La dernière section de l'évangile de Marc est...
La dernière section de l'évangile de Marc est le récit de la souffrance, de la mort et de la résurrection de Jésus.
On est maintenant à l'apogée du conflit opposant...
On est maintenant à l'apogée du conflit opposant les principaux prêtres et les docteurs de la loi, afin de tuer Jésus (voir 3.6 ; 11.18 ; 12.12)
1La fête de Pâque et des pains sans levain devait avoir lieu deux jours après. Les principaux sacrificateurs et les scribes cherchaient les moyens d’arrêter Jésus par ruse, et de le faire mourir.
2Car ils disaient: Que ce ne soit pas pendant la fête, afin qu’il n’y ait pas de tumulte parmi le peuple.
L'histoire de Jésus et de la femme originaire...
- L'histoire de Jésus et de la femme originaire de Béthanie qui déverse un parfum sur sa tête (14.3–9) prépare les événements à venir. Le récit qu'on retrouve dans l'évangile de Luc (Lc 7.36–50) est foncièrement différent, et il fait peut-être référence à un événement distinct. Cet incident a eu lieu à Béthanie, à environ 3km à l'est de Jérusalem, sur la pente inférieure-est du mont des Oliviers, où Jésus apparemment séjournait lorsqu'il était en Judée (Mc 11.1,11–12). La maison appartenait à Simon, un ancien lépreux (les lépreux étaient isolés de la société ; et il avait peut-être été guéri par Jésus; voir 1.40–45).
- Cela s'est passé lorsqu'il se trouvait à table (ou allongé), car le repas était un banquet. Une femme (voir Jn 12.3) a brisé un vase contenant un parfum coûteux (nard pur) et l'a versé entièrement sur la tête de Jésus (voir Ex 29.4–7 ; 2R 9.1–6).
3Comme Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, une femme entra, pendant qu’il se trouvait à table. Elle tenait un vase d’albâtre, qui renfermait un parfum de nard pur de grand prix; et, ayant rompu le vase, elle répandit le parfum sur la tête de Jésus.
Certaines personnes sont indignées parce qu'elles considèrent cet...
Certaines personnes sont indignées parce qu'elles considèrent cet acte comme le gaspillage d'un parfum coûteux, censé valoir le salaire annuel d'un travailleur moyen (voir Mt 26.8 ; Jn 12.4–5) . Cette somme d'argent aurait pu être donnée aux pauvres, et il était obligatoire de se souvenir des pauvres pendant la Pâque.
4Quelques-uns exprimèrent entre eux leur indignation: A quoi bon perdre ce parfum?
5On aurait pu le vendre plus de trois cents deniers, et les donner aux pauvres. Et ils s’irritaient contre cette femme.
Jésus a pris la défense de la femme....
Jésus a pris la défense de la femme. Le fait que les disciples aient toujours les pauvres avec eux n'est pas une manière pour Jésus de minimiser sa préoccupation pour les pauvres. Il ne restait plus que quelques heures pour pouvoir servir Jésus avant sa mort : elle a choisi la meilleure chose qu'elle pouvait faire avec son parfum !
6Mais Jésus dit: Laissez-la. Pourquoi lui faites-vous de la peine? Elle a fait une bonne action à mon égard;
7car vous avez toujours les pauvres avec vous, et vous pouvez leur faire du bien quand vous voulez, mais vous ne m’avez pas toujours.
8Elle a fait ce qu’elle a pu; elle a d’avance embaumé mon corps pour la sépulture.
9Je vous le dis en vérité, partout où la bonne nouvelle sera prêchée, dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu’elle a fait.
Judas l'Iscariot, l'un des douze disciples, propose de...
Judas l'Iscariot, l'un des douze disciples, propose de trahir Jésus pour de l'argent, ce qui contraste fortement avec la manière d'agir de la femme (Mt 26.15 ; 27.3,9).
10Judas Iscariot, l’un des douze, alla vers les principaux sacrificateurs, afin de leur livrer Jésus.
11Après l’avoir entendu, ils furent dans la joie, et promirent de lui donner de l’argent. Et Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
La préparation du repas de la Pâque (14.12–16)...
