Galates Introduction approfondie

Une personne est-elle sauvée uniquement par la foi, ou par une alliance entre foi et œuvres ? Dans sa lettre aux Galates, Paul affirme que le salut vient uniquement par la foi. Il insiste également sur la liberté en Christ, nous invitant à vivre selon la puissance de l’Esprit, en comprenant que notre relation avec Dieu repose non pas sur nos actions, mais sur l’œuvre parfaite de Jésus-Christ. Ainsi, nous sommes totalement libres, non pas pour servir notre nature pécheresse, mais plutôt pour aimer et servir notre Seigneur et notre prochain.

Contexte

Lors du premier voyage missionnaire de Paul et Barnabas, ils quittent Antioche de Syrie et traversent le nord-est de la Méditerranée, passant par Chypre, franchissant les montagnes du Taurus en Pamphylie, et entrent dans le sud de la province romaine de Galatie. Là, Paul et Barnabas fondent des Églises à Antioche de Pisidie, Icone, Lystre et Derbe (Ac 13.13–14.28). Beaucoup croient en la Bonne Nouvelle, mais le message rencontre aussi opposition et persécution. Après cela, Paul et Barnabas retournent à Antioche de Syrie pour rapporter ce que Dieu a accompli et « comment il a ouvert aux nations la porte de la foi » (Ac 14.27).

Les résultats du ministère de Paul en Galatie et l’expérience de Pierre avec Corneille et sa famille à Césarée (voir Ac 10.1–48) ont montré de manière évidente que le salut était accessible aux Gentils tout autant qu’aux Juifs, sur la base de la foi en Jésus-Christ. Les Gentils n’avaient pas besoin de se convertir au judaïsme pour être pleinement intégrés dans la famille de Dieu. Il leur suffisait de placer leur foi en Jésus-Christ pour recevoir le salut.

Pourtant, dans la période qui précède le concile de Jérusalem (49 ou 50 ap. J.‑C. ; Ac 15.1–41), la controverse sur la relation entre Juifs et Gentils dans l’Église est devenue plus intense. Lorsque Pierre est revenu à Jérusalem après son travail novateur parmi les Gentils à Césarée, il a immédiatement été confronté aux critiques et aux pressions de ses compatriotes juifs qui s’opposaient à ce qu’il mange avec des païens incirconcis. Il a répondu en expliquant l’action de l’Esprit, ce qui a temporairement calmé les critiques (Ac 11.1–18).

Certains chrétiens juifs continuaient de croire que les Gentils devaient pratiquer le judaïsme pour être chrétiens. Ceux qui partageaient cette croyance sont souvent appelés « judaïsants ». Certains de ces judaïsants se sont rendus en Galatie et ont commencé à affirmer que l’enseignement de Paul sur la Bonne Nouvelle n’était pas adéquat. Ils ont dénigré le statut de Paul en tant qu’apôtre, déclarant qu’ils avaient appris la Bonne Nouvelle des « vrais » apôtres à Jérusalem. Ils ont affirmé que Paul avait modifié le message et que sa version de l’évangile n’avait jamais reçu l’approbation des apôtres. Les judaïsants soutenaient que l’évangile sans loi de Paul était incomplet, et ils affirmaient que le véritable évangile exigeait que les Gentils soient circoncis et observent d’autres aspects de la loi. C’est en grande partie pour répondre au défi lancé par les judaïsants que Paul a écrit sa lettre aux Galates.

Résumé

Après s’être brièvement présenté et avoir salué ses destinataires (Ga 1.1–5), Paul se lance directement dans sa thèse : la Bonne Nouvelle qu’il prêche est la seule vraie Bonne Nouvelle (1.6–7), il est un véritable apôtre du Christ (1.1, 1.10), et ses opposants subiront le jugement de Dieu pour leur faux message (1.8–9). Le reste de la lettre tourne autour de ces affirmations.

