Cette partie démontre que la mort du Christ, le sacrifice de la nouvelle alliance, est supérieure aux sacrifices de l'ancienne alliance. Dans 9.1–10, l'auteur décrit les aspects du culte selon les règles de l'ancienne alliance (voir Ex 28–29 ; Lv 1–10 ; 16.1–17.16). Dans Hébreux 9.11–10.18, ces règles sont comparées à l'offrande supérieure du Christ.
ⓘCes versets décrivent le Tabernacle, le lieu de...
Ces versets décrivent le Tabernacle, le lieu de culte d'Israël avant la construction du Temple.
1La première alliance avait aussi des ordonnances relatives au culte, et le sanctuaire terrestre.
2Un tabernacle fut, en effet, construit. Dans la partie antérieure, appelée le lieu saint, étaient le chandelier, la table, et les pains de proposition.
3Derrière le second voile se trouvait la partie du tabernacle appelée le saint des saints,
4renfermant l’autel d’or pour les parfums, et l’arche de l’alliance, entièrement recouverte d’or. Il y avait dans l’arche un vase d’or contenant la manne, la verge d’Aaron, qui avait fleuri, et les tables de l’alliance.
5Au-dessus de l’arche étaient les chérubins de la gloire, couvrant de leur ombre le propitiatoire. Ce n’est pas le moment de parler en détail là-dessus.
ⓘLes pratiques cultuelles dans le Lieu saint, la...
Les pratiques cultuelles dans le Lieu saint, la première pièce du Tabernacle (9.2), étaient du ressort des prêtres, qui veillaient à ce que les lampes restent allumées et que les pains sacrés soient réapprovisionnés (Ex 27.20–21 ; Lv 24.8).
6Or, ces choses étant ainsi disposées, les sacrificateurs qui font le service entrent en tout temps dans la première partie du tabernacle;
7et dans la seconde le souverain sacrificateur seul entre une fois par an, non sans y porter du sang qu’il offre pour lui-même et pour les péchés du peuple.
8Le Saint-Esprit montrait par là que le chemin du lieu très saint n’était pas encore ouvert, tant que le premier tabernacle subsistait.
9C’est une figure pour le temps actuel, où l’on présente des offrandes et des sacrifices qui ne peuvent rendre parfait sous le rapport de la conscience celui qui rend ce culte,
10et qui, avec les aliments, les boissons et les diverses ablutions, étaient des ordonnancescharnelles imposées seulement jusqu’à une époque de réformation.
ⓘL'auteur compare maintenant l'ancien système (9.1–10) au sacrifice...
L'auteur compare maintenant l'ancien système (9.1–10) au sacrifice supérieur offert par Christ en tant que Grand Prêtre : le sang de l'offrande de Christ était son propre sang, et non le sang des animaux (9.13–22 ; cf. 9.7) ; l'offrande de Christ a été faite dans le Tabernacle céleste, et non dans le Tabernacle terrestre (9.23–24 ; cf. 9.1–5) ; et l'offrande de Christ, au lieu d'être faite continuellement, a été faite une seule fois (9.25–10.18 ; cf. 7.27 ; 9.6–7).
11Mais Christ est venu comme souverain sacrificateur des biens à venir; il a traversé le tabernacle plus grand et plus parfait, qui n’est pas construit de main d’homme, c’est-à-dire, qui n’est pas de cette création;
12et il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemptionéternelle.
13Car si le sang des taureaux et des boucs, et la cendre d’une vache, répandue sur ceux qui sont souillés, sanctifient et procurent la pureté de la chair,
14combien plus le sang de Christ, qui, par un espritéternel, s’est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieuvivant!
15Et c’est pour cela qu’il est le médiateur d’une nouvelle alliance, afin que, la mort étant intervenue pour le rachat des transgressions commises sous la première alliance, ceux qui ont été appelés reçoivent l’héritage éternel qui leur a été promis.
ⓘL'auteur donne un principe général sur la nature...
L'auteur donne un principe général sur la nature des testaments et des alliances (9.16–17), qu'il explique ensuite à la lumière de l'inauguration de la première alliance (9.18–22).
16Car là où il y a un testament, il est nécessaire que la mort du testateur soit constatée.
17Un testament, en effet, n’est valable qu’en cas de mort, puisqu’il n’a aucune force tant que le testateur vit.
ⓘExode 24.3–8 relate l'inauguration de l'ancienne alliance par...
Exode 24.3–8 relate l'inauguration de l'ancienne alliance par Moïse avec le sang du sacrifice.
Parmi les sources anciennes, seul l'épître aux Hébreux indique que Moïse a aspergé le livre de la loi de Dieu (cf. Ex 24.6–8).
Les branches d'hysope ont des fleurs bleues et des feuilles très odorantes ; elles étaient utilisées lors des sacrifices pour la purification (Ex 12.22 ; Lv 14.4 ; Nb 19.6, 18).
18Voilà pourquoi c’est avec du sang que même la première alliance fut inaugurée.