- La préparation du repas de la Pâque (14.12–16) introduit le récit de la Sainte Cène (14.22–25).
- La Sainte Cène est associée au repas de la Pâque (14.12,14,16 ; Mt 26.17–19 ; Lc 22.7–8,11,13,15 ; voir Jn 18.28; 19.14). De nombreux pèlerins venaient célébrer la Pâque à Jérusalem, où se trouvait le Temple de Dieu (voir Dt 16.2).
12Le premier jour des pains sans levain, où l’on immolait la Pâque, les disciples de Jésus lui dirent: Où veux-tu que nous allions te préparer la Pâque?
La manière dont Jésus donne ses instructions à...
La manière dont Jésus donne ses instructions à ses disciples est similaire à celles de 11.2–6, ce qui suggère que Jésus avait prévu un endroit pour manger la Pâque et instaurer la Sainte Cène avec ses disciples. L'importance de ce repas est soulignée par le soin que prend Jésus pour le préparer. Il demande à deux de ses disciples de préparer le repas de la Pâque, qui comprend un agneau (qui doit être abattu, écorché, nettoyé et rôti sur un feu ouvert), du pain sans levain, un bol d'eau salée, des herbes amères et un bol de purée de fruits. Il est aussi nécessaire d'avoir du vin mélangé à de l'eau en quantité suffisante pour que Jésus et les disciples puissent chacun en boire quatre coupes, comme un signe visant à célébrer les bénédictions de Dieu à leur égard (selon les quatre bénédictions listées en Ex 6.6–7).
13Et il envoya deux de ses disciples, et leur dit: Allez à la ville; vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau, suivez-le.
14Quelque part qu’il entre, dites au maître de la maison: Le maître dit: Où est le lieu où je mangerai la Pâque avec mes disciples?
15Et il vous montrera une grande chambre haute, meublée et toute prête: c’est là que vous nous préparerez la Pâque.
16Les disciples partirent, arrivèrent à la ville, et trouvèrent les choses comme il le leur avait dit; et ils préparèrent la Pâque.
17Le soir étant venu, il arriva avec les douze.
18Pendant qu’ils étaient à table et qu’ils mangeaient, Jésus dit: Je vous le dis en vérité, l’un de vous, qui mange avec moi, me livrera.
19Ils commencèrent à s’attrister, et à lui dire, l’un après l’autre: Est-ce moi?
20Il leur répondit: C’est l’un des douze, qui met avec moi la main dans le plat.
21Le Fils de l’homme s’en va selon ce qui est écrit de lui. Mais malheur à l’homme par qui le Fils de l’homme est livré! Mieux vaudrait pour cet homme qu’il ne fût pas né.
Une prière de bénédiction a été prononcée pour...
- Une prière de bénédiction a été prononcée pour débuter le repas de la chambre haute. Aujourd'hui, les chrétiens ont pour habitude de demander à Dieu de bénir la nourriture ; à l'époque, les juifs de l'époque de Jésus avaient pour habitude de bénir Dieu car il pourvoyait au pain quotidien. Ils priaient ainsi : "Béni sois-tu, Seigneur, notre Dieu, Roi de l'univers, qui fait sortir le pain de la terre"
- Certains comprennent les paroles du Seigneur identifiant le pain à son corps et le vin à son sang comme étant le témoignage d'une véritable transformation : le pain et le vin sont transformés dans le véritable corps et sang de Jésus (transsubstantiation) ; d'autres pensent que le pain et le vin restent du pain et du vin, mais que la présence réelle de Jésus est aussi en eux (consubstantiation). Selon ces deux points de vue, lorsque l'on participe à la Sainte Cène, on mange et on boit effectivement le vrai corps et le vrai sang de Jésus. Un troisième point de vue est qu'en mangeant le pain et le vin, les chrétiens se nourrissent spirituellement de Jésus. Un quatrième point de vue est que ce repas est principalement un mémorial, et que les éléments sont des symboles, qui témoignent du sacrifice de Jésus en notre faveur. Voir aussi Jn 6.53–63 et note d'étude correspondante.
