Jean 18LSG

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Jésus franchit la vallée du Cédron, vallée aride...
  • Jésus franchit la vallée du Cédron, vallée aride (wadi) à l'extérieur des remparts de Jérusalem, à l'est de la ville.
  • Le jardin de Gethsémané (Mc 14.32) était une plantation d'oliviers qui poussait le long du mont des Oliviers (gath shemaney signifie "presse à olives" en araméen). Jésus aimait cet endroit et y priait souvent (voir Jn 8.1 ; Lc 21.37 ; 22.39).
Après avoir fini ses adieux dans la chambre...

Après avoir fini ses adieux dans la chambre haute (13.31–17.26), Jésus s'est installé dans un jardin situé à l'est de Jérusalem pour prier. C'est là qu'il a été arrêté, conduit dans la ville sous surveillance et interrogé par les chefs juifs. L'heure fatidique à laquelle Jésus fait référence à plusieurs reprises tout au long de l'Évangile (voir 2.4 ; voir aussi note d'étude sur 12.23) est maintenant imminente.

1Lorsqu’il eut dit ces choses, Jésus alla avec ses disciples de l’autre côté du torrent du Cédron, où se trouvait un jardin, dans lequel il entra, lui et ses disciples.

2Judas, qui le livrait, connaissait ce lieu, parce que Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis.

3Judas donc, ayant pris la cohorte, et des huissiers qu’envoyèrent les principaux sacrificateurs et les pharisiens, vint là avec des lanternes, des flambeaux et des armes.

4Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver, s’avança, et leur dit: Qui cherchez-vous?

5Ils lui répondirent: Jésus de Nazareth. Jésus leur dit: C’est moi. Et Judas, qui le livrait, était avec eux.

6Lorsque Jésus leur eut dit: C’est moi, ils reculèrent et tombèrent par terre.

7Il leur demanda de nouveau: Qui cherchez-vous? Et ils dirent: Jésus de Nazareth.

8Jésus répondit: Je vous ai dit que c’est moi. Si donc c’est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci.

9Il dit cela, afin que s’accomplît la parole qu’il avait dite: Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés.

Simon Pierre a tiré une courte épée ou...
  • Simon Pierre a tiré une courte épée ou un long couteau, qui était habituellement portée avec des vêtements du quotidien.
  • Malchus est un nom hébreu qui signifie "roi", un détail que Jean aurait pu intégrer pour faire un jeu de mots sur l'identité réelle de Jésus (voir 18.36–37 ; 19.19)
  • En demandant à Pierre de remettre son épée à sa place, Jésus montre que sa mission n'était pas de se battre pour conserver sa vie, mais de mourir pour la nôtre.

10Simon Pierre, qui avait une épée, la tira, frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui coupa l’oreille droite. Ce serviteur s’appelait Malchus.

11Jésus dit à Pierre: Remets ton épée dans le fourreau. Ne boirai-je pas la coupe que le Père m’a donnée à boire?

Les soldats ont attaché Jésus et l'ont ramené...
  • Les soldats ont attaché Jésus et l'ont ramené à Jérusalem.
  • Ils l'ont d'abord emmené chez Anne, qui avait été grand prêtre et était resté très influent (cinq de ses fils sont également devenus grands prêtres). Caïphe, son gendre, était le grand prêtre officiel à ce moment-là (voir 18.24).

12La cohorte, le tribun, et les huissiers des Juifs, se saisirent alors de Jésus, et le lièrent.

13Ils l’emmenèrent d’abord chez Anne; car il était le beau-père de Caïphe, qui était souverain sacrificateur cette année-là.

14Et Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs: Il est avantageux qu’un seul homme meure pour le peuple.

15Simon Pierre, avec un autre disciple, suivait Jésus. Ce disciple était connu du souverain sacrificateur, et il entra avec Jésus dans la cour du souverain sacrificateur;

Alors que Jésus est interrogé par Anne (18.12–14,...

Alors que Jésus est interrogé par Anne (18.12–14, 19–24), la femme qui surveillait la porte a demandé à Pierre s'il était l'un des disciples de cet homme. Contrairement à Jésus qui a fait face à ses interlocuteurs et n'a rien nié, Pierre a rapidement nié tout lien avec Jésus à trois reprises (18.17, 25, 27).

16mais Pierre resta dehors près de la porte. L’autre disciple, qui était connu du souverain sacrificateur, sortit, parla à la portière, et fit entrer Pierre.

17Alors la servante, la portière, dit à Pierre: Toi aussi, n’es-tu pas des disciples de cet homme? Il dit: Je n’en suis point.

18Les serviteurs et les huissiers, qui étaient là, avaient allumé un brasier, car il faisait froid, et ils se chauffaient. Pierre se tenait avec eux, et se chauffait.

19Le souverain sacrificateur interrogea Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine.

La réponse cinglante de Jésus, rappelant à Anne...

La réponse cinglante de Jésus, rappelant à Anne que tous les faits étaient publics, a dévoilé la tentative du prêtre d'imiter la pratique romaine.

20Jésus lui répondit: J’ai parlé ouvertement au monde; j’ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple, où tous les Juifs s’assemblent, et je n’ai rien dit en secret.

