Dans la Bible, l'expression « corps de Christ » peut désigner trois choses différentes :
Le corps physique de Jésus-Christ.
Le pain et le vin qui sont utilisés dans la Sainte Cène pour se souvenir de Jésus. Son corps est comparé au pain et son sang est comparé au vin.
L'Église, tant locale que mondiale.
Le corps physique de Jésus-Christ
Le Nouveau Testament (NT) dit que Dieu le Père avait préparé un corps humain pour Jésus, le Fils (Hé 10.5). Ce corps a été formé lorsque le Saint-Esprit a fait que Marie, qui était vierge, devienne enceinte (Mt 1.20). Jésus est né en tant que descendant de David (Rm 1.3), mais il est aussi appelé le Fils de Dieu (Lc 1.35).
L'apôtre Jean souligne que le corps de Jésus était vraiment humain. Il est « venu en chair » (1Jn 4.2–3). Certaines personnes à l'époque de Jean disaient que Jésus n'avait pas réellement eu un corps physique, mais qu'il était venu comme esprit avec seulement l'apparence d'un corps. Cependant, Jean enseigne que Jésus, qui est Dieu le Fils, est réellement devenu humain dans un sens physique : « la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous » (Jn 1.14 ; voir aussi Es 53.1–4). Le corps terrestre de Jésus avait les caractéristiques, y compris les limites, d'un corps humain ordinaire. En tant que véritable être humain, Jésus a pleuré (Jn 11.35 ; Hé 5.7–8), a été fatigué (Jn 4.6), a eu soif (19.28) et a ressenti la douleur (19.1–3).
Quand Jésus est mort sur la croix, son corps physique est mort (Jn 19.30, 33). Le NT dit qu'il « a porté lui-même nos péchés en son corps » sur la croix (1Pi 2.24 ; 1Jn 2.2 ; voir aussi Es 53.5–6). Sa mort est décrite comme un sacrifice parfait (Hé 9.12–14, 26–28) qui rend ceux qui croient en lui saints et justes devant Dieu (2Co 5.21 ; Hé 10.10).
Le corps de Jésus a été physiquement enterré (Mt 27.59 ; Mc 15.46 ; Lc 23.53, 56 ; 24.1 ; Jn 19.39–40) dans le tombeau de pierre de Joseph d'Arimathée (Mt 27.57–60 ; Jn 19.41). Le troisième jour, il est revenu à la vie dans son vrai corps pysique, comme il l'avait annoncé à l'avance (Jn 2.19–22).
Jésus a ensuite été vu dans son corps physique ressuscité (Mt 28.9 ; Lc 24.31, 36 ; Jn 20.10–19, 26). Ceux à qui il est apparu l'ont vu, entendu et touché après qu'il soit revenu à la vie (Mt 28.9 ; Lc 24.39 ; Jn 20.17 ; 1Jn 1.1). Il a permis à Thomas, qui doutait, de toucher ses cicatrices ( Jn 20.27). Il a mangé avec les disciples, leur montrant que son corps ressuscité était réel et physique (Lc 24.42–43). Pourtant, son corps ressuscité était différent de son corps d'avant. Il pouvait apparaître et disparaître et même entrer dans une pièce complètement fermée (Lc 24.31, 36 ; Jn 20.19, 26). La résurrection de Jésus en son corps est une garantie que ceux qui croient en lui ressusciteront eux aussi (1Co 15.20–23, 50–57 ; Ph 3.20–21).
Le rôle du corps de Christ dans la Sainte Cène
Lors de la Cène, le dernier repas que Jésus a pris avec ses disciples (Mt 26.26–29 ; Mc 14.22–25 ; Lc 22.15–20 ; 1Co 11.23–26), il a pris du pain et a dit : « Ceci est mon corps. » Il a ensuite pris une coupe de vin et dit : « Ceci est mon sang, le sang de l'alliance » (Mt 26.26, 28). Jésus signifiait ainsi que le pain représentait son corps. Son corps a été livré en sacrifice lors de sa crucifixion (Lc 23.33 ; Jn 19.1–2). Paul écrit que Jésus, notre Pâque, a été sacrifié pour nous (1Co 5.7). Ainsi, l'Agneau de la Pâque anticipe dans l'Ancien Testament « l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde » (Jn 1.29).
Pour les chrétiens, le corps du Christ est symboliquement représenté par le pain qui est partagé quand ils célèbrent le repas du Seigneur ou Sainte Cène (Mt 8.17 ; 1Pi 2.24 ; voir aussi Es 53.4–5). De la même façon, le vin représente le sang de Jésus versé. Le sang est le principal facteur de l'alliance de grâce de Dieu avec son peuple.
Jésus appelle cette alliance, « la nouvelle alliance en mon sang » (Lc 22.20). Le repas du Seigneur sert aussi de rappel (1Co 11.25–26). Les chrétiens se rappellent ainsi que Christ est mort pour les pécheurs et que leurs péchés sont pardonnés (Mt 26.28). Le partage du symbole de son corps entre eux leur rappelle également qu'ils sont unis à lui et en lui (Rm 6.1–11 ; 1Co 10.16 ; Ga 2.20 ; Ph 3.10).
Le corps de Christ : le peuple de Dieu
Le « corps de Christ » désigne également l'ensemble de l'Église. Il indique ainsi que tous les croyants sont unis à Jésus et dépendent de lui. Le corps représente ici la façon dont différentes parties (p. ex. les mains, les pieds, les yeux) fonctionnent ensemble. Ainsi les chrétiens sont membres d'un même corps, celui de Christ. Ce corps est le sien puisque c'est lui qui a fondé son Église et la dirige (1Co 12.27). La métaphore du corps enseigne aussi comment Jésus aime et prend soin de son peuple (Ep 5.25, 29). La Bible utilise plusieurs d'autres images pour représenter le peuple de Dieu, comme la vigne (Ps 80.9), le temple de Dieu (1Co 3.16–17), une maison (1Pi 2.5), un peuple choisi (1Pi 2.9), la famille de Dieu (Ep 3.15). Ces façons de représenter le peuple de Dieu montrent à quel point le « corps de Christ » est lié au Dieu vivant et est dépendant de lui.
Paul utilise souvent l'image du « corps de Christ » pour rappeler à une Église locale qu'elle fait partie de quelque chose de plus grand. Paul enseigne que tous les croyants font partie d'un seul corps, avec Jésus comme tête. « Car, comme nous avons plusieurs membres dans un seul corps, et que tous les membres n’ont pas la même fonction, ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ, et nous sommes tous membres les uns des autres » (Rm 12.4–5). Paul enseigne aussi aux chrétiens de Corinthe qu'ils font tous partie du corps de Christ (1Co 12.27). Ils ont tous été baptisés par un seul Esprit dans ce seul corps (1Co 12.13).
Dans de nombreux passages de la Bible écrits par Paul, l'Église est appelée le « corps » dont Christ est la « tête » (Col 1.18). Le mot grec qui se traduit tête peut aussi signifier chef. Il y a probablement là un jeu de mot : Christ est « chef suprême » de l'Église, comme une tête qui dirige son « corps » (Ep 1.22–23). Le corps grandit grâce à son attachement à son chef, sa tête (Col 2.19). En tant que chef/tête du corps, Christ en est le Sauveur (Ep 5.23).
La relation de corps à tête souligne la dépendance de l'Église devant Christ et le fait qu'il est au-dessus d'elle. L'Église se définit par celui qui est son chef et Seigneur, ou sa « tête ». La vie de l'Église vient de son chef et c'est lui qui la soutient. La relation entre l'Église et Christ est étroite, directe et complète. Sans Christ, tant du point de vue de son sacrifice sur la croix que celui de son règne actuel à la droite de Dieu, l'Église n'existerait pas.
Dans le NT, l'expression « corps de Christ » peut désigner tant la totalité de l'Église dans le monde que chaque assemblée locale de ses disciples. Elle inclut tout ceux qui croient, qu'ils soient Juifs ou non-Juifs, car ils sont unis en Jésus-Christ (Ep 2.14–16 ; 3.6 ; 4.4).
Les dons dans le corps de Christ
Chaque membre du corps de Christ a reçu des capacités spéciales (les dons spirituels) pour servir Jésus (Rm 12.6 ; 1Co 12.11). Ce type de dons est mentionné un certain nombre de fois dans la Bible. Ils incluent l'enseignement, l'encouragement, la bonté ou générosité, etc. (Rm 12.7–8 ; Ep 4.11). Tous les chrétiens ont le devoir et le privilège de servir. Ils peuvent s'en acquitter en répondant aux besoins physiques des autres (Ac 11.29–30 ; 1Co 16.1–4 ; 2Co 8.1–5) ou en priant les uns pour les autres (Ep 1.15–23 ; 3.14–19 ; 6.18–20). Cependant, chacun reçoit aussi des dons qui leur permettent de servir le Seigneur particulièrement dans certains domaines.
Personne ne devrait mépriser les autres ou leurs dons. Dieu a donné à chacun un rôle spécial dans le corps de Christ, selon son choix (1Co 12.14–26). Les dons sont donnés « pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ » (Ep 4.12–13). Le but est notre croissance : « que... nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ » (Ep 4.15–16).
Voir corps ; Église ; Sainte Cène ; résurrection.