Livre de Daniel

Quatrième livre des Prophètes Majeurs dans l'Ancien Testament, le livre de Daniel présente un symbolisme vif et met en lumière des événements héroïques pendant l'exil babylonien du peuple juif. Daniel est un livre complexe, et sa compréhension nécessite une étude et une réflexion attentives. Daniel lui-même a lui-même parlé de sa réaction à une de ses visions, disant : « J’étais étonné de la vision, et personne n’en eut connaissance » (Dn 8.27).

Dans l'ancienne division juive de l'Ancien Testament, Daniel fait partie de la troisième section, appelée les Écrits. Cette section inclut également des livres comme les Psaumes, les Proverbes et Job. Daniel n'est pas inclus dans la deuxième section de l'Ancien Testament, appelée les Prophètes. Bien que certaines parties de son livre puissent être considérées comme prophétiques, Daniel n'est pas clairement identifié comme un prophète. Le livre a deux parties principales :

  1. Histoires sur la vie de Daniel (Dn 1–6)

  2. Les visions de Daniel (Dn 7–12)

Survol

  • Auteur

  • Date

  • Langue

  • Contexte

  • Objectif et enseignement théologique

  • Contenu : Histoires sur Daniel (1–6)

  • Contenu : Les visions de Daniel (7–12)

Auteur

Le livre de Daniel n'a pas d'auteur connu, comme beaucoup de textes anciens. Le titre « Daniel » se réfère au sujet principal du livre : l'homme Daniel.

Les six premiers chapitres du livre décrivent Daniel à la troisième personne. À partir de Daniel 7.2, le livre prétend inclure les paroles de Daniel à la première personne. Traditionnellement, le judaïsme, suivi plus tard par le christianisme, a cru que Daniel est l'auteur de l'ensemble du livre. Il existe toutefois peu de preuves pour confirmer ça. La référence de Jésus aux choses « dont a parlé le prophète Daniel » (Mt 24.15) ne clarifie pas la paternité de l'ensemble du livre. Ces mots apparaissent dans la seconde moitié du livre, clairement marqués comme étant de la plume de Daniel. Par conséquent, la question de savoir qui a écrit la première partie reste non résolue.

Daniel est le personnage le plus important du livre, qu'il l'ait écrit ou non. Le livre lui-même est la seule source d'information à son sujet. Daniel était un Hébreu de Juda, sans doute de descendance royale, né à la fin du 7e siècle av. J.‑C. En tant que jeune homme, il sera emmené de sa patrie à Babylone (aujourd'hui le sud de l'Irak) vers 605 av. J.‑C. Après trois ans d'éducation formelle en langue et littérature (Dn 1.4–5), il deviendra fonctionnaire de la maison royale. Les six premiers chapitres décrivent des événements spécifiques de la vie de Daniel mais ne donnent pas une biographie complète.

Le nom de Daniel signifie « Dieu est mon juge ». À Babylone, où il vivait en tant qu'étranger, il recevra un autre nom, Beltschatsar. Il se peut que ce nom signifiait « que Bel (un dieu) protège sa vie » dans la langue babylonienne.

Date

L'incertitude concernant l'auteur du livre de Daniel engendre également une incertitude quant à la date de sa rédaction. Si Daniel a écrit l'ensemble du livre, il a sans doute été rédigé dans la seconde moitié du 6e siècle av. J.‑C. S'il ne l'a pas écrit, il pourrait avoir été rédigé plus tard. Le point de vue conservateur est que le livre a été écrit au 6e siècle av. J.‑C. Une autre perspective est qu'il a été écrit vers 165 av. J.‑C.

Il existe des données en faveur de la datation ancienne et de la datation récente du livre de Daniel. Les personnes qui soutiennent une date récente et un auteur différent avancent généralement des arguments historiques et linguistiques. Cependant, ceux qui soutiennent une date plus ancienne ont des contre-arguments, qui sont abordés ci-dessous.

L'Argument historique

L'argument historique suggère que l'auteur avait une bonne connaissance des empires du Proche-Orient du 6e au 2e siècle. Cependant, il a mal compris certains détails historiques de la seconde moitié du 6e siècle, qui est l'époque de Daniel. Cette connaissance inégale suggère que le livre ait été écrit plus tard.

