Proverbes, Livre des

Troisième livre poétique de l'Ancien Testament (AT). Une collection d'expressions frappantes et épigrammatiques concernant la sagesse pratique par l'exemple, l'avertissement ou le précepte.

Survol

• Auteurs

• Datation

• Contexte

• Objectifs et théologie

• Contenu

Auteurs

Bien qu'il y ait une unité de pensée sous-jacente dans le livre des Proverbes, il n'y a aucune présomption d'unité d'auteur, puisque les auteurs des sept (ou plus) sections dans lesquelles le livre est divisé sont, dans la plupart des cas, clairement identifiés.

1.1–9.18

Il y a une divergence d'opinion quant à savoir si le verset d'ouverture se réfère à la paternité salomonienne de cette section ou s'il souligne simplement le nom du principal contributeur de l'ensemble du livre. Une objection est que l'homme qui a écrit avec tant de soin sur le danger des relations promiscues avec des femmes immorales (l'un des principaux thèmes de cette section) n'est probablement pas Salomon, qui a échoué de manière significative dans le domaine des mariages mixtes (1R 11.1–8). Il y a des failles dans un tel argument. On peut être capable de donner d'excellents conseils sans nécessairement avoir la force de caractère pour les suivre soi-même, et il y a une distinction entre les prostituées ou adultères séduisantes de Proverbes 5.1–21, 6.20–35, 7.1–27 et les relations polygames mais respectables de Salomon. Il vaut toutefois mieux laisser ouverte la question de la paternité salomonienne de cette section. Ceux qui la remettent en question considèrent que 1.2–7 sert à énoncer le but de l'ensemble du livre. Proverbes 1.8–9.18 est une série de treize discours pratiques sur la sagesse, donnés avec amour et honnêteté comme par un père à un fils. Cela fournit une base indispensable pour l'enseignement de proverbes plus populaires dans le reste du livre.

10.1–22.16

Salomon est spécifiquement identifié comme auteur ou compilateur de cette section, qui est la section principale du livre des Proverbes. La probabilité qu'il ait joué un rôle majeur dans la production du livre des Proverbes est fortement soutenue par les livres historiques. Peu après son couronnement, il a été doté d'un esprit de sagesse, en réponse à sa requête (1R 3.5–14). L'incident concernant les deux prostituées (v. 16–28) en a fourni une preuve publique. Sa réputation universelle, notamment en lien avec la sagesse de ses proverbes, est attestée dans 1 Rois 4.29–34 et dans la visite de la reine de Séba (10.1–13).

22.17–24.34

Le titre « les paroles des sages » (Pr 22.17) est incorporé dans le verset d'ouverture de cette section. L'indépendance de cette collection est fortement suggérée par une différence évidente de style, le proverbe simple d'un verset de longueur se voyant remplacé par une approche plus discursive qui traite d'un sujet sur plusieurs versets, ainsi que par le titre de la sous-section suivante (« Voici encore ce qui vient des sages », 24.23). Le parallèle remarquablement étroit entre 22.17–23.11 et le livre égyptien d'Amenemope (qui a été daté de manière variable entre le 13e et le 7e siècle av. J.‑C.) est d'un grand intérêt. Les experts ont détecté jusqu'à trente liens entre les deux. La plupart pensent que cette section de Proverbes est une adaptation d'un original égyptien (une telle sélection et modification étant entièrement conforme à la doctrine de l'inspiration). Cependant, une minorité de chercheurs, y compris plusieurs égyptologues éminents, soutiennent de manière convaincante qu'au vu de sa structure grammaticale, Amenemope semble être dérivé d'un original hébreu.

25.1–29.27

Une partie du contenu de Salomon a ici été édité et incorporé par « les gens d’Ézéchias, roi de Juda » (25.1). Dans cette section, la tendance est au regroupement de proverbes traitant de sujets précis : par exemple, la relation entre un roi et ses sujets (v. 2–7), l'homme paresseux (26.13–16), et le fauteur de troubles (v. 17–27). Salomon et Ézéchias étaient fréquemment associés dans la pensée juive (voir par exemple 2Ch 30.26), et la tradition rabbinique attribuait à Ézéchias la production à la fois de Proverbes et de l'Ecclésiaste. Le prestige national durant les règnes des deux rois aurait été propice aux activités littéraires.