22Pendant qu’ils mangeaient, Jésus prit du pain; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant: Prenez, ceci est mon corps.
23Il prit ensuite une coupe; et, après avoir rendu grâces, il la leur donna, et ils en burent tous.
24Et il leur dit: Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui est répandu pour plusieurs.
25Je vous le dis en vérité, je ne boirai plus jamais du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai nouveau dans le royaume de Dieu.
Lors de la fête de la Pâque, la...
- Lors de la fête de la Pâque, la coutume était de chanter la dernière partie des psaumes dit du hallel (Ps 114–118).
- Le repas prend fin à la suite de ces chants, puis Jésus et ses disciples partent pour le mont des Oliviers afin d'y passer la nuit. En chemin, Jésus instruit ses disciples et leur annonce qu'ils vont tous l'abandonner, comme les Écritures l'ont prédit.
- Dieu va frapper le berger, et par conséquent, les brebis (les disciples) vont être dispersées.
26Après avoir chanté les cantiques, ils se rendirent à la montagne des oliviers.
27Jésus leur dit: Vous serez tous scandalisés; car il est écrit: Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées.
28Mais, après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée.
Les protestations de Pierre et la réprimande de...
Les protestations de Pierre et la réprimande de Jésus rappellent 8.32–33. Pierre proteste, mais il reniera son Seigneur seulement quelques heures plus tard.
29Pierre lui dit: Quand tous seraient scandalisés, je ne serai pas scandalisé.
30Et Jésus lui dit: Je te le dis en vérité, toi, aujourd’hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu me renieras trois fois.
31Mais Pierre reprit plus fortement: Quand il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai pas. Et tous dirent la même chose.
32Ils allèrent ensuite dans un lieu appelé Gethsémané, et Jésus dit à ses disciples: Asseyez-vous ici, pendant que je prierai.
Jésus va de l'avant avec Pierre, Jacques et...
Jésus va de l'avant avec Pierre, Jacques et Jean (5.37–43 ; 9.2–9; voir aussi 13.3). Il leur demande de veiller avec lui, c'est-à-dire de l'accompagner et de prier pour lui alors que son angoisse grandit.
33Il prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à éprouver de la frayeur et des angoisses.
34Il leur dit: Mon âme est triste jusqu’à la mort; restez ici, et veillez.
Jésus se jette par terre pour prier, en...
- Jésus se jette par terre pour prier, en raison de sa profonde détresse (voir Gn 17.1–3 ; Lv 9.24 ; Nb 14.5 ; 16.4). Puisqu'il était normal de prier à voix haute à cette époque, la prière de Jésus a probablement été entendue par les trois disciples, qui n'ont pas dû s'endormir immédiatement.
- Jésus s'adresse à Dieu comme "Abba", son Père, ce qui indique une étroite relation (voir Rm 8.15 ; Ga 4.6).
- Par la foi, Jésus exprime ses propres désirs à son Père, en lui demandant s'il est possible qu'il puisse ne pas boire la coupe de souffrance. Ce n'était pas seulement l'agonie physique de la crucifixion qui terrifiait Jésus, mais aussi le caractère unique de la mort qu'il allait subir : lui qui ne connaissait pas le péché allait subir la colère de Dieu contre le péché (Mc 15.34 ; 2Co 5.21 ; Ga 3.13).
- La soumission de Jésus à la volonté du Père est un modèle pour ses disciples.
35Puis, ayant fait quelques pas en avant, il se jeta contre terre, et pria que, s’il était possible, cette heure s’éloignât de lui.
36Il disait: Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.
La question que Jésus adresse à Pierre est...
- La question que Jésus adresse à Pierre est une réprimande, puisqu'il sait bien que Pierre est en train de dormir.
- Bien que l'esprit soit déterminé à lutter contre la tentation (voir
Rm 7.18,22–23), le corps (littéralement la chair, qui désigne la faiblesse générale et la vulnérabilité des hommes) est faible.
37Et il vint vers les disciples, qu’il trouva endormis, et il dit à Pierre: Simon, tu dors! Tu n’as pu veiller une heure!
38Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible.
