Michée Introduction approfondie

Le jugement de Dieu s’abattait sur les faux prophètes, les chefs égarés d’Israël et les riches qui opprimaient les pauvres. L’accusation de Dieu contre son peuple a entraîné leur ruine, mais après la ruine viendra la restauration. À travers Michée, l’Esprit de Dieu a transmis un puissant message d’espoir pour l’avenir d’Israël. Le Seigneur a promis de sauver le reste d’Israël : ils retourneront dans leur pays en tant que peuple de l’alliance renouvelée de Dieu. Il a promis de soumettre leurs ennemis et d’envoyer son souverain de Bethléem. Michée s’exclame simplement mais puissamment qu’aucun Dieu n’est comme le Seigneur.

Contexte

Michée a délivré ses prophéties pendant les règnes des rois du sud Jotham (750–732 av. J.‑C.), Achaz (743–715 av. J.‑C.) et Ézéchias (728–686 av. J.‑C.), dont les règnes ont été relativement longs. À cette époque, Israël et Juda sont touchés par la corruption morale et religieuse, l’oppression sociale, les intrigues politiques, l’injustice économique, les vices personnels, la tromperie et la trahison.

Jotham était un roi modérément bon, mais il n’a pas supprimé les hauts lieux où le culte illicite des idoles rivalisait avec le culte approprié de Dieu au Temple de Jérusalem. Comme le Seigneur n’était pas entièrement satisfait du règne de Jotham, il a suscité le roi Retsin d’Aram (dont la capitale était Damas) et le roi Pékach d’Israël pour opprimer Juda (2R 15.32–38).

Achaz, fils de Jotham, a suivi les mauvaises voies des rois du nord d’Israël. Il s’est engagé dans des pratiques interdites, dont le sacrifice d’enfants, le fait de brûler d’encens païen et le culte de la fertilité (2R 16.1–4). Lorsque les Édomites et les Philistins se sont installés dans les régions du sud de la Palestine conquises par Retsin et Pékach (2R 16.5–6 ; 2Ch 28.18), Achaz a conclu une alliance avec le roi assyrien Teglath-Phalasar III (744–727 av. J.‑C.) en prenant l’or du Temple et des trésors royaux pour payer le tribut aux Assyriens (2R 16.7–9). Achaz a corrompu le culte de Juda en introduisant des autels païens à Jérusalem (2R 16.10–13), et il a fait obstacle au culte du Seigneur (2R 16.14–20).

Contrairement à son père Achaz, Ézéchias était un roi juste. Il a été témoin de la chute de Samarie (722 av. J.‑C.) aux mains des Assyriens sous Salmanasar V (726–722 av. J.‑C.) et Sargon II (721–705 av. J.‑C.). Pendant son règne, en 701 av. J.‑C., Dieu a délivré Jérusalem de la destruction par le roi Sanchérib d’Assyrie (704–681 av. J.‑C.), mais ce dernier a tout de même détruit environ quarante-six villes en Israël et Juda (2R 18.1–19.37). Dieu a également guéri Ézéchias d’une maladie grave. Cependant, celui-ci a imprudemment reçu des envoyés du roi babylonien Berodac-Baladan, qui cherchait une alliance avec lui contre l’Assyrie (2R 20.12–21).

Au cours des premières années de cette période, avant la destruction de Samarie, les rois du nord d’Israël sont Pékach (752–732 av. J.‑C.) et Osée (732–722 av. J.‑C.). Sous ces deux rois, Israël s’éloigne davantage des voies de Jéroboam I, qui avait poussé Israël à se détourner de Dieu (2R 15.28). Pendant le règne de Pékach, des communautés du nord d’Israël ont été emmenées en captivité (2R 15.29). Osée assassine Pékach, puis règne jusqu’à la chute de Samarie en 722 av. J.‑C. (2R 15.30–31 ; 17.6).

