Guerre

Les moyens par lesquels une nation tente de contrôler une autre en utilisant la force. L'importance de la guerre antique est démontrée par les efforts déployés pour améliorer les armes et les défenses.

Méthodes de guerre

Combat classique

Les unités de cavalerie (soldats à cheval) apparraissent à la fin du 2e millénaire av. J.‑C. et au début du premier. La charge de cavalerie agissait comme une force puissante pour les grandes armées. Leur mobilité leur permettait de concentrer la puissance de feu sur des points stratégiques. Les Assyriens combinaient leur infanterie, cavalerie et chars en une force de bataille solide. Les petites nations voisines devaient souvent se retirer derrière leurs murailless, incapables de combattre la grande armée assyrienne en rase campagne. L'âge du fer II est riche en monuments illustrés. Les reliefs de guerre assyriens montrent des images détaillées de leurs victoires et de la taille des villes défendues. Peu de scènes montrent des combats en rase campagne. Dans celles-ci, les chariots chargent de toutes les directions, attaquant l'ennemi tout au long de la bataille. D'autres groupes font le nettoyage, éliminant la résistance ennemie laissée après la charge des chars.

Le terrain a toujours été un facteur crucial. Dans les batailles typiques en terrain ouvert, les commandants plaçaient généralement leurs meilleures troupes sur le côté droit. Un commandant grec, Épaminondas, mort en 362 av. J.‑C., a surpris l'armée spartiate avec une nouvelle tactique. Il a utilisé une attaque en biais avec une aile gauche renforcée. Philippe de Macédoine et son fils Alexandre ont également surpris leurs ennemis. Ils ont utilisé différents plans d'attaque basés sur la formation en phalange.

Bataille en terrain ouvert : le duel

Au Proche-Orient Ancien, les duels offraient une alternative au combat régulier. Un duel était un combat entre deux champions représentant des forces opposées. Les deux armées convenaient à l'avance d'accepter le résultat du duel. Cette méthode visait à éviter les lourdes pertes des batailles à grande échelle. Le récit le plus ancien et détaillé de ce style de guerre se trouve dans le Conte de Sinouhé. Sinouhé, chambellan à la cour royale de la 12e dynastie, choisira l'exil et voyagera vers le nord de la Palestine et la Syrie. Il y vivra parmi les tribus sémitiques et sera défié en duel par un champion local. Sinouhé le vaincra et prendra ses biens.

Les duels étaient courants dans d'autres armées plus tard, mais Israël n'en avait pas connu avant David et Goliath (1S 17). L'armée philistine avait atteint Juda jusqu'à Soco et était positionnée sur une colline. En face d'eux, sur une autre colline, se trouvait l'armée de Saül. La vallée des térébinthes se trouvait entre les deux camps. Chaque jour, le champion philistin, Goliath, défiait les Israélites, suggérant que la bataille soit décidée par le combat de deux guerriers. David relèvera le défi et, après avoir tué Goliath, les Philistins s'enfuiront, refusant d'honorer l'accord. L'armée israélite poursuivra alors les Philistins, causant de nombreuses pertes.

Assauts sur les villes fortifiées

La plupart des villes du Proche-Orient Ancien étaient construites dans des lieux faciles à défendre et offrant des avantages économiques. Une ville fortifiée était protégée par de solides murailles. Attaquer une ville fortifiée posait différents défis tant pour l'attaquant que pour le défenseur. Chaque camp réagissait aux mouvements de l'autre. Les systèmes de défense visaient à bloquer les méthodes d'attaque, qui étaient conçues pour percer les systèmes de défense.

Il y avait cinq façons de conquérir une ville fortifiée :

  1. Passer par-dessus les murs

  2. Briser les murs

  3. Creuser sous les murs

  4. Assiéger

  5. Utiliser des ruses

Il était souvent nécessaire de combiner deux méthodes ou plus pour percer les défenses.

L'histoire biblique de la conquête de Sichem par Abimélec (Jg 9) décrit une attaque sur une ville fortifiée à l'époque des juges (Âge du Fer I). Lorsque les habitants de Sichem et leurs alliés se sont rebellés contre Abimélec, il répondra en attaquant la ville. Il déplacera son armée de soldats mercenaires de nuit et lancera une attaque surprise à l'aube (Jg 9.32–35). Les hommes de Sichem combattront à l'extérieur des portes de la ville mais devront se replier derrière les murs de la ville. Le lendemain, Abimélec attaquera la ville elle-même. Il divisera ses forces en trois groupes et mènera un groupe pour attaquer les portes de la ville à un moment critique (Jg 9.43–44). Ils franchiront la porte et prendront le contrôle des murs principaux, mais les défenseurs restants de la ville s'échapperont vers une forteresse intérieure, le temple de Baal-Berith.

