Tous les événements de 11.27–12.44 se déroulent dans...
- Tous les événements de 11.27–12.44 se déroulent dans le temple (voir 11.27 ; 13.1). Compte tenu des premiers mots introduisant le récit, on comprend que cette histoire (littéralement une parabole) est intimement liée à la discussion précédente concernant l'autorité de Jésus (11.27–33). Cette parabole est une réponse étendue de Jésus aux chefs religieux.
- Jésus veut que cette parabole soit interprétée à la lumière d'Es 5.1–7, une histoire similaire dans laquelle quelqu'un plante une vigne, bâtit une tour de guet pour la surveiller, entoure la vigne d'une haie, et creuse une fosse pour un pressoir à vin. La question posée dans ce texte est similaire à celle de Jésus : que va faire le propriétaire de la vigne ? (Mc 12.9 ; voir Es 5:4). Ésaïe identifie explicitement la vigne au peuple d'Israël (Es 5.7). Les auditeurs de Jésus et les lecteurs de Marc ont tous compris cette histoire comme étant une allégorie pour décrire les Israélites, et il est évident que d'autres détails de l'histoire sont destinés à être interprétés de manière allégorique : les vignerons représentent les dirigeants d'Israël ; le maître de la vigne représente Dieu ; les serviteurs représentent les prophètes de l'Ancien Testament ; le fils bien-aimé représente Jésus, le Fils de Dieu ; le meurtre du fils représente la crucifixion de Jésus ; et le fait que la vigne soit donnée à d'autres représente le jugement qui vient sur Israël (Mc 11.15–17 ; 13.1–37). Évidemment, l'interprétation devait être plus claire pour les lecteurs de l'évangile de Marc que pour ceux qui entendaient Jésus, mais les chefs religieux contemporains de Jésus l'ont suffisamment bien comprise pour chercher à le tuer (12.12).
1Jésus se mit ensuite à leur parler en paraboles. Un homme planta une vigne. Il l’entoura d’une haie, creusa un pressoir, et bâtit une tour; puis il l’afferma à des vignerons, et quitta le pays.
Le moment auquel le texte fait référence est...
- Le moment auquel le texte fait référence est probablement celui de la vendange. Elle a lieu lorsque le nouveau vignoble produit sa première récolte, environ 4 ans après la plantation. En général, le paiement pour la location du vignoble se faisait par le don d'une quantité de raisins ou de vin, c'est-à-dire une part de la récolte, au propriétaire de la vigne.
- Dans l'Ancien Testament, les prophètes sont souvent appelés serviteurs (Jr 7.25–26 ; Am 3.7 ; Za 1.6) ; ils étaient souvent maltraités et tués par les dirigeants israélites (1R 18.13 ; 19.10,14 ; 2Ch 24.20–27 ; 36.15–16 ; Jr 26.20–23 ; Né 9.26 ; voir Mt 23.34,37 ; 1Th 2.15).
2Au temps de la récolte, il envoya un serviteur vers les vignerons, pour recevoir d’eux une part du produit de la vigne.
3S’étant saisis de lui, ils le battirent, et le renvoyèrent à vide.
4Il envoya de nouveau vers eux un autre serviteur; ils le frappèrent à la tête, et l’outragèrent.
5Il en envoya un troisième, qu’ils tuèrent; puis plusieurs autres, qu’ils battirent ou tuèrent.
6Il avait encore un fils bien-aimé; il l’envoya vers eux le dernier, en disant: Ils auront du respect pour mon fils.
7Mais ces vignerons dirent entre eux: Voici l’héritier; venez, tuons-le, et l’héritage sera à nous.
8Et ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne.
9Maintenant, que fera le maître de la vigne? Il viendra, fera périr les vignerons, et il donnera la vigne à d’autres.
Dans sa deuxième question rhétorique, Jésus cite Psaumes...