Comme Michée l’avait prédit, le royaume du nord d’Israël est détruit et son peuple emmené en exil. Osée s’est révolté contre l’Assyrie et a demandé l’aide de l’Égypte, mais lorsque Salmanasar V a entendu parler de sa trahison, il a assiégé Samarie, l’a capturée et l’a détruite en 722 av. J.‑C. après un siège de trois ans. Osée a été emprisonné, les Israélites dispersés parmi les provinces assyriennes et les royaumes vassaux (2R 17.5–6), et des gens de diverses nations amenés dans le pays détruit d’Israël pour y vivre (2R 17.24–41). Le faux culte d’Israël a conduit à sa destruction et à son rejet par le Seigneur.

Résumé

Après la suscription (1.1), chacune des trois sections commence par appeler Israël à « écouter » (1.2–2.13 ; 3.1–5.15 ; 6.1–7.6). Le jugement est prononcé par le Seigneur à travers les prophéties de Michée contre Samarie, Jérusalem, les riches, les corrompus, les faux prophètes, les chefs oppressifs et d’autres nations. Le peuple d’Israël n’a pas suivi les voies de Dieu et n’a pas répondu aux messages qu’il leur avait donnés. L’accusation du Seigneur était irréfutable : Israël sera ruiné et ira en exil.

Cependant, le message de jugement de Michée est entrecoupé de paroles d’espoir (voir 2.12–13 ; 4.1–8, 13 ; 5.2–15 ; 7.7–20). À la fin, le jugement sera remplacé par la grâce du Seigneur, son amour infaillible, sa fidélité, son pardon, sa clémence et sa compassion. Israël sera restauré et renouvelé, et Dieu tiendra ses promesses faites à Abraham et Jacob.

Auteur et date

Michée vient de Morésheth, une ville située à environ vingt et un miles (trente-cinq kilomètres) au sud-ouest de Jérusalem. Des passages tels que les versets 4.6–8 et 7.8–20 suggèrent qu’un éditeur postérieur a complété l’écriture du livre au début de la période post-exil (538–458 av. J.‑C.). Cette conclusion n’est cependant pas essentielle. Le prophète Michée n’est pas le seul prophète avant l’exil à prédire un retour (voir Es 52.4–12 ; Os 11.10–11 ; Am 9.11–15).

Le langage figuré de Michée pour décrire les événements compromet la détermination des circonstances exactes qui se déroulent lorsqu’il prophétise et écrit. Certaines prophéties de Michée ont probablement été annoncées avant la destruction de Samarie en 722 av. J.‑C. (voir Mi 1.1, ; 6.16). La marche assyrienne en Israël et Juda en 701 av. J.‑C. est décrite aux versets 1.10–15. La prédiction de Michée concernant la chute de Jérusalem (3.12) a été annoncée pendant le règne d’Ézéchias (728–686 av. J.‑C.) et est mentionnée postérieurement par Jérémie (Jr 26.16–19). Le ministère de Michée semble donc avoir coïncidé étroitement avec celui d’Ésaïe ; la similitude des versets Es 2.2–5 et Mi 4.1–4 soutient cette information.

Signification et message

Le message de Michée est clair : les plans de Dieu pour son peuple prévaudront, et les nations connaîtront Dieu à travers son peuple Israël et son souverain choisi (5.2). Les promesses fidèles du Seigneur à Abraham et Jacob seront réalisées.

Tout comme Ésaïe, Michée a proclamé que l’espoir d’Israël ne se trouve pas dans le fait d’échapper au jugement, mais qu’il leur sera donné à travers le jugement. Le peuple est devenu si corrompu que son seul espoir pour un avenir prolongé passe par les feux du jugement. C’était un concept très difficile à saisir pour le peuple d’Israël.

Le but de Dieu est d'avoir un peuple spécial d'une intégrité et d'une excellence morales et spirituelles sans pareilles. Dieu n’acceptera rien de moins, mais seules ses actions en faveur de son peuple peuvent leur inspirer la vertu (voir 2P 3.13). De nombreuses années après Michée, Dieu enverra un « chef d’Israël », né à Bethléem, pour guider son troupeau et apporter la paix à son peuple (voir Mi 5.2–5).