De nombreux bas-reliefs montrent des groupes de soldats défendant une citadelle (la partie la plus solide des défenses d'une ville) après que des ennemis ont franchi un mur de la ville. Les fouilles archéologiques à Sichem confirment que son temple, comme ceux d'autres villes cananéennes, a été construit comme une tour fortifiée avec de solides bastions près de l'entrée. La tour de Sichem était bien fortifiée et couvrait une petite zone, permettant à ses défenseurs de concentrer leurs attaques sur les troupes d'Abimélec. Ne pouvant la capturer par la force, Abimélec ordonnera à ses soldats de couper du bois avec leurs haches de guerre. Ils empileront le bois contre la forteresse et y mettront le feu (Jg 9.48–49). Tous les défenseurs à l'intérieur de la tour périront.

Attaquer une citadelle intérieure était toujours risqué pour une armée, comme on l'a vu après la capture de la tour de Sichem. Abimélec ciblera ensuite la ville de Thébets, utilisant le même plan réussi qu'à Sichem. Cependant, alors qu'il se préparait à brûler la porte de la tour où les défenseurs s'étaient réfugiés, une femme laissera tomber sur lui une meule, lui écrasant le crâne (Jg 9.50–53). Cet événement est devenu un dicton sur le danger de s'approcher trop près des murs des tours fortifiées (2S 11.19–21).

Communications et renseignements

Au cours de la période des patriarches (période du Bronze moyen), nous disposons d'archives détaillées sur les systèmes de communication en temps de guerre. Les documents de Mari sur l'Euphrate révèlent un système bien développé utilisant des signaux. La nuit, on utilisait des torches ou des brandons pour envoyer des signaux basés sur un code préétabli. Ce système était courant en Mésopotamie et dans d'autres régions pour demander rapidement de l'aide lorsqu'une ville était attaquée.

À la fin de l'âge du bronze, les cavaliers étaient parfois utilisés pour des tâches de communication et pour recueillir des renseignements (informations sur l'ennemi). Les services de renseignement aidaient à planifier et à mener des opérations militaires. La Bible souligne l'importance du renseignement et l'utilisation d'espions ou d'éclaireurs lors de la conquête de Canaan. Avant d'entrer dans le pays, Moïse enverra des hommes en mission d'espionnage. Il leur demandera de recueillir des informations sur la géographie du pays, la force de son peuple, si le pays était fertile, l'état des villes, et si elles étaient fortifiées. Il leur demandera également de rapporter si le pays pouvait soutenir une grande population (Nb 13.17–20).

L'intelligence tactique était cruciale. Josué enverra des espions à Jéricho et Aï avant de commencer des actions militaires contre eux (Jos 2.1 ; 7.2). Les rapports qu'il recevra sur la force et l'esprit des Cananéens l'aideront à planifier son attaque. À l'époque des juges, la conquête de Béthel (Jg 1.22–26) était directement due à des renseignements d'une patrouille de reconnaissance. Les tribus de Joseph enverront des éclaireurs pour surveiller la ville. Elle était fortement fortifiée et semblait impossible à capturer. Les éclaireurs attraperont un homme qui quittait la ville, non pas par la porte principale, qui était fermée hermétiquement, mais par une porte cachée ou un tunnel. Pour sauver sa vie et celle de sa famille, il révèlera l'emplacement du tunnel sous les murs. La ville sera pénétrée par le tunnel et capturée.

Attaque et pénétration : la brèche

Pour pénétrer directement les défenses d'une ville ancienne, les attaquants brisaient la porte ou les murs principaux à l'aide de marteaux, de haches, de piques, de lances, d'épées ou d'un bélier. Les monuments illustrés et les archives écrites montrent que pendant la première période du Bronze moyen, les attaquants utilisaient des béliers contre les villes fortifiées. La plus ancienne image connue d'un bélier se trouve dans une scène de siège des peintures murales de Beni Hasan, datant du 20e siècle av. J.‑C. Ce bélier est un dispositif simple, ressemblant à une petite cabane avec un toit légèrement pointu. Il pouvait être déplacé près d'une forteresse à l'aide de deux barres transversales parallèles. La structure abritait deux ou trois soldats qui manipulaient manuellement un très long poteau avec une pointe, probablement en métal.