Dans sa deuxième question rhétorique, Jésus cite Psaumes 118.22–23. La pierre rejetée (le Fils) est devenue la pierre angulaire du Royaume de Dieu (voir Ac 4.11 ; 1P 2.4,6–7). Cette phrase est traditionnellement comprise comme faisant référence à la pierre angulaire, enfouie dans le sol, qui fait partie des fondations. Mais Jésus fait peut-être référence à la pierre angulaire que l'on place tout en haut d'un bâtiment, et qui marque son achèvement. En réalité, peu importe à quelle pierre il fait allusion, l'idée que veut transmettre le texte est simplement que c'est la plus importante. Malgré l'intention malveillante de certains des bâtisseurs (les chefs religieux), rien de ce qu'ils ont fait n'a échappé à la volonté de Dieu (Ac 4.28) : quelle chose merveilleuse ! Ceux qui ont mis Jésus à mort sont en réalité les instruments de Dieu, agissant conformément à son plan, de manière mystérieuse, afin que le Fils de l'homme donne sa vie en rançon pour beaucoup (Mc 10.45).
10N’avez-vous pas lu cette parole de l’Écriture: La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient Est devenue la principale de l’angle;
11C’est par la volonté du Seigneur qu’elle l’est devenue, Et c’est un prodige à nos yeux?
12Ils cherchaient à se saisir de lui, mais ils craignaient la foule. Ils avaient compris que c’était pour eux que Jésus avait dit cette parabole. Et ils le quittèrent, et s’en allèrent.
Ne parvenant pas à remettre en question l'autorité...
Ne parvenant pas à remettre en question l'autorité de Jésus, ses opposants vont essayer de susciter l'hostilité de son public. Dès le début, les lecteurs de cet évangile sont conscients que les flatteries des Pharisiens et des partisans d'Hérode (voir 3.6) ne sont pas sincères : ils veulent seulement piéger Jésus en lui faisant dire quelque chose qui pourrait conduire à son arrestation. La question posée par les opposants de Jésus(est-il juste ou non de payer des impôts à César ?) a été soigneusement réfléchie. Elle met Jésus face à un dilemme : s'il répond oui, le peuple va se détourner de lui, car ils méprisent les Romains et détestent payer des impôts. Mais s'il répond non, cela fait de lui un révolutionnaire, et les conséquences vont être une confrontation immédiate avec les autorités romaines, précipitant son arrestation.
13Ils envoyèrent auprès de Jésus quelques-uns des pharisiens et des hérodiens, afin de le surprendre par ses propres paroles.
14Et ils vinrent lui dire: Maître, nous savons que tu es vrai, et que tu ne t’inquiètes de personne; car tu ne regardes pas à l’apparence des hommes, et tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité. Est-il permis, ou non, de payer le tribut à César? Devons-nous payer, ou ne pas payer?
15Jésus, connaissant leur hypocrisie, leur répondit: Pourquoi me tentez-vous? Apportez-moi un denier, afin que je le voie.
16Ils en apportèrent un; et Jésus leur demanda: De qui sont cette effigie et cette inscription? De César, lui répondirent-ils.
17Alors il leur dit: Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Et ils furent à son égard dans l’étonnement.
C'est le troisième récit de controverse continuant la...
- C'est le troisième récit de controverse continuant la série qui a débuté en 11.27. Comme dans la plupart des récits où les sadducéens sont mentionnés dans le Nouveau Testament, le récit se déroule aux abords du temple (Mt 22.23–33 ; Lc 20.27–40 ; Ac 4.1–3 ; 5.12,17 ; 22.30–23.10 ; les exceptions sont Mt 3.7 ; 16.1–12).
- La question des sadducéens (Mc 12.19–23) est soigneusement élaborée, et basée sur un commandement de Moïse (Dt 25.5–6 ; voir Gn 38.6–11 ; Rt 4.1–22). Puisque les sept hommes ne peuvent pas tous avoir une seule et même femme comme épouse dans la résurrection, et puisqu'aucun d'entre eux n'a de privilège particulier à faire valoir sur les autres, les sadducéens pensent ainsi avoir prouvé l'absurdité de la doctrine de la résurrection des morts. Et ils pensent par la même occasion avoir réfuté à la fois Jésus et les pharisiens (voir Mt 12.41–42 ; Lc 16.19–31 ; voir aussi Mc 8.31 ; 9.31 ; 10.34).
