La question des pharisiens sur le divorce a...
La question des pharisiens sur le divorce a été largement débattue dans le judaïsme, mais dans ce passage elle a un but hostile car ils essaient de piéger Jésus (voir 2.16, 18, 24; 7.5; 8.11; 12.13). Jean le Baptiste a été décapité pour avoir déclaré que le divorce et le remariage d'Hérode Antipas étaient contraires à la loi (6.18–19). De plus, selon l'historien juif Josèphe, Jean a été martyrisé près de l'emplacement où Jésus se trouve actuellement à l'est du Jourdain, au fort d'Hérode Antipas à Machéronte (voir 6.28; Josèphe, Antiquités juives 18.5.2). Si la réponse de Jésus s'accorde avec celle de Jean le Baptiste, les pharisiens peuvent l'inculper devant Hérode. Mais si Jésus répond que le divorce est légal, alors il contredirait un prophète.
1Jésus, étant parti de là, se rendit dans le territoire de la Judée au-delà du Jourdain. La foule s’assembla de nouveau près de lui, et selon sa coutume, il se mit encore à l’enseigner.
2Les pharisiens l’abordèrent; et, pour l’éprouver, ils lui demandèrent s’il est permis à un homme de répudier sa femme.
3Il leur répondit: Que vous a prescrit Moïse?
4Moïse, dirent-ils, a permis d’écrire une lettre de divorce et de répudier.
Dieu autorise le divorce par concession aux personnes...
Dieu autorise le divorce par concession aux personnes aux cœurs secs. Mais la volonté de Dieu est plus fidèlement exprimée dans les passages que Jésus cite de la loi de Moïse (Gn 1.27; 2.23–24; voir aussi Ml 2.16). Jésus montre que Dieu se réjouit du mariage, qui est la création d'une nouvelle union où deux deviennent un. Personne ne doit se rebeller contre la volonté de Dieu en cherchant à séparer ce que Dieu a uni.
5Et Jésus leur dit: C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a donné ce précepte.
6Mais au commencement de la création, Dieu fit l’homme et la femme;
7c’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme,
8et les deux deviendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair.
9Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint.
10Lorsqu’ils furent dans la maison, les disciples l’interrogèrent encore là-dessus.
L'histoire parallèle dans Luc 16.18 est en accord...
L'histoire parallèle dans Luc 16.18 est en accord avec celle de Marc, et ne mentionne aucune exception à cette interdiction de divorce, tandis que le récit parallèle de Matthieu permet une exception en cas d'infidélité (Mt 19.9; voir aussi Mt 5.32). Paul permet également une exception si un partenaire abandonne le mariage (1Co 7.15). Le récit de Marc met l'accent sur les principes fondamentaux : Dieu déteste le divorce (Ml 2.16), le mariage est censé durer toute la vie, et le divorce trahit le dessein divin du mariage.
11Il leur dit: Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard;
12et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère.
L'amour de Jésus et sa préoccupation pour les...
L'amour de Jésus et sa préoccupation pour les enfants ont déjà été mis en avant dans 5.41–43; 9.36–37, 42. Jésus utilise cet incident pour enseigner à tous que le Royaume de Dieu appartient à ceux qui sont comme ces enfants.
13On lui amena des petits enfants, afin qu’il les touchât. Mais les disciples reprirent ceux qui les amenaient.
Marc n'explique pas quelles sont les caractéristiques des...
Marc n'explique pas quelles sont les caractéristiques des enfants qui les rendent aptes au Royaume de Dieu. Matthieu 18.4–5 suggère que les attributs que les enfants possèdent, incluent l'humilité et la capacité de recevoir les choses simplement.
14Jésus, voyant cela, fut indigné, et leur dit: Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent.
15Je vous le dis en vérité, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entrera point.
16Puis il les prit dans ses bras, et les bénit, en leur imposant les mains.
L'histoire de l'homme riche permet de continuer les...