Les documents de Mari fournissent des informations datant de deux cents ans plus tard. Ils décrivent l'efficacité des béliers principalement faits de bois. Bien qu'ils soient très lourds, on pouvait déplacer l'arme de siège sur de longues distances. Un document mentionne l'utilisation d'un chariot tiré par des animaux de trait et d'un bateau pour transporter un bélier jusqu'à une ville assiégée.

Déplacer un bélier en position exposait toujours l'unité de démolition à un tir nourri de la part des défenseurs situés en hauteur. Son poids le rendait difficile à déplacer. Le sol près des murs était souvent accidenté, rocheux et escarpé. Lorsque la cible était une section du mur, la force d'assaut devait construire une rampe de terre. Ils la renforçaient parfois avec des planches de bois ou des pierres. La rampe offrait un chemin pour déplacer le bélier de la base de la pente jusqu'au mur extérieur. Une fois positionnés, ils devaient freiner le bélier pour l'empêcher de rouler en arrière. Construire une telle rampe sera nécessaire dans la campagne de Joab contre la ville fortifiée d'Abel en Beth-Maaca (2S 20.15). Le récit biblique montre qu'Israël utilisait un type de bélier sous le règne du roi David pendant la monarchie naissante.

Les premiers bas-reliefs assyriens montrent qu'il était très important de protéger les unités d'attaque. Ils utilisaient de hautes tours d'assaut mobiles en bois accompagnées d'un bélier. Ces tours, positionnées près d'une opération de brèche et occupées par des archers, offraient un tir de couverture contre les défenseurs sur le mur. Les tours de siège réduisaient l'avantage de la puissance de feu des défenseurs et les distrayaient de l'équipage qui perçait les murs.

Les détails des reliefs assyriens nous aident à imaginer clairement ce qui est arrivé à Jérusalem, comme raconté au prophète Ézéchiel (Ez 4.1–3 ; 21.22). La porte était la cible principale, comme elle était la partie la plus faible du mur. Le chemin vers la porte rendait inutile la construction d'une rampe spéciale. Lors de la destruction d'une porte, des épées étaient parfois utilisées pour forcer les portes et casser les charnières. Les portes en bois sans protection métallique étaient souvent incendiées.

Le bélier était encore utilisé pour briser les murs pendant la période hellénistique-romaine. En 63 av. J.‑C., le commandant romain Pompée utilisera des béliers de Tyr contre les défenseurs de Jérusalem. Avec ceux-ci, il percera le mur fortifié autour du temple. La machine de siège sur la colonne de Trajan avait une poutre avec une tête en fer en forme de bélier. Elle se déplaçait vers un mur dans un cadre protégé par un toit en bois recouvert d'argile ou de peaux. Une version conçue pour percer les murs sera utilisée par Titus lors du siège de Jérusalem en 70 apr. J.‑C.

Le bélier n'était pas le seul outil utilisé pour percer un mur. Les troupes formées comme sapeurs (soldats qui abattent les murs) démolissaient une section du mur en utilisant des leviers à tête pointue tels que des piques, des épées ou des lances, et parfois des marteaux (voir Ez 26.8–9). Dans l'armée d'Ashurnasirpal, ces hommes portaient de longues cottes de mailles pour la protection du corps. Sous les rois assyriens ultérieurs, ils utiliseront à la fois des boucliers ronds et rectangulaires, qu'ils portaient sur leur dos pendant la démolition. Plus tard, Assurbanipal comptait uniquement sur ces sapeurs pour pénétrer directement dans une ville fortifiée. Il concevra un immense bouclier pour leur protection. La tête courbée du bouclier pouvait être appuyée contre le mur, protégeant le sapeur des projectiles pendant qu'il travaillait en dessous.

Gravir les murs

Une scène de bataille sur calcaire dans la tombe d'Anta à Dashashe en Haute-Égypte (24e siècle av. J.‑C.) montre les premières activités de siège connues. Elle dépeint des Égyptiens utilisant une échelle d'assaut contre les murs d'une ville fortifiée. À l'époque de Sargon, les murs sont devenus beaucoup plus épais, permettant des murs plus hauts et plus résistants. Ces murs solides réduiront également l'efficacité des béliers. Sargon, et surtout son successeur Assurbanipal, s'adapteront en construisant des échelles d'assaut plus longues. Certaines échelles atteindront de 7,5 à 9 m selon le nombre d'échelons.

