La Genèse est le premier livre de la Bible.
Sommaire
• Nom du livre
• Auteur
• Date de composition
• Objectifs
• Structure
• Contenu
Nom du livre
Le nom « Genèse » est une translittération en français du mot grec signifiant « origine » ou « commencement ». Il s'agit du nom donné à ce livre dans la Septante, la traduction grecque ancienne des Écritures hébraïques. Le nom « Genèse » est inspiré à la fois par le contenu du livre et par le nom qui lui est donné par les Juifs. Ce nom est tiré de son premier mot, bere’shith, qui signifie « au commencement ».
Auteur
La question de l'identité de l'auteur du livre de la Genèse est traditionnellement liée à celle de l'ensemble du Pentateuque. Le Pentateuque (litt. « cinq volumes ») correspond aux cinq premiers livres de la Bible. Il est clair que la Bible considère Moïse comme l'auteur humain de la Torah (un autre nom pour le Pentateuque ou les cinq premiers livres de la Bible). Le nom de Moïse est mentionné plusieurs fois dans le Pentateuque même, dans des passages où il est question de l'écrire. Le Seigneur lui ordonne d'écrire ce qu'il lui dit « dans le livre » (Ex 17.14). Il lui dit également : « Écris ces paroles » (34.27). Il est confirmé et répété que « Moïse écrivit toutes les paroles de l'Éternel » (24.4). Nombres 33.2 rapporte également que Moïse a écrit l'itinéraire des errances de l'exode et Deutéronome 31.9 qu'il a écrit « cette loi ». Dans ce dernier passage, il n'est pas certain qu'il soit question de tous les cinq livres du Pentateuque. La référence est peut-être à la majeure partie du Deutéronome. Exode 24.7 dit que Moïse a lu le livre de l'alliance, qu'il venait de terminer.
Le reste de l'AT confirme aussi que la loi a été écrite par Moïse. David parle de « la loi de Moïse » (1R 2.3). À l'époque du roi Josias, on retrouve dans le Temple « le livre de la loi de l'Éternel donnée par Moïse » (2Ch 34.14). À l'époque d'Esdras, la lecture du « livre de la loi de Moïse » s'est faite tous les jours de la fête des Tabernacles célébrée par les exilés de retour dans leur pays (Né 8.1).
Dans le NT, Jésus parle aussi du « livre de Moïse » (Mc 12.26 ; voir aussi Lc 20.37) et désigne des commandements ou des déclarations comme venant de Moïse (Mt 8.4 ; 19.8 ; Mc 7.10 ; voir aussi Lc 16.31 ; 24.44). Les Juifs citent également la Torah comme venant de Moïse, et Jésus ne les contredit pas.
Concernant la Genèse en particulier, il est clair que Moïse aurait eu l'opportunité et la capacité de l'écrire. Il aurait peut-être pu la rédiger alors qu'il était encore en Égypte, ou durant son exil parmi les Kénites. Plus tard, en tant que chef du peuple d'Israël, il aurait peut-être eu accès à des archives que Jacob aurait apportées de Canaan. Moïse était « instruit dans toute la sagesse des Égyptiens » (Ac 7.22) et pouvait probablement écrire dans plusieurs langues et plusieurs écritures (hiéroglyphique, cunéiforme, ancien hébreu). Moïse était non seulement admirablement qualifié pour écrire, mais aussi guidé par l'inspiration de Dieu (2P 1.21). Il semble raisonnable de conclure que Moïse est aussi l'auteur de la Genèse, comme du reste de la Torah.
Date
Un point de vue plus libéral sur l'identité de l'auteur de la Genèse, et qui porte aussi sur la question de la date de composition, est que le livre est en fait un assemblage de textes d'origines différentes. Selon ce point de vue, le livre de la Genèse n'aurait donc pas un seul auteur et aurait été écrit bien plus tard que l'époque de Moïse. Cette idée est d'abord avancée par un médecin français, Jean Astruc. Il propose que les noms différents qui sont donnés à Dieu dans divers passages indiquent que ces passages viendraient de sources différentes qui auraient ensuite été combinées pour constituer le livre. Des exégètes historico-critiques allemands ont développé cette idée, qui est devenue l'hypothèse de Graf-Wellhausen-Kuenen. Celle-ci est aussi connue sous les nom d'hypothèse documentaire ou théorie JEDP. Cette théorie soutient que quatre documents différents ont servi de sources :
J, qui utilise le nom YHWH (Yahvé) pour Dieu et qui daterait du 9e siècle av. J.‑C. environ. Ce document proviendrait de Juda.
