Ce récit n'a aucun lien direct avec celui...
Ce récit n'a aucun lien direct avec celui qui le précède. Le seul élément de contexte qui nous est donné est que cet évènement a lieu pendant le ministère de Jésus. Après avoir décrit la scène (7.1–4), Marc introduit la question des pharisiens (7.5), suivie de la réponse de Jésus (7.6–23). La première partie de la réponse de Jésus (7.6–13) attaque les traditions des pharisiens (7.6–8, 9–13) en illustrant ses propos à l'aide de deux passages de l'Ancien Testament. Dans la deuxième partie (7.14–23), Jésus explique ce qui souille (et ce qui ne souille pas) les individus.
1Les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem, s’assemblèrent auprès de Jésus.
Marc explique les pratiques pharisiennes de purification rituelle...
Marc explique les pratiques pharisiennes de purification rituelle à ses lecteurs non-juifs (païens). Les traditions anciennes (littéralement les traditions des anciens en grec) étaient des récits non écrits (à cette époque) que les pharisiens croyaient que Moïse avait reçus sur le mont Sinaï en même temps que la loi écrite. Elles ont été écrites vers l'an 200 dans la Mishna, l'une des sources clés pour comprendre le judaïsme ancien.
2Ils virent quelques-uns de ses disciples prendre leurs repas avec des mains impures, c’est-à-dire, non lavées.
3Or, les pharisiens et tous les Juifs ne mangent pas sans s’être lavé soigneusement les mains, conformément à la tradition des anciens;
4et, quand ils reviennent de la place publique, ils ne mangent qu’après s’être purifiés. Ils ont encore beaucoup d’autres observances traditionnelles, comme le lavage des coupes, des cruches et des vases d’airain.
5Et les pharisiens et les scribes lui demandèrent: Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens, mais prennent-ils leurs repas avec des mains impures?
Jésus répond d'abord en citant Es 29.13 (version...
Jésus répond d'abord en citant Es 29.13 (version grecque), qui parle du fait de confondre les idées des hommes aux commandements de Dieu. Cela décrit bien la situation dans laquelle se trouvaient les pharisiens : ils ont remplacé la loi de Dieu par leur tradition humaine.
6Jésus leur répondit: Hypocrites, Ésaïe a bien prophétisé sur vous, ainsi qu’il est écrit: Ce peuple m’honore des lèvres, Mais son cœur est éloigné de moi.
7C’est en vain qu’ils m’honorent, En donnant des préceptes qui sont des commandements d’hommes.
8Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes.
Ensuite, Jésus donne un exemple où les traditions...
Ensuite, Jésus donne un exemple où les traditions des pharisiens contredisent la loi de Dieu afin d'éviter ses exigences.
9Il leur dit encore: Vous anéantissez fort bien le commandement de Dieu, pour garder votre tradition.
10Car Moïse a dit: Honore ton père et ta mère; et: Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort.
Dans ce passage, Jésus met en avant le...
Dans ce passage, Jésus met en avant le fait que la loi de Dieu est bien plus empathique que leur tradition. Leur tradition autorisait les gens à contourner leur obligation de soutenir leurs parents s'ils consacraient plutôt certaines de leurs ressources à Dieu, ignorant et déshonorant ainsi leurs parents dans le besoin. Leur tradition a renié le commandement de Dieu demandant aux gens d'honorer leurs parents en pourvoyant à leurs besoins.
11Mais vous, vous dites: Si un homme dit à son père ou à sa mère: Ce dont j’aurais pu t’assister est corban, c’est-à-dire, une offrande à Dieu,
12vous ne le laissez plus rien faire pour son père ou pour sa mère,
13annulant ainsi la parole de Dieu par votre tradition, que vous avez établie. Et vous faites beaucoup d’autres choses semblables.
Le deuxième argument de Jésus contre les Pharisiens...
Le deuxième argument de Jésus contre les Pharisiens est un proverbe que Jésus raconte à la foule. Plus tard, dans l'intimité d'une maison, Jésus l'explique à ses disciples (7.17–23). Il s'agit de distinctions morales concernant l'alimentation. Manger affecte le système digestif, mais les questions morales impliquent le cœur. Le cœur est une métaphore pour le siège de la prise de décision morale. La manière dont une personne mange (avec des mains propres ou sales) ou ce qu'une personne mange (nourriture propre ou sale) n'affecte que le tube digestif, et n'a donc aucune incidence sur les questions morales de l'âme. Pour aider ses lecteurs ultérieurs à comprendre les implications de l'enseignement de Jésus, Marc ajoute le commentaire interprétatif en disant que toute nourriture est acceptable aux yeux de Dieu. Dans l'Église apostolique, Pierre et Paul ont joué un rôle essentiel pour mettre en œuvre cette directive (voir Actes 10.1–11.18; Rm 14.14; 1Co 8.8; Ga 2.11–21).
14Ensuite, ayant de nouveau appelé la foule à lui, il lui dit: Écoutez-moi tous, et comprenez.