Ceux qui ont une vision conservatrice doivent s'accorder sur la première partie de l'argument historique. Le livre de Daniel montre une compréhension approfondie de l'histoire du Proche-Orient. La question principale est de savoir si cette connaissance a été acquise après les événements ou révélée à Daniel au préalable. Différentes personnes répondent à cette question de diverses manières, en fonction de leurs croyances sur la prophétie et d'autres facteurs.

La deuxième partie de l'argument historique est plus complexe. La connaissance de l'histoire par l'auteur à la fin du 6e siècle av. J.‑C. était-elle vraiment erronée ? La principale question est l'identité de Darius le Mède (Dn 5.30–31). Le livre de Daniel affirme que Darius le Mède a conquis Babylone et a été ensuite remplacé par Cyrus. Cependant, les sources historiques externes ne mentionnent pas de Darius à cette époque. Elles montrent clairement que c'est Cyrus qui a conquis Babylone. Ceux qui soutiennent une date tardive voient cela comme une preuve solide. Ceux qui soutiennent une date précoce n'ont pas de solution simple.

Une solution proposée est que Darius et Cyrus soient deux noms pour la même personne. Cette idée repose sur la traduction de Daniel 6.28 : « Daniel prospéra sous le règne de Darius, et sous le règne de Cyrus, le Perse ». Un cas similaire est l'utilisation des noms Pul et Tiglath-Pilnéser dans 1 Chroniques 5.26. En résumé, dater Daniel en se basant sur la connaissance historique de l'auteur est difficile, que l'on suggère une date ancienne ou tardive.

L'Argument linguistique

Les arguments concernant la date de rédaction du Livre de Daniel sont complexes, surtout pour ceux qui ne maîtrisent pas l'hébreu et l'araméen. Les partisans d'une date plus tardive avancent trois arguments principaux :

  1. L'araméen dans le livre ressemble à l'araméen tardif du 2e siècle av. J.‑C. et ultérieur.

  2. Le livre contient des mots empruntés au persan, ce qui suggère une date ultérieure pour son araméen.

  3. La présence de mots empruntés au grec indique que la langue date d'après la conquête de l'Orient par Alexandre le Grand vers 330 av. J.‑C.

Pour ceux qui soutiennent une date ultérieure, le troisième point est le plus convaincant. Ils affirment qu'il serait impossible de trouver des mots empruntés au grec en araméen deux siècles avant l'époque d'Alexandre.

Les arguments peuvent sembler convaincants de prime abord, mais ils le sont moins pour les conservateurs après un examen plus attentif. Chaque partie de l'argument a trouvé réponse.

  1. On utilisait couramment l'araméen dans le Proche-Orient à partir du 9e siècle av. J.‑C. Il deviendra une langue officielle en Assyrie au 8e siècle av. J.‑C. Quatre-vingt-dix pour cent des mots araméens dans le Livre de Daniel proviennent de cette langue ancienne, y compris les dialectes araméens anciens et impériaux. Les dix pour cent restants, connus uniquement à partir de textes ultérieurs selon les preuves actuelles, pourraient suggérer une date tardive. Cependant, ils pourraient également être des utilisations précoces de ces mots.

  2. La présence de mots empruntés au persan dans l'araméen peut sembler surprenante. L'araméen ultérieur inclut de nombreux mots empruntés au persan, dix-neuf d'entre eux apparaissant dans le livre de Daniel. Cependant, il existe une autre explication pour ces mots dans Daniel provenant d'une époque antérieure. L'histoire de Daniel se déroule en partie dans une cour contrôlée par les Perses. Les Perses utilisaient l'araméen pour gérer leur empire, et leur langue influencera naturellement l'araméen. Si nous supposons une date ancienne pour le livre de Daniel, celui-ci a été écrit lorsque le persan avait le plus d'impact sur l'araméen.

  3. Les preuves de l'influence des mots grecs dans l'araméen de Daniel ne sont pas très solides. Les commerçants grecs voyageaient dans le Proche-Orient dès le 8e siècle av. J.‑C. Des soldats grecs combattaient pour les États du Proche-Orient dès le 7e siècle av. J.‑C. À l'époque de Daniel, le roi Nebucadnetsar engagera des artisans grecs à Babylone. Par conséquent, l'influence grecque sur la langue araméenne aurait pu se produire avant Alexandre le Grand. Il n'était pas le premier Grec au Proche-Orient.

Conclusion

Les arguments concernant la date de rédaction du Livre de Daniel ne sont pas probants, que ce soit pour une date ancienne ou tardive. La datation du livre dépend de facteurs tels que l'auteur, le but, et si l'on considère certaines parties comme prophétiques. Les preuves à notre disposition peuvent coller avec le fait de dire que c'est Daniel qui l'a écrit. Certains matériaux des Manuscrits de la mer Morte à Qumrân ne soutiennent pas une date tardive. Tous les manuscrits et fragments de Daniel sont des copies du 2e siècle av. J.‑C., ce qui suggère que l'original est plus ancien. Un manuscrit, similaire au grand Rouleau d'Ésaïe, provient sans doute de la même époque, plusieurs siècles avant la copie de Qumrân d'Ésaïe. D'autres manuscrits de Qumrân montrent qu'aucun matériel de l'Ancien Testament n'a été écrit après la période perse. Par conséquent, aucune preuve manuscrite ne soutient une date du 2e siècle av. J.‑C. pour Daniel.

Langue

Le livre de Daniel présente une caractéristique intéressante qui n'est pas évidente dans la Bible française : il est bilingue. Daniel 1.1–2.4a et Daniel 8–12 sont en hébreu, comme d'autres livres de l'Ancien Testament. La partie centrale (Dn 2.4b–7.28) est en araméen, une langue apparentée. Les avis divergent quant à la raison de cette particularité. Certains pensent qu'un auteur hébreu a ajouté à un livre araméen original, en ajoutant des parties au début et à la fin. D'autres croient qu'une partie du livre hébreu original a été perdue et qu'ils l'ont remplacée par une traduction araméenne. Il existe des théories plus complexes, mais aucune n'est largement acceptée.

Une autre suggestion est possible. Le livre de Daniel, quelle que soit sa date, peut refléter la nature bilingue de son cadre culturel (de nombreux documents écrits au Canada par exemple apparaissent à la fois en anglais et en français). Enfin, on peut considérer la nature bilingue comme un autre aspect mystérieux du livre qui rend son interprétation difficile.

Contexte

Nous pouvons examiner le contexte du livre de Daniel de deux manières. Premièrement, nous pouvons le voir à partir de l'exil babylonien, que Daniel a vécu au début du 6e siècle av. J.‑C. Deuxièmement, nous pouvons le considérer à la lumière des événements futurs du 2e siècle av. J.‑C., que les visions dans la seconde moitié du livre semblent prédire.

L'Exil babylonien

Daniel a été exilé vers 605 av. J.‑C., mais la phase principale de l'exil babylonien a commencé en 586 av. J.‑C., après la défaite de Juda et la destruction de Jérusalem. L'histoire couvre les règnes de Nebucadnetsar (également connu sous le nom de Nebuchadrezzar) et de Belschatsar. Elle se termine dans les premières années du règne du roi perse Cyrus, qui capturera Babylone en 539 av. J.‑C. Pour les Juifs, l'exil sera une période de difficultés et de renouveau de sa compréhension religieuse. Ces deux aspects sont illustrés dans le livre de Daniel.

La Période séleucide en Palestine

Les visions de Daniel dans la seconde moitié du livre semblent se référer à la période séleucide en Palestine, au moment où Antiochos Épiphane, un membre de la dynastie séleucide, gouvernait les Juifs de 175 à 163 av. J.‑C. Que ces visions aient prédit des événements futurs ou reflété la culture de l'époque, la période séleucide est cruciale pour comprendre pleinement le livre.

Sous Antiochos, les Juifs palestiniens connaîtront des difficultés considérables. Leur ancienne foi sera grandement affaiblie, le souverain sacerdoce à Jérusalem sera vendu au plus offrant, et le temple sera profané de nombreuses manières. Les Juifs seront poussés à modifier leur vie et leur foi pour s'adapter à la culture hellénistique (influencée par les Grecs).

Certains cèderont, mais d'autres ont fermement maintenu leur ancienne foi. Une rébellion contre les mesures oppressives d'Antiochos a commencé en 168 av. J.‑C. En 164 av. J.‑C., les rebelles auront largement éliminé les pratiques contestables. Cependant, la période séleucide sera difficile en général pour les Juifs fidèles, car les forces historiques semblaient s'opposer à leur véritable foi. Une partie de la grandeur du livre de Daniel réside dans sa compréhension théologique de l'histoire, qui aidera les gens à continuer à vivre dans la foi pendant une période de crise sévère.

Objectif et enseignement théologique

La section de l'Ancien Testament appelée « les Écrits » avait de nombreux objectifs. Les psaumes étaient principalement utilisés dans le culte en Israël. Les proverbes faisaient peut-être partie des leçons scolaires en Israël. Le livre de Job traitait d'un problème humain et religieux spécifique.

Le but du livre de Daniel n'est pas facile à déterminer. Il s'agit principalement d'une histoire et d'une biographie partielle de Daniel. Ce n'est pas strictement un livre prophétique ni une histoire au sens moderne. Une grande partie du livre se concentre sur les rêves et leurs interprétations.

Le mot « histoire » suggère son objectif. Daniel vise à expliquer l'histoire à travers la théologie. Les six premiers chapitres se concentrent sur Daniel et ses amis. Cela ne vise pas seulement à satisfaire la curiosité, mais à enseigner aux lecteurs. La théologie de l'Ancien Testament soulignait que le Dieu d'Israël était impliqué dans la vie humaine et l'histoire. Lire l'histoire biblique révèle le rôle de Dieu dans les événements humains et enseigne l'interaction entre Dieu et les êtres humains. Les premiers chapitres de Daniel décrivent des événements dans la vie d'un homme avec une foi forte. Ce type d'histoire offre des leçons sur la façon de vivre.

Les six derniers chapitres se concentrent sur les rêves de Daniel. Bien que les rêves et leurs interprétations soient complexes, un thème historique émerge. Daniel 7–12 met l'accent sur le sens de l'histoire et l'avenir du monde, pas seulement sur les événements passés. D'un point de vue biblique, les mouvements des sociétés humaines actuelles et futures sont aussi importants que l'histoire passée. Les visions de Daniel se concentrent sur les nations et les superpuissances mais soulignent un thème clé : la puissance de Dieu sur les humains et les nations.

L'histoire semble souvent chaotique et pleine de conflits, mais en dernière analyse, c'est Dieu qui la contrôle et la guide vers un objectif. Malgré des détails peu clairs à la fin du livre, Daniel offre de l'espérance aux personnes en crise. Même si le « temps de la fin » n'est pas compris maintenant (Dn 12.9), la fin de l'histoire est porteuse d'espoir pour ceux qui ont foi en Dieu (12.13). Le livre de Daniel explore le sens de l'histoire, enseignant des leçons du passé et offrant de l'espérance pour le présent et l'avenir.

Le livre inclut des idées religieuses spécifiques concernant :

  • La foi humaine

  • Le salut divin

  • La nature de la révélation

Un sujet important dans le livre de Daniel est la croyance en la résurrection.

Le Nouveau Testament enseigne clairement la résurrection suivie du jugement, mais ce n'est pas un thème principal dans l'Ancien Testament. Les Hébreux se concentraient principalement sur la vie terrestre. De nombreux textes suggèrent l'espérance d'une vie après la mort, mais cela reste flou. Ce n'est que dans les écrits ultérieurs de l'Ancien Testament, en particulier Ézéchiel et Daniel, qu'une doctrine plus claire de la résurrection apparaît.

L'idée principale de cette doctrine dans le livre de Daniel se trouve dans Daniel 12.2 : « Plusieurs de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les autres pour l’opprobre, pour la honte éternelle. » La croyance en la résurrection personnelle donne aux individus de une espérance pour l'avenir. Les nations peuvent se battre entre elles, créant le chaos. On croit que Dieu contrôle tout, mais que se passe-t-il pour ceux qui meurent pendant ces événements ? Selon Daniel, les morts ressusciteront et seront jugés en fonction de leurs actions. Certains recevront la vie éternelle, tandis que d'autres feront face à la honte.

Pour les lecteurs du livre de Daniel, l'idée de résurrection apportait de l'espérance dans un monde sombre. Elle leur rappelait que les actions dans la vie comptent et façonnent le jugement futur. La vie s'étend au-delà de la mort physique. La justice finira par prévaloir, même si elle se fait rare à l'heure actuelle. Les malfaiteurs pourraient échapper à la punition maintenant, mais après la mort, la justice de Dieu apportera le jugement final.

Le livre de Daniel parle d'histoire et d'espérance. Nous devons vivre pleinement notre vie actuelle, et les six premiers chapitres offrent des aperçus de l'expérience de Daniel. La vie se déroule au milieu de la guerre et du chaos international, et Daniel 7–12 montre le contrôle de Dieu et ses plans dans l'histoire. La vie individuelle mène à la mort, et l'auteur discute de la résurrection et du jugement.

Contenu : Histoires sur Daniel (1–6)

Daniel et ses compagnons (1.1–21)

Daniel et ses compagnons (Hanania, Mischaël et Azaria) ont été exilés à Babylone environ dix-neuf ans avant l'exil principal, après la destruction de Jérusalem. Le roi sélectionnera ces quatre jeunes hommes en bonne santé parmi de nombreux exilés juifs. Le roi Nebucadnetsar leur assignera un programme de formation spécial de trois ans pour devenir adjoints à la cour.

Au moment où les quatre jeunes Juifs rejoignent la haute société de Babylone, ils font face à un problème alimentaire. Le roi leur offrira les meilleurs mets et vins des cuisines royales. Cependant, les lois alimentaires juives, telles que décrites dans Deutéronome 14, restreignait leur régime. Les quatre demanderont un régime de légumes et d'eau. Ils feront cela non par caprice ou ingratitude, mais pour rester fidèles à leur Dieu. L'histoire explique comment ils ont résolu le problème alimentaire et suit leur éducation ainsi que la nomination de Daniel en tant que conseiller royal.

Le premier épisode se concentre sur une question clé pour tous les exilés juifs : comment vivre dans un pays étranger avec une nourriture et des coutumes différentes, tout en restant fidèle à Dieu et à ses lois ? Daniel sert de modèle. Il aura le courage de ne pas faire de compromis et la sagesse de trouver une solution acceptable pour tous. Dieu récompensera sa fidélité. À la fin de l'épisode, les gens voient en Daniel quelqu'un doté d'une sagesse et de dons particuliers de Dieu. Il utilisera ces dons tout au long de sa vie.

Le Rêve de Nebucadnetsar (2.1–49)

Le roi fera un rêve qui le troublera, mais il ne parviendra pas à s'en souvenir. Lorsque ses interprètes échouent à l'aider, il ordonnera leur exécution. Cet ordre incluait Daniel et ses amis, qui étaient également interprètes. Daniel demandera plus de temps et proposera d'interpréter le rêve. Après avoir prié, Daniel reçoit le rêve et sa signification de Dieu et les partage avec le roi. Reconnaissant, Nebucadnetsar promeut alors Daniel et ses amis à des postes importants à Babylone.

L'auteur documente à la fois le rêve du roi et l'interprétation de Daniel. Le défi pour les lecteurs modernes est de comprendre cette interprétation. Dans le rêve, le roi a vu une statue avec une tête en or, une poitrine et des bras en argent, un ventre et des cuisses en laiton, des jambes en fer et des pieds faits en partie de fer et en partie d'argile. L'interprétation identifiait Nebucadnetsar comme la tête en or. Son royaume serait suivi par trois autres royaumes, chacun symbolisé par différentes parties et matériaux de la statue. Les interprétations modernes varient à partir de ce point.

Un point de vue commun des quatre royaumes est :

  • L'empire chaldéen (or)

  • L'empire médo-perse (argent)

  • L'empire grec (laiton)

  • L'empire romain (fer et argile)

D'autres suggèrent :

  • L'empire chaldéen (or)

  • La Médie (argent)

  • La Perse (laiton)

  • La Grèce (fer et argile)

Une focalisation excessive sur l'identification de ces royaumes peut détourner de l'idée principale du chapitre. Parmi ces royaumes humains, « Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, et qui ne passera point sous la domination d’un autre peuple; il brisera et anéantira tous ces royaumes-là, et lui-même subsistera éternellement » (Dn 2.44). Le rêve du roi babylonien prédisait l'arrivée d'un royaume plus grand, celui de Jésus-Christ.

La Fournaise Ardente (3.1–30)

L'histoire continue avec les trois amis de Daniel, utilisant leurs noms babyloniens : Schadrac, Méschac et Abed-Nego. Le roi Nebucadnetsar construira une immense statue en or, de 27 m de haut. Lors de sa cérémonie de dédicace, tout le monde devait se prosterner et adorer lorsque l'orchestre jouait. Les trois jeunes Hébreux refuseront d'adorer et seront convoqués devant le roi. Leur refus ferme conduira à une condamnation à mort, et ils seront jetés dans une fournaise ardente. Remarquablement, ils ne bruleront pas, et un quatrième être apparaîtra avec eux dans la fournaise. Alors qu'ils sortaient indemnes, le roi reconnaîtra le pouvoir de Dieu de sauver et il les récompensera.

L'histoire montre un autre problème auquel les Juifs en exil étaient confrontés. Rester fidèle au premier commandement de Dieu, « Tu n’auras point d’autres dieux devant ma face » (Dt 5.7), pouvait signifier risquer la mort. Les trois jeunes hommes resteront fidèles, non pas parce qu'ils étaient sûrs que Dieu les sauverait, mais indépendamment du fait qu'il choisisse de les sauver ou non (Dn 3.17–18). Dieu les sauvera ; ils seront jetés dans la fournaise ligotés, mais ils en sortiront en hommes libres. Le message était clair : les Juifs devraient croire en un Dieu qui peut les sauver de la persécution, mais ils devraient rester fidèles même s'ils ne voient pas de solution à leurs problèmes.

Le Deuxième rêve et la folie de Nebucadnetsar (4.1–37)

Nebucadnetsar reconnaîtra sa foi au Dieu vivant à deux reprises :

  1. Quand Daniel explique son rêve au sujet de la statue (Dn 2.47).

  2. Quand les trois amis de Daniel seront libérés de la fournaise (Dn 3.28).

Cependant, la foi du roi était faible. Daniel 4 raconte une défaillance de foi qui conduira à des conséquences graves. Après huit ans, lorsque ces conséquences prennent fin, le roi reconnaîtra Dieu de nouveau (Dn 4.37).

Cette histoire est une proclamation prononcée par Nebucadnetsar, partagée avec une large audience après les événements. Le roi rêvera d'un arbre haut qui poussait dans un champ. Un messager divin ordonnera que l'arbre soit abattu, ne laissant qu'une souche et des racines. La souche et les racines se transformeront ensuite en un homme, mais son esprit deviendra semblable à celui d'un animal. Pendant sept ans, cette créature semi-humaine se comportera comme une bête.

Daniel expliquera au roi que le rêve le concernait personnellement. le grand arbre qui serait abattu était Nebucadnetsar lui-même. Il se comporterait comme une bête dans le champ pendant sept ans. Un an après avoir entendu cette interprétation, le jugement aura lieu. Pendant sept ans, il se comportera comme un animal jusqu'à ce que sa raison lui revienne.

La morale de l'histoire du roi est que sa folie n'était pas un accident mais un jugement divin. Sa croyance arrogante qui indiquait qu'il possédait le pouvoir de Dieu conduira à une punition sévère (Dn 4.30). Le roi a probablement souffert d'une maladie mentale rare appelée aujourd'hui « boanthropie ». Le sens plus profond de l'histoire est que le fait de se prendre pour Dieu, avec un pouvoir et un contrôle total sur sa vie, est de la folie. Cette folie ne peut être guérie qu'en réalisant que seul Dieu a le pouvoir et l'autorité absolus.

Le Festin de Belschatsar (5.1–31)

La scène se déplace vers le règne d'un roi ultérieur à Babylone, Belschatsar. Il était le fils de Nabonide et a probablement co-régné avec lui de 555 à 539 av. J.‑C. Il avait une autorité spéciale à Babylone. Son histoire est similaire à Daniel 4. Lors d'un grand festin, Belschatsar utilisera des vases sacrés pris du temple de Jérusalem. Les Babyloniens utiliseront ces vases pour porter un toast à leurs dieux, un acte irrespectueux qui invitera le jugement divin. Ce jugement apparaîtra sous forme de mots écrits sur le mur par une main, que Daniel interprétera comme un avertissement (Dn 5.26–28).

