Jours ou périodes de réjouissances publiques ou privées servant à commémorer un événement important ou une personne importante. L'élément de célébration a une signification particulière dans le cycle des fêtes religieuses et dans les rites et cérémonies qui y sont observés. Le concept biblique de fête inclut souvent un festin où nourriture et boisson abondent, mais cet élément ne lui est pas indispensable. Parfois, il n'y en a qu'une quantité limitée.
Pour les Hébreux de l'Antiquité, les mots mo’ed (« saisons ») et hag désignaient les grandes célébrations publiques, tandis que les fêtes de nature plus privées étaient couramment décrites par le terme mishteh.
Les fêtes et leurs fonctions
Chaque fête insiste sur la participation de toute la communauté et sur le maintien de la tradition sociale ou religieuse, surtout lorsque les célébrations sont ancrées dans le calendrier civil ou religieux. Sans le soutien de la communauté, même lors d'une célébration familiale, aucune fête ne peut être réussie. Lorsque la communauté y participe activement, une fête peut renforcer la mémoire individuelle et collective d'événements spécifiques, et peut perpétuer ce souvenir au fil d'années et de générations. Cette mémoire collective renforce la cohésion de la communauté qui y contribue, qu'elle soit petite ou grande, et sert à renforcer les traditions qui régissent la vie du groupe. Si la fête commémore un événement particulier ou célèbre un idéal important, ce thème devient plus fermement ancré dans l'esprit des participants par la répétition de rites et de cérémonies.
Les fêtes des Hébreux de l'Antiquité avaient cette fonction pédagogique. Les grandes fêtes de leur calendrier religieux commémoraient des événements spécifiques où Dieu était intervenu avec puissance pour aider son peuple ou avait pourvu à leurs besoins dans la détresse. En observant ces fêtes régulièrement, les Hébreux déclaraient perpétuellement que leur Dieu dirigeait leur destinée. La commémoration répétitive des démonstrations de l'aide et de l'amour de Dieu pour eux leur rappelait qu'il était toujours capable de subvenir à leurs besoins. Ce souvenir soulignait le fait que Dieu était toujours présent et actif parmi eux, surtout dans les périodes difficiles. La foi ainsi entretenue donnait une dimension spirituelle inestimable à la vie de la nation et alimentait le sentiment de pérennité de la provision et de la direction de Dieu. Ce n'est que lorsque des notions corrompues ou païennes ont été introduites dans le concept de fête que cet aspect important de la vie nationale d'Israël a commencé à perdre de sa vitalité.
Fêtes de l'Ancien Testament
Célébrations générales
Les festivités étaient étonnamment fréquentes en Israël, compte tenu du mode de vie plutôt austère qui ressort d'une grande partie de l'Ancien Testament (AT). Ces célébrations aidaient probablement à contrebalancer les difficultés et les insécurités de la vie au Proche-Orient ancien, et les Israélites profitaient de chaque opportunité. Le mariage était l'une des occasions les plus évidentes de festoyer, et il n'est pas surprenant qu'un festin ait été préparé pour le mariage de Rachel et de Jacob (Gn 29.22), tout le voisinage ayant été convié. La durée d'un tel festin est incertaine, mais certaines fêtes de mariage se poursuivaient pendant toute une semaine, comme dans le cas du mariage de Samson avec la femme de Thimna (Jg 14.17). Le vin qui réjouit le cœur de l'homme (Ps 104.15) était consommé à profusion lors de ces réjouissances.
Il y avait de nombreuses autres occasions de se réjouir et de festoyer. Les anniversaires étaient souvent célébrés dans un esprit festif, surtout lorsqu'il s'agissait d'une personne appartenant à la famille royale (Gn 40.20). Le songe de Salomon a été suivi d'un festin offert à ses serviteurs (1R 3.15). L'événement de la dédicace du Temple a été célébré pendant une semaine entière (8.65). Les rois et les reines organisaient parfois des festins pour marquer certaines occasions ou pour exprimer leur bienveillance (voir Est 1.3 ; 2.18 ; 5.4, 14 ; 7.2, 7 ; Dn 5.1). Les bergers faisaient traditionnellement un festin à l'occasion de la tonte des premières brebis (Dt 18.4).