39Il s’éloigna de nouveau, et fit la même prière.
40Il revint, et les trouva encore endormis; car leurs yeux étaient appesantis. Ils ne surent que lui répondre.
Le contenu de la prière de Jésus était...
- Le contenu de la prière de Jésus était probablement le même qu'auparavant (voir 14.35–36,39). La troisième défaillance de Pierre, Jacques et Jean, qui n'arrivent pas à rester éveillés pour prier rappelle la prophétie de Jésus selon laquelle Pierre allait le renier trois fois (14.30,66–72).
- Certains pensent qu'à travers ces paroles, Jésus ordonne à ses disciples de dormir et de se reposer ("dormez et reposez vous!"). D'autres y voit une exclamation ("Vous dormez et vous vous reposez!"). D'autres encore discernent une forme de question rhétorique ("Dormez-vous ? Vous reposez-vous?").
- La passion de Jésus a commencé, l'heure est venue où le sang de l'agneau sacrificiel va couler (14.24). Cette déclaration coïncide avec l'arrivée de Judas et de la foule armée cherchant à saisir Jésus. Jésus a été trahi par les mains de pécheurs pour lesquels il est volontairement allé à la croix (2.17 ; 10.45 ; 14.21).
- Jésus a accepté la coupe que Dieu lui a donnée de boire. Il est sorti pour vaincre ses ennemis, en mourant pour eux.
41Il revint pour la troisième fois, et leur dit: Dormez maintenant, et reposez-vous! C’est assez! L’heure est venue; voici, le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs.
42Levez-vous, allons; voici, celui qui me livre s’approche.
43Et aussitôt, comme il parlait encore, arriva Judas l’un des douze, et avec lui une foule armée d’épées et de bâtons, envoyée par les principaux sacrificateurs, par les scribes et par les anciens.
Il faisait probablement encore sombre à Gethsémané, et...
Il faisait probablement encore sombre à Gethsémané, et une grande partie de la foule venue le saisir ne connaissait pas personnellement Jésus (voir Jn 18.7–8). Judas avait donné un signe par lequel il identifierait Jésus. Judas s'adresse à Jésus en tant que Rabbi et le salue d'un baiser, une forme courante de salutation (1S 10.1 ; 2S 19.39 ; Lc 7.45).
44Celui qui le livrait leur avait donné ce signe: Celui que je baiserai, c’est lui; saisissez-le, et emmenez-le sûrement.
45Dès qu’il fut arrivé, il s’approcha de Jésus, disant: Rabbi! Et il le baisa.
46Alors ces gens mirent la main sur Jésus, et le saisirent.
47Un de ceux qui étaient là, tirant l’épée, frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui emporta l’oreille.
48Jésus, prenant la parole, leur dit: Vous êtes venus, comme après un brigand, avec des épées et des bâtons, pour vous emparer de moi.
49J’étais tous les jours parmi vous, enseignant dans le temple, et vous ne m’avez pas saisi. Mais c’est afin que les Écritures soient accomplies.
50Alors tous l’abandonnèrent, et prirent la fuite.
Le compte rendu de l'arrestation de Jésus se...
Le compte rendu de l'arrestation de Jésus se termine par ce commentaire surprenant sur la fuite d'un jeune homme qui n'est pas nommé. Il ne semble pas y avoir de raison théologique précise pour laquelle Marc a relaté cet incident. L'explication selon laquelle il s'agit d'un détail autobiographique à propos de Marc lui-même est tout à fait plausible.
51Un jeune homme le suivait, n’ayant sur le corps qu’un drap. On se saisit de lui;
52mais il lâcha son vêtement, et se sauva tout nu.
Les chefs des prêtres, les anciens et les...
Les chefs des prêtres, les anciens et les spécialistes de la loi religieuse ne constituent pas à eux seuls l'ensemble du "Sanhédrin" (14.55 ; 15.1), mais ils en constituent une grande partie. Pierre suit Jésus dans la cour du grand prêtre, où se réunit le Sanhédrin. Le décor est planté pour le reniement de Pierre qui va suivre (14:66–72).
Le récit du procès de Jésus suit immédiatement...
