enterrement, ensevelissement, coutumes Funéraires

La Bible mentionne souvent des pratiques funéraires. Les coutumes funéraires d'une société reflètent ses croyances à propos de la mort et de l'au-delà (ce qu'il y a après la mort). Les anciens Égyptiens, par exemple, considéraient la vie après la mort comme la poursuite des activités physiques de la vie dans un autre royaume, comme en témoignent leurs tombes richement aménagées. Les anciens Hébreux mettaient l'accent sur un concept plus spirituel d'union ou de communion des défunts avec les générations précédentes.

En français, le mot « tombe » sous-entend un trou ou une fosse dans laquelle on place un ou plusieurs corps de défunts, que l'on recouvre ensuite de terre. Or, les Juifs ensevelissaient souvent leurs morts dans des grottes naturelles ou taillées dans la roche. C'est pour cela que dans les versions françaises, les mots « sépulcre » ou « sépulture » sont utilisés plutôt que le mot « tombe », car ils conviennent mieux.

Tombeaux et sépulcres

Les Hébreux choisissaient un emplacement pour les sépultures de tous les membres de leur famille. L'Ancien Testament (AT) fait allusion à cela lorsque les Israélites expriment leur désir d'être enterrés comme d'« aller vers ses pères » (Gn 15.15 ; 1R 13.22).

Un exemple biblique de lieu de sépulture familial est celui de la grotte de Macpéla à Hébron. Elle sert de tombeau pour plusieurs générations de personnes de la même famille. Abraham achète la grotte et le champ environnant à Éphron le Héthien après la mort de Sara. Il y enterre sa femme (Genèse 23). Quand Abraham meurt, Isaac et Ismaël déposent son corps dans le même sépulcre (25.9). Plus tard, Jacob y enterre aussi ses parents, Isaac et Rebecca, ainsi que sa femme, Léa (49.31). Après sa mort, Jacob y est lui aussi enterré selon ses instructions (49.29 ; 50.13). Joseph, son fils, fait promettre à ses proches qu'ils emmèneront ses restes dans la pays lorsque Dieu permettra à son peuple de partir d'Égypte (50.25).

Plus tard, le prophète Samuel est enterré « dans sa demeure ». Cela indique probablement une sépulture familiale (1S 25.1). Joab a été enterré dans sa propre maison au désert (1R 2.34). Le roi Manassé a été enterré dans le jardin de son palais (2R 21.18), et Josué dans son propre héritage à Thimnath-Sérach (Jos 24.30). Les rois prenaient soin de perpétuer leur mémoire en préparant leurs tombeaux. Les rois de Juda étaient souvent enterrés dans la Cité de David, la partie de Jérusalem située sur la crête sud-est qui avait été occupée par ce grand roi. Le roi Josias a désigné à l'avance son lieu d'enterrement, très probablement un tombeau ancestral (2R 23.30).

Parfois, des individus n'étaient pas enterrés dans une sépulture familiale. Par exemple, Débora a été enterrée près de Béthel (Gn 35.8) et Rachel sur la route d'Éphrata (Gn 35.1, 20). Mais cela ressemble à des exceptions, probablement rendues nécessaires par une mort soudaine dans un lieu trop éloigné du sépulcre familial.

Les corps étaient ensevelis dans des sépulcres, c'est-à-dire des grottes naturelles ou des sépulcres taillés dans la roche, comme celui appartenant à Joseph d'Arimathée et où le corps de Jésus a été déposé (Mt 27.59–60). Les défunts étaient également enterrés dans des tombes peu profondes recouvertes de tas de pierres, qui servaient à marquer leur emplacement et à empêcher la profanation du corps par des animaux.

Jacob a construit un monument sur la tombe de Rachel, sa femme bien-aimée (Gn 35.20). Un monument a également été construit sur la tombe d'un prophète (2R 23.17). Cependant, on entassait parfois des pierres à l'endroit où quelqu'un était enterré dans le déshonneur, comme dans les cas d'Acan (Jos 7.26) et d'Absalom (2S 18.17). Les tombes pouvaient être ornées ou embellies. Elles étaient parfois blanchies à la chaux, en partie pour qu'elles soient plus visibles et qu'on ne se rende pas impur en marchant sur ou parmi elles par accident. Jésus a fait allusion à cette pratique lorsqu'il réprimande les pharisiens (Mt 23.27).