Paul démontre d’abord qu’il est un véritable apôtre du Christ, qui prêche la véritable Bonne Nouvelle (1.11–2.21). À cette fin, Paul rappelle aux Galates le genre de personne qu’il était autrefois (1.13–14) et raconte son expérience de conversion et l’appel qu’il a reçu de Dieu (1.15–16a). Paul a reçu la Bonne Nouvelle directement par révélation du Christ (1.11–12) et non pas par l’intermédiaire des autres apôtres à Jérusalem (1.16–24). Pourtant, les autres apôtres ont reconnu son apostolat et son message (2.1–10), et ils n’avaient rien à y ajouter ou à changer. De plus, Paul a montré son authenticité à un moment où Pierre et d’autres ont compromis la Bonne Nouvelle, en allant à l’encontre de leurs propres principes (2.11–21).

Paul affirme alors que sa présentation de la Bonne Nouvelle est conforme aux Écritures et véridique (3.1–5.12). Les Galates avaient expérimenté l’Esprit par la foi (3.1–5), de sorte que, comme tous ceux qui ont foi en Christ, ils connaîtront la même bénédiction qu’Abraham (3.6–9). En revanche, essayer d’être juste en respectant la loi n’apporte qu’une malédiction (3.10–12). Christ nous a sauvés de cette malédiction et a rendu la bénédiction de Dieu accessible à tous ceux qui ont foi en lui (3.13–14). La promesse de Dieu à Abraham montre que la promesse est donnée sur la base de la foi, et non de la loi (3.15–18). L’exigence de justice de Dieu a été satisfaite par le Christ, et non par l’observation de la loi, et ceux qui ont foi dans le Christ deviennent les bénéficiaires de la promesse faite par Dieu à Abraham.

Le but de la loi n’est pas de rendre les gens justes ni de faire d’eux les bénéficiaires des promesses de Dieu. Au contraire, elle apporte une prise de conscience du péché et oriente vers le Christ et la foi en lui (3.19–22). Maintenant que le Christ est venu, ceux qui ont foi en lui sont les enfants de Dieu et les héritiers de ses promesses (3.23–4.7). À la lumière de ce qui précède, le retour des Galates à la confiance en la loi est un terrible retour à l’esclavage (4.8–11), c’est pourquoi Paul les appelle personnellement à reconsidérer leur position (4.12–20). Il établit une analogie entre Agar et Sarah et l’ancienne et la nouvelle alliance, montrant que le Christ apporte la liberté et non l’esclavage (4.21–31). Le peuple de Dieu doit vivre dans la liberté (5.1), rejeter une dépendance à l’égard de l’obéissance à la loi pour le salut (5.2–4), et vivre par la foi (5.5–6), parce qu’un message de salut par la loi n’est pas de Dieu (5.7–12).

Enfin, Paul montre aux Galates que la liberté chrétienne n’est pas un permis de pécher, comme certains pourraient le prétendre. Au contraire, c’est le seul moyen de vaincre le péché, de vivre dans l’amour du Christ et d’expérimenter la puissance de l’Esprit (5.13–6.10). La liberté offre une occasion d’aimer plutôt que de pécher (5.13–15), et le seul moyen de surmonter le péché est de vivre par la puissance du Saint-Esprit (5.16–18). Vivre en s’appuyant sur des efforts humains ne peut pas triompher du péché, car la nature pécheresse ne génère que des actes pécheurs (5.19–21). En revanche, vivre dans la puissance du Saint-Esprit produit de bons fruits (5.22–23). Paul donne plusieurs exemples de la direction de l’Esprit dans la vie des enfants de Dieu (5.24–6.10).

Paul termine sa lettre par un post-scriptum de sa propre main (6.11–18). Il fait de nouveau appel à la croix du Christ, réitère son message central, accorde la miséricorde et la paix de Dieu à ceux qui suivent son enseignement, réaffirme son autorité apostolique et conclut par une bénédiction qui étend « la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ » aux destinataires de sa lettre.

Auteur

La lettre aux Galates a toujours été reconnue comme authentiquement écrite par Paul. Elle s’accorde bien avec le récit de sa mission dans les Actes et ses autres lettres, tout en reflétant le véritable conflit de Paul avec les chrétiens juifs qui tentaient d’imposer l’observance de la loi juive comme condition nécessaire de la foi chrétienne pour les Gentils. Bien que le message de Galates soit similaire à celui des Romains, cette lettre, plus ancienne, nous offre un aperçu des premières étapes de ce conflit intense et personnel. On y perçoit clairement l’attachement profond de Paul pour l’Église.