E, qui utilise le nom Elohim et qui daterait du 8e siècle. Ce document proviendrait du royaume du Nord.
D, qui correspond au Deutéronome et proviendrait de l'époque de Josias, vers 621 av. J.‑C.
P, la source des textes concernant les rituels et le sacerdoce. Ce texte daterait du 5e siècle av. J.‑C., ou de plus tard.
Certains proposent que des parties de la Genèse auraient été écrites aussi tard que la période hellénistique. Selon cette théorie, les documents sources auraient été progressivement combinés par des éditeurs, de sorte qu'il y aurait eu un JE, puis un JED et ainsi de suite.
Les recherches archéologiques ont discrédité bon nombre des idées extrêmes de ces critiques, et les travaux de W. F. Albright et de ses successeurs ont grandement contribué à restaurer la confiance en l'historicité de la Genèse. Au cours des dernières décennies, les récits patriarcaux et le récit de Joseph ont de nouveau été vigoureusement remis en question, mais ces points de vue sont extrêmes, et une grande partie des preuves avancées par Albright et les érudits qui l'ont précédé, comme R. D. Wilson, W. H. Green et d'autres, demeurent valides.
Comme mentionné ci-dessus, il y a débat sur la date de composition du livre. Le point de vue libéral sur la date de composition de la Genèse suggère des étapes de composition depuis le 9e jusqu'au 5e siècle av. J.‑C., et une rédaction finale du livre que nous avons maintenant autour du 5e siècle av. J.-C. ou peut-être même plus tard. Même parmi ceux qui reconnaissent Moïse comme auteur, il y a discussion sur la période exacte pendant laquelle il a vécu. D'après les données bibliques, Moïse a vécu au 15e siècle av. J.‑C. (voir Jg 11.26 ; 1R 6.1). Cependant, de nombreux experts penchent pour une date au 13e siècle.
Objectif
La Genèse décrit l'origine de nombreuses choses : l'univers, la Terre, les plantes, les animaux et l'humanité. Elle présente les débuts de structures sociales, de professions et de formes d'artisanat. Elle décrit l'origine du péché et de la mort, et illustre les intrigues de Satan pour nuire à l'humanité. Surtout, la Genèse raconte le début de l'histoire de la rédemption et annonce la venue d'un Rédempteur futur (Gn 3.15). Elle présente les premiers ancêtres de la lignée du Messie et la naissance du peuple hébreu, par lequel la Bible et le Sauveur sont venus. La Genèse offre également une histoire sélective de personnes et d'événements importants du point de vue des desseins de Dieu.
Structure
Le livre est divisé en 11 parties de longueurs inégales. Chacune est introduite par une expression quasiment identique en hébreu qui signifie « voici la postérité de » (2.4 ; 5.1 ; 6.9 ; 10.1 ; 11.10, 27 ; 25.12, 19 ; 36.1 ; 37.2). Cette formule sert de titre dont la répétition relie les récits de la Genèse entre eux.
Contenu
La création (1.1–2.25)
Ces deux chapitres sont un champ de bataille scientifique et théologique depuis de nombreuses années, alors que chercheurs et étudiants tentent de sonder les origines de l'univers et de la vie. Une grande partie du récit de la création ne peut pas être testé scientifiquement, étant unique dans l'histoire de l'univers et ne pouvant donc pas être reproduite par des expériences scientifiques.
La déclaration de Genèse 1.1 reste la plus grande, la plus précise et la plus exacte des déclarations sur les origines : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre ». Il l'a fait ex nihilo (« à partir de rien ») par sa parole (Hé 11.3). Il a parlé pour commander et ce qu'il a commandé s'est fait (Gn 1.3, 6, 9, 11, 14, 20 ; Ps 33.6, 9).
La date du commencement est inconnue. Il est proposé que le début de l'univers remonte à des milliards d'années. C'est ce que proposent les uniformitaristes. Ce sont des chercheurs sur les origines de l'univers qui croient que les événements naturels ont toujours suivi un schéma uniforme (comp. avec 2P 3.3–7). Cependant, certains créationnistes proposent que le monde n'est vieux que de quelques milliers d'années.