Briser les murs

Une opération pour creuser des tunnels pouvait commencer au-delà de la portée de toutes les armes dont disposaient les défenseurs. Une fois sous terre, l'unité était à l'abri des tirs ennemis. Le creusement de tunnels pouvait se faire la nuit pour maximiser l'effet de surprise. Cependant, c'était un processus long qui nécessitait de nombreuses compétences techniques. Si les défenseurs découvraient l'opération avant qu'elle ne soit terminée, ils pouvaient détruire l'unité à son émergence. Creuser sous les murs de la ville était courant dans la guerre de l'âge du fer II. Les bas-reliefs, les documents écrits et les fouilles archéologiques le confirment, car ils ont trouvé des vestiges de tunnels d'attaque de cette époque.

Siège

Lorsqu'une ville fortifiée se trouvait sur une haute colline, un siège prolongé était une autre manière de la conquérir. En entourant la ville et en empêchant l'aide ou les provisions d'atteindre les défenseurs, l'armée qui attaquait pouvait affamer les habitants à l'intérieur. Cette méthode réduisait le risque pour les attaquants. Le succès dépendra de leur capacité à bloquer l'aide extérieure et à empêcher les défenseurs de s'échapper. Les armées optaient généralement pour un siège lorsque les défenses d'une ville étaient trop solides pour une attaque directe. Les Assyriens assiégeront Samarie pendant trois ans (2R 18.9–10).

Les conditions uniques créées par le siège conduiront à la création de la catapulte. Ce sera une innovation majeure de l'artillerie grecque et une amélioration de l'arc et de la fronde. Initialement, il s'agissait d'un arc renforcé sur un support utilisé pour tirer des flèches. Elle sera introduite vers 400 av. J.‑C. par Démétrius 1er, qui a peut-être emprunté l'idée aux Phéniciens de Carthage.

Au fil du temps, l'instrument se perfectionnera. La catapulte à torsion, une arme puissante, utilisait des brins de matériau élastique étroitement torsadés, souvent fabriqués à partir de cheveux de femmes. Un treuil tendait ces brins, qui se relâchaient soudainement. La catapulte pouvait lancer des flèches, de grosses pierres ou des paniers de feu jusqu'à près de 200 m. Elle pouvait dégager les défenseurs d'un mur tandis qu'un bélier perçait ou qu'un groupe d'abordage attaquait depuis une tour mobile.

Dans une ville assiégée, les principaux problèmes étaient les approvisionnements en nourriture et en eau. La Bible souligne l'horreur de la famine lors du siège de Samarie par le Syrien Ben-Hadad à l'époque du prophète Élisée. Les femmes étaient forcées de manger leurs enfants (2R 6.26–29). Une armée assiégeante tenterait d'aggraver ces conditions. Dans l'un des bas-reliefs représentant un des sièges d'Ashurnasirpal II, un défenseur abaisse un seau depuis le mur pour obtenir de l'eau d'un ruisseau en contrebas, tandis qu'un soldat assyrien coupe la corde avec son poignard.

Ruses et Stratagèmes

Différents stratagèmes pouvaient attirer les défenseurs hors d'une ville ou y faire entrer des troupes discrètement. Si un petit groupe entrait dans une ville grâce à un plan astucieux, il pouvait maîtriser les gardes et ouvrir les portes à une armée d'assaillants. Les murs d'une ville devenaient inutiles une fois l'ennemi à l'intérieur. De plus, percer les défenses à un endroit précis pouvait souvent faire s'effondrer le système tout entier. L'histoire du cheval de Troie est l'exemple le plus célèbre d'un stratagème permettant de contourner les défenses d'une ville ancienne bien protégée.

Dans l'histoire biblique du siège de Samarie par Ben-Hadad, le siège syrien se terminera soudainement. Joram, le roi d'Israël, pensait qu'il s'agissait d'un piège. Il ne croyait pas le rapport de quatre lépreux selon lequel les Syriens étaient partis, laissant derrière eux de grandes réserves de nourriture (2R 7.12). Josué avait utilisé une tactique similaire à Aï (Jos 8.3–8).

À d'autres moments, de puissantes armées utiliseront la guerre psychologique pour affaiblir la résistance. Sanchérib, par exemple, essaiera de capturer Jérusalem pendant le règne d'Ézéchias (2R 18–19). La conversation entre le général assyrien et les délégués d'Ézéchias montre que l'Assyrien visait à saper la confiance des défenseurs.

