Pécher est faire ce qui est mal non seulement envers l'humanité, la société, les autres ou soi-même, mais aussi envers Dieu. La nature de Dieu donne au péché un sens avec plusieurs aspects. Certaines divinités étaient représentées comme des êtres capricieux sans qualités. Elles avaient un pouvoir illimité, mais un comportement immoral. Ces divinités ne communiquaient pas un sens du péché comme le Dieu unique d'Israël, qui est saint, juste et parfaitement bon. Cette conception religieuse de faire ce qui est mal et les termes qui y sont associés sont utilisés aussi bien dans l'Ancien Testament que dans le Nouveau.
Termes importants
Le Dieu d'Israël définit l'idéal et les normes du comportement humain. Les mots bibliques les plus fréquents pour décrire le péché signifient transgresser cette norme d'une façon ou d'une autre. Le mot hébreu hata’ et le mot grec hamartia signifient à l'origine rater une cible ou faillir à son devoir (Rm 3.23). Puisque Dieu est l'auteur de la loi, il fixe les limites de la liberté individuelle. Un autre terme fréquent est celui de « transgression » (hébreu, ‘abar ; grec, parabasis). Il décrit le péché comme le fait de ne pas respecter limites fixées. Il y a d'autres termes clés avec des sens similaires, comme les mots hébreux pesha‘ et ’asham. Le mot pesha‘ signifie rébellion ou transgression, tandis que le mot ’asham désigne le fait de transgresser (ce que Dieu, qui est le roi de son peuple, a commandé) ou le fait de devenir coupable. Le mot grec paraptoma signifie faire un pas qui écarte du chemin désigné ou entrer sur un terrain interdit. Le mot hébreu ‘aon est souvent traduit « iniquité » et signifie faire ce qui n'est pas juste ou faire le mal délibérement. L'équivalent le plus proche dans le NT sont les mots grecs anomia (sans loi) ou paranomia (désobéissant à la loi).
Le péché dans l'Ancien Testament
La Genèse attribue le péché à un choix délibéré de mal utiliser la liberté donnée par Dieu en désobéissant à la seule interdiction qui la limitait. Ézéchiel déclare très clairement que chaque individu est responsable de son propre péché et n'hérite pas simplement des péchés des autres (Ez 18). Comme Jérémie, il souligne la nécessité d'une vie intérieure purifiée et renouvelée pour changer le comportement extérieur. La loi divine doit devenir une force qui motive l'individu de l'intérieur pour pouvoir surmonter le péché (Jr 31.29–34 ; Ez 36.24–29).
Le Psaume 51 donne des explications qui éclairent le rapport entre le péché et ce qui le fait arriver. En affirmant « ma mère m’a conçu dans le péché », le psalmiste reconnaît qu'il est pécheur depuis le début de son existence. Tous son être a besoin d'être purifié car il est impur. Les sacrifices rituels n'offrent aucune solution. Seul un cœur brisé et contrit peut préparer le pécheur à être purifié par Dieu. Le seul espoir et les seules bases d'appel à Dieu sont son amour fidèle et l'abondance de sa miséricorde. Malgré sa sévérité envers le péché, l'AT parle aussi de l'assurance du pardon par la grâce (Ps 103.8–14 ; Es 1.18 ; 55.6–7).
Le péché dans les Évangiles synoptiques
Les enseignements de Jésus au sujet du péché reprennent l'offre gracieuse de pardon divin et de renouveau. Jésus proclame à plusieurs avec autorité : « tes péchés te sont pardonnés ». Il montre aussi, aux yeux de tous et par de nombreuses actions, sa compassion et le fait qu'il est devenu l'ami de pécheurs. Jésus les appelle à la repentance, et leur redonne espoir et dignité (Mt 9.1–13 ; 11.19 ; Lc 15 ; 19.1–10).