Certains interprètes proposent une période de temps indéterminée entre Genèse 1.1 et 1.2 pour réconcilier les temps géologiques et l'existence de fossiles d'espèces disparues. Selon leur hypothèse, le premier verset du livre décrit la création originale et Genèse 1.2–2.3 décrit une seconde ou nouvelle création. Une autre hypothèse est que chaque jour du récit de la création représente en fait un âge géologique.
Il y a une correspondance entre les trois premiers jours et les trois jours suivants dans le récit de la création. Le premier jour, la lumière est créée et le quatrième jour, les astres qui donnent de la lumière. Le deuxième jour, le firmament (ou mieux, « l'étendue ») qui divise les eaux est créé et le cinquième jour, les oiseaux et les animaux aquatiques qui y habitent. Le troisième jour, Dieu fait surgir la terre sèche des eaux et crée la végétation et le sixième jour, il crée les animaux terrestres et l'homme sur les terres.
Dieu crée l'homme à l'image de Dieu (Gn 1.26), « de peu inférieur à Dieu » (Ps 8.5), et lui donne de dominer sur la Terre. Il fait tout « selon son espèce », de sorte que chaque espèce est distincte et unique. La perfection de son œuvre est indiquée plusieurs fois : « Dieu vit que cela était bon » (Gn 1.4, 10, 12, 18, 21 ; « très bon », v. 31). Le septième jour, Dieu cesse de créer. Ce jour sert de modèle comme jour de repos pour l'humanité (Gn 2.1–3).
La recherche critique considère que 2.4–25 est un deuxième récit de la même histoire, mais qui ne s'accorde pas avec Genèse 1.1–2.3. Pour les érudits plus conservateurs, le deuxième chapitre reprend simplement le même récit pour en présenter un autre angle. Le chapitre 1 présente la création selon l'ordre dans lequel tout a été créé. Le chapitre 2 raconte la création en se concentrant particulièrement sur la place centrale de l'humanité dans l'œuvre créatrice de Dieu. Le chapitre 2 est un récit plus détaillé de la création de l'homme et de la femme. L'homme est créé à partir de la « poussière de la terre » (v. 7) et la femme est créée à partir d'une côte de l'homme (v. 21–22). La femme est créée pour être « une aide semblable » à l'homme (v. 18–20). Ces deux premiers êtres humains sont créés adultes, avec le don de la parole et une grande intelligence. Adam possède une imagination et un vocabulaire suffisants pour donner des noms à toutes les espèces animales (v. 19).
Le récit décrit où se trouve le jardin d'Éden (v. 10–14). Deux des quatre fleuves mentionnés, l'Hiddékel et l'Euphrate, sont connus aujourd'hui et peuvent donc être identifiés avec certitude. Le premier couple humain vit dans la joie dans ce beau jardin, ne connaissant pas le mal.
L'humanité d'Éden à Babel (3.1–11.26)
La chute
Le récit du déchirement de la communion spirituelle entre l'humanité et Dieu, suivi par la perte du jardin paradisiaque d'Éden, est le plus triste des chapitres de l'histoire de l'humanité. Le diable est le serpent qui s'approche d'Ève pour la tenter avec la même stratégie qu'il utilise toujours : faire douter les gens de ce que Dieu a dit (Gn 3.1), leur faire croire qu'ils n'ont pas à avoir peur de mourir (v. 4) et qu'ils peuvent être égaux à Dieu (v. 5). Le diable réussit à influencer Ève en la tentant avec la fausse promesse que manger du fruit interdit par Dieu lui donnera une sagesse comme celle de Dieu (Gn 3.5 ; voir aussi 1Jn 2.16). C'est Ève que le diable trompe. Elle donne ensuite du fruit à Adam, et celui-ci choisit de faire comme sa femme plutôt que d'obéir à Dieu (Gn 3.6 ; voir aussi 1Tm 2.14). Plus tard, quand Dieu vient dans le jardin pour lui parler, Adam essaie de rejeter la faute sur Dieu en disant que c'est la femme que Dieu lui a donnée qui lui a offert le fruit à manger (Gn 3.12). La communion spirituelle avec Dieu qui existe depuis le début est déchirée par la désobéissance d'Adam et Ève (v. 8).
Le péché entraîne le jugement de Dieu. Le Seigneur déclare un juste jugement contre le serpent, la femme et l'homme pour ce que chacun a fait. La création aussi devient soumise à la « servitude de la corruption » à cause du péché d'Adam et Ève. Aujourd'hui encore, la création tout entière soupire en attendant sa rédemption (Rm 8.21–22). Malgré tout le mal survenu par la désobéissance de l'homme, Dieu donne la promesse d'un Rédempteur (Gn 3.15) qui viendra écraser la tête du serpent. Adam et Ève sont chassés du jardin d'Éden, qui devient inaccessible.
