnera, parce qu’elle vint des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon, et voici, il y a ici plus que Salomon.
ⓘLe Messie est venu remporter la victoire sur...
Le Messie est venu remporter la victoire sur les puissances démoniaques, mais au lieu de se repentir, l'ensemble de la nation a rejeté le Messie. De même qu'un démon exorcisé reviendra si la maison n'est pas correctement préparée contre lui, de même le jugement s'abattra sur cette mauvaise génération pour avoir rejeté le Messie.
43Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos, et il n’en trouve point.
44Alors il dit: Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti; et, quand il arrive, il la trouve vide, balayée et ornée.
45Il s’en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. Il en sera de même pour cette génération méchante.
46Comme Jésus s’adressait encore à la foule, voici, sa mère et ses frères, qui étaient dehors, cherchèrent à lui parler.
47Quelqu’un lui dit: Voici, ta mère et tes frères sont dehors, et ils cherchent à te parler.
ⓘLes vrais membres de la famille de Jésus...
Les vrais membres de la famille de Jésus font la volonté du Père, telle qu'elle est exprimée dans les commandements de Jésus (voir 7.21). Ce n'est pas l'obéissance qui permet d'entrer dans cette famille, mais on ne peut pas être considéré comme un membre de celle-ci si l'on n'est pas obéissant (voir 3.15 ; 5.17–48 ; 6.10,12 ; 7.13–27 ; 21.31).
48Mais Jésus répondit à celui qui le lui disait: Qui est ma mère, et qui sont mes frères?
49Puis, étendant la main sur ses disciples, il dit: Voici ma mère et mes frères.
50Car, quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère.
Commentaire
Matthieu 12.1
Le sabbat correspondait au septième jour de la semaine. Il devait être un jour de repos complet selon les lois de l'Ancien Testament (Gn 2.2–3 ; Ex 20.8–11). Le sabbat est accompli en Christ (voir Hé 4.1–11).
La vision que les pharisiens avaient du sabbat n'était pas conforme aux Écritures, car elle violait le principe plus important qui est celui de la miséricorde.
La tradition rabbinique n'autorisait la guérison le jour du sabbat qu'en cas de danger de mort. Dans notre cas précis, les pharisiens pensaient que la guérison n'était pas autorisée car la vie n'était pas en danger.
Cette citation fait écho au baptême de Jésus (3.13–17).
L'annonce de la justice (ou du jugement, selon les traductions) peut avoir des implications positives ou négatives ; le contexte favorise ici un sens positif (12.20 ; voir 23.23).
L'argumentation de Jésus est en essence la suivante : "Si je chasse les démons sous l'influence de Satan, alors Satan divise lui-même son camp, ce qui serait évidemment une chose insensée de sa part".
Jésus les a obligés à réfléchir de manière cohérente. Si les démons sont chassés sous l'influence de Satan, alors leurs disciples sont tout aussi coupables (voir Ac 19.13–16).
Les pharisiens se trouvaient face au royaume de Dieu, qu'ils rejetaient (voir Lc 17.20–21 ; 1Jn 3.8). Les miracles de Jésus ont rendu tangible la puissance du royaume dans la réalité présente, et ce royaume sera entièrement réalisé à la seconde venue du Christ.
Cette parabole obligeait les pharisiens à répondre à une question simple : peut-on chasser les démons sans d'abord lier les pouvoirs de Satan, et donc s'opposer à lui (voir Es 49.24–26 ; 53.12) ?
Jésus a vaincu et lié Satan, tout d'abord lors de sa tentation (Mt 4.1–11), puis tout au long de son ministère (voir Lc 10.17–20), et enfin sur la croix (voir Col 2.14–15).
Face aux accusations des pharisiens d'une influence satanique, Jésus affirme qu'il est le Messie, chassant les démons par la puissance du Saint-Esprit. Dans ce contexte, blasphémer contre le Saint-Esprit revient à attribuer le ministère et les exorcismes de Jésus au pouvoir de Satan.
Il est possible de se tromper sur la révélation mystérieuse de Jésus en tant que Fils de l'homme et d'être pardonné. Cependant, on ne peut pas être pardonné lorsqu'on impute l'œuvre de l'Esprit à Satan. Une analogie moderne de cela serait le rejet pur et simple de la conviction du Saint-Esprit concernant le Christ, c'est-à-dire le rejet ultime de la Bonne Nouvelle par un incroyant (voir Hé 6.4–6 ; 1Jn 5.16–21).