L'histoire de l'homme riche permet de continuer les thèmes de la formation des disciples qui a commencé en 9.33 et les exigences qui existent pour entrer dans le Royaume de Dieu (10.13–16). L'attitude de l'homme riche contraste fortement avec la foi enfantine nécessaire pour entrer dans le Royaume de Dieu.
17Comme Jésus se mettait en chemin, un homme accourut, et se jetant à genoux devant lui: Bon maître, lui demanda-t-il, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle?
18Jésus lui dit: Pourquoi m’appelles-tu bon? Il n’y a de bon que Dieu seul.
19Tu connais les commandements: Tu ne commettras point d’adultère; tu ne tueras point; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage; tu ne feras tort à personne; honore ton père et ta mère.
20Il lui répondit: Maître, j’ai observé toutes ces choses dès ma jeunesse.
21Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit: Il te manque une chose; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi.
22Mais, affligé de cette parole, cet homme s’en alla tout triste; car il avait de grands biens.
Jésus stupéfie les disciples en contredisant l'idée, populaire...
Jésus stupéfie les disciples en contredisant l'idée, populaire à l'époque, que les richesses sont un signe de la faveur de Dieu.
23Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples: Qu’il sera difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu!
24Les disciples furent étonnés de ce que Jésus parlait ainsi. Et, reprenant, il leur dit: Mes enfants, qu’il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d’entrer dans le royaume de Dieu!
25Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu.
26Les disciples furent encore plus étonnés, et ils se dirent les uns aux autres; Et qui peut être sauvé?
27Jésus les regarda, et dit: Cela est impossible aux hommes, mais non à Dieu: car tout est possible à Dieu.
28Pierre se mit à lui dire; Voici, nous avons tout quitté, et nous t’avons suivi.
Jésus assure à ses disciples qu'ils recevront en...
Jésus assure à ses disciples qu'ils recevront en retour tout ce qu'ils ont abandonné pour lui, et ce, en de plus grandes quantités, y compris une nouvelle famille en Christ (frères, sœurs, mères, enfants) et l'hospitalité chrétienne (maisons). Ce que l'on gagne en suivant Jésus dépasse largement toute perte. Et dans le monde à venir, ils hériteront de la vie éternelle que le riche désire mais n'a pas reçue.
29Jésus répondit: Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres,
30ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle.
31Plusieurs des premiers seront les derniers, et plusieurs des derniers seront les premiers.
Au vu de l'hostilité des dirigeants de Jérusalem...
Au vu de l'hostilité des dirigeants de Jérusalem envers Jésus (voir 3.22–30; 7.1–13), l'admiration des disciples et la peur du peuple jettent une sombre perspective sur ce qui se profile à l'horizon. En prenant à nouveau les disciples à part, Jésus décrit les événements à venir avec bien plus de détails qu'auparavant (voir aussi 8.31; 9.31). Il sait ce qui va se passer ; ce qui l'attend à Jérusalem n'est ni une tragédie ni le destin, mais la volonté de Dieu (voir 8.31–33; Actes 4.27–28). En tant que Fils de Dieu, Jésus est le seul à avoir connaissance de sa mort imminente en tant que Sauveur du monde.
32Ils étaient en chemin pour monter à Jérusalem, et Jésus allait devant eux. Les disciples étaient troublés, et le suivaient avec crainte. Et Jésus prit de nouveau les douze auprès de lui, et commença à leur dire ce qui devait lui arriver:
33Voici, nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux principaux sacrificateurs et aux scribes. Ils le condamneront à mort, et ils le livreront aux païens,
34qui se moqueront de lui, cracheront sur lui, le battront de verges, et le feront mourir; et, trois jours après, il ressuscitera.
Après la troisième prédiction de la souffrance de...
Après la troisième prédiction de la souffrance de Jésus (10.32–33) vient un autre exemple d'échec des disciples (voir 8.31–33; 9.31–34). La première partie du récit concerne la demande insensée de Jacques et Jean (10.35–37) suivie par la réponse de Jésus (10.38–40). Ensuite, Jésus explique aux autres disciples ce que signifient la grandeur et le leadership dans le Royaume de Dieu (10.41–44). Enfin, l'exemple suprême de Jésus en tant que serviteur (10.45) illustre et conclut ce passage.