19Moïse, après avoir prononcé devant tout le peuple tous les commandements de la loi, prit le sang des veaux et des boucs, avec de l’eau, de la laine écarlate, et de l’hysope; et il fit l’aspersion sur le livre lui-même et sur tout le peuple, en disant:
20Ceci est le sang de l’alliance que Dieu a ordonnée pour vous.
21Il fit pareillement l’aspersion avec le sang sur le tabernacle et sur tous les ustensiles du culte.
22Et presque tout, d’après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n’y a pas de pardon.
23Il était donc nécessaire, puisque les images des choses qui sont dans les cieux devaient être purifiées de cette manière, que les choses célestes elles-mêmes le fussent par des sacrifices plus excellents que ceux-là.
24Car Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, en imitation du véritable, mais il est entré dans le ciel même, afin de comparaître maintenant pour nous devant la face de Dieu.
ⓘSous l'ancienne alliance, le sacrifice du jour du...
Sous l'ancienne alliance, le sacrifice du jour du Grand Pardon devait sans cesse être accompli (Lv 16.29–34). Le sacrifice supérieur de Christ a été accompli une fois pour toutes.
25Et ce n’est pas pour s’offrir lui-même plusieurs fois qu’il y est entré, comme le souverain sacrificateur entre chaque année dans le sanctuaire avec du sang étranger;
26autrement, il aurait fallu qu’il eût souffert plusieurs fois depuis la création du monde, tandis que maintenant, à la fin des siècles, il a paru une seule fois pour abolir le péché par son sacrifice.
ⓘLa première venue de Christ avait pour but...
La première venue de Christ avait pour but d'enlever les péchés de nombreuses personnes. Lorsqu'il reviendra, ce ne sera pas pour s'occuper des péchés, puisque cela a déjà été fait. Mais il apportera le salut à tous ceux qui l'attendent avec impatience (voir la note d'étude sur Ga 5.5).
27Et comme il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement,
28de même Christ, qui s’est offert une seule fois pour porter les péchés de plusieurs, apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui l’attendent pour leur salut.
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Hébreux 9.2
Le Tabernacle d'Israël était une tente avec deux pièces (voir Ex 25–31 ; 35.1–40.38).
Les prêtres entraient chaque jour dans le lieu saint pour accomplir leurs tâches rituelles (Hé 9.6 ; voir Ex 28.43 ; Nb 28.3–8).
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Hébreux 9.3
Au fond de la première pièce du Tabernacle se trouvait un rideau qui séparait la première pièce de la deuxième pièce appelée le Lieu très saint (Ex 26.31–33). Ce rideau constituait une limite sacrée : seul le grand prêtre pouvait pénétrer dans le Lieu très saint, et seulement une fois par an, le jour du Grand pardon (Hé 9.7 ; voir Ex 30.6, 10 ; Lv 16.2–34 ; 23.27–32).
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Hébreux 9.4
L'autel en or destiné aux encens se trouvait probablement juste à l'extérieur du rideau intérieur (Ex 30.1–10) ; son emplacement exact est parfois incertain dans l'Ancien Testament, mais il était étroitement associé au Lieu très saint (Ex 30.6 ; Lv 16.13 ; 1R 6.22).
Puisqu'elle représentait la présence de Dieu, l'Arche de l'alliance était l'objet le plus important du Tabernacle (voir Ex 25.10–22).
Le récipient en or contenant la manne rappelait la provision de Dieu dans le désert (Ex 16.32–34).
Le bâton d'Aaron, sur lequel avaient poussé des feuilles (voir Nb 17.1–11) rappelait qu'il ne fallait pas se rebeller contre les dirigeants choisis par Dieu (Nb 17.10 ; cf. Hé 13.17).
Les tables en pierre de l'alliance contenaient les Dix commandements et devaient rappeler au peuple les conditions selon lesquelles ils devaient vivre l'alliance (Ex 25.16 ; 31.18 ; Dt 9.9–10.5).
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Hébreux 9.5
Les chérubins de la gloire divine étaient des statues d'anges sculptées sur le couvercle de l'arche. Cette catégorie d'anges est particulièrement associée à la présence glorieuse de Dieu (Gn 3.24 ; Ps 80.1 ; 99.1 ; Es 37.16). Le couvercle de l'Arche lui-même constituait le lieu de l'expiation, sur lequel le sang du sacrifice devait être répandu le jour du Grand Pardon (Lv 16.14–16).
L'essentiel de la réflexion porte sur l'offrande de sacrifices sous l'ancienne alliance, c'est pourquoi l'auteur ne donne pas plus de détails (Hé 9.6–10).
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Hébreux 9.7
Le devoir annuel était accompli le jour du Grand Pardon, lorsque le grand prêtre offrait des sacrifices pour les péchés qui n'avaient pas été pardonnés par d'autres sacrifices au cours de l'année précédente (Lv 16.1–25).
Il n'était pas possible pour tout le monde d'accéder librement à la présence de Dieu sous l'ancienne alliance.
La pièce extérieure du Tabernacle, qui servait de limite sacrée empêchant le peuple d'accéder à la présence de Dieu dans le Lieu très saint, symbolisait l'ensemble de ce système, dans lequel les gens étaient tenus à l'écart de la présence de Dieu plutôt que d'y être conduits.
