Dans ce passage, Paul défend son ministère en...
- Dans ce passage, Paul défend son ministère en tant qu'apôtre.
- Ces chapitres posent plusieurs problèmes, du fait d'un changement distinctif de ton et de style. Les chapitres 1–9 sont remplis de la joie de la réconciliation des pécheurs avec Dieu et des Corinthiens avec Paul. Mais à partir d'ici, Paul est sur la défensive. Ces chapitres sont remplis de mots durs, de récriminations amères, d'ironie et de réprimandes. La rupture notable en 10.1 a inspiré plusieurs choix d'explications : (1) Ces chapitres pourraient être une lettre distincte, peut-être la « lettre qui vous a attristés » envoyée plus tôt à Corinthe (2.3–4 ; 7.8–9). (2) Il se pourrait que, bien que la majorité des membres de l'église aient obéi à l'appel à la réconciliation, il reste une minorité rebelle à qui Paul s'adresse dans ces quatre derniers chapitres. (3) Plus probable, une nouvelle situation serait survenue depuis que Tite a rapporté son encourageant rapport d'une harmonie restaurée (7.5–16). Dans ce cas, certains missionnaires contre Paul seraient arrivés à Corinthe et auraient lancé une virulente campagne contre le message apostolique de la bonne nouvelle (voir 11.4, 11.13–15). Ils auraient prétendu que Paul n'est pas un véritable apôtre ni même un vrai chrétien (10.7) et qu'il n'a pas le droit de venir à Corinthe avec le message de l'Évangile puisque cela leur appartiendrait (10.15–16). Ils apporteraient un message étranger (11.4) et exerceraient un esprit de domination. En bref, ils accompliraient le travail de Satan (11.13–15). Paul, préoccupé de la nouvelle situation, réaffirme son autorité apostolique en engageant un discours qui lui est désagréable (11.1, 11.16–17 ; 12.1), se vantant de ses faiblesses et de ses épreuves. L'autorité apostolique de Paul est certaine et puissante, mais est conditionnée et contrôlée par l'amour manifesté par la crucifixion de Jésus (10.1 ; 13.4–10).
Paul déclare clairement ses intentions avec sincérité en...
Paul déclare clairement ses intentions avec sincérité en se défendant contre la présomption d'agir selon des motifs humains.
1Moi Paul, je vous prie, par la douceur et la bonté de Christ, moi, humble d’apparence quand je suis au milieu de vous, et plein de hardiesse à votre égard quand je suis éloigné,
2je vous prie, lorsque je serai présent, de ne pas me forcer à recourir avec assurance à cette hardiesse, dont je me propose d’user contre quelques-uns qui nous regardent comme marchant selon la chair.
La réplique de Paul est renforcée par une...
La réplique de Paul est renforcée par une comparaison militaire : les armes de Paul ont un pouvoir divin sur les forteresses spirituelles (voir 4.3–4).
3Si nous marchons dans la chair, nous ne combattons pas selon la chair.
4Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles; mais elles sont puissantes, par la vertu de Dieu, pour renverser des forteresses.
5Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l’obéissance de Christ.
6Nous sommes prêts aussi à punir toute désobéissance, lorsque votre obéissance sera complète.
Les enseignants rivaux prétendaient manifestement être les représentants...
Les enseignants rivaux prétendaient manifestement être les représentants du Christ d'une façon supérieure, excluant ainsi Paul en raison de sa faiblesse. Ici, il définit le fait d'avoir une véritable autorité comme différente d'une autorité dominatrice. Son autorité vise à édifier le peuple de Dieu, et non à le détruire (voir 13.10). Toutefois, il a l'intention de parler fermement avec ces rivaux lorsqu'il reviendra à Corinthe (voir 13.1).
7Vous regardez à l’apparence! Si quelqu’un se persuade qu’il est de Christ, qu’il se dise bien en lui-même que, comme il est de Christ, nous aussi nous sommes de Christ.
8Et quand même je me glorifierais un peu trop de l’autorité que le Seigneur nous a donnée pour votre édification et non pour votre destruction, je ne saurais en avoir honte,
9afin que je ne paraisse pas vouloir vous intimider par mes lettres.
10Car, dit-on, ses lettres sont sévères et fortes; mais, présent en personne, il est faible, et sa parole est méprisable.
11Que celui qui parle de la sorte considère que tels nous sommes en paroles dans nos lettres, étant absents, tels aussi nous sommes dans nos actes, étant présents.
12Nous n’osons pas nous égaler ou nous comparer à quelques-uns de ceux qui se recommandent eux-mêmes. Mais, en se mesurant à leur propre mesure et en se comparant à eux-mêmes, ils manquent d’intelligence.
Paul n'avait pas outrepassé les limites que Dieu...
Paul n'avait pas outrepassé les limites que Dieu avait fixées pour son voyage missionnaire, notamment en venant jusque chez les Corinthiens. Il justifie ainsi son intégrité et son autorité, insistant sur le fait que sa première venue à Corinthe (Ac 18.1–17), était une réponse à l'appel de Dieu. Paul était déterminé à ne pas mettre les pieds sur le fondement de quelqu'un d'autre (voir Rm 15.20), et a été le premier à voyager jusqu'à Corinthe avec la Bonne Nouvelle du Christ. Ses adversaires plus récents ont visité l'église bien plus tard (2Co 11.4), si bien que leur revendication de Corinthe comme étant leur propre territoire reste infondée.
13Pour nous, nous ne voulons pas nous glorifier hors de toute mesure; nous prendrons, au contraire, pour mesure les limites du partage que Dieu nous a assigné, de manière à nous faire venir aussi jusqu’à vous.
14Nous ne dépassons point nos limites, comme si nous n’étions pas venus jusqu’à vous; car c’est bien jusqu’à vous que nous sommes arrivés avec l’Évangile de Christ.
15Ce n’est pas hors de toute mesure, ce n’est pas des travaux d’autrui, que nous nous glorifions; mais c’est avec l’espérance, si votre foi augmente, de grandir encore d’avantage parmi vous, selon les limites qui nous sont assignées,
16et d’annoncer l’Évangile au-delà de chez vous, sans nous glorifier de ce qui a été fait dans les limites assignées à d’autres.
Paul cite Jr 9.24 pour soutenir que tous...
Paul cite Jr 9.24 pour soutenir que tous les missionnaires sont dirigés par le Seigneur. Ainsi, se glorifier n'apporte rien. Seul le fait que le Seigneur nous approuve dans notre service peut accorder une quelconque importance à notre succès.
17Que celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur.
18Car ce n’est pas celui qui se recommande lui-même qui est approuvé, c’est celui que le Seigneur recommande.