35Les fils de Zébédée, Jacques et Jean, s’approchèrent de Jésus, et lui dirent: Maître, nous voudrions que tu fisses pour nous ce que nous te demanderons.
36Il leur dit: Que voulez-vous que je fasse pour vous?
37Accorde-nous, lui dirent-ils, d’être assis l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, quand tu seras dans ta gloire.
38Jésus leur répondit: Vous ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire, ou être baptisés du baptême dont je dois être baptisé? Nous le pouvons, dirent-ils.
39Et Jésus leur répondit: Il est vrai que vous boirez la coupe que je dois boire, et que vous serez baptisés du baptême dont je dois être baptisé;
40mais pour ce qui est d’être assis à ma droite ou à ma gauche, cela ne dépend pas de moi, et ne sera donné qu’à ceux à qui cela est réservé.
41Les dix, ayant entendu cela, commencèrent à s’indigner contre Jacques et Jean.
Le monde non-croyant (les dirigeants de ce monde)...
Le monde non-croyant (les dirigeants de ce monde) pense que le leadership se résume à la domination sur les autres. Tout comme le rôle de Jésus en tant que Messie et Fils de Dieu signifie la souffrance et la mort (8.31; 9.31; 10.32–34, 45), être son disciple implique de servir les autres, et non de les dominer (9.35; Jean 10.11).
42Jésus les appela, et leur dit: Vous savez que ceux qu’on regarde comme les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les dominent.
43Il n’en est pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur;
44et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous.
45Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs.
La guérison de l'aveugle Bartimée est le dernier...
La guérison de l'aveugle Bartimée est le dernier miracle de guérison que l'on trouve dans l'évangile de Marc. Cet événement ainsi que la guérison de l'aveugle dans 8.22–26 encadrent cette section (voir Introduction au livre de Marc, "Caractéristiques littéraires"). C'est également une transition vers l'entrée de Jésus à Jérusalem en tant que Messie d'Israël dans 11.1–11. La confession de Bartimée (Jésus, Fils de David) sert à préparer le lecteur à la confession du peuple lorsque Jésus arrive à Jérusalem (11.10).
46Ils arrivèrent à Jéricho. Et, lorsque Jésus en sortit, avec ses disciples et une assez grande foule, le fils de Timée, Bartimée, mendiant aveugle, était assis au bord du chemin.
Le fait que Bartimée ait déjà entendu parler...
Le fait que Bartimée ait déjà entendu parler de Jésus met en avant sa grande renommée qui s'est répandue jusqu'à Jéricho, tout comme elle s'est répandue dans les régions païennes (3.8). Marc n'explique pas comment Bartimée connaît l'ascendance davidique de Jésus. Il sait peut-être que Jésus est le Messie. Cependant, l'aveugle n'associe pas ce titre à des objectifs politiques ou militaires comme le font la grande majorité des personnes de son époque. À la place, Bartimée se concentre sur le fait que Jésus se préoccupe d'apporter le Royaume de Dieu aux pauvres, aux estropiés, aux boiteux et aux aveugles, et il demande la miséricorde et la guérison (10.51) — ce qui correspond bien à la manière dont Jésus comprend son propre ministère (cp. Luc 4.18–19).
47Il entendit que c’était Jésus de Nazareth, et il se mit à crier; Fils de David, Jésus aie pitié de moi!
48Plusieurs le reprenaient, pour le faire taire; mais il criait beaucoup plus fort; Fils de David, aie pitié de moi!
49Jésus s’arrêta, et dit: Appelez-le. Ils appelèrent l’aveugle, en lui disant: Prends courage, lève-toi, il t’appelle.
50L’aveugle jeta son manteau, et, se levant d’un bond, vint vers Jésus.
51Jésus, prenant la parole, lui dit: Que veux-tu que je te fasse? Rabbouni, lui répondit l’aveugle, que je recouvre la vue.
52Et Jésus lui dit: Va, ta foi t’a sauvé.