Une embuscade est un stratagème visant à piéger et vaincre un ennemi lorsqu'il est le moins préparé. Son succès repose sur l'effet de surprise. Avec de bonnes informations, une connaissance du terrain et la pénombre de la nuit, un petit groupe peut lancer une embuscade efficace contre une force beaucoup plus importante.

Les embuscades étaient une tactique de combat courante lors de la conquête de Canaan. La chute d'Aï se produira grâce à une embuscade réussie (Jos 8.1–23). La nuit, Josué déplacera une grande force vers un endroit caché derrière la ville. Il conduira ensuite le reste de l'armée israélite dans une vallée au nord de la ville fortifiée, donnant l'impression qu'ils prévoyaient d'attaquer. Ce stratagème attirera la principale force d'Aï hors de la ville pour combattre Israël sur la plaine. Lorsque les Israélites se retireront, semblant vaincus, les défenseurs restants d'Aï poursuivront l'armée en fuite de Josué. La ville se retrouvant sans défense, la principale force israélite sortira de sa cachette, entrera dans la ville et l'incendiera. C'est trop tard que les hommes d'Aï verront la fumée et comprendront le piège. L'armée de Josué se retournera pour attaquer leurs poursuivants, les piégeant entre deux forces israélites. Attaquée à la fois de front et par derrière, l'armée d'Aï sera détruite par l'embuscade bien planifiée.

Fortifications et défense

Les premières fortifications connues au monde, datant d'environ 7 000 av. J.‑C., ont été découvertes en 1954 à Jéricho. Elles étaient impressionnantes tant par leur conception que par leur construction. La partie principale du système de défense était un mur, avec une section sur le bord ouest de l'ancienne ville encore debout à 6,5 m de haut. Des fouilles supplémentaires ont révélé un grand fossé taillé dans la roche solide à la base du mur, mesurant 8 m de large et 2,5 m de profondeur. Le « comment » de leur réalisation de cet ouvrage alors qu'ils n'étaient munis que d'outils en pierre reste un mystère. Une troisième partie de la défense de Jéricho était une tour circulaire massive en pierre, de 9 m de haut, sans doute attachée au côté intérieur du mur occidental. La fonction exacte de la tour est encore inconnue, mais le Jéricho néolithique montre les premières preuves d'une ville fortifiée avec un mur, une tour et un fossé.

Vers le milieu de l'âge du bronze, un système de défense standard comportait quatre parties : un fossé, un mur extérieur, un mur intérieur et une structure de porte solide. Le fossé, le mur extérieur et les défenses supplémentaires protégeaient la pente raide et la partie inférieure du mur principal. Ils avaient pour but d'empêcher un bélier de percer.

Les Murs de la ville

Construire un mur simple ne pouvait qu'arrêter temporairement l'avancée d'un ennemi, car les murs pouvaient être escaladés ou brisés. Les murs servaient de plateforme pour la riposte des défenseurs. Le système de mur comportait trois parties principales : le mur comme barrière, une structure supérieure pour que les défenseurs se tiennent et se protègent, et des obstacles et pièges devant le mur pour éloigner les archers et arrêter les béliers.

Le chemin de ronde, une caractéristique protectrice construite le long du bord supérieur du mur, offrait aux défenseurs sécurité et mobilité. Il comportait des ouvertures pour diriger le feu. De loin, les encoches carrées ressemblaient à une rangée de dents avec des espaces. Les dents, appelées merlons, servaient de barrière contre les projectiles ennemis. Les espaces, connus sous le nom d'embrasures ou de créneaux, permettaient aux défenseurs de tirer avec leurs armes. Des tours spéciales dépassaient du mur, espacées de pas plus de deux fois la portée d'un arc. Ces tours permettaient aux défenseurs de tirer sur les troupes qui atteignaient les murs. Pour protéger le mur principal, les constructeurs pouvaient ajouter un mur extérieur. Ce mur ne pouvait être franchi ou escaladé que sous un feu nourri des créneaux du mur principal. Une autre méthode consistait à creuser un large et profond fossé autour de la base du mur principal. Un fossé empêchait l'ennemi d'utiliser un bélier à moins qu'il ne le comble ou ne le remplisse, tout en étant sous un feu nourri des défenseurs.