18Les sadducéens, qui disent qu’il n’y a point de résurrection, vinrent auprès de Jésus, et lui firent cette question:
19Maître, voici ce que Moïse nous a prescrit: Si le frère de quelqu’un meurt, et laisse une femme, sans avoir d’enfants, son frère épousera sa veuve, et suscitera une postérité à son frère.
20Or, il y avait sept frères. Le premier se maria, et mourut sans laisser de postérité.
21Le second prit la veuve pour femme, et mourut sans laisser de postérité. Il en fut de même du troisième,
22et aucun des sept ne laissa de postérité. Après eux tous, la femme mourut aussi.
23A la résurrection, duquel d’entre eux sera-t-elle la femme? Car les sept l’ont eue pour femme.
La réponse de Jésus comporte deux éléments. Tout...
- La réponse de Jésus comporte deux éléments. Tout d'abord, il réprimande les sadducéens pour leur ignorance en ce qui concerne les Écritures (c'est-à-dire l'Ancien Testament), puisque la résurrection des morts y est très clairement mentionnée, tant dans ce qu'on appelle les Prophètes (Es 26.19 ; Ez 37.1–14) que dans les Écrits (Jb 19.26 ; Ps 16.9–11 ; 49.16 ; 73.23–26 ; Dn 12.2). Cependant, les sadducéens n'acceptent que la Torah (de Genèse à Deutéronome), et Jésus leur répond donc à partir de la Torah. En renvoyant à Dieu comme au Dieu d'Abraham, au Dieu d'Isaac et au Dieu de Jacob (voir Ex 3.6,15–16), Jésus montre que l'alliance de Dieu avec les patriarches ne peut pas être rompue par la mort. Les patriarches sont toujours vivants (Mt 8.11–12 ; 13.17 ; Lc 16.19–31 ; Jn 8:56), car Dieu est le Dieu des vivants, et non pas des morts. La relation d'alliance tissée par Dieu avec son peuple s'étend au-delà de la mort physique, ce qui signifie que la vie après la mort est bien une réalité.
- Deuxièmement, Jésus vient remettre en question les certitudes des sadducéens, en révélant leur ignorance du pouvoir de Dieu. Ils pensent que la vie de résurrection est une extension de la vie mortelle, mais en réalité, elle constitue une vie élevée à un tout autre niveau. Dans cette nouvelle existence, il n'y a pas besoin de sexualité pour avoir une descendance car il n'y a plus de mort. L'intimité du mariage est remplacée par la communion avec la multitude de croyants et avec Dieu (Mc 10.29–30 ; Mt 19.28–29 ; Lc 18.29–30 ; Ap 21.1–4). C'est de ce point de vue-là que les croyants ressuscités sont semblables aux anges au ciel.
- Jésus démontre sa sagesse à travers son argument, et vient affirmer ses disciples dans l'espérance de la résurrection. Jésus est la résurrection et la vie (Jn 11.25) ; il a vaincu la mort et assure à ceux qui croient en lui qu'ils ne vont pas périr, mais auront la vie éternelle (Jn 3.16).
24Jésus leur répondit: N’êtes-vous pas dans l’erreur, parce que vous ne comprenez ni les Écritures, ni la puissance de Dieu?
25Car, à la résurrection des morts, les hommes ne prendront point de femmes, ni les femmes de maris, mais ils seront comme les anges dans les cieux.
26Pour ce qui est de la résurrection des morts, n’avez-vous pas lu, dans le livre de Moïse, ce que Dieu lui dit, à propos du buisson: Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob?
27Dieu n’est pas Dieu des morts, mais des vivants. Vous êtes grandement dans l’erreur.
Après les trois manifestations d'hostilité de 11.27–12.27, le...
