Marc 15LSG

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Après le récit concernant le reniement de Pierre,...

Après le récit concernant le reniement de Pierre, Marc se tourne à nouveau vers Jésus et ce qui s'est passé lors de son procès. Pilate va hésiter sous la pression, ce qui correspond à la manière dont sa personnalité est décrite par d'autres sources.

1Dès le matin, les principaux sacrificateurs tinrent conseil avec les anciens et les scribes, et tout le sanhédrin. Après avoir lié Jésus, ils l’emmenèrent, et le livrèrent à Pilate.

2Pilate l’interrogea: Es-tu le roi des Juifs? Jésus lui répondit: Tu le dis.

Pilate a invité Jésus à se défendre des...

Pilate a invité Jésus à se défendre des accusations lancées contre lui.

3Les principaux sacrificateurs portaient contre lui plusieurs accusations.

4Pilate l’interrogea de nouveau: Ne réponds-tu rien? Vois de combien de choses ils t’accusent.

5Et Jésus ne fit plus aucune réponse, ce qui étonna Pilate.

La coutume décrite dans 15.6–8 n'est pas connue...
  • La coutume décrite dans 15.6–8 n'est pas connue en dehors des évangiles, mais les quatre évangiles y font référence (Mt 27.15–21 ; Lc 23.18–25 ; Jn 18.37–40) ; dans l'Antiquité, des prisonniers étaient souvent libérés lors de jours de fête spéciaux.
  • Barabbas (voir aussi Mt 27.16–17 ; Lc 23.19) avait commis un meurtre lors d'une révolte, mais le fait que Pilate propose de le libérer (Mt 15.15) indique sûrement que la personne qu'il avait tuée n'était pas de citoyenneté romaine.

6A chaque fête, il relâchait un prisonnier, celui que demandait la foule.

7Il y avait en prison un nommé Barabbas avec ses complices, pour un meurtre qu’ils avaient commis dans une sédition.

8La foule, étant montée, se mit à demander ce qu’il avait coutume de leur accorder.

Pilate espère apparemment faire libérer Jésus, mais la...

Pilate espère apparemment faire libérer Jésus, mais la foule est dans une excitation frénétique qui empêche toute discussion.

9Pilate leur répondit: Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs?

10Car il savait que c’était par envie que les principaux sacrificateurs l’avaient livré.

11Mais les chefs des sacrificateurs excitèrent la foule, afin que Pilate leur relâchât plutôt Barabbas.

12Pilate, reprenant la parole, leur dit: Que voulez-vous donc que je fasse de celui que vous appelez le roi des Juifs?

13Ils crièrent de nouveau: Crucifie-le!

14Pilate leur dit: Quel mal a-t-il fait? Et ils crièrent encore plus fort: Crucifie-le!

15Pilate, voulant satisfaire la foule, leur relâcha Barabbas; et, après avoir fait battre de verges Jésus, il le livra pour être crucifié.

Le récit de la crucifixion est l'un des...

Le récit de la crucifixion est l'un des récits les plus attestés historiquement de toute l'histoire ancienne. Pour quelles raisons l'Église primitive aurait-elle créé une histoire dans laquelle l'objet de leur foi a été crucifié ? Le récit raconté dans l'Évangile reste une offense pour les juifs et une folie pour les païens (1Co 1.23).

16Les soldats conduisirent Jésus dans l’intérieur de la cour, c’est-à-dire, dans le prétoire, et ils assemblèrent toute la cohorte.

17Ils le revêtirent de pourpre, et posèrent sur sa tête une couronne d’épines, qu’ils avaient tressée.

18Puis ils se mirent à le saluer: Salut, roi des Juifs!

19Et ils lui frappaient la tête avec un roseau, crachaient sur lui, et, fléchissant les genoux, ils se prosternaient devant lui.

20Après s’être ainsi moqués de lui, ils lui ôtèrent la pourpre, lui remirent ses vêtements, et l’emmenèrent pour le crucifier.

Après avoir quitté l'enceinte fortifiée de la ville...
  • Après avoir quitté l'enceinte fortifiée de la ville de Jérusalem, les forces de Jésus commencent à s'amenuiser. Les soldats romains contraignent ainsi Simon de Cyrène, une ville située en Afrique du Nord, à porter la croix de Jésus (voir Mt 5.41). Habituellement, le crucifié était forcé de porter le poteau transversal (le patibulum) de sa propre croix jusqu'au lieu de l'exécution. À la suite de l'exécution, le poteau vertical (le staticulum) était parfois laissé sur le sol de manière permanente, comme un avertissement et un élément de dissuasion (comme pouvait l'être par la suite un échafaud sur une place publique).
  • Simon était le père d'Alexandre et de Rufus, qui étaient probablement connus des lecteurs de l'évangile de Marc (voir Rm 16.13).
  • Golgotha est un mot araméen qui signifie "lieu du Crâne". Dans la Vulgate latine, "crâne" se traduit par calvariae ("calvaire"). Au temps de Jésus, Golgotha se trouvait à l'extérieur de la ville fortifiée de Jérusalem (Jn 19.20 ; voir Mt 27.32 ; Hé 13.12). Lorsque Hérode Antipas agrandira plus tard la ville avec ce qu'on a appelé "la troisième muraille", Golgotha fut incluse en son sein.