30.1–33

On ne sait rien d'Agur, de son père Jaké de Massa, ni des deux autres personnes mentionnées, Ithiel et Ucal. Selon Genèse 25.14, Massa était l'un des douze fils d'Ismaël, et il est probable qu'Agur venait du nord de l'Arabie, une région traditionnellement réputée pour sa sagesse.

31.1–9

Lemuel, l'auteur de cette section, venait également de Massa, mais en dehors de cela, il est inconnu. L'inclusion de dictons de sagesse provenant de sources extérieures à Israël illustre les connexions internationales du mouvement de la sagesse durant la période de la monarchie.

31.10–31

Il est possible ce superbe poème acrostiche sur l'épouse idéale soit également à attribuer à Lemuel ; son inspiration pourrait provenir de sa mère, à l'instar de la section précédente. Cependant, ce mode de vie s'intégrerait plus facilement dans le contexte d'une communauté agricole prospère en Palestine plutôt que dans une communauté nomade ou semi-nomade arabe. Pour cette raison, la plupart des chercheurs considèrent que le poème est anonyme.

Datation

La majeure partie du livre peut, avec assurance, être attribuée à Salomon (règne vers 970–930 av. J.‑C.). Cependant, la contribution significative d'Ézéchias et de ses hommes nous gardera de fixer l'achèvement du livre avant 700 av. J.‑C. L'inclusion de sections par des non-Israélites, comme Agur et Lemuel, est plus probable à l'époque préexilique, avec ses intérêts internationaux plus larges, qu'à l'atmosphère plus particulariste du judaïsme postexilique. Il est probable que le poème acrostiche final et sophistiqué ait été la dernière section à être incluse, mais rien dans le livre n'exige une date postérieure au début du 7e siècle av. J.‑C. Dans la tradition rabbinique, Proverbes était systématiquement regroupé avec les Psaumes et Job dans la troisième section du canon juif, les Écrits ou Livres Saints. Bien que le contenu des Écrits n'ait pas été finalisé de manière autoritaire avant la fin du 1er siècle apr. J.‑C., il est probable que Proverbes aient été reçu comme inspiré bien avant cela, comme en témoigne son inclusion dans la Septante, la principale traduction grecque. L'ordre dans nos versions françaises a peut-être été influencé par la tradition rabbinique qui associait les livres de Job, des Psaumes et des Proverbes à Moïse, David et Ézéchias, respectivement.

Contexte

Le livre des Proverbes fait partie du corpus de l'AT connu sous le nom de Littérature de Sagesse (ou littérature sapientiale). Ce corpus est également représenté dans les Écritures par les livres de Job, de l'Ecclésiaste et certains des Psaumes (par exemple Ps 1, 37, 73, 119). Proverbes constitue une tranche majeure de cette catégorie littéraire. Les proverbes individuels offrent des applications pratiques et précises de la sagesse recouvrant de nombreux aspects de la vie. Job et l'Ecclésiaste se concentrent sur un problème majeur, ou un groupe de problèmes interconnectés, sous forme de monologue ou de dialogue.

Au Proche-Orient Ancien, la sagesse était à l'origine liée à toutes les compétences, tant manuelles qu'intellectuelles, et était considérée comme un don des dieux. Elle acquerra graduellement une signification principalement intellectuelle, particulièrement dans un cadre cultuel, dans des arts magiques ou semi-magiques tels que l'exorcisme. Une large gamme de littérature de sagesse d'Égypte, de Canaan et de Mésopotamie, des deux types mentionnés dans le paragraphe précédent, a survécu, permettant de comprendre son homologue hébraïque au sein de ce contexte. Il n'y a toutefois aucune duplication, et l'esprit de la littérature de sagesse hébraïque est nettement supérieur à tout ce qui est comparable dans le monde ancien. Ceci est dû en grande partie à la puissante fondation religieuse en Israël, où le premier pas de la sagesse était de placer sa confiance en, et de révérer, le Seigneur (Pr 1.7).