Peut-être Ève a-t-elle pensé que son premier-né serait le libérateur promis ? Au contraire, Caïn cultive le péché dans son cœur. Par jalousie, il tue son propre frère. Quand Dieu le confronte à son crime, Caïn ne parle que pour se plaindre de la sévérité de son jugement. Il part ensuite s'installer vers l'est d'Éden, où il construit une ville (4.1–16). Le chapitre 4 conclut par un autre contraste. D'une part, le péché se voit encore dans les intentions de vengeance meurtrière de Lémec. D'autre part, l'humanité commence à invoquer le nom du Seigneur.
La postérité d'Adam
Cette liste généalogique (5.1–32) commence avec Adam et continue jusqu'à l'époque de Noé et du déluge. La durée de vie humaine avant le déluge est beaucoup plus longue qu'après, mais diminue déjà progressivement. Toutes ces longues vies finissent malgré tout chacune par la déclaration « puis il mourut », soulignant que le jugement de la mort est maintenant le lot de toute l'humanité. Un espoir et contraste est pourtant représenté par la vie d'Hénoc. En effet, « Hénoc marcha avec Dieu ; puis il ne fut plus, parce que Dieu le prit » (5.24). Juste avant le déluge, Dieu décide de limiter la durée de vie des hommes à cause de leur très grande méchanceté (Gn 6.1–7).
Le déluge
Avec la croissance de la population humaine, le péché empire de plus en plus (6.1–5). Il y a tellement de corruption et de violence que Dieu décide de détruire l'humanité (v. 5). Cependant, le Seigneur épargne Noé et avec lui, sa famille, car c'est un homme juste et intègre qui marche avec Dieu (6.8–9).
Comme le Seigneur va inonder la Terre, il ordonne à Noé de construire un énorme bateau (une arche). Noé doit prendre avec lui des animaux à bord de l'arche, deux par deux, mâle et femelle, pour permettre à chaque espèce de survivre. Lorsque tout est prêt, le déluge commence : « toutes les sources du grand abîme jaillirent, et les écluses des cieux s'ouvrirent » (7.11). La pluie tombe pendant 40 jours et 40 nuits. Les plus hautes montagnes sont couvertes par les eaux et toute l'humanité et les animaux en dehors l'arche meurent. Mais Dieu se souvient de Noé et envoie un vent pour aider à faire évaporer l'eau (8.1). Au bout de plusieurs mois, l'arche s'immobilise sur les montagnes d'Ararat (v. 4). Noé offre un sacrifice au Seigneur, qui promet de ne plus jamais soumettre la Terre à une telle destruction.
Le déluge est un autre événement biblique qui fait l'objet de nombreux débats. Des récits anciens de déluge existent un peu partout dans le monde. Beaucoup ont proposé que le déluge n'aurait pas été mondial mais plutôt régional et que seule une partie de la Mésopotamie aurait été inondée. Des excavations de tells (sites archéologiques en forme de colline) en Mésopotamie ont révélé qu'il y a eu d'importantes inondations. Il existe des récits anciens de déluge dans cette région. Des archéologues ont donc proposé cela comme preuve d'un déluge régional et affirmé que ces récits ont inspiré l'histoire du déluge dans la Genèse. L'épopée de Gilgamesh raconte une histoire intéressante. Gilgamesh part en mission pour rendre visite à Utnapishtim (un personnage qui rappelle Noé), à la recherche de la vie éternelle. L'histoire du déluge racontée par Utnapishtim présente un certain nombre de similarités avec celui de la Genèse. Mais il y a bien plus de différences que de similarités entre les deux récits, et celles-ci démontrent que la Bible préserve le véritable récit.
Le récit de la Genèse et les mentions de celui-ci dans le NT (voir 2P 3.6) accordent plus de soutien à la conclusion que le déluge a été une catastrophe mondiale sans précédent plutôt qu'un événement limité à la région du Tigre et de l'Euphrate. Des géologues chrétiens affirment que le déluge a eu des effets importants sur la Terre elle-même.
Après le déluge, Dieu bénit Noé et ses fils, Cham, Sem et Japhet. Dieu fait alliance avec Noé et promet qu'il n'enverra plus jamais de déluge. Il donne l'arc-en-ciel comme signe de cette alliance.