Le récit du procès de Jésus suit immédiatement son arrestation. Des objections ont été soulevées quant à l'historicité des différents récits du procès de Jésus, en raison de détails différents d'avec les règles du traité de la Michna Sanhédrin. Cependant, (1) la Michna a été écrite vers l'an 200, tandis que l'évangile de Marc a été écrit à la fin des années 60, soit près de 130 ans plus tôt ; (2) les règles trouvées dans la Michna Sanhédrin sont le fruit de l'idéalisation de certains rabbins ultérieurs, un reflet ce qu'ils pensaient qu'il devrait se passer lors de tels procès. Elles ne décrivent pas nécessairement ce qui s'est réellement passé historiquement ; (3) on peut douter de ce que les sadducéens dirigeant le sanhédrin se seraient pliés aux règles pharisiennes qu'on trouve dans la Michna Sanhédrin (voir Ac 23.6–10) ; (4) les règles édictées dans la Michna Sanhédrin entrent parfois en conflit avec ce que l'historien juif Flavius Josèphe a écrit ; (5) les lois existantes n'étaient pas nécessairement suivies : Jésus a été jugé par un tribunal expéditif, où la sentence était déjà connue d'avance, et où le seul enjeu était de trouver un motif d'accusation suffisant pour le condamner (Mc 14.55) ; (6) s'il faut choisir entre les récits de procès trouvés dans les évangiles et la Michna Sanhédrin, il n'y a aucune raison de croire en la fiabilité de la Michna Sanhédrin plutôt qu'en celle des évangiles.
53Ils emmenèrent Jésus chez le souverain sacrificateur, où s’assemblèrent tous les principaux sacrificateurs, les anciens et les scribes.
54Pierre le suivit de loin jusque dans l’intérieur de la cour du souverain sacrificateur; il s’assit avec les serviteurs, et il se chauffait près du feu.
Le procès a lieu devant tout le sanhédrin,...
- Le procès a lieu devant tout le sanhédrin, qui compte pas moins de 70 membres, et est dirigé par le grand-prêtre. Les évangiles dépeignent un procès formel : des témoins sont recherchés (14.55) ainsi que des témoignages oculaires (14.56–59), Jésus prête serment (Mt 26.63) et est autorisé à se défendre lui-même (Mc 14.60), le grand prêtre déchire ses vêtements (14.63) et le verdict final du sanhédrin tombe (14.64). Cela ne signifie pas que le procès est équitable, puisque la décision de mettre à mort Jésus a déjà été prise au préalable. Le but de ce procès n'est pas d'établir la vérité, mais de déclarer Jésus coupable, pour conduire à sa condamnation à mort.
- De faux témoins viennent à la barre pour donner de faux témoignages, en déformant ce que Jésus a dit sur la destruction et la reconstruction du temple (voir 15.29; Jn 2.19 ; Ac 6.14). Comme les faux témoins se contredisent, leur témoignage est irrecevable (Nb 35.30 ; Dt 17.6 ; 19.15).
55Les principaux sacrificateurs et tout le sanhédrin cherchaient un témoignage contre Jésus, pour le faire mourir, et ils n’en trouvaient point;
56car plusieurs rendaient de faux témoignages contre lui, mais les témoignages ne s’accordaient pas.
57Quelques-uns se levèrent, et portèrent un faux témoignage contre lui, disant:
58Nous l’avons entendu dire: Je détruirai ce temple fait de main d’homme, et en trois jours j’en bâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d’homme.
59Même sur ce point-là leur témoignage ne s’accordait pas.
Étant donné que les faux témoins n'ont pas...
Étant donné que les faux témoins n'ont pas réussi à se mettre d'accord (14.56), le grand-prêtre lui-même cherche à obtenir des éléments lui permettant d'accuser Jésus.
60Alors le souverain sacrificateur, se levant au milieu de l’assemblée, interrogea Jésus, et dit: Ne réponds-tu rien? Qu’est-ce que ces gens déposent contre toi?
61Jésus garda le silence, et ne répondit rien. Le souverain sacrificateur l’interrogea de nouveau, et lui dit: Es-tu le Christ, le Fils du Dieu béni?