Préparation du corps du défunt

Quand Dieu promet à Jacob que « Joseph te fermera les yeux » (Gn 46.4), il s'agit probablement d'une allusion à la coutume selon laquelle un proche ferme les yeux d'un défunt. Les proches parents embrassaient parfois également la personne morte juste après leur mort. Ensuite, le corps était lavé et habillé avec les vêtements du défunt. Des épingles et autres ornements trouvés dans des tombes excavées montrent que les morts étaient enterrés entièrement vêtus. Les soldats étaient enterrés en tenue militaire, avec des boucliers couvrant ou servant de lit à leurs corps en armure et leurs épées sous leurs têtes (Ez 32.27).

L'embaumement n'était pas pratique courante en Israël. Les embaumements de Jacob et de Joseph représentent une exception. Selon l'historien grec Hérodote, les Égyptiens commençaient les procédures d'embaumement en retirant le cerveau du crâne par les ouvertures nasales, morceau par morceau, à l'aide d'un long crochet courbé. Une fois cela fait, la cavité crânienne était rincée avec un mélange de résines et d'épices. Le cadavre était éviscéré et les entrailles étaient placées dans quatre vases canopes. (Un vase canope était un vase en terre dont le couvercle représentait souvent une figure humaine). Le corps était ensuite trempé dans une solution de natron (substance minérale naturelle) pendant une période de 40 à 80 jours, selon le prix payé pour l'enterrement. Au moment de l'inhumation, le cadavre était enveloppé dans des bandes de tissu de lin fin de la tête aux pieds et placé dans un cercueil en forme de coprs humain. Les vases canopes étaient placés dans la tombe avec le corps. Ils symbolisaient la reconstitution de la personnalité du mort et sa survie au-delà de la mort.

L'incinération des corps de Saül et de ses fils (1S 31.12–13) est également une exception à la pratique juive habituelle. L'historien romain Tacite écrit que contrairement à la coutume romaine, la piété juive exigeait l'enterrement plutôt que la crémation des corps. Dans l'AT, la crémation était parfois utilisée comme signe de jugement (Lv 21.9 ; Jos 7.25).

Après la préparation du corps, celui-ci était transporté sur un brancard, sans être mis dans un cercueil. Le corps était déposé soit dans une niche creusée dans le mur d'une pièce taillée dans la roche, soit directement dans une tombe peu profonde creusée dans un terrain funéraire. Ni le brancard ni aucune sorte de cercueil n'allaient dans la fosse avec le cadavre. Les épices utilisées comme parfum et moyen temporaire de retardement de la décomposition n'étaient pas vraiment de l'embaumement (Mc 16.1).

Comme on en voit l'exemple dans les Évangiles concernant l'ensevelissement de Jésus, certaines grottes tombales étaient scellées à l'entrée. On utilisait une porte en bois à charnières ou une grande pierre plate façonnée pour pouvoir être roulée en place. Il était très difficile de rouvrir une tombe scellée avec une grande pierre (Mc 15.46 ; 16.3–4). À l'époque du NT, les Juifs utilisaient parfois l'option moins chère de mettre les ossements secs de parents précédemment enterrés dans des ossuaires. Les ossuaires étaient des sortes de boîtes probablement inspirés des coffres que les Romains utilisaient pour y mettre les cendres après une crémation.

La loi de Moïse enseigne que l'on devient impur en touchant un cadavre. Des interdictions particulièrement strictes s'appliquaient aux sacrificateurs d'Israël. Le souverain sacrificateur lui-même n'avait pas le droit de participer à des rites funéraires : « Il n’ira vers aucun mort, il ne se rendra point impur, ni pour son père, ni pour sa mère. Il ne sortira point du sanctuaire, et ne profanera point le sanctuaire de son Dieu ; car l’huile d’onction de son Dieu est une couronne sur lui » (Lv 21.10–12).

Les coutumes et procédures funéraires ont peu changé depuis l'époque de l'AT jusqu'à celle du NT. Cependant, le NT fournit quelques détails supplémentaires sur ces coutumes. Par exemple, il est indiqué que le cadavre était lavé (Ac 9.37). Le corps était ensuite oint et enveloppé avec des épices dans des bandes de tissu (Mc 16.1 ; Jn 19.40). Enfin, les membres étaient étroitement liés et le visage enveloppé d'un linge (Jn 11.44).

Voir aussi deuil ; coutumes funéraires.

Tiré du Dictionnaire biblique Tyndale, adapté par Mission Mutual. CC BY-SA 4.0.

Références Bibliques (33)

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