Noé est le premier à cultiver une vigne (9.20). Il devient ivre après avoir bu de son vin et se couche nu dans sa tente. Cham le voit et le rapporte à ses frères, qui couvrent leur père en regardant dans la direction opposée. Noé maudit Cham ainsi que son fils, Canaan, mais bénit Sem et Japhet.
L'histoire des nations
« Voici la postérité des fils de Noé, Sem, Cham et Japhet. Il leur naquit des fils après le déluge » (10.1). Ce chapitre identifie les descendants des trois fils de Noé : Japhet (v. 2–5), Cham (v. 6–20) et Sem (v. 21–31). Beaucoup des noms de leurs descendants sont toujours utilisés de nos jours dans des tribus et des nations du monde.
La tour de Babel
La construction de la Tour de Babel (Babel signifie « porte de Dieu ») illustre la perversité de l'homme et sa tendance à défier Dieu. Le désir de l'homme de remplacer Dieu suit l'exemple de Satan et constitue un principe fondamental de nombreux cultes. Dieu anéantit les plans des bâtisseurs de Babel en confondant leurs langues. Comme ils ne se comprennent plus, le projet prend fin (11.1–9). Le site de cette tour n'est pas connu avec certitude. Certains pensent qu'il s'agit de Birs Nimrud (Borsippa), qui se trouve près des ruines de la ville de Babylone. Genèse 11.10–25 continue la lignée des descendants de Sem jusqu'à Térach, le père d'Abram.
Abraham (11.27–25.10) et Isaac (21.1–28.5)
Abram vient d'Ur en Chaldée, une ville prospère. La ville possède une ziggurat imposante et de nombreux autres temples, entrepôts et résidences. (Une ziggurat ou ziggourat est un temple en forme de tour.) Abram et Saraï, sa demi-sœur et épouse, partent avec leur père à Haran en Syrie. Haran, comme Ur, est un centre de culte du dieu-lune, Sin (aussi appelé Nannar).
Appel d'Abram
Dieu appelle Abram à marcher dans ses voies et à devenir l'héritier de ses promesses. Il lui dit de partir de là où vit et de quitter les autres membres de sa famille pour aller dans le pays qu'il lui montrerait (12.1 ; voir Ac 7.2–3). Abram obéit et à l'âge de 75 ans, part d'Haran avec sa femme Saraï et son neveu Lot. Ils se rendent à Sichem. Là, le Seigneur lui apparaît et promet de donner le pays dans lequel il se trouve à ses descendants.
Abram part pour l'Égypte à cause d'une famine (Gn 12.10–20). Saraï, sa femme, est très belle. Abram a peur que quelqu'un le tue pour la lui prendre. Il lui demande alors de dire qu'elle est sa sœur. Le pharaon la fait entrer dans son harem. Lorsque le Seigneur frappe pharaon de fléaux à cause de cela, le mensonge d'Abram est découvert et Saraï lui est rendue.
Abram et Lot
Après leur retour dans le pays de Canaan, une querelle éclate entre les bergers d'Abram et ceux de Lot. Abram propose qu'ils se séparent et permet à Lot de choisir le territoire où il souhaite s'installer. Lot choisit la vallée du Jourdain, qui est bien arrosée, ainsi que les villes de la plaine, où se trouvent Sodome et Gomorrhe (Gn 13).
L'invasion des quatre rois de l'Orient
Nous ne savons pas avec certitude qui sont les rois qui envahissent le territoire en suivant la route royale en Transjordanie. Ils s'attaquent aux cinq villes de la plaine et en repartent vainqueurs, avec beaucoup de butin et de nombreux prisonniers, y compris Lot. Quand Abram apprend la nouvelle, il prend avec lui 318 de ses serviteurs, nés dans sa maison, et se lance à leur poursuite. Il les attaque de nuit et reprend Lot et le butin. À son retour, il est accueilli par Melchisédek, roi de Jérusalem. Abram paie à Melchisédek une dîme, c'est à dire dix pourcent du butin (chap. 14).
L'alliance
Le Seigneur promet à Abram de lui donner un fils qui sera son héritier. Lors d'une cérémonie saisissante qui se passe de nuit, Dieu fait alliance avec Abram et lui promet le pays qui s'étend depuis le fleuve d'Égypte (Wadi el Arish) jusqu'à l'Euphrate (chap. 15). Saraï n'arrive pas à avoir d'enfant. Elle donne donc Agar, sa servante égyptienne, à Abram, pour qu'il ait un enfant avec elle. Saraï a l'intention d'adopter cet enfant.