62Jésus répondit: Je le suis. Et vous verrez le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel.
Le grand-prêtre déchire ses vêtements en réponse à...
- Le grand-prêtre déchire ses vêtements en réponse à Jésus. En agissant ainsi, il souhaite rendre manifeste la culpabilité de Jésus, et indiquer qu'il n'est pas nécessaire de trouver d'autres témoins. Le reste du sanhédrin est d'accord pour dire que Jésus est coupable et mérite de mourir.
- Pour ce qui est de la dimension blasphématoire dans la réponse de Jésus, cela reste peu clair. C'est peut-être dans son identification à "Je suis", qui est la façon dont Dieu parlait de lui-même dans Ex 3.14 (voir Jn 8.58). Cependant, Marc ne répète pas nécessairement les mots tels qu'ils ont été prononcés par Jésus lors de son procès (voir Mt 26.64 ; Lc 22.70). Il est donc possible qu'en parlant ainsi, Jésus souhaite seulement répondre par l'affirmative à la question du grand prêtre : il est bien le Messie, le Fils de Dieu. Pendant la deuxième révolte juive contre Rome, Bar Kokhba (132–135 apr. J.-C.) prétendait être le Messie, et cela n'était pas considéré comme blasphématoire. Aussi, ce n'est pas l'identification de Jésus en tant que Fils de l'homme de manière générale qui a été considérée comme blasphématoire, car nous avons plus de 50 exemples avant le procès où ce titre a été utilisé par Jésus, sans pour autant qu'il soit accusé de blasphème pour cela. C'est bien lorsqu'il affirme clairement être le Fils de l'homme de Dn 7.13, qui vient au nom de Dieu pour juger le monde, que la colère du grand-prêtre s'enflamme . Cette déclaration s'ajoute également au fait que, pendant son ministère terrestre, Jésus a pardonné les péchés (Mc 2.5–7 ; Lc 7.48–50), a affirmé être le Fils de Dieu (Mc 12.6), a prononcé un jugement sur le temple (14.58), et a affirmé être le Seigneur du sabbat (2.28). Déjà convaincus que Jésus devait être mis à mort, les chefs religieux prononcent maintenant le verdict de condamnation, un verdict qu'ils avaient en réalité déjà posé au préalable (14.55).
63Alors le souverain sacrificateur déchira ses vêtements, et dit: Qu’avons-nous encore besoin de témoins?
64Vous avez entendu le blasphème. Que vous en semble? Tous le condamnèrent comme méritant la mort.
65Et quelques-uns se mirent à cracher sur lui, à lui voiler le visage et à le frapper à coups de poing, en lui disant: Devine! Et les serviteurs le reçurent en lui donnant des soufflets.
Jésus avait prédit que Pierre allait le trahir...
Jésus avait prédit que Pierre allait le trahir (voir 14.30), et cela s'est passé durant le procès de Jésus.
66Pendant que Pierre était en bas dans la cour, il vint une des servantes du souverain sacrificateur.
67Voyant Pierre qui se chauffait, elle le regarda, et lui dit: Toi aussi, tu étais avec Jésus de Nazareth.
68Il le nia, disant: Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu veux dire. Puis il sortit pour aller dans le vestibule. Et le coq chanta.
La servante répète son accusation en présence d'autres...
La servante répète son accusation en présence d'autres personnes, et ces derniers pensent que Pierre est un disciple de Jésus parce qu'il est galiléen (voir Mt 26.73 ; Ac 2.7).
69La servante, l’ayant vu, se mit de nouveau à dire à ceux qui étaient présents: Celui-ci est de ces gens-là. Et il le nia de nouveau.
70Peu après, ceux qui étaient présents dirent encore à Pierre: Certainement tu es de ces gens-là, car tu es Galiléen.
71Alors il commença à faire des imprécations et à jurer: Je ne connais pas cet homme dont vous parlez.
72Aussitôt, pour la seconde fois, le coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite: Avant que le coq chante deux fois, tu me renieras trois fois. Et en y réfléchissant, il pleurait.