Dans la Bible, titre qui décrit particulièrement le rôle de certaines personnes au service de Dieu.
Le mot hébreu traduit « serviteur » ou « servante » peut désigner des rôles très différents. Il est utilisé environ 800 fois dans l'Ancien Testament (AT) et peut décrire un esclave, un fonctionnaire proche du roi ou un dirigeant du peuple de Dieu. Tous les membres du peuple de Dieu sont ses serviteurs dans un sens général, mais le titre de serviteur de Dieu désigne une personne qui a un rôle plus particulier (p. ex. Ex 14.31).
Les serviteurs de Dieu dans l'Ancien Testament
Ésaïe 41.8–9 décrit le fait que le rôle spécial de serviteur de Dieu est le résultat de son appel : « Mais toi, Israël, mon serviteur, Jacob, que j’ai choisi, Race d’Abraham que j’ai aimé ! Toi, que j’ai pris aux extrémités de la terre, Et que j’ai appelé d’une contrée lointaine, A qui j’ai dit: Tu es mon serviteur, Je te choisis, et ne te rejette point ! »
Le titre spécial de serviteur de Dieu est donné :
à Moïse (Ex 14.31 ; 1R 8.53, 56)
à David (2S 7.26–29 ; Jr 33.21–26 ; Ez 37.24) et à certains de ses descendants (p. ex. Zorobabel, Ag 2.23)
à d'autres Israélites particulièrement fidèles à Dieu, comme Josué et Caleb (Nb 14.24 ; Jos 24.29 ; Jg 2.8)
Même si plusieurs des livres des prophètes de l'AT mentionnent des serviteurs de Dieu, seuls Ésaïe et Zacharie l'utilisent pour désigner le Messie à venir. Ainsi prophétise Zacharie : « Écoute donc, Josué, souverain sacrificateur, toi et tes compagnons qui sont assis devant toi ! Car ce sont des hommes qui serviront de signes. Voici, je ferai venir mon serviteur, le germe » (Za 3.8). Certains pensent que le germe dont il est question ici est Zorobabel (voir Za 6.12). Cependant, Jérémie utilise également le mot « germe » pour décrire le Messie (Jr 33.15). Ésaïe utilise des mots proches (rameau, rejeton), décrivant aussi le Messie comme une pousse qui grandit sur un tronc et qui représente la lignée de David (Es 11.1).
Le Serviteur de l'Éternel en tant que Messie
Dans le livre d'Ésaïe, le titre de serviteur de Dieu a une importance particulière. Le prophète l'utilise dans son sens ordinaire, mais aussi tout particulièrement pour parler du Messie dans plusieurs passages connus sous le nom de « chants du serviteur ». Ces sections du livre ont en commun cette emphase particulière. Toutefois, elles sont aussi inséparables du reste du livre. Dans ces sections, Dieu appelle le Messie, qui va faire sa volonté et accomplir son plan, « mon serviteur » (p. ex. Es 42.1–7 ; 52:13). Le NT indique indéniablement que Jésus-Christ est ce serviteur et le Messie.
Jésus est spécifiquement appelé le serviteur de Dieu dans Actes (Ac 3.13, 26 ; 4.27, 30) mais l'idée est présente dans de nombreux autres passages du NT. Les érudits utilisent le mot « christologie » pour désigner la façon dont l'identité de Jésus et sa mission sont décrites dans le NT. Son rôle de serviteur de Dieu est appelé une « christologie du serviteur ». Souvent, le mot serviteur n'est pas utilisé, mais il est clair que ce qui est dit rappelle les prophéties d'Ésaïe sur le Messie serviteur de Dieu. Par exemple, Jésus ne cite Ésaïe 53 qu'une fois pour parler de lui-même (Lc 22.37). Cependant, il est probable que c'est le passage auquel il fait aussi allusion dans Marc 10.45, 14.24 et peut-être 9.12. Les paroles de Jésus montrent donc qu'il est bien le serviteur spécial de Dieu annoncé par Ésaïe.
Pierre met en avant que Jésus a souffert pour ramener les pécheurs à Dieu et sauver de leurs péchés ceux qui le suivent (1P 2.21–25 ; 3.18). Il aussi donne pour exemple la prédiction d'Ésaïe 53 sur « les souffrances du Christ et les gloires à venir » (1.11). Paul fait également allusion à ce passage lorsqu'il dit que « Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures » (1Co 15.3 ; Ph 2.6–11 ; voir aussi Rm 4.25 ; 5.19 ; 2Co 5.21). Dans l'Évangile de Jean, Jésus est appelé « l'agneau de Dieu », titre de Jésus qui rappelle à la fois les sacrifices de l'AT pour les péchés, mais aussi ce qu'Ésaïe 53.7 annonce à propos du Messie serviteur.
Voir aussi christologie ; livre d'Ésaïe.