Jean 11LSG

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La résurrection de Lazare préfigure la mort et...

La résurrection de Lazare préfigure la mort et résurrection de Jésus. Même la description de la tombe de Lazare (11.38,44) préfigure en quelque sorte la tombe de Jésus (20.1,7). Peu de temps après cet événement, Jésus a été oint pour son ensevelissement (12.3) : il entre dans l'heure de sa glorification (12.23).

1Il y avait un homme malade, Lazare, de Béthanie, village de Marie et de Marthe, sa sœur.

2C’était cette Marie qui oignit de parfum le Seigneur et qui lui essuya les pieds avec ses cheveux, et c’était son frère Lazare qui était malade.

3Les sœurs envoyèrent dire à Jésus: Seigneur, voici, celui que tu aimes est malade.

4Après avoir entendu cela, Jésus dit: Cette maladie n’est point à la mort; mais elle est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle.

5Or, Jésus aimait Marthe, et sa sœur, et Lazare.

6Lors donc qu’il eut appris que Lazare était malade, il resta deux jours encore dans le lieu où il était,

7et il dit ensuite aux disciples: Retournons en Judée.

8Les disciples lui dirent: Rabbi, les Juifs tout récemment cherchaient à te lapider, et tu retournes en Judée!

9Jésus répondit: N’y a-t-il pas douze heures au jour? Si quelqu’un marche pendant le jour, il ne bronche point, parce qu’il voit la lumière de ce monde;

10mais, si quelqu’un marche pendant la nuit, il bronche, parce que la lumière n’est pas en lui.

11Après ces paroles, il leur dit: Lazare, notre ami, dort; mais je vais le réveiller.

12Les disciples lui dirent: Seigneur, s’il dort, il sera guéri.

13Jésus avait parlé de sa mort, mais ils crurent qu’il parlait de l’assoupissement du sommeil.

14Alors Jésus leur dit ouvertement: Lazare est mort.

15Et, à cause de vous, afin que vous croyiez, je me réjouis de ce que je n’étais pas là. Mais allons vers lui.

16Sur quoi Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples: Allons aussi, afin de mourir avec lui.

17Jésus, étant arrivé, trouva que Lazare était déjà depuis quatre jours dans le sépulcre.

18Et, comme Béthanie était près de Jérusalem, à quinze stades environ,

19beaucoup de Juifs étaient venus vers Marthe et Marie, pour les consoler de la mort de leur frère.

20Lorsque Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla au-devant de lui, tandis que Marie se tenait assise à la maison.

21Marthe dit à Jésus: Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort.

22Mais, maintenant même, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera.

23Jésus lui dit: Ton frère ressuscitera.

24Je sais, lui répondit Marthe, qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour.

25Jésus lui dit: Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort;

En interrogeant Marthe, Jésus n'est pas en train...
  • En interrogeant Marthe, Jésus n'est pas en train de lui demander si elle croit qu'il peut faire revenir Lazare du tombeau. Bien plutôt, il lui demande si elle croit que la vie elle-même est liée à Jésus.
  • Même si elle n'a pas conscience de toutes les implications concrètes soulevées par sa réponse, elle reconnaît que Jésus est le Messie, tout en se montrant surprise par l'ampleur de sa puissance.

26et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela?

27Elle lui dit: Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui devait venir dans le monde.

Marie se joint maintenant à la scène, aux...

Marie se joint maintenant à la scène, aux abords du village. Elle répète le cri et la plainte de sa sœur. Elle tombe aux pieds de Jésus, non pas dans une attitude d'adoration, mais accablée d'un profond chagrin.

28Ayant ainsi parlé, elle s’en alla. Puis elle appela secrètement Marie, sa sœur, et lui dit: Le maître est ici, et il te demande.

29Dès que Marie eut entendu, elle se leva promptement, et alla vers lui.

30Car Jésus n’était pas encore entré dans le village, mais il était dans le lieu où Marthe l’avait rencontré.

31Les Juifs qui étaient avec Marie dans la maison et qui la consolaient, l’ayant vue se lever promptement et sortir, la suivirent, disant: Elle va au sépulcre, pour y pleurer.

32Lorsque Marie fut arrivée là où était Jésus, et qu’elle le vit, elle tomba à ses pieds, et lui dit: Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort.

33Jésus, la voyant pleurer, elle et les Juifs qui étaient venus avec elle, frémit en son esprit, et fut tout ému.

34Et il dit: Où l’avez-vous mis? Seigneur, lui répondirent-ils, viens et vois.

35Jésus pleura.

