Personne n’aime être sur le chemin d’un désastre imminent, et la menace d’une invasion ennemie n’est agréable pour personne. Dieu peut-il protéger dans de telles circonstances ? Jugera-t-il les mauvaises personnes ? La réponse de Nahum est un oui clair. Sa prophétie nous assure que Dieu contrôle toujours l’histoire de la terre. Ses messages sont un avertissement pour les oppresseurs et un réconfort pour les opprimés.
Contexte
À l’époque de Nahum, le royaume de Juda risque de disparaître sous une grande superpuissance, l’empire assyrien. Depuis Ninive, la capitale, le grand roi Osnappar (668–626 av. J.‑C.) mène la puissance assyrienne à son apogée. Sa puissance militaire et son influence culturelle s’étendaient sur toute la région de l’ancien Proche-Orient. Même la vieille ville de Thèbes avait fait l’expérience de la puissance du conquérant (3.8–10).
Ces circonstances n’étaient guère encourageantes pour Nahum et le peuple de Juda. Israël, le royaume similaire au nord, était déjà tombé aux mains des Assyriens en 722 av. J.‑C., et Juda faisait maintenant face au même ennemi impérial. Pour aggraver les choses, Osnappar avait récemment capturé le roi de Juda, le méchant Manassé (697–642 av. J.‑C.), et l’avait emmené à Babylone (2Ch 33.10–11). Après sa libération de captivité, Manassé, qui s’est repenti (2Ch 33.12–17), tente de réparer ses erreurs (2R 21.1–18 ; 2Ch 33.1–9). Malgré ses efforts, ses mauvaises actions antérieures affectaient encore le pays. Le malheur planait sur le peuple de Dieu. Ainsi, les messages prophétiques de Nahum sur la chute de Ninive et l’espoir pour l’avenir de Juda sont arrivés au bon moment.
Les graines de la chute de l’Assyrie étaient déjà semées à l’époque de Nahum. Après que le roi Osnappar a repoussé une forte coalition d’ennemis à l’ouest et résisté au défi de son frère pour le trône, il s’est consacré à des activités littéraires et artistiques. Les affaires d’État ont ralenti, et l’Assyrie est devenue de plus en plus faible. Après la mort d’Osnappar (626 av. J.‑C.), les grandes villes de l’Assyrie sont tombées l’une après l’autre aux mains des envahisseurs étrangers. Puis l’impensable s’est produit : Ninive elle-même est tombée en 612 av. J.‑C., comme Nahum l’avait prédit.
Résumé
Nahum commence sa prophétie en décrivant la puissance de Dieu dans deux passages poétiques saisissants, aux versets 1.2–6 et 1.7–11. Ces poèmes illustrent le jugement souverain de Dieu contre la méchanceté, et sa bonté envers ceux qui placent leur confiance en lui. Les premiers versets assurent que Dieu administrera sa justice de manière équitable.
Nahum explique ensuite ce que signifie la justice souveraine de Dieu au cours de l’histoire (1.12–15). Aucune nation n’est assez grande pour ne pas payer pour ses mauvaises actions, et Dieu est conscient de la situation des opprimés. Le prophète assure au peuple de Juda qu’il vivra bientôt dans d’autres circonstances. La paix et la stabilité reviendront, et le peuple de Dieu pourra jouir du culte ininterrompu de Dieu.
Après avoir prédit le siège de Ninive et le retour des conditions normales dans Juda (2.1–2), Nahum décrit la chute de la capitale assyrienne dans deux descriptions poignantes (2.3–10 ; 3.1–7). Entre les deux récits, Nahum contemple la destruction de Ninive dans une brève chanson moqueuse. Avec une satire mordante, il déclare l’intention de Dieu de mettre fin à la cupidité de la fière Ninive (2.11–13).
Nahum développe sa deuxième description de la chute de Ninive par une autre satire de la ville. Ninive n’est pas plus défendable que la capitale de l’Égypte, Thèbes (3.8–13), détruite par l’Assyrie. Nahum termine sa prophétie par une satire (3.14–19). Il ressent le désespoir de la situation de Ninive et se moque des citoyens de la ville en les encourageant à rassembler toutes leurs ressources pour se défendre. Bien sûr, cela ne sert à rien, car Ninive sera fatalement touchée sans personne pour l’aider ou même pleurer sa disparition.
Auteur
Les maigres informations disponibles dans ses écrits mises à part, nous ne savons rien de Nahum, auteur de cette courte prophétie. Dans le texte hébreu, il est identifié comme « Nahum d’Elkosch » (1.1). Le nom Elkosch peut désigner son clan, mais il peut aussi s’agir de sa ville natale, probablement située dans le sud-ouest de Juda. Les détails du livre montrent qu’il connaissait bien la ville de Ninive.
Date
Nahum mentionne la chute de Thèbes (663 av. J.‑C. ; 3.10) et prédit la chute de Ninive en 612 av. J.‑C. Par conséquent, Nahum a annoncé ces prophéties entre 663 et 612 av. J.‑C. Le moment exact de ses déclarations au cours de cette période est discutable : il peut se situer vers la fin du règne de Manassé (vers 648–645 av. J.‑C.), peut-être lors des tentatives de réformes de Manassé après sa libération de la captivité assyrienne (2Ch 33.12–16), ou plus tard, pendant la première partie ou au milieu du règne du roi juste Josias (640–609 av. J.‑C.).
Signification et message
Aucun empire, aussi grand soit-il, n’échappe au regard de Dieu. Tôt ou tard, tous doivent rendre compte de leurs actions au Seigneur. La réalité de la justice vertueuse et souveraine de Dieu se manifeste dans le jugement prédit de Ninive et de l’Assyrie. Il contrôle tout être humain et toute chose sur terre, et il se soucie de toutes les victimes, à travers la guerre ou une autre forme d’oppression. Les personnes accablées peuvent être sûres que la justice divine triomphera en fin de compte.
Dieu est lent à la colère (1.3), et son peuple doit être patient. L’assurance que ce Seigneur bon et attentionné (1.7) a un but précis pour son peuple (2.2) les encourage à mener une vie de foi et de confiance. Derrière le ton menaçant du livre se trouve la bonne nouvelle de l’espoir (1.15). Le prophète prédit un jour à venir où le peuple de Dieu l’adorera à nouveau dans une paix et une joie extraordinaires. Il sera enfin libéré de ceux qui voudraient lui enlever sa liberté.
Les auteurs postérieurs des Écritures ont trouvé dans la bonne nouvelle de Nahum une promesse de la bonne nouvelle du Christ (Rm 10.15 ; voir aussi Es 52.7), qui offre l’opportunité de la délivrance du péché. Savoir que l’infidèle fait face à un destin encore plus terrible que celui de la ville déchue de Ninive incite à un effort missionnaire pour porter la bonne nouvelle du salut et de la vie éternelle à travers le Christ à un monde à l’agonie.