Dernier des juges, son nom signifie « nom de Dieu » ou « son nom est El » (El est le nom du Dieu de force et de puissance). Le jeu de mots dans 1 Samuel 1.20 (voir Ex 2.10) n'a pas pour but d'expliquer la signification du nom de Samuel ; les paroles d'Anne rappellent seulement sa prière et les circonstances entourant la naissance de son fils.
Histoire personnelle
Les parents de Samuel étaient un couple dévoué à Dieu qui se rendait chaque année au sanctuaire de Silo (1S 1.3). Son père, Elkana, était un Lévite (1Ch 6.26) et résidait à Rama, dans le territoire d'Éphraïm. Sa mère, Anne, ne pouvait pas avoir d'enfants au début de leur mariage. Elkana avait une seconde épouse, Peninna.
Lors d'une visite à Silo, Anne prie dans le sanctuaire (1S 1.6–11), promettant que, si le Seigneur lui donnait un fils, elle le consacrerait comme naziréen (Nb 6.1–21) au service de Dieu pour la vie. Le Seigneur entendra la prière d'Anne et exaucera sa demande. Elle n'aura pas d'autres enfants avant la consécration de Samuel.
Quand Samuel sera présenté à Éli et commencera son service dans le sanctuaire, il s'incline devant le Seigneur en marque d'adoration (1S 1.28). Trois éléments (1° un sentiment de valeur, 2° la connaissance de l'amour de ses parents (cf. 2.19), et 3° un objectif clairement ressenti) ont posé les fondements de sa personnalité et de ses futurs accomplissements.
Une preuve supplémentaire de la précieuse formation précoce de Samuel est mise en évidence dans 1 Samuel 2. Les fils d'Éli avaient suivi les pratiques licencieuses des religions païennes autour d'eux. Éli était vieux, excessivement indulgent et impuissant à les retenir. Samuel n'a ni développé d'irrévérence pour Éli ni suivi ses fils sur le chemin du mal. Dieu a décidé de juger Éli et sa maison pour leurs péchés. Lorsque Dieu a annoncé son intention à Samuel, celui-ci a répondu avec révérence et respect. Sa croissance personnelle et spirituelle indiquait qu'il avait été désigné comme un futur prophète du Seigneur.
À une époque où chacun faisait ce qui lui semblait bon (voir Jg 17.6 ; 21.25), Dieu permettait à une nation voisine de servir d'instrument pour châtier son peuple, jusqu'à ce qu'un juge se lève pour les délivrer. Lorsque les Philistins envahissent de nouveau le pays (1S 4–6), les Israélites rassemblent leur armée à Ében-Ézer, mais ils seront vaincus. Croyant que l'arche de l'alliance garantirait leur succès, ils envoyerront chercher celle-ci à Silo. Le lendemain, les Israélites seront de nouveau vaincus et l'arche sera capturée. Lorsque cette nouvelle parvient à Éli, il tombera de son siège et mourra.
Vingt ans s'écouleront avant que le nom de Samuel ne soit mentionné à nouveau (1S 7.2–3). Il semble qu'après la destruction de Silo (voir Jr 7.12–14 ; 26.6, 9 ; Ps 78.60), il a vécu à Rama et y a entrepris des missions de prédication annuelles qui incluaient Béthel, Guilgal et Mitspa, « jugeant » le peuple dans ces lieux (voir Dt 16.18–22 ; 17.8–13). Samuel a probablement aussi fondé des « écoles de prophètes » durant cette période. Des écoles seront établies à Béthel (1S 10.5 ; 2R 2.3), Guilgal (2R 4.38), Rama (1S 19.20), et ailleurs (2R 2.5), peut-être comme un prolongement naturel du ministère de Samuel.
Après un ministère long de vingt ans, Samuel jugera opportun de se diriger vers une unification spirituelle et nationale. Il convoquera une réunion à Mitspa (1S 7). Là, avec un rite symbolique exprimant une profonde humiliation et en accord avec les libations d'un traité, les Israélites verseront de l'eau sur le sol, jeûneront et prieront.
Les Philistins interprètent mal la nature de la convocation et décident d'attaquer les adorateurs sans défense, qui supplieront Samuel de prier pour eux. Il offre alors un sacrifice et le Seigneur a envoyé un violent orage, provoquant la fuite paniquée des envahisseurs. Les Israélites poursuivants remportent une victoire importante à Ében-Ézer (1S 7.12).
Dans les dernières années de vie de Samuel, les anciens rejetteront sa direction en faveur d'un roi (1S 8). Après une prière fervente, il reçoit une nouvelle direction du Seigneur, et accède à leur demande. Plus tard, il oindra Saül comme prince sur le peuple de Dieu. Samuel convoquera ensuite les Israélites à Mitspa, où le choix de Dieu sera officialisé, et Saül sera acclamé comme roi. Après la victoire de Saül sur Nachasch (chap. 11), Samuel, à Guilgal, confirmera la royauté de Saül. Par la suite, Samuel se retire à Rama pour former des hommes à poursuivre son ministère.
Samuel devra réprimander Saül à deux reprises, d'abord pour impatience et désobéissance (1S 13.5–14), puis pour avoir désobéi au commandement exprès du Seigneur (15.20–23), qui l'a rejeté en tant que roi. Samuel sera ensuite envoyé chez Isaï à Bethléem, où il oindra David comme l'élu du Seigneur (16.1–13).
Un bref récit du décès de Samuel nous est relaté dans 1 Samuel 25.1, lorsque tout Israël se rassemble pour le pleurer. Il sera enterré à Rama. La seule mention ultérieure de Samuel se trouve dans 1 Samuel 28. Invoqué par la sorcière d'En-Dor à la demande de Saül, Samuel annonce que le lendemain, Saül et ses fils mourraient au combat (v. 4–19).
Caractère
Samuel surmontera de nombreux problèmes grâce à sa piété, sa persévérance et son dévouement au service du Seigneur. Sa préoccupation principale aura toujours été le bien de son peuple. Sage et courageux, il aura réprimandé hardiment le roi, les anciens et le peuple lorsque cela était nécessaire, en se basant toujours sur la volonté révélée de Dieu.
Bien que Samuel ait servi comme juge et prêtre, il était avant tout un prophète. Grâce à son ministère, la vie spirituelle des Israélites s'est améliorée. En inaugurant la monarchie, il conduira le peuple de la désunion tribale à la solidarité nationale. Il a nommera des portiers pour la tente de la rencontre (1Ch 9.17–26), organisera l'observance de la Pâque de manière si mémorable qu'on en parlait encore à l'époque de Josias (2Ch 35.18), mettra par écrit comment un roi et son royaume devraient vivre (1S 10.25), et rédigera un recueil de chroniques, « le livre de Samuel le voyant » (1Ch 29.29).
Samuel mérite bien une place parmi les grands hommes de foi (Hé 11.32). Il sera le dernier des juges (1S 7.6, 15–17) et le premier des prophètes (1 S 3.20 ; Ac 3.24 ; 13.20).
Voir aussi Samuel, Premier et Deuxième livres.