Après les trois manifestations d'hostilité de 11.27–12.27, le lecteur pourrait s'attendre à ce que la prochaine question posée à Jésus adopte le même ton (voir 11.28 ; 12.13,15,19–23), mais ce n'est pas le cas. Dans les autres épisodes de l'évangile de Marc où apparaissent des spécialistes de la loi religieuse, ils sont dépeints comme étant opposés à l'œuvre de Dieu (2.6–7,16 ; 3.22 ; 7.1,5 ; 8.31 ; 9.14 ; 10.33 ; 11.18,27) et Jésus met en garde les foules contre leur hypocrisie (12.38–40). Mais ce spécialiste de la loi est bien disposé envers Jésus (12.28,32), il l'encense (12.32–33), et Jésus va souligner la justesse de sa réponse, tout en lui certifiant qu'il n'est pas loin du royaume de Dieu (12.34).
28Un des scribes, qui les avait entendus discuter, sachant que Jésus avait bien répondu aux sadducéens, s’approcha, et lui demanda: Quel est le premier de tous les commandements?
La réponse de Jésus combine deux commandements situés...
- La réponse de Jésus combine deux commandements situés en deux endroits différents de la Torah.
- Le premier, Dt 6.4–5, était probablement le passage le plus connu de l'Ancien Testament, car il était répété deux fois par jour par les Juifs pieux. Il est appelé le Shema car il commence par le mot "Écoute" (en hébreu shema‘). Le premier commandement correspond à la première partie des "Dix Commandements" (Ex 20.2–11), qui traite des rapports entre Dieu et les hommes.
- L'unicité de Dieu est fondamentale pour le monothéisme juif et chrétien, et est au cœur du commandement d'aimer Dieu de tout son cœur (pensée et affection), de toute son âme (désir et sentiment), de toute sa pensée (compréhension) et de toute sa force (énergie et puissance).
- Le deuxième commandement vient de Lv 19.18. Il correspond à la deuxième partie des "Dix Commandements" (Ex 20.12–17), qui traite des rapports entre les différents individus. Ce deuxième commandement se fonde sur l'inclination naturelle des gens à prendre soin d'eux-mêmes. Le fait qu'il soit fréquemment répété témoigne de son importance pour l'Église primitive (Mt 5.43–44 ; 19.19 ; 25.31–46 ; Rm 13.8–10 ; Ga 5.14 ; Jc 2.8 ; La Didachè 1.2 ; 2.7). Les deux commandements ne sont pas indépendants, mais sont intimement associés pour former un seul commandement. La prise en compte de ces deux commandements exclut le mysticisme religieux qui ne traite que de la relation de la personne avec Dieu, mais aussi l'humanisme qui ne traite que des relations entre les personnes.
29Jésus répondit: Voici le premier: Écoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l’unique Seigneur;
30et: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force.
31Voici le second: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas d’autre commandement plus grand que ceux-là.
Ce que dit le spécialiste de la loi...
Ce que dit le spécialiste de la loi souligne l'importance de ces deux commandements pour vivre une vie de dévotion authentique.
32Le scribe lui dit: Bien, maître; tu as dit avec vérité que Dieu est unique, et qu’il n’y en a point d’autre que lui,
33et que l’aimer de tout son cœur, de toute sa pensée, de toute son âme et de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, c’est plus que tous les holocaustes et tous les sacrifices.
34Jésus, voyant qu’il avait répondu avec intelligence, lui dit: Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. Et personne n’osa plus lui proposer des questions.
Après avoir répondu à diverses questions, principalement de...
Après avoir répondu à diverses questions, principalement de la part de ses opposants, c'est maintenant Jésus qui va leur poser une question (voir 8.27 ; Mt 17.25 ; 21.31 ; Lc 10.36). Le Messie était considéré comme le fils de David en raison de passages tels que Es 9.2–7 ; 11.1–5 ; Jr 23.5–6 ; 33.15–16 ; Ez 34.23–24 ; 37.24–28, et Jésus ne veut pas nier que le Messie est un descendant de David en posant cette question (Mc 10.47–48 ; 11.10; voir Rm 1.3–4). Cependant, il souhaite démontrer que bien qu'étant correcte en soit, cette description est insuffisante : le Messie est bien plus que cela !
