Les impôts et les tributs étaient de l'argent ou des biens que les autorités de certaines nations faisaient payer au peuple qui vivait en leur sein, ou à d'autres nations. Les tributs étaient habituellement payés en or, en argent, en bétail, en produits agricoles ou en travail forcé. Les rois et les sacrificateurs d'Israël prélevaient aussi des impôts pour l'entretien du Temple.
Le terme « tribut » est mentionné pour la première fois dans la Bible dans Genèse 49.15. Dans ce passage, il pourrait s'agir de travail forcé. Dans Nombres 31.28, un prélèvement est fait sur le butin de guerre pour payer un tribut à l'Éternel (tribut qui est présenté aux sacrificateurs). Dans l'Ancien Testament (AT), les Hébreux payaient un tribut pour le Temple comme offrande volontaire au Seigneur (Dt 16.10). Pendant la période du Nouveau Testament (NT), cette taxe était devenue obligatoire (Mt 17.24).
Impôts, tributs et des taxes dans l'Antiquité
Déjà en 2500 av. J.‑C., la cité-État de Lagash en Mésopotamie percevait des impôts qui touchaient beaucoup de domaines de la vie quotidienne : le revenu, le mariage, le divorce et la mort. Les Sumériens croyaient que le pays appartenait à leur dieu et à leur roi. Ils devaient donc payer un loyer ou une taxe.
En Égypte, Joseph impose une taxe de 20 % sur la récolte de grain pendant les sept années d'abondance qui précèdent la famine annoncée par le rêve de pharaon. Ce prélèvement permet de préparer des provisions pour faire face aux sept années de famine à suivre (Gn 41.25–42.5). Plus tard, les Égyptiens vendent leurs terres au pharaon et la taxe de 20% de la récolte devient permanente (Gn 47.13–26). Le peuple cultivait les terres et payait ce prélèvement comme prix de location au pharaon, propriétaire des terres.
Impôts et tributs en Israël avant l'exil
Les rois guerriers comme David alimentaient le revenu du trésor national sans taxer leur propre peuple. Le butin et les tributs prélevés sur les peuples conquis (p. ex. les Cananéens) étaient une source de revenu principale (2S 8.6–14 ; 1Ch 27.25–31). Une des listes détaillant un tel tribut inclut quantité d'argent, d'or et de bronze, ainsi que 1 700 cavaliers et 20 000 fantassins. Les populations étrangères qui n'auraient pas dû rester en Israël après la conquête, mais qui l'ont fait, ont été utilisées comme force ouvrière au service de la nation (2S 20.24 ; 1R 9.20–21).
Le peuple d'Israël a probablement été taxé pour la première fois sous le règne de Salomon. Des revenus étaient produits par les tributs de nations que son père David avait conquises, mais Salomon n'était pas un roi guerrier et n'a donc pas eu d'entrées de butin comme son père. Pour financer les besoins de la cour royale et ses grands projets de construction, Salomon a divisé Israël en 12 zones. Un intendant était responsable de chaque région et faisait envoyer le nécessaire à l'entretien de la maison du roi pendant un mois de l'année (1R 4.7).
Salomon obtenait également des revenus en taxant les caravanes de commerçants qui traversaient son royaume. De plus, tant les étrangers que les Israélites étaient contraints de travailler sur des projets majeurs, en particulier celui de la construction du Temple (1R 5.13 ; 9.20–21 ; 2Ch 8.7–8). Toutefois, les ouvriers Israélites n'étaient envoyés travailler sur de tels projets que pendant des temps limités. Ils pouvaient alterner des périodes de travail pour le roi avec des périodes où ils pouvaient retourner chez eux. Des archéologues on découvert des poignées de jarres portant des tampons en hébreux qui disent « au roi ». Elles proviennent probablement de grandes jarres utilisées pour recueillir des biens faisant partie de prélèvements royaux (2Ch 2.10).
Josaphat a lui aussi reçu des tributs d'Israël. Toutefois, ceux-ci étaient peut-être des contributions faites volontairement et non imposées (2Ch 17.5). Il a continué la pratique de faire payer un tribut aux peuples voisins assujettis. Celui-ci comprenait de l'argent et de l'or de la part des Philistins, ainsi que 7 700 béliers et 7 700 boucs de la part des Arabes (2Ch 17.11–12).