Lorsqu'Agar devient enceinte, elle commence à manquer de respect à sa maîtresse. Saraï la traite alors durement et elle s'enfuit. Dieu dit à Agar de retourner vers sa maîtresse et de soumettre à elle, et lui promet qu'elle va avoir un fils et de nombreux descendants (chap. 16). Après être retournée chez sa maîtresse, Agar donne naissance à Ismaël, qui deviendra l'ancêtre des peuples arabes.
Dieu répète sa promesse à Abram qu'il lui donnera d'innombrables descendants et lui annonce que ce sera Saraï qui donnera naissance à son héritier. Comme signe de sa promesse, Dieu change les noms d'Abram (« père exalté ») et de Saraï en Abraham (« père de nombreux ») et Sara (« princesse »). Dieu commande aussi la circoncision à Abraham et à tous les mâles de sa maison, comme signe de son alliance (Gn 17). La circoncision est alors déjà pratiquée parmi les Égyptiens depuis plusieurs siècles, mais c'est avec Abraham qu'elle devient une pratique des Hébreux.
La destruction des villes de la plaine
Le Seigneur et deux anges apparaissent à Abraham et lui annoncent que la naissance de l'héritier promis se fera dans l'année. Ils lui révèlent aussi que Sodome et Gomorrhe vont être détruites. Abraham demande à Dieu s'il épargnera des justes s'il y en a qui y habitent. Dieu dit qu'il le fera (18.22–33). En fait, le Seigneur ne sauve que Lot et sa famille proche, car la population de Sodome montre son péché pervers jusqu'au bout. Dieu détruit ces villes en faisant tomber du soufre et du feu du ciel (19.24–25). La femme de Lot désobéit à la parole des anges et devient un pilier de sel. Après cela, les deux filles de Lot, pour préserver leur lignée familiale, enivrent leur père et ont des relations sexuelles avec lui. Elles deviennent enceintes et ont pour fils Moab et Ammon, dont les descendants deviendront des siècles plus tard des ennemis d'Israël.
Dans Genèse 20.1–18, Abraham présente Sara comme sa sœur une fois de plus, ce qui cause des problèmes avec Abimélec, roi de Guérar.
Au temps annoncé par le Seigneur, Sara donne naissance à un fils, Isaac (21.1–3). Quand l'enfant grandit et est sevré, Sara voit qu'Ismaël se moque de lui. Agar et son fils sont renvoyés à la requête de Sara. Selon les coutumes du Proche-Orient, illustrée dans les tables de Nuzi, Sara est dans son droit de faire une telle requête. Le Seigneur sauve Agar et Ismaël qui vont mourir de soif dans le désert. Ismaël grandit et se marie.
Abraham et Abimélec ont un désaccord concernant la propriété d'un puits, mais concluent une alliance de paix à Beer-Schéba (21.25–34).
Plus tard, Dieu met à l'épreuve la foi d'Abraham en lui demandant d'offrir Isaac en sacrifice sur le mont Morija. David achètera plus tard à Aravna le Jébusien une aire où le Temple sera construit (2S 24.16–25) ; cette aire correspond probablement à l'endroit où Abraham subit cette épreuve. Alors qu'Abraham lève son couteau pour sacrifier Isaac, Dieu l'arrête et lui montre un bélier coincé dans un buisson. Isaac est épargné et l'animal sacrifié à sa place. Dieu bénit Abraham, qui lui a obéi.
Quelque temps plus tard, Sara meurt à Hébron. Abraham négocie l'achat de la grotte de Macpéla à Éphron le Héthien selon les coutumes typiques du Proche-Orient. Il utilise la grotte comme sépulcre pour Sara (Gn 23). Abraham envoie son serviteur Éliézer vers la famille de son père chercher une épouse pour Isaac. Le Seigneur guide Éliézer vers Rebecca, qui devient la femme d'Isaac (Gn 24).
Le chapitre 25 mentionne qu'Abraham prend Ketura pour femme. Elle lui donne plusieurs fils. Abraham meurt à l'âge de 175 ans et est enterré dans la grotte de Macpéla par ses deux fils, Isaac et Ismaël.
Jacob et Ésaü (25.19–37.1)
Rebecca donne naissance à des jumeaux : Ésaü et Jacob. Quand les garçons grandissent, Ésaü vend son droit d'aînesse à Jacob pour un repas de lentilles rouges (25.27–34).