Israël a émergé en tant que nation à l'époque de Moïse au sein d'un monde où des individus ou des groupes de « sages » existaient déjà. Israël partageait cet héritage, avec la participation d'hommes et de femmes, comme en témoignent les femmes sages de Tekoa et Abel-Beth-Maaca (2S 14.2 ; 20.16) et les conseillers professionnels militaires ou civiques Achitophel et Huschaï (2S 15.1–2, 31 ; 16.15–19). Proverbes est un exemple de la production de ces « sages » à leur meilleur ; la vie de droiture, de diligence, d'honnêteté et de maîtrise de soi qu'il prône établit une norme de moralité conforme à la loi sur laquelle elle était fondée. Mais il est probable que de nombreux proverbes précèdent l'émergence d'une classe de sages. La plupart des communautés développent leurs propres collections de dictons courts et spirituels qui expriment une sagesse pratique et forment un réservoir primitif de philosophie. Le rôle de Salomon dans la mise en forme définitive des proverbes d'Israël (1R 4.32) a déjà été noté. La forme antithétique de la poésie hébraïque, où le parallélisme de la deuxième ligne permet soit un contraste net (comme c'est souvent le cas dans Pr 10–15) soit un soutien supplémentaire (c'est-à-dire le parallélisme synonymique, comme dans chap. 16–22), est un procédé littéraire idéal pour le proverbe. Lorsque la classe des « sages » s'est développée, cette sagesse populaire rentrée dans leur domaine.

Objectifs et Théologie

Le Lien étroit entre religion et vie quotidienne

Bien que le ton général de Proverbes soit principalement rationnel, l'importance de craindre (montrer de la révérence envers) l’Éternel est soulignée tout au long du livre (1.7 ; 2.5 ; 3.7 ; 8.13 ; etc.). Cette « crainte de l’Éternel » est l'une des principales définitions de la religion dans l'AT, l'autre étant « la connaissance de Dieu » soulignée notamment par Osée et Jérémie (Jr 9.24 ; Os 4.1). Les deux se retrouvent en parallèle dans Proverbes 2.5 et 9.10. Loin de croire en un fossé infranchissable entre la religion et le monde séculier, Proverbes montre ce qui résulte d'une vie tout entière placée sous le contrôle de Dieu : un caractère noble et des foyers harmonieux et heureux. Un danger existe lorsque les éléments moraux sont pris isolément de la fondation religieuse qui est présumée tout du long. Dans ce cas, la quête du bonheur ou du succès peut devenir égoïste, centrée sur soi-même, et finir par être autodestructrice.

Proverbes et le mouvement prophétique

Il existe de nombreuses similitudes entre Proverbes et les Prophètes, y compris pour ce qui concerne un réalisme terre-à-terre, une défense des pauvres et des groupes défavorisés (voir par exemple 14.31), une prise de conscience de l'inefficacité du sacrifice en dehors de la moralité (15.8 ; 21.27), et un accent sur l'individu, qui était parfois négligé en raison du fort sentiment d'identité collective au sein de la communauté de l'alliance. Jérémie et Ézéchiel en particulier ont fortement réaffirmé le thème de la responsabilité individuelle (Jr 31.29–30 ; Ez 18). Il y a toutefois une différence essentielle que Proverbes partage avec le reste de la littérature de sagesse biblique, à savoir l'absence de toute référence claire et historique à l'élection d'Israël et à sa relation d'alliance avec Dieu. Les grands prophètes préexiliques, eux, insistaient fortement sur ce point. De même, Jérusalem et sa théologie du temple ne sont pas mentionnées, bien que le mouvement de sagesse (en particulier dans sa manifestation à travers le livre des Proverbes) ait prospéré sous le patronage de la monarchie davidique. Même le nom Israël n'apparaît pas. Ceci renforce l'idée que Proverbes est le manuel le plus clair et le plus complet d'éthique pratique universelle qui existait dans le monde antique. Un Égyptien contemporain instruit aurait trouvé que Proverbes était facilement compréhensible et édifiant, et bien que cela n'ait pas été son objectif principal, le livre a toujours un fort attrait pour un non-chrétien moral.

Proverbes et Deutéronome

Le livre des Proverbes partage de nombreux points de recoupement avec le livre du Deutéronome, notamment leur accent sur la rétribution et la récompense (Pr 2.22 ; 3.9–10 ; 10.27–30 ; voir Dt 28). Cette doctrine pourrait être pervertie en une équation invariable, les justes étant toujours récompensés et les méchants toujours punis. Job (Jb 21.7–34) et Jérémie (Jr 12.1–4) ont protesté vigoureusement contre une telle perspective. Cela pourrait également aboutir à une approche hypocrite et intéressée : c'est parce que je désire les bénédictions promises (voir par exemple Pr 3.9–10) que je vais « honorer » Dieu en matière de dîmes. Cette substitution d'une apparence extérieure à la dynamique intérieure de l'amour, de la gratitude et de la foi était souvent la malédiction de la religion formelle d'Israël. En revanche, le principe lui-même (que ceux qui honorent Dieu et vivent en coopération avec lui et ses lois sont généralement ceux qui sont bénis par Dieu, bien que pas nécessairement en termes matériels) est un principe scripturaire. Les auteurs des Proverbes ne doivent pas être blâmés pour les perversions qui ont surgi par la suite.