Fêtes pré-exiliques
En plus des célébrations générales, qui étaient souvent non-religieuses, des fêtes communautaires avec des significations spirituelles spécifiques étaient prescrites aux Israélites. Leur fonction était de rappeler les actions de Dieu aux Israélites en tant que son peuple, et aussi de leur rappeler que sa bénédiction divine dépendait de leur obéissance à sa volonté. La liste des fêtes prescrites qui commence en Lévitique 23.2 débute avec le commandement d'observer le sabbat. Le septième jour, où Dieu a arrêté son œuvre de création (Gn 2.3), est saint. Toutefois, il est difficile de déterminer dans quelle mesure le sabbat a été observé jusqu'à l'époque de Moïse (Ex 20.8–11). C'est à partir de cette époque-là que le sabbat a été observé, l'abstention de travail représentant une commémoration d'une part du repos de Dieu concluant la semaine de la création (31.17) et d'autre part de la délivrance de son peuple de l'esclavage en Égypte (Dt 5.12–15).
La pratique du sabbat servait à signifier la relation spéciale entre Dieu et les Israélites. Pendant cette période de 24 heures, même des tâches anodines comme allumer un feu (Ex 35.3) ou ramasser du bois (Nb 15.32–33) étaient interdites sous peine de mort. Les déplacements en dehors de chez soi étaient également interdits le jour du sabbat (Ex 16.29). Des offrandes spécifiques étaient présentées le jour du sabbat (Nb 28.9–10), et les pains de proposition étaient remplacés à l'intérieur du tabernacle (Lv 24.5–8). Malgré les interdictions portant sur les activités, le jour du sabbat avait pour but de représenter la joie et la sécurité dans la présence de Dieu (voir Es 58.13–14), car le fait de le pratiquer devait apporter la bénédiction aux individus et à tout le pays.
Fête de la nouvelle lune
La nouvelle lune était l'occasion d'une célébration mensuelle basée sur le calendrier lunaire. Cette célébration convenait particulièrement à un peuple agricole, car tous savaient quand venait la nouvelle lune. Les offrandes prescrites pour cette occasion incluaient un holocauste, une offrande de farine et une libation de vin (Nb 28.11–15). Un bouc était également offert comme sacrifice d'expiation, et les sacrifices étaient offerts au son de trompettes « en souvenir » devant Dieu (10.10). Les sacrifices prescrits pour la fête de la nouvelle lune représentaient une bien plus grande quantité que ceux requis dans Nombres 28.9–10 pour le sabbat hebdomadaire.
Cette fête lunaire est restée populaire pendant toute l'histoire d'Israël. Au temps de la monarchie, les lévites servaient d'assistants aux sacrificateurs (descendants d'Aaron) lors des fêtes de la nouvelle lune ainsi que les jours de sabbat (1Ch 23.29–31). Les prophètes pré-exiliques profitaient peut-être de ces grands rassemblements pour guider le peuple ou proclamer des oracles prophétiques (voir 2R 4.23), mais il n'est pas certain à quelle fréquence cela se faisait. Cependant, tout le monde en Israël n'appréciait guère la valeur de ces périodes de repos et de célébration. Le prophète Amos a dénoncé des Israélites cupides qui trouvaient que ces fêtes interféraient avec leur commerce (Am 8.5).
Cette fête n'a pas pu être observée lors de l'exil à Babylone (voir Os 2.11), mais elle est rétablie en Juda aux temps d'Esdras et de Néhémie (Né 10.33). Selon Esaïe 66.22–23, elle fera partie de l'avenir d'Israël. Elle est également incluse parmi les ordonnances du Temple idéal qu'Ézéchiel prophétise (Ez 45.17).
La célébration de la nouvelle lune avait pour objectif de renforcer le sentiment d'unité nationale en rappelant aux Israélites la permanence de l'alliance de Dieu avec leurs ancêtres, alliance toujours en vigueur pour la nation. Elle mettait aussi en avant l'amour, la providence et la fidélité du Dieu à l'origine de cette relation (voir Ps 104.19).
La fête des Trompettes
La fête des Trompettes était observée le premier jour de la septième nouvelle lune de l'année. Ce mois, qui sera nommé Tishri plus tard, était particulièrement sacré. Pour cette raison, cette septième nouvelle lune de l'année était réglementée par des prescriptions différentes de celles des fêtes de nouvelles lunes ordinaires. On faisait retentir les trompettes le premier jour, au moment où les offrandes animales et végétales étaient offertes (Lv 23.24). Les offrandes requises pour cette fête particulière et mentionnées dans Nombres 29.2–6 dépassaient celles des sabbats, mais étaient un peu moindres que celles des nouvelles lunes (voir Nb 28.11). La fête des Trompettes devait être un jour de repos solennel et une sainte convocation. Les trompettes résonnaient pour commémorer de façon triomphale la provision spectaculaire de Dieu pour son peuple à travers l'alliance du Sinaï.
Le septième mois était particulièrement sacré à plusieurs égards. Il marquait l'importance du chiffre sept dans le calendrier cultuel d'Israël. Durant ce mois se tenaient également le Jour des Expiations (ou Yom Kippour) et la fête des Tabernacles (aussi appelée fête des Huttes, des Cabanes ou des Tentes). Cette dernière avait lieu cinq jour après le Jour des Expiations (Lv 23.34). Ces réjouissances venaient soulager l'accent solennel de la confession des péchés de la nation et de l'envoi dans le désert du bouc émissaire des jours précédents.
L'année de relâche
L'année de relâche était une autre observance calendaire étroitement liée à l'institution du sabbat. La septième année de chaque cycle de sept ans devait être un « un sabbat de repos pour le pays » (Lv 25.4, Darby). Pendant cet intervalle, le sol devait rester en jachère (Ex 23.11). Rien ne pouvait être cultivé et tout ce qui poussait naturellement était réservé aux pauvres et aux nécessiteux (Lv 25.6).
Cette pratique, au bénéfice des terres elles-mêmes, constitue l'un des principes écologiques les plus importants de l'Écriture. Tout comme le peuple de Dieu, le pays est saint, et tout comme le peuple a besoin de périodes régulières de repos du travail quotidien pour renouveler son énergie et sa vitalité spirituelle par l'adoration, la terre aussi a besoin de se reposer et de se régénérer pour éviter la surexploitation agricole de ses ressources.
Cette observance rappelait aux Israélites que le pays dans lequel ils vivaient leur avait été donné par Dieu pour accomplir son engagement d'alliance avec eux, c'est-à-dire de pourvoir abondamment à leurs besoins physiques (voir Dt 8.7–10). Pour éviter que les Israélites ne viennent à manquer de nourriture pendant l'année de relâche, Dieu promet que les terres produiront suffisamment l'année d'avant pour les nourrir pour les trois années suivantes (Lv 25.21). Les Israélites pouvaient s'appuyer sur cette promesse qui avait déjà été tenue pendant leur errance dans le désert : le sixième jour de la semaine, une quantité suffisante de manne apparaissait pour qu'il y en ait assez pour le sabbat (Ex 16.5). Cette année spéciale servait à rappeler que le pays appartient à Dieu (voir Lv 25.23) et à renforcer la foi de la nation en la capacité de Dieu à pourvoir à leurs besoins futurs.