Le problème des dons et des sacrifices de l'ancienne alliance est qu'ils n'étaient pas en mesure de purifier les consciences des individus ; ils ne pouvaient pas enlever la culpabilité que ressentaient les individus devant un Dieu saint (cf. 9.14 ; 10.2, 22 ; 13.18).
L'ancien système ne portait que les prescriptions physiques et ne permettait pas de traiter l'état du cœur (8.10 ; 10.21–24). Par conséquent, il était provisoire et destiné à ne durer que jusqu'à ce que le Christ puisse venir et établir un meilleur système (9.11–10.18).
Christ est désormais le Grand Prêtre de tous les bienfaits de la nouvelle alliance. Il a été désigné par Dieu conformément à Psaumes 110.4 (Hé 5.1–10 ; 7.1–28) et a présenté une offrande supérieure.
Certains manuscrits traduisent par "qui sont sur le point d'arriver", soit du point de vue de l'ancienne alliance, soit dans la perspective de l'aboutissement du plan de Dieu dans l'avenir.
Le sacrifice du Christ est supérieur en raison de l'endroit où il a été accompli : dans ce Tabernacle plus grand et plus parfait qui est dans les cieux, plutôt que dans le Tabernacle terrestre (voir 8.5 et note d'étude correspondante).
L'offrande de Christ est supérieure car elle a été faite avec son propre sang plutôt qu'avec le sang des boucs et des taureaux (par exemple, cf. Lv 16.3–5).
L'offrande de Christ est supérieure car il est entré dans le Lieu très saint une fois pour toutes. Contrairement aux sacrifices de l'ancienne alliance, qui devaient être faits année après année (Hé 10.1), la mort sacrificielle de Jésus n'a dû être faite qu'une seule fois et a été décisive pour assurer notre rédemption pour toujours.
C'est un argument du moins important au plus important, une stratégie rhétorique juive traditionnelle ; la logique est que si quelque chose est vrai dans une situation de moindre importance, ce sera encore plus vrai dans une situation plus importante (voir aussi 2.1–4 ; 12.25–29). Si le sang des animaux avait une efficacité de purification, le sang de Christ sera encore plus efficace.
Le sacrifice de Christ, contrairement aux sacrifices de l'ancienne alliance, enlève la culpabilité paralysante qui nous éloigne de Dieu en nous purifiant définitivement de nos actes de péché.
Le terme de médiateur désigne un arbitre dans un litige juridique difficile ou un désaccord politique. Dans l'ancienne alliance, Moïse et les anges étaient considérés comme des médiateurs entre Dieu et le peuple (Ga 3.19–20). Dans la nouvelle alliance, Christ est le médiateur de la relation entre Dieu et les humains par sa mort sacrificielle (Hé 8.6 ; 12.24 ; Rm 6.23 ; 1Tm 2.5 ; 1P 3.18) et son intercession permanente (Hé 7.25).
Les mots utilisés dans ce verset ainsi que ceux d'Exode 24.8 sont similaires au langage que Jésus a utilisé lors de la Sainte Cène en faisant référence à sa propre mort (Mt 26.28 ; Mc 14.24 ; 1Co 11.25).
De nombreux rituels de purification dans la loi de Moïse impliquaient la mort d'un animal sacrifié ; le sang était utilisé à la fois dans les rituels de purification (voir Ex 29.12 ; 30.10 ; Lv 4.6, 17 ; 16.14–19 ; Nb 19.4) et dans les expiations (voir Lv 16). L'effusion de sang de Christ a établi la nouvelle alliance, qui assure une purification permanente et le pardon complet des péchés (Hé 8.12 ; 10.15–18 ; Mt 26.28 ; Ep 1.7).
Ce verset utilise un argument du moins important au plus important (voir la note d'étude sur 9.14). Tout comme le ciel est plus grand que le Tabernacle terrestre, le sacrifice de Christ devait être bien plus grand que les sacrifices terrestres.
Tout comme le Tabernacle devait être purifié à cause du péché des Israélites (Lv 16.16–19), le Tabernacle céleste exigeait que l'impureté soit enlevée de ceux qui entreraient au ciel sous la nouvelle alliance.
Dans la nouvelle alliance, Christ n'a pas offert son sacrifice dans le Tabernacle terrestre. Au contraire, il est entré dans la présence de Dieu au ciel pour agir en notre faveur. Son sacrifice fait de lui un bien meilleur médiateur pour nous amener dans une relation juste avec Dieu (2Co 5.19–21).
L'auteur argumente en utilisant la reductio ad absurdum (réduction à l'absurde), démontrant de façon logique que le sacrifice unique de Christ doit être définitivement efficace. Puisque Christ est à la fois le sacrifice et le grand-prêtre, il devrait sans cesse mourir si son offrande devait être faite chaque année comme pour les grands-prêtres terrestres. Mais cela est évidemment absurde ; il est donc clair que Christ est mort une fois pour toutes pour enlever le péché.