1Le sort de l’homme sur la terre est celui d’un soldat, Et ses jours sont ceux d’un mercenaire.
2Comme l’esclave soupire après l’ombre, Comme l’ouvrier attend son salaire,
3Ainsi j’ai pour partage des mois de douleur, J’ai pour mon lot des nuits de souffrance.
4Je me couche, et je dis: Quand me lèverai-je? Quand finira la nuit? Et je suis rassasié d’agitations jusqu’au point du jour.
5Mon corps se couvre de vers et d’une croûte terreuse, Ma peau se crevasse et se dissout.
ⓘJob crie à Dieu, se plaignant que la...
Job crie à Dieu, se plaignant que la vie est trop brève (7.6–10). Cette plainte contraste ironiquement avec son désir précédent que Dieu mette un terme à tout cela (6.9).
6Mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand, Ils s’évanouissent: plus d’espérance!
7Souviens-toi que ma vie est un souffle! Mes yeux ne reverront pas le bonheur.
8L’œil qui me regarde ne me regardera plus; Ton œil me cherchera, et je ne serai plus.
9Comme la nuée se dissipe et s’en va, Celui qui descend au séjour des morts ne remontera pas;
10Il ne reviendra plus dans sa maison, Et le lieu qu’il habitait ne le connaîtra plus.
11C’est pourquoi je ne retiendrai point ma bouche, Je parlerai dans l’angoisse de mon cœur, Je me plaindrai dans l’amertume de mon âme.
12Suis-je une mer, ou un monstre marin, Pour que tu établisses des gardes autour de moi?
ⓘLes rêves et visions de Job sur son...
Les rêves et visions de Job sur son lit de malade font écho à ceux d'Élifaz (4.12–16).
13Quand je dis: Mon lit me soulagera, Ma couche calmera mes douleurs,
14C’est alors que tu m’effraies par des songes, Que tu m’épouvantes par des visions.
15Ah! Je voudrais être étranglé! Je voudrais la mort plutôt que ces os!
16Je les méprise!… je ne vivrai pas toujours… Laisse-moi, car ma vie n’est qu’un souffle.
ⓘCf. Ps 8.4–5, qui traite les mêmes pensées...
Cf. Ps 8.4–5, qui traite les mêmes pensées de manière positive.
Dans Ps 8.4, le terme "examiner" (hébreu paqad) signifie "honorer ou prendre soin" ; Job utilise le terme ironiquement, pour dire qu'il est "harcelé" (cf. "attaqué", Es 26.14).
17Qu’est-ce que l’homme, pour que tu en fasses tant de cas, Pour que tu daignes prendre garde à lui,
18Pour que tu le visites tous les matins, Pour que tu l’éprouves à tous les instants?
19Quand cesseras-tu d’avoir le regard sur moi? Quand me laisseras-tu le temps d’avaler ma salive?
20Si j’ai péché, qu’ai-je pu te faire, gardien des hommes? Pourquoi me mettre en butte à tes traits? Pourquoi me rendre à charge à moi-même?
21Que ne pardonnes-tu mon péché, Et que n’oublies-tu mon iniquité? Car je vais me coucher dans la poussière; Tu me chercheras, et je ne serai plus.
L'épreuve de Job dure peut-être déjà depuis des mois.
Le terme hébreu (amal) qui revient tout au long du livre de Job est traduit par "malheur", "misère" (3.20 ; 11.16 ; 16.2 ; 20.22) ou par "peine" (3.10 ; 4.8 ; 5.6, 7 ; 15.35).
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Job 7.5
La référence aux vers signifie la mortalité (25.6) et la corruption omniprésente du monde des morts (17.14 ; 21.26 ; 24.20 ; voir Es 14.11).
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Job 7.7
Ceux qui invoquent Dieu pour qu'il se souvienne cherchent en général la miséricorde de l'alliance (Ps 35.6 ; 106.4).
La déclaration de Job selon laquelle la vie n'est qu'un souffle (hébreu ruakh) signifie soit qu'il est à un souffle de la mort, soit que sa vie est comme un vent qui passe (Ps 39.9, 11).
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Job 7.8
L'Ancien Testament grec omet ce verset pour éviter de laisser entendre que Dieu ne pourrait pas voir Job dans le monde des morts (voir la note d'étude sur 7.9).
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Job 7.9
Il s'agit de la première référence explicite au monde des morts dans le livre de Job. Le monde des morts est décrit comme un lieu de repos loin des pressions et distinctions terrestres (3.13–19) et comme un demeure obscure (10.21–22 ; 17.13) située dans les profondeurs de la terre (11.8) et couverte de poussière (17.16). Il est le destin de tous les vivants (30.23) dont personne ne peut revenir (10.21 ; voir Gn 37.25 ; 2S 12.12).
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Job 7.11
Job fait écho à l'incapacité d'Élifaz de se taire (4.2).
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Job 7.12
Le monstre marin (hébreu yam) et le dragon (hébreu tannin) représentent l'opposition chaotique à la création ordonnée de Dieu. Dans la mythologie cananéenne, Yam était le dieu primordial de la mer et Tannin était un monstre marin (Jr 51.34) ou une divinité mythologique du chaos (Ps 74.13–14). Ce type de chaos est également représenté dans Job comme le Léviathan (Jb 3.8 ; Es 27.1) ou Rahab (Jb 9.13 ; 26.12 ; Es 51.9). Le Seigneur est souverain sur la mer et tout ce qu'elle représente (Jb 26.12 ; 38.8–11 ; Ps 89.9–10 ; Jr 5.22).
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Job 7.16
Ces mots peuvent aussi être traduits littéralement par "car mes jours sont une vapeur" (hébreu hebel) ; voir la note thématique "Tout est ‘vapeur’".
Job cherche le contraire de l'attention vigilante que les fidèles recherchent habituellement (Nb 6.25 ; Ps 27.9 ; 69.17 ; 80.3, 7, 19 ; Lm 1.9).
Le terme "avaler" veut aussi dire dans ce contexte "une occasion de reprendre mon souffle".
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Job 7.20
Au lieu de louer Dieu pour sa bonté exprimée par la vigilance (Dt 32.10 ; Ps 25.21 ; Pr 24.12), Job lui reproche sa surveillance hostile, qui caractérise en fait l'activité de Satan (Jb 1.7).