Contenu

Introduction : 1.1–7

Proverbes 1.1–7 établit le but du mouvement de la sagesse en Israël. Le sous-titre du livre dans son ensemble se trouve au verset 2 : le but de ces proverbes est « Pour connaître la sagesse et l’instruction, Pour comprendre les paroles de l’intelligence ». La question de la paternité de cette section a déjà été discutée, mais il n'y a certainement rien d'incongru à attribuer cette paternité à Salomon. Au début de son règne, Salomon démontrait un profond désir d'avoir la sagesse nécessaire pour gouverner son peuple correctement (1R 3.7–9), et il y a ici le désir sincère que ses sujets puissent avoir une compréhension similaire. Les versets 1–6 forment une seule phrase en hébreu et incluent pas moins de onze aspects différents de la sagesse. Le premier d'entre eux, « sagesse », apparaît trente-sept fois dans Proverbes et indique une utilisation informée et habile de la connaissance. Ce n'est qu'en faisant le premier pas, qui est de placer sa confiance dans le Seigneur, qu'une personne peut entrer dans la sagesse. La moralité n'est pas situationnelle, ni un absolu en soi ; elle nécessite un point de référence immuable qui ne peut être trouvé qu'en Dieu.

Leçons concernant la sagesse : 1.8–9.18

Cette section est composée de treize leçons distinctes sur la sagesse, dont la plupart sont introduites par « Mon fils » ou une expression similaire. La leçon finale (8.1–9.18) est donnée par la Sagesse elle-même. Cette méthode indique la relation chaleureuse et personnelle entre le professeur et ses élèves, qui, au Proche-Orient Ancien, seraient exclusivement masculins. Un style similaire se retrouve dans la littérature de sagesse égyptienne et mésopotamienne et aurait bien pu être adopté par Salomon, qui, dans l'humilité et la crainte de Dieu pour le bien-être national de ses premières années, aurait été un excellent enseignant.

Leçon 1 : Éviter les mauvais compagnons (1.8–33)

Trois voix s'élèvent : 1) la voix spécieuse de ceux qui promettent des gains rapides par la violence (v. 10–14) ; 2) le sage lui-même (v. 15–19), qui renforce les conseils patiemment donnés par les parents au fil des années (v. 8–9) et qui préconise une rupture nette avec les hommes violents voués à une fin violente ; et 3) la Sagesse (v. 20–33), dont l'appel n'est pas furtif mais ouvert à tous et qui cherche à transmettre a autrui son propre esprit de sagesse (v. 23). Ceux qui rejettent la voix de la sagesse connaîtront le jugement (v. 29–33).

Leçon 2 : Les Récompenses de la Sagesse (2.1–22)

Bien que la sagesse soit donnée par Dieu en fin de compte (v. 6), chacun est appelé à la chercher avec une intensité de désir qui caractérisait le psalmiste (Pr 2.2–4 ; voir Ps 63.1). Il n'y a pas de contradiction ici, mais un paradoxe qui souligne le fait que les dons de Dieu ne sont pas accordés à la légère, mais sont donnés à ceux qui, par leur attitude de cœur et de volonté, les méritent. Les avantages de la sagesse décrits ici (Pr 2.7–22) comportent à la fois des éléments négatifs et positifs, tant matériels que spirituels. Le danger de s'associer avec des femmes immorales, si souvent mentionné dans Proverbes, est évoqué pour la première fois (v. 16–19).

Leçon 3 : Les Récompenses de la confiance totale en Dieu (3.1–10)

Pour le Juif, la tentation d'essayer de s'assurer la bénédiction par une démonstration extérieure de religion guettait toujours, et les versets 9–10 pouvaient être mal interprétés. Mais le contexte souligne l'exigence de la loyauté de cœur et de l'obéissance (v. 1–8). « Dieu en premier » (v. 6) est le besoin fondamental ; sans cela, un individu ou une nation se trouve appauvri (voir Ag 1.1–11).

