Hérésie
Le mot « hérésie » vient du grec hairesis, qui signifie « choix ». À l'origine et à l'époque du Nouveau Testament (NT), ce mot n'a pas le sens négatif qu'il a aujourd'hui de doctrine condamnée car étant contraire aux normes établies.
Dans le NT, le mot hairesis désigne un groupe comme un parti ou une faction. Par exemple, les sadducéens étaient un des partis religieux du judaïsme, tout comme les pharisiens (Ac 5.17 ; 15.5). Les premiers disciples de Jésus ont été appelés « la secte des Nazaréens » (Ac 24.5). Dans chacun de ces versets, hairesis signifie simplement un groupe religieux. Paul a repris les croyants de Corinthe, parmi lesquels il y avait plusieurs factions ou sectes (1Co 11.19).
Pierre utilise le terme pour désigner des enseignements s'opposant aux vérités enseignées par les apôtres (2P 2.1). Plus tard, le mot hérésie en est venu à signifier un enseignement qui s'écarte de la norme et pousse les gens à quitter l'orthodoxie (les croyances traditionnelles et établies). C'est ainsi que le terme hérésie est généralement compris aujourd'hui. Il désigne un enseignement erroné qui nuit à la foi de certains chrétiens et crée des divisions au sein de l'Église.
Les deux premières hérésies
Deux grandes hérésies ont commencé à se manifester au temps du NT : le gnosticisme et le docétisme.
Le gnosticisme
Le gnosticisme prétendait détenir une connaissance supérieure et des secrets spirituels seulement disponibles aux initiés. De nombreux gnostiques croyaient en une hiérarchie d'êtres spirituels. Au sommet se trouvait un dieu éternel, d'où émanait une série d'êtres spirituels inférieurs. Parmi ceux-ci se trouvait le dieu créateur, considéré comme maléfique. Ce dieu créateur avait créé le monde physique, y compris les êtres humains.
Tout comme l'avait enseigné le philosophe grec Platon, ces gnostiques croyaient que tout ce qui était physique était mauvais. Cependant, il existait un domaine spirituel, qui était considéré plus « réel ». Leur objectif était de trouver la « semence » spirituelle en eux-mêmes au travers de la connaissance supérieure et secrète (appelée en grec, gnōsis).
Cette connaissance les aiderait à quitter le monde physique et à rejoindre le royaume spirituel. Cette croyance a produit différentes façons de se comporter en relation au monde physique. Pour certains gnostiques, il fallait éviter tout plaisir physique, puisqu'il appartenait au domaine physique mauvais. D'autres gnostiques se livraient librement au plaisir physique car selon eux, le monde physique n'avait pas vraiment d'importance.
Le gnosticisme s'est développé en combinant des éléments du christianisme avec des éléments de philosophie grecque. Cette secte mettait l'accent sur la connaissance supérieure réservée aux initiés et modifiait les croyances et pratiques chrétiennes apostoliques. Les gnostiques incluaient souvent Christ dans leurs croyances. Ils le considéraient comme l'une des nombreuses « émanations » provenant de l'être suprême. De nombreux gnostiques croyaient que Christ avait enseigné à certains disciples de trouver leur « étincelle » divine intérieure et de se connecter au royaume spirituel.
De nombreux écrits chrétiens des deux premiers siècles ont réfuté ces faux enseignements gnostiques.
Le docétisme
Le docétisme était un type de gnosticisme. Il enseignait que Christ a seulement semblé avoir un corps humain et être né, mort et ressuscité physiquement. Le nom de la secte vient du verbe grec dokeō, qui signifie « sembler » ou « paraître ».
Un des premiers docétistes, du nom de Cérinthe, prétendait que le « Christ » spirituel s'était uni au Jésus humain lors de son baptême. Il est resté avec lui pendant tout son ministère, mais est parti avant qu'il ne souffre et ne meure. Cette doctrine avait pour but de maintenir que la divinité de Dieu n'avait pas été souillée par la nature humaine de Jésus. Selon la tradition de l'Église primitive, l'apôtre Jean était très opposé aux enseignements de Cérinthe (voir Irénée, Contre les hérésies 3.3.4 ; voir aussi 1 Jn 5.5–8 ; 2 Jn 1.7).
Contrairement aux doctrines des docétistes, la Bible enseigne l'Incarnation. Dieu le Fils est devenu un véritable être humain de chair et de sang en la personne de Jésus de Nazareth. Jésus était tout aussi véritablement Dieu qu'homme. Il est devenu un être de chair et de sang afin de pouvoir sauver l'humanité par sa propre chair et son propre sang.
Ignace était un élève de l'apôtre Jean et, plus tard, est devenu évêque d'Antioche. Il a écrit des lettres contre le docétisme. Ignace a été la première personne après les auteurs du NT à mentionner que Jésus était né d'une vierge. Il a également rappelé que les apôtres avaient touché le corps de leur Seigneur ressuscité. Le fait que Jésus-Christ était physiquement mort sur la croix et ressuscité a donné à Ignace le courage d'affronter la possibilité de mourir pour lui en martyre.
Passages pour une étude approfondie
Actes 8.9–24 ; 2 Corinthiens 11.1–15 ; Colossiens 1.23 ; 2.6–23 ; 1 Timothée 6.20 ; 2 Pierre 2.1–22 ; 1 Jean 4.2–3 ; 5.5–8 ; 2 Jean 1.7–11 ; 3 Jean 1.9–12 ; Apocalypse 2.2, 14–16, 20–25