35Jésus, continuant à enseigner dans le temple, dit: Comment les scribes disent-ils que le Christ est fils de David?
36David lui-même, animé par l’Esprit-Saint, a dit: Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite, Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied.
37David lui-même l’appelle Seigneur; comment donc est-il son fils? Et une grande foule l’écoutait avec plaisir.
Jésus met en garde contre les spécialistes de...
- Jésus met en garde contre les spécialistes de la loi (voir 1.22), et l'avertissement qu'il adresse ici est similaire à celui qu'il oppose aux pharisiens et aux hérodiens en 8.15. Les scribes ont enfreint les deux plus grands commandements (12:30–31). Ils ont enfreint le premier commandement en n'aimant pas Dieu, et en ne lui donnant pas à lui seul la révérence et l'adoration qu'ils recherchent pour eux-mêmes.
- Les longues robes étaient probablement les vêtements portés par les hommes religieux ; et se faire appeler "Rabbi" (voir Mt 23.7) faisait peut-être parti de ces salutations publiques qu'ils pouvaient rechercher. Les sièges d'honneur se situaient à l'avant de la synagogue, face à la congrégation.
38Il leur disait dans son enseignement: Gardez-vous des scribes, qui aiment à se promener en robes longues, et à être salués dans les places publiques;
39qui recherchent les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les festins;
40qui dévorent les maisons des veuves, et qui font pour l’apparence de longues prières. Ils seront jugés plus sévèrement.
Le mot souvent souvent traduit par "tronc" ou...
Le mot souvent souvent traduit par "tronc" ou "trésor" peut faire référence à l'endroit où était stocké l'argent du temple. Mais ici, il fait référence à l'un des treize coffres dans lesquels les gens pouvaient mettre leurs offrandes. Jésus regarde la scène, et observe que beaucoup de personnes fortunées y mettent de grosses sommes d'argent. Puis il remarque une pauvre veuve qui va seulement y introduire deux petites pièces (l'utilisation du terme romain quadrans soutient l'idée que Marc a écrit son évangile pour l'église de Rome; voir Introduction au Livre de Marc). Ces deux pièces valaient un soixante-quatrième d'un denier, soit le salaire correspondant à une journée de travail (Mt 20.1–2).
Le récit de cette pauvre veuve met en...
Le récit de cette pauvre veuve met en évidence le contraste entre les chefs religieux empreints d'une fausse piété (12.38–40), et les personnes qui aiment vraiment Dieu. Dans ce passage, l'accent est mis sur la déclaration de Jésus, d'après laquelle la veuve a en réalité donné plus que les riches.
41Jésus, s’étant assis vis-à-vis du tronc, regardait comment la foule y mettait de l’argent. Plusieurs riches mettaient beaucoup.
42Il vint aussi une pauvre veuve, elle y mit deux petites pièces, faisant un quart de sou.
Jésus appelle ses disciples à écouter son enseignement...
Jésus appelle ses disciples à écouter son enseignement (voir 3.23 ; 6.7 ; 8.1 ; 10.42 ; voir aussi 7.14 ; 8.34). Dans sa déclaration en 12.43, Jésus révèle la différence radicale entre sa pensée et celle du monde. Dans ce monde, personne n'aurait fait grand cas d'une veuve pour un don de deux petites pièces, mais Jésus et son Père regardent au cœur d'une personne (1S 16.7). La veuve fait exactement ce que Jésus a dit de faire au jeune homme riche (Mc 10.21), et ce qu'il a enseigné de faire à ses propres disciples (1.18,20 ; 8.34–37 ; 10.28–29). Comme la femme de 14.3–9, la pauvre veuve aime Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa pensée et de toute sa force (12.30).
43Alors Jésus, ayant appelé ses disciples, leur dit: Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné plus qu’aucun de ceux qui ont mis dans le tronc;
44car tous ont mis de leur superflu, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre.