Juif

Terme qui désigne un Judéen ou quelqu'un qui appartient à Juda.

Ancien Testament

La première utilisation du nom « Juif » dans l'Ancien Testament (AT) provient de 2 Rois 16.6, où il désigne des citoyens de Juda. Le terme devient populaire à l'époque de Jérémie avant l'exil à Babylone à la fin du 6 siècle av. J.‑C. (Jr 32.12). L'utilisation de ce terme révèle un sentiment croissant d'identité nationale devant les nations étrangères. Jérémie 34.9 utilise le mot « Juif » en parallèle au mot « Hébreu » pour plaider en faveur de ceux du peuple qui n'ont pas été libérés de l'esclavage par leurs concitoyens. Dans Jérémie 52.28, le terme « Juif» est utilisé pour indiquer le nombre de citoyens déportés.

Pendant l'exil à Babylone, le terme acquiert une signification religieuse. Les Juifs se distinguent des peuples environnants parce qu'ils croient dans l'unique et vrai Dieu. De leur point de vue, il y a désormais deux types de personnes : les Juifs d'une part, et les Gentils ou païens d'autre part (les termes « Gentils » et « païens » désignent les non-Juifs). Dans Daniel 3.812, certains Juifs sont accusés de ne pas se plier aux pratiques religieuses babyloniennes. Le livre d'Esther est centré sur la question de l'identité juive et de sa survie en tant que peuple exilé dans l'Empire perse. Esther 8.17 mentionne des Gentils se convertissant à la foi des Juifs (« beaucoup de gens d’entre les peuples du pays se firent Juifs »).

Après l'exil, la signification religieuse de « Juif » demeure. Elle est évidente dans Zacharie 8.23, qui prophétise que les Gentils chercheront les Juifs à cause de la présence de Dieu avec eux. Dans Esdras 4.12, le terme « Juifs » est utilisé pour désigner les exilés de retour à Jérusalem et en Judée. Néhémie l'utilise également de cette manière (Né 1.2 ; 4.2). Au retour de l'exil, Néhémie condamne fortement des Juifs coupables de mariage aux autres peuples. Les enfants de certains d'entre eux ne savent même pas « parler le juif » (Né 13.24). En agissant ainsi, ils exposent Israël tout à nouveau à une influence religieuse idolâtre (Né 13.23–27).

Nouveau Testament

Le terme « Juif » a une signification similaire dans le Nouveau Testament (NT). Les écrits du NT expliquent certaines coutumes juives pour les lecteurs et auditeurs gentils (Mc 7.3 ; Jn 5.1 ; 19.40). Les Juifs se distinguent des Gentils (Ac 11.19), des Samaritains (Jn 4.9, 22) et des prosélytes (Ac 2.10). Un prosélyte était un non-Juif converti au judaïsme. Les chrétiens d'origine juive sont parfois appelés des « Juifs » dans le NT (Ga 2.13), mais Paul ne laisse aucune confusion possible entre chrétien et juif de religion.

Dans Romains 2.1729, Paul définit ce qu'est vraiment un « Juif ». Il explique qu'un véritable Juif est circoncis de cœur et pas juste de corps. Il ne suffit pas de suivre les coutumes religieuses juives pour être un vrai Juif. Paul parle probablement à partir de sa propre expérience dans le judaïsme avant de devenir chrétien. Il a compris que ses pratiques religieuses, dont il a été si fier, ne sont pas la vraie justice devant Dieu et l'ont même mené à faire du mal au véritable peuple de Dieu (Ph 3.36). Ce qu'il dit à propos de la « louange » dans Romains 2.29 est la partie la plus importante dans ce passage. C'est un jeu de mots frappant car en hébreu, Juda signifie « louange » (Gn 29.35).

Paul considère la foi chrétienne comme la véritable héritière de la foi de l'AT. Apocalypse 2.9 et 3.9 montrent bien qu'être Juif n'est pas juste un droit de naissance associé à la pratique du judaïsme. (La pratique du judaïsme inclut l'appartenance à une synagogue, c'est-à-dire un lieu de culte juif). Ces passages sont liés à la déclaration dans le NT que Jésus est le Messie choisi par Dieu (Rm 9.35; 10.14). En effet, dans le NT, les Juifs s'opposent souvent au message chrétien. L'Évangile les scandalise car ils ne veulent pas d'un Messie crucifié (1Co 1.23).

Paul lui-même est un Juif dont les origines et la formation sont impressionnantes (Ac 26.47). Mais comme il est chrétien et prêche le Christ, il est persécuté par les Juifs non-chrétiens (Ac 21.11; 23.12, 27). Apocalypse 2.9 et 3.9 qualifient de satanique une telle opposition à Christ et à son peuple de la part de Juifs. En effet, ceux qui font cela servent les intérêts de Satan, l'adversaire de Dieu.

L'Évangile de Jean utilise beaucoup le terme « Juif ». Il y apparaît environ 70 fois, alors qu'il n'est utilisé que 5 ou 6 fois dans les autres Évangiles. Jean utilise parfois ce terme dans le sens simple de « Judéen ». Le plus souvent, cependant, Jean l'utilise pour désigner les autorités religieuses, surtout celles de Jérusalem, qui s'opposent à Jésus (Jn 5.18 ; 9.18 ; 11.8 ; 18.36).

Dans Jean 9.22, les parents de l'aveugle, qui sont Juifs de naissance, craignent « les Juifs » qui les interrogent. Dans Jean 18.14, le mot « Juifs » désigne les chefs des sacrificateurs et des pharisiens. Il faut néanmoins souligner que Jean est lui-même Juif de naissance et n'incite pas à la haine envers les Juifs. Il condamne ceux qui s'opposent à Jésus, et non pas l'ensemble de l'ethnie ou du peuple. Il parle ainsi aussi de Juifs qui croient en Jésus (Jn 8.31 ; 11.45 ; 12.11), et Nathanaël est présenté comme un modèle de Juif chrétien, un véritable « Israélite dans lequel il n’y a point de fraude » (Jn 1.47).

Voir aussi Diaspora des Juifs ; Israël (histoire) ; judaïsme ; judaïsants ; pharisiens ; période postexilique.

Tiré du Dictionnaire biblique Tyndale, adapté par Mission Mutual. CC BY-SA 4.0.

Références Bibliques (47)

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