Bien que Belschatsar ait loué Daniel pour son interprétation, il ne comprendra toutefois pas le véritable sens et la leçon enseignée à Nebucadnetsar, son prédécesseur (Dn 5.18–22). Belschatsar sera tué cette nuit-là, alors que Darius le Mède envahit a capture la ville. Le thème continue sans relâche : l'orgueil et l'arrogance humains ne passent pas inaperçus aux yeux du Dieu de l'histoire, qui guide les événements humains pour accomplir son dessein.

La Fosse aux lions (6.1–28)

Le thème de Daniel 6 est similaire à Daniel 3, mais c'est Daniel qui en est le personnage principal. Il refuse de faire des compromis et obéit à Darius tant que cela est conforme à la loi de Dieu. Daniel enfreint sciemment un décret royal interdisant la prière à quiconque, sauf au roi. Malgré les risques, Daniel reste fidèle à Dieu. Lorsque ses ennemis le dénoncent, il fait face à l'exécution et est jeté aux lions. Cependant, il survit, et le roi, soulagé d'une situation difficile, punit les comploteurs.

L'histoire transmet deux messages. Premièrement, le serviteur de Dieu doit rester fidèle dans la prière et la louange, peu importe les conséquences. Dieu a sauvé Daniel du désastre. Deuxièmement, la fidélité de Daniel enseignera au roi, qui voulait que ses sujets l'adorent, la véritable louange (Dn 6.25–27). La fidélité, comme les ondulations qui émanent d'une pierre jetée dans l'eau, impacte plus que la seule personne fidèle.

Contenu : Les visions de Daniel (7–12)

Au début de Daniel 7, la chronologie dans le livre de Daniel change. La première vision de Daniel remonte à la première année de Belschatsar (Dn 7.1), mais des visions ultérieures se produisent pendant le règne de Cyrus, le roi perse (Dn 10.1). Daniel 7–12 se concentre sur le sens de l'histoire et le contrôle de Dieu sur celle-ci, montré à travers les symboles mystérieux dans les rêves. Cette section se divise en :

  1. La vision des quatre bêtes (Dn 7.1–28)

  2. La vision du bélier et du bouc (Dn 8.1–27)

  3. La prière de Daniel (Dn 9.1–27)

  4. La vision des temps de la fin (Dn 10.1–12.13)

La première vision revisite le thème des quatre royaumes, comme vu dans le rêve de Nebucadnetsar (Dn 2). La deuxième vision se concentre sur deux royaumes, la Perse et la Grèce. Une grande partie de la vision finale sur la fin des temps couvre les événements durant le règne d'Antiochos Épiphane au 2e siècle av. J.‑C. Toutes les visions partagent le même thème. Bien que les royaumes humains puissent montrer leur pouvoir dans un monde chaotique, le Dieu souverain œuvre à travers le chaos apparent de l'histoire vers un objectif final de salut.

L'interprétation principale des visions peut se rapporter à des événements historiques passés. Cependant, un aspect messianique supplémentaire apparaît dans le Nouveau Testament. Cet aspect ressort avec le plus d'évidence dans Daniel 7. Dans le contexte des quatre royaumes, un tribunal divin de jugement est établi, dirigé par « l'ancien des Jours », le Dieu tout-puissant (Dn 7.9). Ensuite, Daniel voit l'arrivée de « quelqu’un de semblable à un fils de l’homme » (Dn 7.13). Bien que l'expression « fils de l'homme » ait été plus tard considérée comme un titre messianique, elle n'avait techniquement pas ce sens dans le livre de Daniel. Daniel 7.13 est une source principale pour le titre « fils de l'homme », que Jésus utilisait souvent pour se référer à lui-même. Son utilisation la plus significative de ce terme sera lors de son procès, où il associera directement son titre avec Daniel 7 (Mt 26.63–64).

Voir aussi Daniel (Personne) n° 3 ; Diaspora des Juifs ; Israël, Histoire d' ; Prophétie ; Prophète, Prophétesse.

Tiré du Dictionnaire biblique Tyndale, adapté par Mission Mutual. CC BY-SA 4.0.

Références Bibliques (34)