36Sur quoi les Juifs dirent: Voyez comme il l’aimait.

37Et quelques-uns d’entre eux dirent: Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas faire aussi que cet homme ne mourût point?

38Jésus frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre. C’était une grotte, et une pierre était placée devant.

39Jésus dit: Otez la pierre. Marthe, la sœur du mort, lui dit: Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu’il est là.

40Jésus lui dit: Ne t’ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu?

41Ils ôtèrent donc la pierre. Et Jésus leva les yeux en haut, et dit: Père, je te rends grâces de ce que tu m’as exaucé.

42Pour moi, je savais que tu m’exauces toujours; mais j’ai parlé à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé.

43Ayant dit cela, il cria d’une voix forte: Lazare, sors!

44Et le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandes, et le visage enveloppé d’un linge. Jésus leur dit: Déliez-le, et laissez-le aller.

Alors que la nouvelle du miracle se répand...

Alors que la nouvelle du miracle se répand rapidement dans la ville de Jérusalem (12.9, 17), l'opinion publique est à nouveau divisée (6.66–69 ; 7.43 ; 9.16 ; 10.19 ; 11.37). La réputation de Jésus en tant que guérisseur capable de ressusciter les morts était connue en Galilée (voir Mt 9.24–26 ; 10.8 ; 11.5). Désormais, il a introduit ce pouvoir en Judée.

45Plusieurs des Juifs qui étaient venus vers Marie, et qui virent ce que fit Jésus, crurent en lui.

46Mais quelques-uns d’entre eux allèrent trouver les pharisiens, et leur dirent ce que Jésus avait fait.

47Alors les principaux sacrificateurs et les pharisiens assemblèrent le sanhédrin, et dirent: Que ferons-nous? Car cet homme fait beaucoup de miracles.

48Si nous le laissons faire, tous croiront en lui, et les Romains viendront détruire et notre ville et notre nation.

49L’un d’eux, Caïphe, qui était souverain sacrificateur cette année-là, leur dit: Vous n’y entendez rien;

Les paroles de Caïphe étaient ironiques. Il voulait...

Les paroles de Caïphe étaient ironiques. Il voulait dire qu'il valait mieux qu'un révolutionnaire meure plutôt que de voir les Romains écraser toute la nation juive. Mais d'une certaine manière, Caïphe avait raison sans le savoir. Le salut dont les juifs avaient besoin n'avait pas grand-chose à voir avec Rome ; il viendrait à travers la croix du Christ. Jean souligne que l'inspiration de Caïphe ne venait pas de lui-même mais de Dieu.

50vous ne réfléchissez pas qu’il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas.

51Or, il ne dit pas cela de lui-même; mais étant souverain sacrificateur cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation.

52Et ce n’était pas pour la nation seulement; c’était aussi afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu dispersés.

Quand les dirigeants juifs ont commencé à comploter...
  • Quand les dirigeants juifs ont commencé à comploter pour faire mourir Jésus, celui-ci a réagi par un geste politique judicieux (11.54).
  • Éfraïm était un village situé à environ 19 kilomètres au nord de Jérusalem, où Jésus était à l'abri du Tribunal religieux mais suffisamment proche pour pouvoir se rendre à pied à la prochaine fête de la Pâque (11.55).

53Dès ce jour, ils résolurent de le faire mourir.

54C’est pourquoi Jésus ne se montra plus ouvertement parmi les Juifs; mais il se retira dans la contrée voisine du désert, dans une ville appelée Éphraïm; et là il demeurait avec ses disciples.

Lorsque les foules sont arrivées en pèlerinage à...

Lorsque les foules sont arrivées en pèlerinage à Jérusalem pour la Pâque (voir 2.13), la ville était en effervescence à cause de Jésus et de son miracle de la résurrection de Lazare. Les gens se demandaient si Jésus obéirait à la loi et viendrait en ville pour célébrer la Pâque, ou s'il jouerait la prudence en restant à la campagne. Les prêtres et les pharisiens savaient que Jésus était fidèle à la loi et qu'il assisterait à la fête, c'est pourquoi ils ont essayé de faire de la ville un piège pour lui.

55La Pâque des Juifs était proche. Et beaucoup de gens du pays montèrent à Jérusalem avant la Pâque, pour se purifier.

56Ils cherchaient Jésus, et ils se disaient les uns aux autres dans le temple: Que vous en semble? Ne viendra-t-il pas à la fête?

57Or, les principaux sacrificateurs et les pharisiens avaient donné l’ordre que, si quelqu’un savait où il était, il le déclarât, afin qu’on se saisît de lui.