travail, travailler, ouvrage

Activité de production de Dieu ou de l'être humain, ou labeur du métier de ce dernier.

La valeur du travail

Le point de vue positif de la Bible sur le travail repose fermement sur ce qu'elle enseigne sur Dieu. Contrairement à d'autres écrits religieux anciens, qui considèrent que la création était indigne de l'Être Suprême, la Bible décrit ouvertement Dieu comme travailleur de façon positive. L'univers est l'« ouvrage de ses mains » (Ps 8.3). Il a travaillé sa matière première comme un potier travaille de l'argile (Es 45.9). La complexité du développement d'un bébé dans le ventre de sa mère ainsi que l'immense et magnifique étendue du ciel démontrent son savoir-faire suprême (Ps 139.13–16 ; 19.1). Toute la création porte témoignage à sa sagesse (104.24). Le Créateur tout-puissant a même eu son jour de repos (Gn 2.2–3) et s'est satisfait du travail accompli en contemplant ses réalisations à la fin de la semaine (1.31).

Cette description biblique frappante d'un Dieu qui œuvre trouve sa meilleure expression dans l'incarnation de Jésus. L'« œuvre » que Jésus devait accomplir (Jn 4.34) était, bien sûr, sa mission unique de rédemption. Mais c'était aussi un ouvrier au sens ordinaire du terme. Ses contemporains le connaissaient comme « charpentier » ou « menuisier »(Mc 6.3). À l'époque du NT, la menuiserie et la charpenterie étaient des métiers assez physiques. Ainsi, le Jésus qui entre dans le temple et y renverse les tables et en chasse les vendeurs et leurs animaux (Jn 2.14–16), n'était pas un homme frêle et délicat, mais un ouvrier dont les mains avaient été durcies par des années de labeur avec la hache, la scie et le marteau. Le dur labeur physique n'était pas indigne du Fils de Dieu.

Ainsi, l'enseignement de la Bible sur le travail de Dieu montre que le travail une activité noble. Le récit de la création de l'humanité démontre aussi que le travail est l'activité normale de l'homme. « L'Éternel Dieu prit l'homme, et le plaça dans le jardin d'Éden pour le cultiver et pour le garder » (Gn 2.15). Le premier commandement de Dieu est de remplir et d'assujettir la terre (Gn 1.28), ce qui exige beaucoup de travail de l'homme et de la femme. De manière significative, l'être humain obéit toujours à ce commandement de leur Créateur lorsqu'il fait son travail quotidien, qu'il le reconnaisse ou pas. Le travail n'est pas arrivé dans le monde comme résultat direct de la chute de l'homme et du péché, mais le péché a rendu le travail pénible (Gn 3.17–19). Le travail fait partie du bon dessein de Dieu pour l'humanité dès l'aube de l'histoire et est aussi naturel pour l'être humain que le coucher de soleil l'est pour le jour (Ps 104.19–23).

Étant donné la noblesse et la normalité du travail, il n'est pas surprenant que l'Écriture condamne fermement l'oisiveté. « Va vers la fourmi, paresseux ; Considère ses voies, et deviens sage » (Pr 6.6). Paul est tout aussi direct : « Si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus » (2Th 3.10). Il s'est efforcé lui-même d'être un bon exemple dans ce domaine (Ac 20.33–35 ; 1Th 2.9). Ceux qui refusent de travailler, insiste-t-il, même pour des raisons spirituelles, ne donnent pas un bon témoignage aux non-chrétiens quand ils dépendant des autres pour payer leurs factures (1Th 4.11–12). Ceux qui gagnent leur vie, en revanche, se donnent aussi les moyens d'aider ceux qui sont dans le besoin (Ep 4.28).

La vocation

À l'époque biblique, les Grecs et les Romains classaient les métiers selon leur importance ou leur attrait. Le travail manuel routinier, par exemple, était considéré comme inférieur au travail exigeant une activité intellectuelle.

L'enseignement juif n'adhère pas du tout à une telle façon d'estimer les types de métiers. « Ne déteste pas le travail pénible, ni le travail des champs créé par le Très-Haut » dit l'enseignement de rabbins (Si 7.15). Même l'érudit se devait de consacrer une partie de son temps à du travail manuel. Quelques métiers, comme celui de tanneur (corroyeur), étaient considérés comme indésirables. L'Église primitive apprend rapidement à ne plus le traiter comme tabou (Ac 9.43). Il n'y aucune indication dans la Bible que certains emplois ont plus grande valeur que d'autres aux yeux de Dieu. Le Seigneur appelle des artisans à son service (Ex 31.1–11), tout autant que des prophètes (Es 6.8–9). Ainsi, Amos était cultivateur quand il a été appelé à prophétiser sans indication qu'il s'agissait là d'une promotion (Am 7.14–15). L'important n'était pas le type de métier, tant que celui-ci était honnête, mais la volonté d'obéir à l'appel de Dieu et de témoigner fidèlement de lui, dans n'importe quel métier.

La Bible tient un discours fort sur la relation entre employeur et employé. Les prophètes de l'Ancien Testament sont ceux qui dénoncent les abus le plus fortement. Dieu tient particulièrement à ce que ceux qui sont vulnérables obtiennent justice (Es 1.17 ; Mi 6.8). Ses porte-paroles proclament sa colère lorsque les employeurs exploitent leurs ouvriers et les privent de leurs salaires (Jr 22.13 ; Ml 3.5 ; voir aussi Jc 5.4). Le jeûne qui plaît à Dieu inclut de détacher les chaînes de la méchanceté, dénouer les liens de la servitude, renvoyer libres les opprimés et rompre toute espèce de joug (Es 58.6). Dans le contexte de l'époque, les opprimés étaient souvent des personnes en difficulté qui étaient obligés de se soumettre à la servitude pour survivre. Leur emploi était une sorte d'esclavage qui les rendait vulnérables à ceux qui y voyaient l'occasion de tirer profit d'eux.

Dans la période biblique, les employeurs étaient en très grande position de force, mais la Parole s'adresse aussi aux employés avides et égoïstes. Le travailleur mérite un juste salaire (Lc 10.7) mais ne doit pas profiter de son poste extorquer ou frauder pour augmenter son gain (3.14).

Œuvrer pour Christ

Dieu est un Dieu qui travaille toujours et qui prend plaisir au travail assidu et appliqué de son peuple. Cette conviction est au cœur de l'enseignement biblique sur l'attitude chrétienne à avoir envers le travail séculier. Bien entendu, le NT porte un regard tout aussi positif sur le service chrétien, qu'il soit rémunéré ou non. Jésus décrit le monde comme un champ à moissonner pour Dieu. Il faut que des moissonneurs chrétiens aillent dans le champ et y évangélisent (Mt 9.37–38). Paul utilise la même comparaison agricole, comparant également le travail d'évangélisation et d'enseignement dans le Seigneur au travail de construction (1Co 3.6–15). Les chrétiens doivent avoir de la considération pour les dirigeants d'Église qui « se donnent de la peine » parmi eux (1Th 5.12, Nouvelle Bible Segond), le but étant que tous les disciples travaillent  « de mieux en mieux à l'œuvre du Seigneur » (1Co 15.58). Tous les chrétiens devraient se voir comme des « ouvriers avec Dieu » (3.9).

Tiré du Dictionnaire biblique Tyndale, adapté par Mission Mutual. CC BY-SA 4.0.

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