Leçon 4 : Le Besoin de discipline (3.11–20)

Un des thèmes majeurs dans Proverbes est la discipline, en particulier celle d'un père châtiant son fils (Pr 3.11–12 ; voir Hé 12.5–11). L'autre thème ici est l'éloge de la sagesse et les bienfaits qu'elle confère.

Leçon 5 : Sagesse et bon sens (3.21–35)

La sagesse et le bon sens entraîneront la sécurité (v. 23–26) et protégeront contre les actes imprudents (v. 27–32). Cependant la sécurité fondamentale se trouve au verset 26 : c'est le Seigneur qui est notre sécurité.

Leçon 6 : La Détermination (4.1–9)

Ici, l'enseignant partage son propre témoignage et montre qu'il puise dans la sagesse accumulée d'une génération antérieure (v. 1–6). Il y a un accent fort sur la détermination, la volonté étant résolument fixée pour acquérir la sagesse, comme le montrent les verbes dans les versets 5–9.

Leçon 7 : Le Droit chemin (4.10–19)

Une détermination égale est nécessaire pour éviter les hommes mauvais et ce à quoi ils s'adonnent (v. 14–17). Notez la description graphique, à la fois belle et effrayante, des deux chemins (v. 18–19).

Leçon 8 : Poursuivre la justice et éviter le mal (4.20–27)

La poursuite acharnée de la droiture et son corollaire, l'évitement de toute sorte de mal (voir 1Th 5.22), impliquent notre écoute (Pr 4.20), nos souvenirs (v. 21), nos cœurs (v. 21, 23), notre vue (v. 25) et nos volontés (v. 26–27). Ceci demande un engagement total envers Dieu.

Leçon 9 : La Pureté sexuelle (5.1–23)

Dans un langage direct qui ne peut être mal compris, les dangers de la prostitution sexuelle et la sagesse de la fidélité au sein du mariage sont soulignés. Dans les relations sexuelles, il ne peut y avoir de moralité purement privée : d'autres sont nécessairement impliqués, et Dieu est plus qu'un simple spectateur concerné (v 21).

Leçon 10 : Les Choses que Dieu déteste (6.1–19)

La section débute (v. 1–5) avec un conseil simple sur la nécessité d'éviter les promesses irréfléchies. Si l'on est assez imprudent pour être déjà engagé, la chose sensée à faire est de ravaler sa fierté et de se dégager dès que possible. La deuxième leçon est d'imiter les fourmis dans leur préparation prévenante pour les besoins futurs (v. 6–11). Ceci anticipe l'attention contrastée accordée plus tard au paresseux (22.13 ; 26.13–16). La troisième leçon décrit en détail l'« homme pervers », rusé et trompeur (6.12–19). Il est à éviter.

Leçon 11 : Les Relations sexuelles illicites (6.20–35)

Cette section poursuit le sujet des relations sexuelles illicites, montrant l'attitude de Dieu envers cette forme particulière de péché. Le mari blessé se révélera un adversaire redoutable s'il découvre l'infidélité (v. 33–35), et l'effet sur la personne adultère elle-même sera absolument désastreux (v. 26–32).

Leçon 12 : Les Ruses de la prostituée (7.1–27)

Ce chapitre offre une illustration frappante des ruses d'une prostituée. Les plaisirs qu'elle propose paraissent séduisants, renforcés par l'élément de risque, mais en réalité, l'aventure de la nuit se révèle invariablement être le chemin vers l'enfer (v. 27).

Leçon 13 : L'Appel de la sagesse (8.1–9.18)

En contraste avec la séductrice mortelle à la langue douce du chapitre 7 et la prostituée effrontée et bruyante de 9.13–18, il y a deux images complémentaires de la Sagesse. La première, dans 8.1–36, est l'un des exemples les plus remarquables de personnification dans l'AT. La Sagesse ne cherche pas la ruine d'un seul mais le bien-être de tous (v. 1–5). La sagesse et l'intégrité, la conduite juste et la franchise sont dépeintes comme des entités inséparables (v. 6–13). Cependant, il reste un accent sur les bénédictions qui résultent de la quête de la sagesse (v. 14–21). Les rois, les juges et les dirigeants dépendent d'elle, et le succès du genre le plus désirable est le don qu'elle offre à ses adeptes. Les versets 22–31 sont pratiquement une explication théologique de la prééminence de la Sagesse, montrant son association étroite avec l'activité créatrice de Dieu.

