Ce chant de moquerie adressé au Liban et au Basan clôt le message de délivrance et de restauration destiné à Israël (10.1–12) ; tout en servant peut-être d’introduction au passage suivant sur les bons et les mauvais bergers (11.4–17).
1Liban, ouvre tes portes, Et que le feu dévore tes cèdres!
2Gémis, cyprès, car le cèdre est tombé, Ceux qui s’élevaient sont détruits! Gémissez, chênes de Basan, Car la forêt inaccessible est renversée!
3Les bergers poussent des cris lamentables, Parce que leur magnificence est détruite; Les lionceaux rugissent, Parce que l’orgueil du Jourdain est abattu.
ⓘLa métaphore des dirigeants d'Israël en tant que...
La métaphore des dirigeants d'Israël en tant que bergers relie les trois derniers messages (9.9–11.17) du premier oracle de Zacharie (chap. 9–11). Ce passage mêle allégorie et gestes symboliques accomplis par Zacharie pour illustrer la corruption des bergers d'Israël. Le prophète raconte une parabole où il joue le rôle d’un « bon berger », mandaté par l’Éternel pour guider et rassembler son peuple. Pourtant, ce peuple rejette ce berger ainsi que la promesse de protection contre les nations (11.10) et l’unité entre Juda et Israël (11.14). À travers cette mise en scène, Zacharie annonce à l’avance le ministère de Jésus, le Messie, décrit comme le bon berger (voir Jn 10.1–21).
4Ainsi parle l’Éternel, mon Dieu: Pais les brebis destinées à la boucherie!
5Ceux qui les achètent les égorgent impunément; Celui qui les vend dit: Béni soit l’Éternel, car je m’enrichis! Et leurs pasteurs ne les épargnent pas.
6Car je n’ai plus de pitié pour les habitants du pays, Dit l’Éternel; Et voici, je livre les hommes Aux mains les uns des autres et aux mains de leur roi; Ils ravageront le pays, Et je ne délivrerai pas de leurs mains.
7Alors je me mis à paître les brebis destinées à la boucherie, assurément les plus misérables du troupeau. Je pris deux houlettes: j’appelai l’une Grâce, et j’appelai l’autre Union. Et je fis paître les brebis.
8J’exterminai les trois pasteurs en un mois; mon âme était impatiente à leur sujet, et leur âme avait aussi pour moi du dégoût.
9Et je dis: Je ne vous paîtrai plus! Que celle qui va mourir meure, que celle qui va périr périsse, et que celles qui restent se dévorent les unes les autres!
10Je pris ma houlette Grâce, et je la brisai, pour rompre mon alliance que j’avais traitée avec tous les peuples.
11Elle fut rompue ce jour-là; et les malheureuses brebis, qui prirent garde à moi, reconnurent ainsi que c’était la parole de l’Éternel.
12NTJe leur dis: Si vous le trouvez bon, donnez-moi mon salaire; sinon, ne le donnez pas. Et ils pesèrent pour mon salaire trente sicles d’argent.
13NTL’Éternel me dit: Jette-le au potier, ce prix magnifique auquel ils m’ont estimé! Et je pris les trente sicles d’argent, et je les jetai dans la maison de l’Éternel, pour le potier.
14Puis je brisai ma seconde houlette Union, pour rompre la fraternité entre Juda et Israël.
15L’Éternel me dit: Prends encore l’équipage d’un pasteur insensé!
16Car voici, je susciterai dans le pays un pasteur qui n’aura pas souci des brebis qui périssent; il n’ira pas à la recherche des plus jeunes, il ne guérira pas les blessées, il ne soignera pas les saines; mais il dévorera la chair des plus grasses, et il déchirera jusqu’aux cornes de leurs pieds.
17Malheur au pasteur de néant, qui abandonne ses brebis! Que l’épée fonde sur son bras et sur son œil droit! Que son bras se dessèche, Et que son œil droit s’éteigne!
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Zacharie 11.1
Le Liban, avec ses sommets enneigés et ses vallées fertiles, représentait la force et l’abondance.
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Zacharie 11.2
Tout comme le Liban, le Basan était réputé pour la richesse de ses forêts. Ces deux régions sont souvent mentionnées ensemble (Es 2.13 ; Jr 22.20–22 ; Ez 27.5–6) pour symboliser les nations que Dieu allait juger au moment du rassemblement et du rétablissement d'Israël (voir Za 10.11).
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Zacharie 11.3
Les bergers et les lionceaux symbolisent les dirigeants du Liban et du Basan. Ils se lamentent sur la destruction de leurs forêts, qui représentent leur fierté et leur source de subsistance (voir 11.1–2).