Les fortifications à casemates, introduites au milieu de la période du Bronze, évolueront à partir de murs doubles en pierres taillées. L'espace entre les murs était divisé en chambres, ou casemates, utilisées pour le stockage ou l'habitation. Le système de casemates hittite, introduit en Palestine à l'époque de Saül, sera largement adopté en Syrie et en Palestine. Un bel exemple a été trouvé à Guibéa, où se trouvait la citadelle de Saül, datant de la fin du 11e siècle av. J.‑C. Ses murs doubles, y compris les casemates, avaient une épaisseur de 4,5 m. Le même type de construction a été trouvé lors des fouilles de trois villes salomoniennes : Hatsor, Guézer et Meguiddo (voir 1R 9.15). Les murs à casemates de ces anciennes villes avaient une épaisseur de 5,5 m.

Les royaumes divisés de Juda et d'Israël n'étaient pas réputés pour leur technologie de guerre offensive. Cependant, plusieurs rois se concentreront sur l'amélioration des défenses. Ozias était particulièrement connu pour ses réalisations en matière de guerre défensive, « Il fit faire à Jérusalem des machines inventées par un ingénieur, et destinées à être placées sur les tours et sur les angles, pour lancer des flèches et de grosses pierres » (2Ch 26.15). Ces machines étaient des structures protectrices spéciales qui aidaient les archers et permettaient de laisser tomber de grosses pierres sur les troupes attaquantes.

Entrée

Dans toute attaque contre une ville fortifiée, la porte était toujours la cible principale. Les portes de la ville étaient conçues pour mettre les attaquants en grand danger tout en gardant les défenseurs en sécurité. Les routes menant à une ville située sur une colline serpentaient la pente, soit vers la gauche, soit vers la droite. Ces routes approchaient généralement la porte par la droite, obligeant ainsi les attaquants à exposer leur côté droit aux défenseurs sur le mur. Comme ils tenaient leurs boucliers dans leur main gauche, cela les rendait plus vulnérables.

Pour éviter que les lourdes portes en bois ne prennent feu, on les recouvrait souvent de métal. Une porte suffisamment large pour les chars nécessitait des doubles battants. La ligne où les deux battants se rejoignaient était le point le plus faible. Pour la renforcer, on ajoutait de gros boulons et une lourde poutre à l'arrière des deux battants. Des douilles dans les montants de porte maintenaient la poutre en place.

Une autre partie du complexe de défense à une porte comprenait des tours de chaque côté de la porte, dépassant de la face extérieure du mur. Les soldats ennemis qui essayaient de briser les portes avec des haches ou de les incendier avec des torches étaient exposés à de lourdes attaques latérales des défenseurs sur les tours. Depuis un toit au-dessus de la porte avec un balcon, les défenseurs pouvaient concentrer leur puissance de feu sur les assaillants en dessous. Ces structures supplémentaires transformaient une porte en une véritable petite forteresse.

Forteresse intérieure

Une faiblesse majeure des murs et des portes d'une ville résidait dans leur grande taille. Une ville moyenne pouvait avoir un périmètre allant presque jusqu'à 1 km, tandis qu'une ville plus grande pouvait dépasser 1,5 km. L'ensemble du mur devait être défendu contre les brèches, l'escalade ou le creusement de tunnels. Une armée attaquante utiliserait des ruses pour disperser les défenseurs le long de tout le périmètre, mais concentrerait son attaque principale sur un point précis. Une fois que les attaquants avaient percé le mur, les défenses périmétriques devenaient inutiles. Par conséquent, les villes ajoutaient souvent des murs internes pour les diviser en sections, chacune capable de se défendre. De plus, une forteresse était construite au point le plus élevé de la ville comme unité défensive distincte.

Les premiers exemples de ces fortifications, appelées migdols, remontent à la fin de l'âge du bronze. C'étaient de petites citadelles construites pour protéger des cibles militaires importantes comme des sources d'eau, des routes stratégiques, des terres agricoles ou des frontières. En 1960, des archéologues ont découvert un migdol près d'Asdod, en Israël. Il avait un plan carré avec des bastions rectangulaires et était haut de deux étages, similaire aux structures montrées dans les bas-reliefs égyptiens de cette époque. On utilisait la même conception pour fortifier les temples dans les villes. Ces temples fortifiés servaient de lieux de refuge et de dernière défense de la ville si ses murs étaient franchis (voir Jg 9.45–51).

À des époques ultérieures, une citadelle intérieure pouvait inclure un complexe avec le palais fortifié du gouverneur, les maisons de ses principaux ministres, et parfois un temple. Ces citadelles ressemblaient à des villes fortifiées, avec un mur principal, une porte d'entrée, un mur extérieur, et parfois un fossé. Petites et solidement fortifiées, les citadelles permettaient au gouverneur et aux personnes restantes de les défendre en dernier recours. Zimri aurait pu résister longtemps à l'armée d'Omri dans la citadelle de Thirtsa, s'il ne l'avait pas incendiée et ne s'était pas suicidé (1R 16.17–18).