Il est compréhensible que de nombreux chrétiens aient vu dans ces versets une anticipation du Christ lui-même. Le Nouveau Testament (NT) considère que Christ est la réponse à deux des questions religieuses les plus vitales : comment Dieu s'approche-t-il de l'humanité et comment a-t-il créé le monde ? Voici la réponse : par la Sagesse. La connexion peut être poursuivie dans la section suivante (v. 33–36), où la Sagesse, à l'instar de Christ dans le NT, est vue comme absolument essentielle et désirable.

Dans la deuxième image de la Sagesse (9.1–6), elle est présentée comme une hôtesse gracieuse et généreuse, offrant un banquet qui mène à la vie (voir la parabole de Jésus dans Lc 14.15–24). Un autre contraste avec la femme immorale dans Proverbes 9.13–18 souligne, de manière marquante, que les invités de cette dernière finissent en enfer. Une série de proverbes sur le contraste entre le sage et le fou (v. 7–12) se situe entre les deux images. Ils démontrent à quel point l'homme sage est réceptif à l'enseignement, par opposition au fou. Une fois de plus, le véritable fondement de la vie est clairement défini (v. 10).

Les Proverbes collectés de Salomon : 10.1–22.16

Les 375 proverbes de cette section ont probablement été sélectionnés parmi les trois mille attribués à Salomon (1R 4.32). Chaque verset est une unité, avec un contraste ou une comparaison entre ses deux lignes. Il y a des répétitions compréhensibles (voir par exemple Pr 14.12 ; 16.25), presque inévitables dans une grande collection de ce genre. Le bon sens des dictons proverbiaux, dont chacun a été prouvé par l'expérience, est évident, mais il faut tenir compte de niveaux variés ; certains paraissent plutôt banals et proches de la sagesse du monde. Cependant, pris dans leur ensemble, ils fournissent un guide pratique, sanctionné par Dieu, pour la vie quotidienne. Une fois de plus, il convient de souligner que la vie religieuse, basée sur la loi et la relation d'alliance, est présumée. Dieu est profondément concerné par les moindres détails de la vie, et les questions religieuses ne sont pas entièrement contournées (voir par exemple 10.27–29 ; 14.27 ; 15.16, 33 ; 18.10). Cette section de Proverbes ne peut pas être lue rapidement ; chaque verset exige une pause pour permettre à son message de pénétrer l'esprit. Puisqu'il n'y a pas d'arrangement systématique de ces proverbes, la manière la plus utile d'aborder cette section peut être par une considération des thèmes principaux. L'étudiant obtiendra un gain précieux à méditer bout à bout les références à chaque sujet :

1. Les récompenses du juste et la fin de l'impie (10.2, 7, 16, 27–30 ; 11.3–9).

2. L'insensé. Les trois mots hébreux traduits par « insensé » peuvent tous signifier une rébellion obstinée ainsi qu'un manque d'intellect. « Rebelle » sera donc souvent une traduction appropriée. L'insensé cause du chagrin à ses parents et représente une menace pour la société. Son esprit est complètement fermé à la raison et ses paroles incontrôlées causent des dommages incalculables. Dans son cas, la correction est inutile ; il est sans espoir.

3. Le simple. Ce thème s'adresse au grand groupe de personnes non engagées, ni insensées ni sages, mais qui sont ouverts à la douce persuasion des enseignants de sagesse. Les proverbes qui élaborent ce thème font appel à ce groupe plutôt qu'aux sages et aux prudents, qui ont déjà « décroché leur diplôme ».

4. Le paresseux. Cette personne est souvent contrastée avec le travailleur (voir par exemple 10.4–5) et est impitoyablement satirisée pour son apathie et ses excuses pathétiques.

5. Le pouvoir des mots. Ils peuvent blesser ou guérir (12.18). L'accent mis sur le discours honnête, par opposition aux mots trompeurs et irréfléchis, est bien illustré tout au long de ce chapitre (voir par exemple 12.6, 13–14, 17–19, 22).

6. La sagesse. Le chapitre 13 montre comment celle-ci peut être dérivée des parents (v. 1), des Écritures (v. 13), de la classe des sages (v. 14), et de la bonne compagnie (v. 20).