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Zacharie 11.4
Le peuple d'Israël est comparé au troupeau de l’Éternel (voir Es 40.11 ; Mi 5.4). L’image de brebis vulnérables souligne leur besoin d’un berger bienveillant. • destinées à la boucherie : tel du bétail engraissé pour être tué, les gens étaient traités comme des marchandises sans valeur, vivant dans un système économique corrompu.
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Zacharie 11.5
Les brebis, qui symbolisent le peuple hébreu, étaient vendues comme esclaves à des acheteurs extérieurs : puissances étrangères occupantes, alliés internationaux ou marchands d’esclaves locaux (voir Am 2.6). • Quant aux vendeurs, représentés par les bergers, il s’agit des dirigeants du peuple, davantage motivés par leur propre profit que par la protection et le soin des brebis qu’ils étaient censés guider.
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Zacharie 11.7
Les deux houlettes du berger représentaient le leadership et l’autorité. • Grâce : cette houlette évoquait le choix d'Israël en tant que peuple de l'Éternel (voir Gn 12.1–3), ainsi que la promesse d’un dirigeant issu de la lignée de David (voir 2S 7.12–16). • Union : la houlette de la vision d’Ézéchiel (Ez 37.16–17) représentait la réunification des tribus d’Israël en une seule nation sous le règne du roi David (2S 5.1–3).
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Zacharie 11.8
La mention énigmatique des trois mauvais pasteurs a donné lieu à plus de quarante tentatives d’identification, sans qu’aucune ne s’impose de manière convaincante. Le chiffre trois symbolise probablement l’idée de complétude. L’Éternel élève de bons pasteurs afin d'éliminer les mauvais. En agissant ainsi, son but est de protéger et de restaurer son peuple.
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Zacharie 11.9
se dévorent les unes les autres : cette expression pourrait littéralement évoquer des épisodes de cannibalisme survenus lors des famines provoquées par le siège de Jérusalem en 588–586 av. J.-C. (voir Lm 4.10), puis à nouveau en 70 ap. J.-C. (cf. Josèphe, Guerre 7.4.4). Elle peut aussi être comprise de façon symbolique, en désignant des formes d’exploitation ou d’oppression (voir Mi 3.3 ; Ga 5.15).
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Zacharie 11.10
Contrairement à Ézéchiel, qui avait mis en scène la réunification des royaumes d'Israël et de Juda (Ez 37.15–19), Zacharie a illustré leur division en brisant les houlettes (voir aussi Za 11.14). Ce geste symbolisait la rupture de l’alliance entre Dieu et son peuple (11.11), ainsi que la fracture de l’unité entre les royaumes de Juda et d’Israël (11.14). • Une alliance entre l’Éternel et toutes les nations n’est mentionnée nulle part ailleurs. Il se peut que Zacharie ait en réalité annoncé la fin de l’alliance qui liait Dieu à Israël, en tant que son peuple (cf. Os 1.6–9 ; voir note d'étude sur Za 13.9).
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Zacharie 11.12
Trente sicles d'argent était le prix d'un esclave (voir Ex 21.32). Dans l’allégorie, cette somme servait d’indemnité versée au berger lors de son renvoi (Za 11.9). Les auteurs des évangiles reconnaissent dans cet épisode un accomplissement prophétique de la trahison de Jésus par Judas, pour ce même montant (voir Mt 26.15 ; 27.9–10).
Jette-le au potier : certains spécialistes suggèrent qu'une guilde de potiers remplissait peut-être un rôle subalterne dans le service du temple, en raison du besoin constant de vases de terre pour le service cultuel (voir Lv 6.28). D'autres remarquent la proximité phonétique entre potier (hébreu yotser) et trésor (’otsar), ce qui explique pourquoi on peut lire dans la version syriaque « dans le trésor » (voir Mt 27.6, 10 ; cf. Jr 32.6–9). La version grecque de l’Ancien Testament traduit quant à elle cette phrase par « jette-le dans le four », ce qui pourrait indiquer que l’argent a été fondu et refondu pour produire un vase d’argent destiné à un usage rituel dans le temple. • Les trente sicles d’argent représentaient une somme significative : l’équivalent d’environ deux années de salaire pour un ouvrier moyen.
Le pasteur insensé symbolise les chefs corrompus et négligents, par opposition directe au bon berger (cf. Ez 34.7–16).
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Zacharie 11.16
L'expression « il déchirera jusqu’aux cornes de leurs pieds » est une image hébraïque forte décrivant une recherche acharnée et vorace du moindre reste de chair sur une carcasse, illustrant une exploitation extrême et sans scrupule (voir Mi 3.3).
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Zacharie 11.17
Cette prophétie de malheur prend la forme d’une malédiction poétique contre le pasteur insensé qui a abandonné son troupeau. Le bras et l’œil droit symbolisent les capacités d’action et de discernement du pasteur. La paralysie et la cécité expriment sa totale inutilité, marquant la fin de son autorité fondée sur l’égoïsme et l’opportunisme.