Le Lévitique permettait à l’ancien Israël de vivre en relation avec un Dieu saint. Mais maintenant que le Christ est venu en tant que grand prêtre et sacrifice ultime, accomplissant ainsi de nombreuses lois lévitiques, quelle est, pour nous aujourd’hui, la pertinence des lois relatives au culte de l’ancien Israël, avec ses prêtres et ses sacrifices d’animaux ? Le Lévitique approfondit notre compréhension de la sainteté de Dieu. L’exigence divine demeure inchangée pour ceux qui le connaissent : « Car je suis l’Éternel, votre Dieu ; … vous serez saints, car je suis saint » (Lv 11.44–45 ; 1P 1.15–16).
Contexte
Le Lévitique s’inscrit dans la continuité du récit de la rédemption, amorcé par les promesses faites à Abraham (Gn 12, 15, 17) et la libération des Israélites de l’esclavage en Égypte (Ex 1–15). Le Lévitique se déroule au pied du mont Sinaï, avant que les Israélites ne commencent leur errance dans le désert ou n’entrent en Terre promise. Dieu avait déjà scellé son alliance avec eux, les désignant comme son trésor précieux, son sacerdoce royal et son peuple élu (Ex 19.5–6). Le peuple d’Israël avait reçu les Dix Commandements (Ex 20.1–17), les plans pour le Tabernacle (Ex 25–27 ; 30.1–38), et les instructions concernant l’institution du sacerdoce (Ex 28–29). Le Tabernacle avait été achevé et consacré (Ex 35–40). Désormais, dans le Lévitique, Dieu s’adresse à Moïse au sujet de sa propre nature sainte et lui transmet des instructions précises sur le culte et la conduite appropriée à tenir par Israël en tant que peuple de son alliance.
Résumé
Les instructions du Lévitique portent principalement sur les fonctions et les responsabilités de la tribu sacerdotale de Lévi, en particulier de celles du grand prêtre (voir Ex 28 ; Nb 3.44–4.49). Elles comprennent les instructions de Dieu concernant le Tabernacle, le sacerdoce, les sacrifices, les jours saints et la pureté cérémonielle. Trois grands thèmes traversent l’ensemble du Lévitique : la sainteté de Dieu, ce qui est convenable dans l’adoration d’un Dieu saint, et la manière dont Israël devait vivre dans la sainteté pour rester en relation avec lui.
Une relation appropriée avec Dieu commence par la connaissance de qui est Dieu et la compréhension de sa nature. Cependant, les esprits humains finis ne peuvent pas pleinement comprendre Dieu, l’Éternel. Pire encore, si nous nous fions à notre propre intuition, nous nous mettons inévitablement à adorer des idoles plutôt que le vrai Dieu. Dans le Lévitique, Dieu révèle gracieusement sa sainteté de manière tangible et instruit son peuple sur la manière convenable de l’adorer. Chaque sacrifice et jour saint enseigne aux Israélites qui est Dieu et ce qu’il exige d’eux.
Dieu appelle Israël à le connaître et à l’aimer (voir Dt 6.5 ; 11.1). En réponse, le peuple est aussi appelé à s’aimer et à se servir mutuellement (19.18, 33–34). Les rites et les prescriptions du Lévitique enseignent aux Israélites comment incarner cet amour et ce service, tant sur le plan individuel que collectif, en tant que nation.
Auteur
Certains spécialistes estiment que le Lévitique a été rédigé pendant l’exil à Babylone (vers 586–539 av. J.-C.), bien après l’époque de Moïse. Toutefois, cette hypothèse ne parvient pas à expliquer pourquoi, durant l’Exil, un judaïsme de plus en plus centré sur le rabbinat et la synagogue s’intéressait encore à la prêtrise et au Tabernacle. De plus, elle ne rend pas compte du culte israélite antérieur à l’Exil, à l’exception de la liturgie contenue ou sous-entendue dans les Psaumes.
Il est probable que Moïse a écrit le Lévitique pendant la période où Israël se trouvait dans le désert après l’Exode. Tant la tradition juive que l’Église chrétienne primitive attribuent la rédaction du Lévitique à Moïse. Élevé à la cour du roi d’Égypte, Moïse devait savoir lire, écrire et calculer (voir Ac 7.20–22) et était tout à fait capable de rédiger le Lévitique. Le livre commence et se termine par des déclarations affirmant que le contenu du Lévitique a été donné à Israël par Dieu à travers Moïse (1.1–2 ; 27.34). Le Lévitique décrit à plusieurs reprises comment Moïse a reçu les instructions du Seigneur (par exemple aux versets 4.1 ; 5.14 ; 6.1, 8, 19, 24 ; 7.22, 28 ; 8.1) et les a mises en œuvre (8.4–10.20). L’Ancien Testament présente souvent Moïse comme l’auteur du Pentateuque (Genèse-Deutéronome ; voir Jos 8.31–32 ; 23.6 ; 1R 2.3 ; 2R 14.6 ; 23.25 ; 2Ch 23.1 8 ; 30.16 ; Esd 3.2 ; 7.6 ; Né 8.1 ; Dn 9.11–13). Le Nouveau Testament en fait de même (Mt 19.7–8 ; Lc 2.22 ; 24.44 ; Jn 7.19, 23 ; Rm 10.5 ; 1Co 9.9 ; Hé 10.28). Voir aussi Introduction au Livre de la Genèse, « Auteur ».
Signification et message
Bien qu’il appartienne à une époque et une culture anciennes, le Lévitique transmet un message intemporel et vibrant : Dieu est saint, et il attend de son peuple, qu’il a sauvé, qu’il soit saint comme lui. La sainteté de Dieu et sa rédemption pleine de grâce sont à la fois la fondation et la motivation de la sainteté de son peuple. (11.44–45).
Les prêtres se tenaient entre Dieu et le peuple en tant que médiateurs de l’alliance. Ils interprétaient ce qui était sacré et la manière dont la sainteté devait être exprimée au sein de la communauté. Les sacrifices d’expiation permettaient au peuple d’obtenir le pardon de ses péchés et de se réconcilier avec Dieu (expiation). Les sacrifices non expiatoires célébraient la relation du peuple avec Dieu à travers des offrandes et des repas partagés. Tandis que les nations voisines offraient des sacrifices à leurs dieux pour les apaiser et obtenir leur faveur, le culte d’Israël ne visait pas à manipuler Dieu. Au contraire, il avait pour but de préparer et de purifier le peuple afin qu’il puisse s’approcher de Dieu. Chaque loi, cérémonie et jour saint enseignait que Dieu est saint et qu’il attend de son peuple qu’il soit également saint (Lv 11.44–45 ; 19.2 ; voir 1Co 3.17 ; 1P 1.15).
Le pardon des péchés et la réconciliation avec Dieu sont directement liés à la manière dont les gens se traitent les uns les autres. La préoccupation pour la justice sociale imprègne le Lévitique, qui énonce des obligations envers son prochain, les pauvres et les étrangers. Dieu attend de ceux qui sont en alliance avec lui qu’ils s’aiment les uns les autres comme une expression de son amour (cf. Mt 22.39 ; Mc 12.31 ; Lc 10.27 ; Rm 13.9 ; Ga 5.14 ; Jc 2.8).