Le relâche ne s'appliquait pas seulement aux terres du pays, mais s'accompagnait aussi de la libération des esclaves hébreux (Ex 21.2–6) et de l'annulation des dettes (Dt 15.1–6). Ainsi, ces membres de la société qui étaient moins privilégiés que les autres devaient voir leur obligations de service remises. Cette pratique semble avoir été observée pendant la période pré-exilique en Israël, mais Jérémie 34.8–22 signale des abus. Le prophète profite de l'occasion pour instruire le peuple sur la nature et les objectifs de l'année de relâche. Il avertit les Judéens désobéissants que leur refus de libérer leurs esclaves mènera à une perte de liberté bien plus grave pour eux : ils seront emmenés captifs à Babylone après la destruction de leur pays. Cette leçon n'est pas oubliée par ceux qui reviennent d'exil. Sous la direction de Néhémie, les Juifs font un pacte les engageant à obéir aux prescriptions de l'année de relâche (Né 10.31). Ce pacte semble avoir été motivé par la lecture de la loi de Moïse lors d'une fête des Tabernacles coïncidant avec le début d'une année de relâche (Né 8.13–18).
Le jubilé
L'année du jubilé, ou année de pentecôte, était une autre observance calendaire basée sur le principe du sabbat (Lv 25.8–55 ; 27.17–24). Tout comme l'année sabbatique était liée au concept du septième jour, l'année de pentecôte, c'est à dire la 50è année, correspondait à un cycle de sept années de relâche. Le début de l'année du jubilé était proclamé le Jour des Expiations, en faisant retentir des trompettes dans tout le pays (Lv 25.9). Le relâche des septièmes années ou années de relâche s'appliquait également à l'année du jubilé. Une pratique supplémentaire spécifique au jubilé était que les terres vendues au cours des 49 années précédentes devaient être rendues à leurs propriétaires d'origine. Cette pratique impliquait l'ajustement des prix lors des ventes de terres. Afin d'éviter que certains ne tentent de faire du relâche une source de profit, les Hébreux avaient reçu le commandement de faire affaire de façon honnête et juste dans la crainte de Dieu, le seul vrai propriétaire du pays (Lv 25.14–17). Comme pour l'année de relâche, Dieu avait promis de pourvoir l'année précédant le jubilé de telle sorte que personne ne soit démuni.
Grâce au relâche des esclaves, à l'annulation des dettes et à la récupération par chacun de ses terres familiales, l'année du jubilé permettait à tous de commencer un nouveau cycle d'années de relâche sur un pied d'égalité, libres de servir Dieu.
Fêtes de saisons
Trois fêtes annuelles étaient basées sur les saisons plutôt que les phases lunaires. Elles représentaient d'importantes occasions de rappeler au peuple la puissance et la provision de Dieu pour toute la nation. Le mot hag était utilisé pour désigner ces fêtes, qui nécessitaient un pèlerinage. L'observation de ces trois fêtes est commandée dans Exode 23.14–17 et Deutéronome 16.16. Il s'agit de la fête de la Pâque et des Pains sans levain, de la fête de la Moisson (la Pentecôte) et de la fête des Tabernacles (des Cabanes). Il était obligatoire pour tous les hommes d'Israël de faire un pèlerinage au sanctuaire pour y célébrer ces fêtes (Ex 12.14). La Pâque et la fête des Pains sans levain étaient à l'origine des ordonnances distinctes, mais comme la deuxième commençait immédiatement après la première, c'était comme si une seule période d'observance comprenait les deux.
La Pâque
La Pâque était de la plus haute importance théologique pour les Israélites, car elle commémorait l'une des plus remarquables interventions divines de leur histoire : le début de l'Exode. Alors qu'ils étaient esclaves en Égypte, Dieu avait fait venir une dernière plaie provoquant la mort des premiers-nés des Égyptiens, mais épargnant ceux des Israélites qui avaient enduit de sang les linteaux des portes de leurs maisons (Ex 12.11–30). Dieu avait commandé que ce jour devienne une fête commémorative (v. 14). La Pâque suivante avait été observée dans le désert du Sinaï (Nb 9.1–5).