Jésus dit peu de choses sur l'origine du péché, sauf qu'il vient du cœur et de la volonté de l'individu (Mt 6.22–23 ; 7.17–19 ; 18.7 ; Mc 7.20–23). Toutefois, il redéfinit le péché de façon importante. La loi ne condamnait souvent que les actions extérieures des gens, mais Jésus montre que la colère, le mépris, la convoitise, la dureté de cœur et la tromperie sont également des péchés. Il parle aussi de péché comme de ne pas faire ce qui devrait être fait, d'un arbre sans fruit, d'un talent qui n'est pas utilisé, d'un sacrificateur qui se détourne de quelqu'un dans la détresse et du manque d'amour pratique (Mt 25.41–46). Il condamne particulièrement les péchés de manque d'amour : l'absence de fraternité, l'hostilité impitoyable, l'égoïsme et l'insensibilité (Lc 12.16–21 ; 16.19–31). Il condamne le fait de se justifier soi-même et l'aveuglement spirituel (Mt 23.16–26 ; Mc 3.22–30). Jésus parle du péché comme d'une maladie (Mc 2.17) et parfois comme de la folie (Lc 12.20). Néanmoins, il déclare qu'un pécheur peut être sauvé avec l'aide de Dieu (7.36–50).
Le péché dans les écrits de Jean
L'Évangile de Jean suppose que l'humanité a besoin d'une solution au problème du péché, que le sacrifice de Christ (l'Agneau de Dieu) enlève le péché du monde et que Jésus offre la lumière et la vie. Le nouvel élément dans les écrits de Jean est l'enseignement à propos du refus d'accepter le salut offert en Christ. Ce salut est offert par Dieu, par amour pour le monde. Refuser de croire est refuser le salut. Ceux qui aiment les ténèbres, rejettent la lumière et refusent de croire en Christ le sauveur sont déjà jugés (Jn 3.16–21).
Selon les gnostiques, le péché n'a pas d'importance pour les chrétiens qui ont atteint un haut niveau. Cependant, l'épître de 1 Jean donne 15 raisons de ne pas tolérer le péché dans la vie chrétienne. Jean souligne à nouveau que le péché de quelqu'un qui ne marche pas dans la vérité et dans l'amour (1Jn 3.3–10). Pourtant, Dieu pardonne à ceux qui confessent leurs péchés. Christ est le sacrifice pour leurs péchés et il intercède pour eux (1.7–2.2).
Le péché dans les écrits de Paul
Paul soutient fermement que les Écritures et l'expérience commune démontrent clairement que tous ont péché (Rm 1–3). Le péché est une force, une puissance et une « loi » qui règne à l'intérieur de chacun (Rm 5.21 ; 7.23 ; 8.2 ; 1Co 15.56). Le péché produit toutes sortes de mauvais comportements, l'endurcissement de la conscience (Rm 7.21–24), la séparation de Dieu et la mort (Rm 5.10 ; 6.23 ; Ep 2.1–5, 12 ; Col 1.21). Personne n'est capable de vaincre le péché par ses propres moyens (Rm 7.24). L'explication que Paul donne à cette situation désespérée et universelle est interprétée de différentes façons. Certains pensent que Romains 5.12–21 dit que le péché d'Adam est la source de tout péché. Pour d'autres, le péché de l'humanité est « comme » celui d'Adam. Dans tous les cas, il est clair que pour Paul, chaque personne a fait comme Adam et est donc responsable de son propre péché. Cela reste vrai même si la nature pécheresse humaine est héritée d'Adam.
La solution au péché est que celui qui croit meure en Christ, c'est-à-dire, qu'il meure au péché, à soi-même et au monde. En même temps, l'Esprit entre dans le croyant pour vaincre le péché, et transformer le croyant de l'intérieur. Le chrétien devient donc une nouvelle création car son être intérieur est sanctifié à l'image de Christ (Rm 3.21–26 ; 5.6–9 ; 6 ; 8.1–4, 28–29 ; 2Co 5.14–21).
Voir aussi chair ; justification, justifié ; sanctification ; péché menant à la mort ; péché impardonnable.