15Il n’est hors de l’homme rien qui, entrant en lui, puisse le souiller; mais ce qui sort de l’homme, c’est ce qui le souille.
17Lorsqu’il fut entré dans la maison, loin de la foule, ses disciples l’interrogèrent sur cette parabole.
18Il leur dit: Vous aussi, êtes-vous donc sans intelligence? Ne comprenez-vous pas que rien de ce qui du dehors entre dans l’homme ne peut le souiller?
19Car cela n’entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, puis s’en va dans les lieux secrets, qui purifient tous les aliments.
Ces versets résument treize choses qui peuvent réellement...
Ces versets résument treize choses qui peuvent réellement souiller une personne. Ces actions et vices proviennent tous du cœur.
20Il dit encore: Ce qui sort de l’homme, c’est ce qui souille l’homme.
21Car c’est du dedans, c’est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres,
22les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la folie.
23Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l’homme.
La discussion sur la pureté et la souillure...
La discussion sur la pureté et la souillure en 7.1–23 a préparé les lecteurs à l'histoire de la foi de la femme païenne. Pour les Juifs, les païens sont comme impurs car ils ne respectent pas les règles de la Torah (voir Actes 10.1–11.18, en particulier 10.14–15; 11.2–3, 8–9).
24Jésus, étant parti de là, s’en alla dans le territoire de Tyr et de Sidon. Il entra dans une maison, désirant que personne ne le sût; mais il ne put rester caché.
La femme vient de Phénicie syrienne ce qui...
La femme vient de Phénicie syrienne ce qui fait d'elle une païenne. Marc met en avant l'urgence et l'intensité de la requête de la femme à travers le fait qu'elle tombe aux pieds de Jésus et le supplie.
25Car une femme, dont la fille était possédée d’un esprit impur, entendit parler de lui, et vint se jeter à ses pieds.
26Cette femme était grecque, syro-phénicienne d’origine. Elle le pria de chasser le démon hors de sa fille. Jésus lui dit:
Le refus que Jésus adresse à la femme...
Le refus que Jésus adresse à la femme semble être catégorique, mais le reste de leur discussion indique qu'il essaye en réalité de tester sa foi (cp. Mt 15.28). Jésus n'exclut pas la femme de la grâce de Dieu à cause du fait qu'elle est païenne, il indique simplement que sa mission est en premier lieu dirigée vers les Juifs (Actes 13.46; Rm 1.16). La femme répond aux paroles de Jésus avec humilité et foi. Elle reconnaît la priorité du peuple juif mais déclare qu'il y a également suffisamment de nourriture pour les chiens (dans la littérature juive, les païens sont souvent appelés des chiens qui sont vus comme des charognards sales plutôt que comme de gentils animaux de compagnie ; voir aussi note d'étude sur Ap 22.15). La persistance de la femme et le fait qu'elle reconnaisse Jésus comme étant le Seigneur lui ont permis d'être récompensée.
27Laisse d’abord les enfants se rassasier; car il n’est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits chiens.
28Oui, Seigneur, lui répondit-elle, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des enfants.
Pour en lire davantage sur des guérisons similaires...
Pour en lire davantage sur des guérisons similaires à distance, voir Matthieu 8.5–13 // Luc 7.1–10 et Jean 4.46–54.
29Alors il lui dit: à cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille.
30Et, quand elle rentra dans sa maison, elle trouva l’enfant couchée sur le lit, le démon étant sorti.
Ce miracle est écrit de manière très similaire...
Ce miracle est écrit de manière très similaire (en ordre et en vocabulaire) à la guérison de l'aveugle que l'on trouve dans 8.22–26. Les miracles de guérison dans les Évangiles suivent un schéma similaire — la répétition constante d'histoires similaires a probablement uniformisé leur forme rédactionnelle. Ce miracle de guérison inclut un changement de scène. Bien que certains interprètent le miracle suivant comme se produisant dans le monde païen (Sidon ou Décapole), il a probablement eu lieu après le retour de Jésus en mer de Galilée. L'évènement suivant a lieu là-bas (8.10) sans changement de scène.
31Jésus quitta le territoire de Tyr, et revint par Sidon vers la mer de Galilée, en traversant le pays de la Décapole.
32On lui amena un sourd, qui avait de la difficulté à parler, et on le pria de lui imposer les mains.
33Il le prit à part loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et lui toucha la langue avec sa propre salive;
34puis, levant les yeux au ciel, il soupira, et dit: Éphphatha, c’est-à-dire, ouvre-toi.
35Aussitôt ses oreilles s’ouvrirent, sa langue se délia, et il parla très bien.
Malgré son désir d'éviter l'attention, la grandeur de...
Malgré son désir d'éviter l'attention, la grandeur de Jésus est trop forte — sa personne, son enseignement et sa capacité à guérir inspiraient l'admiration, et il est impossible de le cacher.
36Jésus leur recommanda de n’en parler à personne; mais plus il le leur recommanda, plus ils le publièrent.
37Ils étaient dans le plus grand étonnement, et disaient: Il fait tout à merveille; même il fait entendre les sourds, et parler les muets.