La fête de la Pâque devait avoir lieu au premier mois du calendrier hébreu, appelé Abib dans Deutéronome 16.1 (Darby) et Nisan après l'exil (voir Né 2.1). Le rite de la Pâque se déroulait le quatorzième soir (Lv 23.5) et était suivi d'une période de sept jours pendant laquelle il était interdit de manger du pain ou d'autres aliments faits avec de la pâte levée. L'idée de retirer le levain de leurs pâtes est similaire à celle de retirer le sang de la viande des animaux. Tant le levain que le sang ont un pouvoir stimulant et doivent être séparés comme une offrande à Dieu.
Une convocation sainte avait lieu le premier jour et le septième jour. Ces deux jours-là, le seul travail permis était la préparation de la nourriture (Ex 12.16). Cette période où l'on mangeait des pains sans levain était considérée comme une fête car elle inaugurait la période de sept semaines de la moisson (Dt 16.9). Pendant cette fête, des holocaustes étaient offerts en sacrifice. Chaque homme présentait ensuite une gerbe de son orge tout juste récoltée le jour des prémices. Pendant la période du Nouveau Testament (NT), les gens affluaient à Jérusalem pour observer la Pâque et la fête des Pains sans levain. Ces jours étaient alors appelés « les jours des pains sans levain » (Lc 22.1 ; Ac 12.3). Le rappel de l'intervention de Dieu pour délivrer Israël du pouvoir de l'Égypte donnait l'assurance aux Israélites que Dieu était toujours prêt à agir en faveur du peuple de son alliance, si celui-ci était fidèle et obéissant. Cela leur rappelait également qu'ils avaient autrefois été esclaves (Dt 16.12). Au début, la Pâque et la fête des Pains sans levain ont été observées de façon relativement simple, mais durant la monarchie, des cérémonies de la Pâque plus élaborées ont été adoptées (voir 2R 23.21–23 ; 2Ch 35.1–19).
La Pentecôte
La deuxième grande fête, la Pentecôte (ou fête des Semaines), ne durait qu'un jour et se tenait le cinquantième jour après la présentation de la gerbe d'orge fraîchement récoltée et agitée devant le Seigneur à la fin de la fête des Pains sans levain (Dt 16.9–12). La fête célébrait la fin de la récolte d'orge et le début de la récolte de blé, le début de la période où des prémices pouvaient être offertes (voir Ex 23.16 ; 34.22 ; Nm 28.26). Le jour de la fête, deux pains de farine de blé, sept agneaux, deux béliers et un taureau étaient offerts (Lv 23.15–20). On faisait des offrandes volontaires à Dieu pour exprimer sa reconnaissance pour ses bénédictions. Il s'agissait d'une occasion festive pour toute la communauté (Dt 16.10–11). Puisque la Pentecôte était de fait une fête de la moisson (Ex 23.16), elle rappelait aux Israélites qu'ils dépendaient entièrement de la provision de Dieu pour leurs biens matériels.
Dans Deutéronome 26, des instructions spécifiques sont données sur comment présenter les prémices de la récolte. Elles incluent une belle confession de foi méditant sur l'histoire du peuple d'Israël et racontant la délivrance divine de la servitude en Égypte, ainsi que le don divin d'un pays subvenant largement à ses besoins.
Fête des Tabernacles
Cette fête, aussi appelée fête des Huttes, des Cabanes ou des Tentes (Lv 23.34 ; Dt 16.13), ou encore de la Récolte (Ex 34.22), était la troisième grande fête que tous les hommes hébreux étaient tenus d'observer chaque année. Elle commençait le quinzième jour du septième mois (Tishri), peu après le Jour des Expiations, le dixième jour. La fête des Tabernacles durait une semaine et nécessitait un pèlerinage au sanctuaire. Elle marquait à l'origine la fin de l'année (Ex 34.22), c'est-à-dire la fin du travail agricole. Le premier jour et le huitième jour, le travail était interdit et on offrait des holocaustes au Seigneur. Lévitique 23.39–43 explique le rituel qui donne à la fête son nom de fête des Tabernacles ou des Cabanes. Le premier jour, il fallait prendre les fruits de « beaux arbres », des palmes, des branches de saule et des rameaux d'arbres feuillus. Les branches étaient utilisées pour construire des cabanes de fortune dans lesquelles les adorateurs vivaient pendant la semaine de la fête. Tous les sept ans avait lieu une récitation publique sur des dispositions de l'alliance, à laquelle les Israélites s'étaient engagés du temps de Moïse. Cette récitation avait pour but de leur rappeler les devoirs et les bénédictions se rattachant à l'alliance.
L'épisode biblique dans lequel Anne, future mère du prophète Samuel, est confondue pour une femme ivre à Silo a probablement lieu à une fête des Tabernacles. La fête dont il est question dans Juges 21.19 est probablement aussi une fête des Tabernacles. À l'époque d'Esdras, une fête des Tabernacles particulièrement importante a lieu parmi les Judéens de retour de l'exil à Babylone. Cela fait alors plusieurs siècles que la fête n'a plus été célébrée (Né 8.13–18). Le contexte semble indiquer un arrêt depuis le temps de la monarchie. Le prophète Zacharie parle de la fête des Tabernacles dans une de ses visions. Il voit toutes les nations affluer à Jérusalem pour la fête et prédit que celles qui ne viennent pas n'auront pas de pluie et seront punies par Dieu (Za 14.16–19).
Fêtes post-exiliques
Plusieurs fêtes, moindres en importance, ont été instaurées après le retour d'exil des Juifs. Certaines de ces fêtes tirent leurs origines d'événements historiques.
La fête de Purim
La fête de Purim (signifiant « fête des sorts ») était une célébration joyeuse qui avait lieu le quatorzième jour du douzième mois (Adar). Elle commémorait la façon dontDieu avait utilisé Esther et Mardochée pour délivrer son peuple de l'extermination par Haman au temps de l'Empire perse (Est 9.21, 24–28). La fête était observée le quatorzième jour d'Adar par ceux qui vivaient dans les villages, et le quinzième jour par les habitants des villes et cités fortifiées. L'explication du nom de la fête est donnée dans Esther 9.24–26. Cette fête avait pour but de rappeler aux Juifs la puissance de Dieu pour les sauver de l'extinction pendant une période d'intense activité antisémite en Perse. Cette commémoration apportait du réconfort aux Juifs quand ils traversaient d'autres persécutions.
Traditionnellement, le livre (ou rouleau) d'Esther est lu à haute voix dans les synagogues la veille de la fête, et il y a une grande clameur, surtout parmi les enfants présents, chaque fois que les noms du détesté Haman et de ses fils sont mentionnés.
Fête de la Dédicace du Temple
La fête de la Dédicace du Temple est une période de réjouissances de huit jours (1 M 4.52–59 ; 2 M 10.6–8). Elle est connue aujourd'hui sous le nom de Hanoucca, ou Fête des lumières. La dédicace que la fête commémore a eu lieu en 164 av. J.-C., lorsque Judas Maccabée reconsacre le temple de Jérusalem profané par Antiochos IV Épiphane. Les réjouissances commencent le vingt-cinquième jour du neuvième mois (Kislev). On allume de nuit de nombreuses lumières et lanternes flamboyantes. L'histoire de la résistance courageuse des Maccabées face aux forces écrasantes du paganisme est racontée. La fête a pour but de louer Dieu pour avoir merveilleusement délivré son peuple pendant la période maccabéenne.
Fêtes du Nouveau Testament
À l'époque du Christ, le sabbat est strictement observé ; c'est un jour de culte à la synagogue (voir Lc 4.16 ; Ac 13.14 ; 18.4). La loi pharisienne interdit tout travail. Jésus est en conflit avec les autorités qui lui reprochent des infractions à leurs règles concernant le sabbat (voir Mt 12.1–4 ; Mc 3.1–5 ; Lc 13.10–17). Dans l'Église primitive, le culte a lieu le « premier jour de la semaine » (c'est-à-dire le dimanche) pour commémorer la résurrection du Christ. Au début, les premiers chrétiens participent aux cérémonies juives (voir Ac 20.16 ; 1Co 16.8). C'est pendant la fête de la Pentecôte, après la résurrection et l'ascension du Christ, que l'Esprit est répandu (Ac 2.1–4), accomplissant ce que Joël 2.28–32 avait promis et marquant ainsi le début de l'histoire de l'Église chrétienne en tant que telle.
