Les allusions bibliques à la Grèce et au peuple grec ne sont pas toujours évidentes à identifier pour le lecteur moderne. Dans l'Ancien Testament (AT), un certain nombre de passages mentionnent la Grèce ou les Grecs sous les noms de « Javan » et des « fils de Javan » respectivement. Javan est le quatrième fils de Japhet qui est mentionné dans la « table des peuples » de Genèse 10. Comme pour Jacob, dont le nom Israël est utilisé pour désigner la nation de ses descendants, les descendants de Javan sont aussi désignés par son nom. Les descriptions géographiques et politiques de Javan et des fils de Javan montrent qu'il s'agit bien de la Grèce et des Grecs (1Ch 1.5, 7 ; Es 66.19 ; Esd 27.13). Ce que le livre de Daniel dit sur les conquêtes de Javan ne laisse aucun doute : il décrit ainsi l'empire d'Alexandre le Grand, et confirme que le terme désigne bien la Grèce. Ainsi, les traducteurs de la Septante (la traduction juive de l'AT hébreu en grec) ont logiquement utilisé le mot qui signifie « Grec/grec » pour traduire les références à Javan dans un certain nombre de passages (p. ex. Dn 8.21 ; 10.20 ; 11.2 ; et Za 9.13, et Jl 3.6).
Dans le Nouveau Testament (NT), le terme « Grec » peut avoir le sens particulier d'« helléniste ». C'est une façon de désigner les Juifs vivant dans des villes dont la langue était le grec mais qui ne se trouvaient pas forcément en Grèce même (Ac 6.1 ; 9.29 ; 11.20). Toutefois, le mot « Grecs » peut aussi désigner des personnes d'ethnie grecque (Jn 12.20, Ac 14.1 et 16.1–3). Le plus souvent dans le NT, le mot « Grecs » est une façon générale pour désigner tous ceux qui ne sont pas Juifs. Ce mot est quasiment synonyme de « païens » ou « Gentils » (Rm 1.16 ; 10.12 ; 1Co 1.22, 24 ; Ga 2.3 ; 3.28).
Parfois, le mot « grec » peut aussi servir à désigner la langue grecque (Jn 19.20 ; Ac 21.37 ; Ap 9.11). La description de la femme syro-phénicienne comme étant « grecque » (Mc 7.26) désigne peut-être sa culture. Dans le livre des Actes, il est question de Grecs dans les synagogues (Ac 14.1 ; 17.4 ; 18.4). Parmi les sens possibles du terme tel qu'utilisé dans le NT, il n'est pas clair lequel précisément est entendu. Ce qui est clair, c'est que ce n'étaient pas des Juifs.
Géographie
La patrie de la Grèce antique était la région sud de la péninsule balkanique. Toutefois, de nombreuses populations dont le grec était la langue maternelle vivaient ailleurs, comme par exemple les îles de la mer Égée, l'Asie Mineure occidentale, le sud de l'Italie et la Sicile.
L'essor de la culture grecque
Les guerres médiques (497 av. J.‑C.) sont suivies par une période de développement et de grandeur remarquables pour la cité-État d'Athènes. La ville est reconstruite et le Pirée, son port, fortifié. Toutefois, quand les citoyens de la ville essaient de la faire gouverner par le peuple sans restrictions, le chaos semble la menacer. Périclès, un homme d'État brillant, rétablit l'équilibre de l'État et Athènes regagne bientôt sa gloire.
De vastes bâtiments sont construits sur l'Acropole, notamment le Parthénon, dédié à Athéna, la déesse d'Athènes. Athènes devient riche, en partie grâce aux contributions à la Ligue de Délos. La ville accroît sa puissance maritime.