Quand la famine arrive dans le pays, Isaac part pour Guérar, comme son père avant lui (Gn 20). Il imite aussi le mensonge de son père en présentant sa femme comme sa sœur (Gn 26.1–11). Des conflits surviennent avec les Philistins à propos des puits d'Isaac. Comme Isaac est un homme pacifique, il choisit de creuser de nouveaux puits plutôt que de se battre pour les anciens (v. 17–33).
Alors qu'Isaac est vieux, sa vue s'est tellement affaiblie qu'il ne voit plus. Il veut donner la bénédiction du fils aîné à Ésaü, même si celui-ci a vendu son droit d'aînesse à Jacob. Rebecca complote avec Jacob de faire croire à Isaac, qui ne voit plus, que Jacob est Ésaü. C'est donc Jacob qu'Isaac bénit. Ces paroles de bénédiction sont considérées légalement valides et irrévocables (voir aussi les tables anciennes de Nuzi). Rebecca a peur qu'Ésaü ne tue Jacob pour se venger et s'arrange pour que Jacob parte pour Haran pour y chercher une épouse dans sa famille d'origine. À Béthel, Dieu apparaît à Jacob dans un rêve qui lui montre une échelle entre le ciel et la terre. Dieu renouvelle avec Jacob la promesse qu'il a faite à Abraham et à Isaac (28.10–22).
Jacob arrive à Haran chez son oncle Laban et travaille pour lui comme berger (chap. 29). Laban promet de donner Rachel, sa fille cadette, à Jacob pour épouse en échange de sept années de travail. Mais le moment venu, Laban trompe Jacob et lui donne Léa, sa fille aînée, à la place de Rachel. Jacob est obligé de travailler sept années de plus pour obtenir Rachel, qu'il aime.
Le Seigneur fait réussir et enrichit Jacob, mais celui-ci rencontre continuellement des problèmes avec Laban. Le Seigneur commande à Jacob de retourner en Canaan (Gn 31.3). Jacob part en secret avec ses femmes, ses enfants et ses biens. Laban les poursuit car ses idoles de maison ont disparu. Selon les coutumes de Nuzi, celui qui est en possession ces idoles devient l'héritier du domaine du propriétaire d'origine. C'est Rachel qui les a volées, mais elle réussit à le cacher à son père. Laban fait une alliance de paix avec Jacob et repart chez lui.
Jacob a peur de la réaction de son frère Ésaü à son retour. Alors qu'il traverse son territoire en Édom, Jacob lui envoie des cadeaux pour l'apaiser. Il divise aussi sa famille en deux camps par précaution. Jacob fait une rencontre inattendue avec l'ange du Seigneur et en ressort avec une blessure à la hanche et un nouveau nom : Israël (chap. 32).
La rencontre avec Ésaü se passe bien et Jacob part en paix pour Sichem (chap. 33). Plus tard, ses fils tuent les hommes de Sichem pour venger le viol de leur sœur Dina (chap. 34). Dieu commande à Jacob d'aller à Béthel et d'y construire un autel. Toutes les idoles des dieux étrangers sont enterrées près de Sichem (35.1–4). À Béthel, Dieu confirme de nouveau sa promesse de lui donner des descendants innombrables, ainsi que le pays de Canaan selon sa promesse à Abraham et à Isaac (v. 9–15).
Rachel meurt en chemin vers Bethléhem alors qu'elle vient de donner naissance à Benjamin, le douzième et dernier fils de Jacob. Isaac meurt à Hébron à l'âge de 180 ans et est enterré dans la grotte de Macpéla par Ésaü et Jacob.
Genèse 36 donne une liste de « la postérité d'Ésaü » (v. 1). Ésaü est également appelé Édom, un mot qui signifie « rouge » (voir 25.30).
Joseph (37.2–50.26)
Joseph est le fils préféré de Jacob, et ses frères sont jaloux de lui. La relation entre les frères empire quand Joseph leur raconte un de ses rêves, dans lequel il domine sur eux. Leur jalousie s'intensifie quand Jacob offre à Joseph un beau manteau. Les frères parlent entre eux de tuer Joseph, mais finissent par choisir de le vendre comme esclave à des marchands dont la caravane se rend en Égypte. Ils font croire à leur père que Joseph a été tué par des animaux sauvages. Les marchands le vendent comme esclave à Potiphar, le chef de la garde égyptienne (Gn 37.36 ; 39.1).