La Pâque et la fête des Pains sans levain ont une grande importance dans la vie terrestre du Christ (voir Jn 4.45 ; 5.1 ; 6.4 ; 12.1–26), car la célébration de ces deux fêtes est une occasion très populaire à l'époque du NT (voir 12.20). Pilate a pour pratique de libérer un prisonnier choisi par le peuple lors de la Pâque (Mt 27.15 ; Mc 15.6).
Jésus participe activement aux rituels de la Pâque (voir Lc 2.42 ; Jn 2.13 ; 6.4). La Cène avec ses disciples se tient juste avant cette fête (Jn 13.1). C'est à ce moment que Judas l'Iscariot se met d'accord avec les autorités juives pour trahir Jésus et le leur livrer (Lc 22.4–6). Jésus fait de la fraction du pain et du partage du vin à l'occasion de cette Pâque (Mc 14.22–25) une nouvelle observance qui tire son sens de sa mort imminente sur la croix. Il commande à ses disciples d'observer ce rite pour commémorer sa souffrance et sa mort pour les péchés du monde et pour annoncer la puissance de la croix jusqu'à son retour glorieux (1Co 11.24–26). Certains érudits pensent que le Christ est suspendu à la croix au moment où l'agneau de la Pâque est sacrifié cette année-là. Si cela est correct, cela fait de la croix une représentation frappante de Jésus en tant que « l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde » (Jn 1.29).
Jésus est aussi présent à au moins une des fêtes des Tabernacles (7.10). À son époque, une procession amène de l'eau depuis le bassin de Siloé pour en faire une offrande à Dieu. Ce rituel est très probablement l'occasion de l'invitation du Christ à venir à lui pour recevoir de l'eau vive et la vie éternelle (v. 37–39). Jésus est aussi au moins une fois à Jérusalem au moment de la fête des Lumières (Jn 10.22), et déclare être la lumière du monde. Il est presque lapidé à cette occasion.
Jésus est parfois invité à des réjouissances organisées par des individus chez eux (voir Lc 5.29). À une de ces occasions, il intervient pour suppléer un manque de vin embarrassant lors d'une fête de mariage (Jn 2.8–10). Jésus reproche aux pharisiens de vouloir les meilleures places aux festins (Mt 23.6 ; Mc 12.39 ; Lc 20.46) et enseigne qu'il faut inviter les pauvres lorsqu'on en donne soi-même (Lc 14.13).
Symbolisme des fêtes
De nombreux aspects des fêtes hébraïques anciennes sont interprétés symboliquement par l'Église primitive. Pour Paul, les premiers chrétiens hébreux sont les prémices de l'Israël de Dieu (Rm 11.16). Dans Romains 8.23, le don du Saint-Esprit est comparé aux prémices que l'on offre, car ce que les chrétiens ont de l'Esprit maintenant est un gage de ce qui est à venir. Les chrétiens eux-mêmes sont décrits dans Jacques 1.18 comme les prémices des créatures de Dieu, nés par la parole de vérité. La résurrection de Jésus est aussi présentée par Paul comme les prémices de ceux qui sont morts (1Co 15.20, 23). Paul fait allusion aux fêtes de l'AT quand il dit que les sabbats, les nouvelles lunes et les fêtes étaient simplement l'ombre des choses à venir (Col 2.16–17). Christ est comparé à l'agneau de la Pâque car il a été sacrifié pour nous. Paul poursuit la comparaison en exhortant les disciples à célébrer la fête avec les « pains sans levain de la pureté et de la vérité », et non avec le vieux levain de la malice et de la méchanceté (1Co 5.7–8).
Voir aussi calendriers, anciens et modernes ; offrandes et sacrifices ; tabernacle ; Temple.