Taxes et tributs aux puissances étrangères
Cependant, la situation s'est inversée lorsque des empires voisins ont étendu leur influence sur Israël. Juda a été forcé de payer comme tribut une somme importante à Sanchérib, le roi d'Assyrie. Celui-ci a exigé 300 talents d'argent et 30 talents d'or, obligeant le roi Ézéchias a lui envoyer même l'or qui couvrait les portes du Temple (2R 18.14–16). Plus tard, pharaon Néco a exigé de Juda une contribution de 100 talents d'argent et d'un talent d'or (2R 23.33). Peu de temps après, Nebucadnetsar, le roi babylonien, a pris tous les trésors du Temple et du palais comme butin et emmené 10 000 captifs, des artisans et des forgerons, ne laissant que peu de gens, à part les pauvres, à Jérusalem (2R 24.13–16).
Les Perses ont mis en place un système de prélèvement régulier d'impôts et de taxes. Les satrapes (des gouverneurs provinciaux) étaient responsables des prélèvements et devaient verser des sommes fixes au trésor royal (Est 10.1). Durant le règne d'Artaxerxès I, les Israélites de retour d'exil (sacrificateurs, Lévites et ceux qui travaillaient à reconstruire le temple de Jérusalem) ont été exemptés de tribut, d'impôt et de droit de passage (Esd 7.24). Par ailleurs, les gouverneurs percevaient un tribut supplémentaire pour leur entretien. Néhémie 5.14–15 mentionne que cela incluait du pain, du vin et 40 sicles d'argent. Le gouverneur juif Néhémie n'a pas prélevé ce tribut, car il trouvait que cela accablait le peuple. La vie n'était pas facile pour les Israélites revenus d'exil. Un certain nombre d'entre eux devaient emprunter de l'argent pour payer « le tribut du roi » en mettant leurs champs, leurs vignes et leurs maisons en garantie (voir Né 5.4). Cela signifiait que s'ils étaient incapables de rembourser ces prêts, ils pouvaient perdre leurs biens. Le roi perse Darius a permis aux Juifs d'utiliser l'argent des impôts royaux pour financer la reconstruction du temple de Jérusalem (Esd 6.7–10).
Dans les siècles qui ont suivi, Israël a été dominé par d'autres puissances étrangères. Le système de paiement d'impôts et de taxes a changé sous les Séleucides, les Ptolémées, puis les Romains. Les postes de collecteurs d'impôts étaient vendus aux plus offrants. Ceux qui occupaient ce poste prélevaient les impôts pour le roi, mais se servait aussi dans ce qu'ils prenaient du peuple. Cela les motivait à faire payer le maximum possible aux gens du peuple. Les Juifs payaient aussi des dîmes pour l'entretien du Temple, ainsi que des prélèvements allant jusqu'à un tiers des récoltes de grain et la moitié des récoltes de fruits. Ils payaient également des taxes sur leurs achats et leurs ventes, ainsi que des taxes fixes par personne.
Jésus et la taxe du Temple
En plus des taxes et impôts des puissances étrangères, les hommes Juifs du monde entier qui étaient âgés de 20 ans et plus payaient un demi-sicle annuellement pour contribuer aux dépenses du temple de Jérusalem (Ex 30.11–16). Cette taxe a continué à être imposée même après la destruction du Temple en 70 apr. J.‑C. Les adversaires de Jésus lui ont demandé s'il ne payait pas cette taxe (Mt 17.24-25), et s'il était permis pour un Juif de payer le tribut à César (Mt 22.17 ; Mc 12.14–15 ; Lc 20.22). La réponse de Jésus à cette dernière question est célèbre : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22.21 ; Mc 12.17 ; Lc 20.25). Malgré cela, ses adversaires l'ont faussement accusé devant Pilate d'empêcher le paiement du tribut à César (Lc 23.2). Dans le NT, l'Église a affirmé que c'est le devoir civique de tout chrétien de payer l'impôt ou le tribut dû aux autorités (Rm 13.5–7).
Voir aussi argent ; changeur, créancier ; collecteur d’impôts.