Le chapitre 38 raconte un cas historique de lévirat, une coutume exigeant qu'en cas de mort sans héritier, le frère du défunt doit marier sa veuve et lui donner un enfant, qui est alors considéré comme le descendant de son frère. Après la mort de ses deux premiers fils, Juda ne donne pas sa belle-fille veuve à son troisième fils. Elle fait preuve de ruse et c'est Juda lui-même qui, sans savoir qui elle est, la met enceinte de jumeaux. Quand l'affaire est révélée, Juda reconnaît ses torts. Le fils aîné de ces jumeaux, Pérets, fait partie des ancêtres nommés dans la généalogie de Jésus selon Luc (il est appelé Pharès dans Lc 3.33).
Le Seigneur bénit Joseph, et Potiphar le met à la tête de sa maison (chap. 39). La femme de Potiphar est attirée par le jeune homme et tente de le séduire. Comme il refuse, elle ment et l'accuse d'avoir essayé de la violer. Joseph est condamné à tort et envoyé en prison. Mais Dieu est avec lui et lui donne l'interprétation des rêves de deux des serviteurs du pharaon (chap. 40). Plus tard, le pharaon fait un rêve troublant qu'il veut comprendre mais que ses magiciens et sages ne peuvent pas interpréter. Joseph est alors sorti de prison et amené devant pharaon. Joseph explique au pharaon que Dieu révèle par son rêve qu'il va y avoir sept années d'abondance, suivies de sept années de famine. Joseph est alors élevé au poste de premier ministre, et seul pharaon exerce une autorité supérieure à la sienne. C'est Joseph qui devient responsable de l'administration du pays (41.37–44).
Lorsque la famine arrive en Canaan, Jacob envoie ses fils en Égypte pour y acheter du blé. Joseph reconnaît ses frères, mais ne leur révèle pas son identité. Il les met à l'épreuve en les accusant d'être des espions (42.9). Il garde l'un des frères, Siméon, en otage (v. 19). Joseph exige que s'ils reviennent en Égypte, ils ramènent avec eux leur plus jeune frère (42.20 ; 43.3). Jacob a peur de perdre Benjamin, le dernier fils de Rachel, et ne veut pas le laisser partir avec ses frères. Cependant, la famine devient si sévère en Canaan (43.1) que Jacob finit par le permettre. Les frères sont piégés une fois de plus par Joseph, qui fait placer sa coupe d'argent dans le sac de Benjamin et le fait arrêter comme voleur (chap. 44).
Quand ses frères se montrent prêts à se sacrifier pour Benjamin et ainsi épargner plus de tristesse à leur père, Joseph leur révèle son identité (45.4–15). Il leur explique que c'est Dieu qui l'a envoyé en Égypte (v. 7–8) afin de sauver la famille de la famine à venir. Joseph envoie chercher son père Jacob et tout le reste de la famille pour venir vivre en Égypte (46.1). Joseph et son père se retrouvent dans la région de Gosen (46.28–29). C'est dans cette région que les Israélites s'installent et prospèrent (47.27).
Plus tard, alors que Jacob va bientôt mourir, Joseph amène ses deux fils, Manassé et Éphraïm, à son père pour qu'ils reçoivent sa bénédiction. Jacob donne la bénédiction la plus importante au fils cadet de Joseph, Éphraïm (48.13–20).
Après avoir bénit chacun de ses propres fils, Jacob meurt à l'âge d'au moins 130 ans. Joseph donne des ordres pour que le corps de Jacob soit préparé pour l'enterrement selon les coutumes égyptiennes (50.2–3). Après avoir enterré leur père dans la grotte de Macpéla à Hébron en Canaan, les frères de Joseph ont peur que Joseph puisse vouloir se venger d'eux. Au lieu de cela, Joseph les rassure et leur dit : « Vous aviez médité de me faire du mal : Dieu l'a changé en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd'hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux » (v. 20).
Joseph lui-même meurt à l'âge de 110 ans. Il fait une dernière demande prophétique : lorsque les Israélites quitteront l'Égypte, ils doivent emporter ses os avec eux pour les enterrer dans le pays que Dieu leur a promis comme héritage (50.25 ; voir Ex 13.19 ; Jos 24.32).
Voir aussi Abraham ; Adam (personne) ; alliance ; création ; Ève ; chute de l'homme ; déluge ; Isaac ; Jacob n°1 ; Joseph n°1 ; nations ; Noé n°1 ; patriarches (période des).