21Pourquoi m’interroges-tu? Interroge sur ce que je leur ai dit ceux qui m’ont entendu; voici, ceux-là savent ce que j’ai dit.

Lorsque Jésus a rappelé à Anne la procédure...

Lorsque Jésus a rappelé à Anne la procédure judiciaire correcte, l'un des gardes du Temple a considéré cela comme de l'insolence et l'a giflé. Cependant, Jésus connaissait la loi et la défendait fidèlement. Aucun témoin ne l'accusait et aucune preuve n'était présentée.

22A ces mots, un des huissiers, qui se trouvait là, donna un soufflet à Jésus, en disant: Est-ce ainsi que tu réponds au souverain sacrificateur?

23Jésus lui dit: Si j’ai mal parlé, fais voir ce que j’ai dit de mal; et si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu?

24Anne l’envoya lié à Caïphe, le souverain sacrificateur.

Les trois reniements de Pierre sont rappelés plus...

Les trois reniements de Pierre sont rappelés plus tard lorsque Jésus l'invite à trois reprises à réaffirmer son amour (21.15–17).

25Simon Pierre était là, et se chauffait. On lui dit: Toi aussi, n’es-tu pas de ses disciples? Il le nia, et dit: Je n’en suis point.

26Un des serviteurs du souverain sacrificateur, parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille, dit: Ne t’ai-je pas vu avec lui dans le jardin?

27Pierre le nia de nouveau. Et aussitôt le coq chanta.

28Ils conduisirent Jésus de chez Caïphe au prétoire: c’était le matin. Ils n’entrèrent point eux-mêmes dans le prétoire, afin de ne pas se souiller, et de pouvoir manger la Pâque.

29Pilate sortit donc pour aller à eux, et il dit: Quelle accusation portez-vous contre cet homme?

30Ils lui répondirent: Si ce n’était pas un malfaiteur, nous ne te l’aurions pas livré.

Pilate a trouvé les accusations insatisfaisantes et a...
  • Pilate a trouvé les accusations insatisfaisantes et a dit au Sanhédrin de juger Jésus selon sa propre loi. Il considérait qu'il s'agissait d'une querelle juive dont il refusait de se mêler. Cependant, les chefs juifs ont insisté sur la nécessité d'une exécution.
  • Ces événements ont permis l'accomplissement de la déclaration de Jésus sur la manière dont il allait mourir (voir 12.32–33). Les juifs auraient eu recours à la lapidation, et les Romains à la crucifixion. Si Pilate prononçait la sentence de Jésus, il serait crucifié.

31Sur quoi Pilate leur dit: Prenez-le vous-mêmes, et jugez-le selon votre loi. Les Juifs lui dirent: Il ne nous est pas permis de mettre personne à mort.

32C’était afin que s’accomplît la parole que Jésus avait dite, lorsqu’il indiqua de quelle mort il devait mourir.

33Pilate rentra dans le prétoire, appela Jésus, et lui dit: Es-tu le roi des Juifs?

La réponse de Jésus a forcé le gouverneur...

La réponse de Jésus a forcé le gouverneur à dévoiler le fondement de sa question. Les chefs du Temple étaient derrière ces accusations. Pilate voulait seulement savoir si Jésus était un rebelle susceptible de menacer les intérêts romains.

34Jésus répondit: Est-ce de toi-même que tu dis cela, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi?

35Pilate répondit: Moi, suis-je Juif? Ta nation et les principaux sacrificateurs t’ont livré à moi: qu’as-tu fait?

Jésus était prêt à accepter le titre de...

Jésus était prêt à accepter le titre de roi, mais il a bien précisé qu'il ne gouvernait pas un royaume terrestre susceptible de rivaliser avec Rome. La royauté de Jésus n'est pas de ce monde. Loin d'être un dirigeant politique, il règne grâce à la fidélité et l'obéissance de ses disciples.

36Mon royaume n’est pas de ce monde, répondit Jésus. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne fusse pas livré aux Juifs; mais maintenant mon royaume n’est point d’ici-bas.

37Pilate lui dit: Tu es donc roi? Jésus répondit: Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix.

La vérité n'était pas étrangère à Pilate, mais...
  • La vérité n'était pas étrangère à Pilate, mais il n'attendait pas de réponse à sa question car il ne croyait pas qu'il y en avait une.
  • Pilate est retourné vers les membres du conseil qui attendaient à l'extérieur et a rendu son verdict : non coupable. Bien qu'il ait qualifié Jésus de "roi des Juifs" (voir aussi 19.19), ce titre n'était rien d'autre pour lui qu'une expression moqueuse et méprisante. La proposition d'amnistie de Pilate révélait son désir de laisser partir Jésus.

38Pilate lui dit: Qu’est-ce que la vérité? Après avoir dit cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs, et il leur dit: Je ne trouve aucun crime en lui.

39Mais, comme c’est parmi vous une coutume que je vous relâche quelqu’un à la fête de Pâque, voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs?

40Alors de nouveau tous s’écrièrent: Non pas lui, mais Barabbas. Or, Barabbas était un brigand.