Approvisionnement en eau lors d'un siège

Pour défendre une ville pendant un long siège, il était essentiel d'assurer un approvisionnement en nourriture et en eau. Plusieurs rois de Juda travailleront pour résoudre le problème du stockage des aliments. Roboam, par exemple, renforcera plusieurs villes aux frontières occidentales, orientales et méridionales de son royaume. Il les transformera en centres de stockage de nourriture, d'huile et de vin (2Ch 11.5–11).

Stocker de la nourriture était plus facile que de stocker de l'eau. Les citernes construites pour recueillir l'eau de pluie aidaient, mais elles s'asséchaient souvent, surtout pendant les périodes de sécheresse. Les villes étaient parfois construites près de ruisseaux ou de rivières, utilisant l'eau comme partie de leur défense. Cependant, pour une ville située sur une colline, la source d'eau pouvait être un point d'eau au bas de la pente, à l'extérieur des murs de la ville. Parfois, les habitants pouvaient bloquer l'embouchure de la source et cacher son emplacement aux ennemis tout en permettant l'accès aux résidents. À Meguiddo, un puits vertical de 30 m de profondeur était relié à un tunnel horizontal d'environ 60 m de long, menant à la source d'eau à l'extrémité ouest de la ville, au-delà des fortifications. Ce travail a été réalisé à l'époque de Salomon ou d'Achab.

Les efforts d'Ézéchias pour assurer de l'eau fraîche pendant un siège à Jérusalem sont célèbres. Son travail d'ingénierie est mentionné à la fois dans l'« Éloge des hommes célèbres » dans la Bible et dans le livre apocryphe de Sirach (2R 20.20 ; 2Ch 32.30 ; Sirach 48.17). Ézéchias scellera la source de Guihon et creusera un canal de 550 m à travers la roche pour amener l'eau dans la ville. Ézéchias décrira l'ouvrage dans l'inscription de Siloé. Deux équipes travailleront avec des marteaux, des pieds de biche et des pioches, en commençant par les extrémités opposées. L'équipe à la source utilisera un ancien tunnel (Es 22.11) et s déplacera vers le sud en direction de la ville. L'autre équipe commencera au réservoir, se déplaçant vers le nord-est, puis vers le sud-est, jusqu'à ce qu'elle s'aligne avec la première équipe. Ils ont failli se manquer, étant à environ 1,5 m l'un de l'autre, mais un cri à travers une crevasse rocheuse les aidera à se connecter. Les deux équipes feront un angle à droite, complétant le tunnel. Les actions d'Ézéchias, engagées avant l'invasion de Juda par Sanchérib, expliquent pourquoi les Assyriens n'ont pas pu capturer Jérusalem, contrairement à Samarie à l'époque de Sargon.

Organisation militaire hébraïque

L'Armée tribale

Lorsque les Israélites ont quitté l'Égypte, ils étaient organisés par tribus et divisions. Cette organisation servira de schéma pour la structure militaire. Après être restés au mont Sinaï, les douze tribus seront réparties en divisions ou corps d'armée, et les grades militaires commenceront à se former. Les « commandants de l’armée » (Nb 31.14) commandaient des unités de mille ou cents hommes, indiquant que l'armée était divisée en groupes de dix. Plus tard, on trouvera des références à des unités de :

  • Mille (la division)

  • Cent (la compagnie)

  • Cinquante (le peloton)

  • Dix (la section)

À l'exception des Lévites, qui s'occupaient du tabernacle (Nb 2.33), les hommes âgés de 20 ans et plus, en mesure de se battre, étaient affectés à l'armée tribale. Cependant, certains individus étaient exemptés du service militaire (voir Dt 20.5–9; 24.5 ; Jg 7.3).

Jusqu'après la conquête de Canaan, l'armée tribale était principalement une milice (une armée de citoyens ordinaires) mobilisée lors des urgences. La tribu gérait l'organisation de la milice. Chaque clan et chaque famille envoyait le nombre requis de guerriers lorsque les chefs tribaux les appelaient au combat. Comme le clan était l'unité de base, les recrues suivaient leurs propres chefs. Par exemple, les frères de David servaient dans une division composée de combattants de leur clan, dirigée par un capitaine (1S 17.18 ; 18.13). Lorsque l'urgence prenait fin, la milice se dissolvait et les soldats retournaient dans leurs régions d'origine.