La population d'Athènes est importante et très diverse. Elle inclut :
esclaves
artisans
ouvriers
commerçants venant de l'étranger
artistes
poètes
philosophes
enseignants
acteurs
athlètes
scientifiques
médecins
historiens
enseignants religieux
experts militaires et navals
Athènes produit de grands penseurs et auteurs au 5ᵉ siècle et au début du 4ᵉ siècle av. J.‑C., dont :
des dramaturges (auteurs de pièces de théâtre) tels qu'Eschyle, Sophocle et Euripide
des historiens tels que Thucydide et Hérodote
des philosophes tels que Socrate, Platon et Aristote
Il s'agit d'un âge d'or qui donne jour à de remarquables réalisations dans les domaines de l'art, de la pensée, de la littérature et de l'architecture.
L'âge de l'hellénisme
La puissance et l'influence d'Athènes diminue avant la fin du 4ᵉ siècle av. J.‑C. Philippe de Macédoine, qui veut de se créer un empire, tourne ses regards vers l'ouest. En 338 av. J.‑C., Athènes et Thèbes tombent sous son pouvoir. La Grèce est unifiée par l'empire macédonien. Quand Philippe est assassiné en 336 av. J.‑C., son fils Alexandre reprend l'œuvre de son père. Alexandre est éduqué dans la tradition athénienne. Avant de mourir en 323 av. J.‑C., il a conquis la Perse et poussé ses conquêtes jusqu'au Pendjab, en Inde.
À la fin du règne d'Alexandre, ses territoires incluent toute la région partant du Caucase (la région montagneuse entre la mer Noire et la mer Caspienne) jusqu'au désert libyen et aux frontières de l'Éthiopie. Après sa mort, son empire est divisé entre quatre de ses généraux. Après quelques difficultés, ces territoires deviennent trois monarchies hellénistiques : Ptolémée dirige l'Égypte. Séleucos dirige l'Asie Mineure, la Syrie et l'Orient. Antigone règne sur la Macédoine.
Les territoires grecs finissent par passer au pouvoir des Romains, qui s'y installent en 198 av. J.‑C. Ils les réorganisent progressivement en provinces romaines, comme l'Achaïe (Ac 18.12). Ce sera principalement dans ce monde grec, sous contrôle romain, que les chrétiens propageront le message de l'Évangile au premier siècle apr. J.‑C.
Les Grecs en Palestine
Des fouilles archéologiques ont révélé qu'il y a eu des contacts entre la Palestine et les régions égéennes pendant de nombreux siècles.
De la poterie (objets de terre cuite) du minoen moyen II a été retrouvée sur certains sites palestiniens qui datent de la période du Bronze moyen ou intermédiaire (c'est-à-dire l'époque des premiers patriarches bibliques). Les Philistins faisaient partie des peuples de la mer au 13e siècle av. J.‑C. Ils s'installent dans des zones côtières de la Palestine et y développent leur propre culture. Il laissent derrière eux un grand nombre d'objets de poterie. Entre 1370 et 1200 av. J.‑C., des Égéens et d'autres peuples provenant d'Asie Mineure occidentale viennent en Palestine.
Il est fréquent de trouver des objets de poterie mycénienne en Palestine. Des céramiques à figures noires attiques du 6e siècle av. J.‑C. et des céramiques à figures rouges attiques de la période de 530 à 300 av. J.‑C. ont également été retrouvées.
Des pièces d'argent frappées en imitation des drachmes attiques proviennent de la même période. L'influence grecque augmente avec l'essor de l'hellénisme, et d'autant plus quand la Palestine passe sous la domination de souverains ptolémaïques et séleucides. Outre les objets de terre cuite (ou poterie), les restes de structures architecturales témoignent de l'influence grecque pendant cette période non seulement en Palestine, mais dans toute la région du Levant.
Cette influence continue pendant la période de domination romaine. Le grec est alors la langue commerciale de l'Empire romain. Le NT lui-même a été écrit dans ce grec international. Toutes sortes d'inscription grecques ont été retrouvées qui datent de cette époque.
Voir aussi Alexandre #1 ; Alexandrie ; hellénisme ; hellénistes ; judaïsme.