Destinataires

Certains spécialistes de la Bible pensent que Paul a écrit à un groupe ethnique appelé « Galates », qui vivait dans le centre-nord de l’Asie Mineure et était apparenté aux Gaulois et aux Celtes. D’autres pensent que les destinataires de la lettre de Paul étaient des groupes d’églises de la province romaine de Galatie, une région beaucoup plus vaste que la Galatie ethnique. La province romaine comprenait dans ses districts méridionaux un certain nombre de villes que Paul avait visitées lors de son premier voyage missionnaire (Antioche de Pisidie, Iconium, Lystre et Derbe).

Paul ne semble pas avoir passé beaucoup de temps dans la Galatie ethnique au nord (voir les références possibles dans Ac 16.6 ; 18.23), alors que nous avons des traces d’une activité missionnaire étendue et répétée par Paul dans la partie sud de la province romaine de Galatie (Ac 13.13–14.25 ; 16.1–5). Les éléments disponibles suggèrent que les Galates auxquels Paul a écrit cette lettre sont très probablement ceux que Paul a évangélisés lors de son premier voyage missionnaire.

Date

Paul a écrit la Lettre aux Galates soit peu avant le concile de Jérusalem (Ac 15.1–29) en 49 ou 50 après J.‑C., soit quelque temps après le concile, peut-être lors de son troisième voyage missionnaire (53–57 après J.‑C.).

Traditionnellement, les spécialistes considèrent que les versets 2.1–10 est la description par Paul du concile de Jérusalem. Cependant, un examen attentif révèle des différences sérieuses entre le chapitre 2 et Ac 15.1–41. Il est difficile de concilier le récit de Paul concernant ses deux visites à Jérusalem (2.1) avec le fait que le concile mentionné dans Ac 15.1–41 était en réalité sa troisième visite. Négliger de mentionner sa deuxième visite (Ac 11.30 ; 12.25) affaiblirait sérieusement l’argument de Paul selon lequel il n’a eu qu’un contact minimal avec les apôtres à Jérusalem. En outre, si cette lettre a été écrite après le concile, il serait difficile d’imaginer pourquoi Paul ne mentionne pas la décision du concile, qui aborde directement la question dans Galates. Après le concile, en effet, Paul a volontiers transmis la nouvelle de sa décision aux Églises qu’il a visitées (Ac 16.4). Il est donc difficile de croire que le récit des versets Ga 2.1–10 décrit le récit des versets Ac 15.1–41 et que la lettre aux Galates a été écrite après le concile à Jérusalem.

En revanche, il est relativement facile d’associer l’épisode évoqué dans les versets Ga 2.1–10 avec celui mentionné aux versets Ac 11.30 et 12.25. Cela laisse penser que Paul a écrit la lettre aux Galates peu avant le concile, peut-être en 48 ou 49 après J.‑C., juste au moment où la controverse sur la circoncision s’intensifiait dans l’Église (voir Ac 15.1–2).

Signification et message

Le problème survenu en Galatie était bien connu de l’Église du premier siècle, et il reste d’actualité dans l’Église d’aujourd’hui. Sommes-nous vraiment sauvés par l’œuvre de Jésus-Christ sur la croix, ou devons-nous faire quelque chose de plus ?

La lettre de Paul aux Galates proclame la plénitude de la Bonne Nouvelle : le salut est accessible à tous uniquement par la foi en le Seigneur Jésus-Christ, et non par l’observation de la loi. Elle souligne également l’unité du peuple de Dieu : il n’y a aucune division entre Juifs et Gentils, ni entre différentes catégories de personnes. Nous venons tous à Dieu et recevons la vie nouvelle par le même moyen : la foi en Christ. Galates met en avant notre liberté en Christ : nous accomplissons la loi du Christ non par nos efforts humains, mais en vivant dans la foi et l’amour, guidés par le Saint-Esprit. Enfin, la lettre insiste sur notre besoin de la grâce de Dieu, qui nous délivre de la malédiction du péché, nous accorde une nouvelle vie, nous donne le Saint-Esprit promis, et nous fait devenir enfants de Dieu, capables de vivre selon la loi d’amour du Christ.