Avant Saül, aucun chef tribal ou de clan ne contrôlait l'ensemble du groupe de tribus travaillant ensemble (confédération tribale), car le territoire était divisé entre les tribus (voir 1S 11.1–11). Les jalousies et rivalités tribales menaçaient souvent l'unité nationale et rendaient difficile l'action commune, même en période critique. Cependant, une grave crise obligeait parfois les armées des tribus à s'unir. Ces armées multitribales étaient organisées en compagnies de mille, cent et cinquante, et divisées en familles sous des officiers nommés. Il existe des traces témoignant d'une organisation basée sur les types d'armes (voir 1Ch 12.24–38). La tribu de Benjamin se spécialisait dans l'arc et la fronde, tandis que les tribus de Gad, Juda et Nephthali étaient habiles avec la lance et le bouclier.

Chaque tribu devait fournir sa propre armée (Jg 20.9–10). Un soldat sur dix rassemblait de la nourriture pour les autres, soit auprès de riches propriétaires terriens (voir 1S 25), soit à partir des ressources naturelles. Dans cette organisation militaire précoce, les soldats étaient généralement payés avec des provisions et une part du butin de guerre (voir 1S 30.21–25).

L'Armée professionnelle

Israël n'aura pas d'armée régulière jusqu'au royaume unifié. Le passage d'une milice populaire à une armée professionnelle s'effectuera sous Saül. Pendant son règne, Saül transformera le système des tribus séparées en un royaume avec un seul dirigeant (1S 13.2). Les attaques des Philistins contre Israël conduiront à la création d'une armée permanente forte. Cependant, l'armée était petite, avec trois mille hommes divisés en trois groupes de mille chacun (1S 13.2; 24.2). Parfois, ces soldats de carrière recevaient des concessions de terres comme paiement (1S 8.14) et une part du butin. Dans l'armée de Saül, Abner, Jonathan et David avaient des rôles spécifiques. Abner sera nommé chef de l'armée (1S 17.55) et dirigeait probablement l'une des divisions. Le groupe de vaillants hommes de David, connu sous le nom des « trente », formera le noyau de gouvernance de son armée lors de son accession au trône.

David maintenait une armée professionnelle et créera une milice nationale avec douze régiments. Chaque régiment servait un mois par an sous la direction des officiers professionnels (1Ch 27.1–15). Chaque régiment, recruté dans différentes tribus, comptait 24 000 soldats. Ce système offrait à David une grande force de réserve pour les urgences. Les réserves (et l'armée professionnelle aussi, sans doute) étaient organisées en unités de mille, cent, ciquante et dix. Joab, expert en guerre de siège (2S 20.15), dirigeait l'armée professionnelle, tandis qu'Amasa dirigeait la milice citoyenne. David était le commandant en chef de l'armée.

L'armée professionnelle du roi David se développera à partir d'un petit groupe de combattants qui le serviront durant son conflit avec Saül. Ce groupe de vétérans comprenait la famille de David, des membres de son clan, ainsi que d'autres personnes qui se sentaient opprimées par le règne de Saül (1S 22.1–2). Le groupe comptait entre quatre cents et six cents hommes (1S 22.2 ; 23.13 ; 27.2). Des mercenaires (soldats payés) faisaient clairement partie de l'armée de David. Urie le Hétien et Ittaï de Gath en sont des exemples notables, ainsi que de nombreux soldats de carrière d'origine philistine, tels que les Kéréthiens et les Péléthiens sous Benaja (2S 8.18 ; 15.19–22 ; 23.22–23).

Les dirigeants descendants du roi David, qui régneront après lui, maintiendront une armée permanente de soldats payés jusqu'en 701 av. J.‑C. Cela deviendra ensuite trop coûteux. Le coût élevé de l'entretien de cette armée, financé par de lourds impôts et du travail forcé, était une raison clé des problèmes du royaume après la mort de Salomon (voir 1R 10.26–29 ; 12.4–19). Après l'invasion de Sanchérib en 701 av. J.‑C., le royaume du sud de Juda s'appuiera entièrement sur une milice citoyenne pour sa défense. On croit généralement que le royaume du nord d'Israël n'utilisait pas d'armée professionnelle, mais le roi Achab emploiera quelques mercenaires pour se défendre contre Ben-Hadad de Syrie (1R 20.15–20).

Voir aussi Armure et armes.

Tiré du Dictionnaire biblique Tyndale, adapté par Mission Mutual. CC BY-SA 4.0.

Références Bibliques (56)