7. La justice. L'accent mis sur la justice fait écho aux grands prophètes. La corruption en particulier est condamnée (17.8, 23 ; 18.16), tout comme les faux témoins (19.5, 9, 28), tandis que l'ouverture d'esprit est recommandée (18.17).

8. L'amitié. Les « amis » des beaux jours sont souvent mentionnés (voir par exemple 19.4–7) et contrastés avec le véritable ami (17.17 ; 18.24).

9. La richesse et la pauvreté. Ces conditions sont abordées de diverses manières, mais toujours avec un accent sur la prospérité morale et spirituelle plutôt que simplement matérielle (voir par exemple 21.6 ; 22.1, 4). Le soin des pauvres est fréquemment exigé (21.13) et doit être accompagné des motivations les plus élevées (22.2).

10. La vie familiale. Il y a une image attrayante d'une famille idéale, avec un mari travailleur, une épouse compréhensive qui est une bénédiction pour lui (12.4 ; 14.1 ; 18.22 ; 19.14) et des enfants obéissants, disciplinés si nécessaire par la punition (13.24 ; 19.18 ; 23.13–14).

La Section finale : plus de sages Conseils : 22.17–31.31

Bien que les sujets abordés et la perspective générale demeurent inchangés, les proverbes de cette section sont généralement plus longs et il y a une volonté évidente de regrouper les proverbes traitant de sujets particuliers, par exemple, les dangers de la boisson forte (23.29–35). Le motif religieux de l'éditeur de cette section est évident : il écrit que l'on se doit de faire confiance au Seigneur (22.19).

Proverbes supplémentaires : 22.17–24.34

Cette section peut être considérée comme un complément à la section précédente, qui traite plus en détail des sujets de la justice, de la politique commerciale avisée, de la calomnie et de la paresse. Le proverbe humoristique mais incisif sur le champ de l'homme paresseux est le plus long du livre.

Proverbes supplémentaires de Salomon : 25.1–29.27

Parmi les nombreux proverbes de Salomon non inclus dans la collection principale (10.1–22.16), les adjoints d'Ézéchias ont sélectionné et édité un autre groupe de proverbes de Salomon. Encore une fois, il y a des preuves d'une volonté de regrouper des proverbes liés : par exemple, la place des rois (25.2–7) ; les litiges imprudents (v. 8–10) ; le fou (26.1–12) ; la paresse (v. 13–16) ; et le fauteur de troubles (v. 17–27).

La sagesse d'Agur : 30.1–33

L'humilité du sage en présence d'un Dieu omniscient se manifeste clairement dans l'introduction d'Agur (v. 1–4), un passage parallèle à Job 38–39. Sa méthode d'enseignement consistait apparemment à confronter ses élèves à un certain nombre d'exemples sur un point de débat, la méthode des « deux … trois … quatre », indiquant que le catalogue n'était pas complet et les encourageant à ajouter d'autres illustrations tirées de leur propre expérience. Agur avait manifestement une expérience personnelle et attentive de la vie à tous les niveaux.

La sagesse de Lemuel : 31.1–9

Cette section, inspirée par sa mère, aborde à nouveau les relations sexuelles, les dangers de l'alcool et la nécessité de défendre les pauvres et les opprimés. Le nom de Lemuel, signifiant « appartenant à Dieu », nous en dit probablement encore plus sur sa mère.

La femme idéale : 31.10–31

Chaque vers de ce poème, qui était peut-être anonyme, commence par une lettre successive de l'alphabet hébreu, un procédé qui signifiait souvent la complétude. À la fin de Proverbes (un livre qui ne manque pas de franchise au sujet de la femme immorale), nous avons, en antithèse, une image rafraîchissante d'une femme et mère douée dans tout ce qui touche à la vie domestique, cultivée et aisée. Il fournit de plus un aperçu éclairant de plusieurs facettes de la vie de l'époque. Comme ailleurs dans le livre, sa relation sous-jacente avec Dieu (v. 30) aboutit à des vertus désirables qui incluent la fiabilité (v. 11), une immense application (v. 13–19, 24, 27), la charité (v. 19–20), la prévenance (v. 21, 25), la sagesse et la bonté (v. 26).

Voir aussi Poésie biblique ; Salomon (personne) ; Sagesse ; Littérature de sagesse.

Tiré du Dictionnaire biblique Tyndale, adapté par Mission Mutual. CC BY-SA 4.0.

Références Bibliques (159)