21Ils forcèrent à porter la croix de Jésus un passant qui revenait des champs, Simon de Cyrène, père d’Alexandre et de Rufus;

22et ils conduisirent Jésus au lieu nommé Golgotha, ce qui signifie lieu du crâne.

23Ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de myrrhe, mais il ne le prit pas.

24Ils le crucifièrent, et se partagèrent ses vêtements, en tirant au sort pour savoir ce que chacun aurait.

25C’était la troisième heure, quand ils le crucifièrent.

26L’inscription indiquant le sujet de sa condamnation portait ces mots: Le roi des Juifs.

27Ils crucifièrent avec lui deux brigands, l’un à sa droite, et l’autre à sa gauche.

Jésus est moqué et maltraité par les passants,...
  • Jésus est moqué et maltraité par les passants, les chefs des prêtres et les brigands.
  • Les passants hurlent des insultes (littéralement blasphèment), secouent la tête avec mépris (voir Lm 2.15), et ridiculisent son affirmation selon laquelle il va détruire le temple (voir Mc 14.58).

29Les passants l’injuriaient, et secouaient la tête, en disant: Hé! toi qui détruis le temple, et qui le rebâtis en trois jours,

30sauve-toi toi-même, en descendant de la croix!

31Les principaux sacrificateurs aussi, avec les scribes, se moquaient entre eux, et disaient: Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui-même!

32Que le Christ, le roi d’Israël, descende maintenant de la croix, afin que nous voyions et que nous croyions! Ceux qui étaient crucifiés avec lui l’insultaient aussi.

33La sixième heure étant venue, il y eut des ténèbres sur toute la terre, jusqu’à la neuvième heure.

34Et à la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte: Éloï, Éloï, lama sabachthani? ce qui signifie: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?

Le terme araméen Eloi et son équivalent hébreu...

Le terme araméen Eloi et son équivalent hébreu Eli (Mt 27.46) ont des sonorités proches du nom "Élie". C'est la raison pour laquelle certains passants pensent que Jésus appelle le prophète Élie à son secours (voir Ml 4.5).

35Quelques-uns de ceux qui étaient là, l’ayant entendu, dirent: Voici, il appelle Élie.

36Et l’un d’eux courut remplir une éponge de vinaigre, et, l’ayant fixée à un roseau, il lui donna à boire, en disant: Laissez, voyons si Élie viendra le descendre.

37Mais Jésus, ayant poussé un grand cri, expira.

38Le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas.

39Le centenier, qui était en face de Jésus, voyant qu’il avait expiré de la sorte, dit: Assurément, cet homme était Fils de Dieu.

Ces femmes ont contribué aux besoins économiques de...
  • Ces femmes ont contribué aux besoins économiques de Jésus (voir Lc 8.2–3). Elles ont également été présentes lorsqu'il fut mit au tombeau (Mc 15.47) et à la découverte du tombeau vide (16.1–8) : elles ont en effet été les premiers témoins de la résurrection de Jésus.
  • Marie Madeleine, du village de Magdala près de la rive du lac de Galilée, a été une figure clé dans les récits de la résurrection (16.1,9 ; Mt 28.1 ; Lc 24.10 ; Jn 20.1,11–18).
  • Le Jacques, fils de Marie, dont il est question ici (Jacques le jeune) est peut-être Jacques fils d'Alphée (Mc 3.18).
  • Salomé n'est mentionnée qu'ici et dans Mc 16.1.

40Il y avait aussi des femmes qui regardaient de loin. Parmi elles étaient Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques le mineur et de Joses, et Salomé,

41qui le suivaient et le servaient lorsqu’il était en Galilée, et plusieurs autres qui étaient montées avec lui à Jérusalem.

42Le soir étant venu, comme c’était la préparation, c’est-à-dire, la veille du sabbat,

Joseph d'Arimathée (qui vient peut-être du village de...

Joseph d'Arimathée (qui vient peut-être du village de Ramathaim, à 30km au nord-ouest de Jérusalem) était un membre honoré du sanhédrin, et un disciple secret de Jésus qui attendait la venue du Royaume de Dieu (voir Mt 27.57 ; Lc 23.50–51 ; Jn 19.38). Il vient courageusement demander le corps de Jésus à Pilate afin de pouvoir l'enterrer. Compte tenu du fait qu'il était un membre du sanhédrin et n'était pas connu comme étant un disciple de Jésus, cela servait les intérêts de Rome d'accéder à sa demande : cela permettait de satisfaire les juifs qui ne devaient pas exposer le corps des morts après le coucher du soleil (Dt 21.22–23), et cela empêchait les disciples de Jésus de recevoir le corps.

43arriva Joseph d’Arimathée, conseiller de distinction, qui lui-même attendait aussi le royaume de Dieu. Il osa se rendre vers Pilate, pour demander le corps de Jésus.

44Pilate s’étonna qu’il fût mort si tôt; fit venir le centenier et lui demanda s’il était mort depuis longtemps.

45S’en étant assuré par le centenier, il donna le corps à Joseph.

46Et Joseph, ayant acheté un linceul, descendit Jésus de la croix, l’enveloppa du linceul, et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc. Puis il roula une pierre à l’entrée du sépulcre.

47Marie de Magdala, et Marie, mère de Joses, regardaient où on le mettait.