Tablettes d'Ebla

Les tablettes d'Ebla sont d'anciennes tablettes d'argile découvertes dans la cité-État d'Ebla. Ces tablettes datent d'environ 2 240 à 2 220 av. J.‑C. Ebla était située dans l'ancienne Syrie. Aujourd'hui, cet endroit est connu comme le site archéologique de Tell Mardikh.

Ebla était une grande ville commerçante. Les habitants y fabriquaient des tissus, des objets en bois, de la poterie, ainsi que des articles en or, en argent et en d'autres métaux. De nombreuses tablettes d'argile découvertes sont des archives économiques qui notent des transactions avec des lieux comme l'Asie Mineure, l'Égypte, Chypre et l'Iran (Perse). Les tablettes énumèrent des milliers de noms de villes. Beaucoup de ces noms sont familiers de la Bible, tels que :

  • Hatsor

  • Meguiddo

  • Dor

  • Joppé

  • Gaza

  • Uru-Salim (qui pourrait être Jérusalem ou « ville de Salem »)

Une tablette mentionne même Sodome, Gomorrhe et Tsoar. Elle décrit Tsoar comme étant « dans le territoire de Béla » (voir Gn 14.2). Selon le récit biblique, Sodome et Gomorrhe ont été détruites du temps d'Abraham (Gn 19.24–29). Ainsi, les détails dans Genèse 14 et 19 n'ont pu être enregistrés que par une tradition vivante.

Les tablettes d'argile de Tell Mardikh (un autre nom pour Ebla) contiennent de nombreux noms propres qui ressemblent à des noms dans la Bible. En voici quelques exemples :

  • Abram (écrit ab-ra-mu)

  • Israël (écrit ish-ra-ilu)

  • Saül (écrit sha-u-lu)

  • David (écrit da-u-du)

Certains pensent que cela prouve la véracité de la Bible. D'autres se posent des questions à ce sujet. Par exemple, comment le nom « Israël » pourrait-il être écrit sur des tablettes quatre siècles ou plus avant que Dieu ne donne ce nom à Jacob ?

La Bible ne dit toutefois pas que le nom était nouveau. À cette époque, les gens créaient souvent des prénoms en combinant le nom d'un dieu avec un mot décrivant ce que le dieu faisait. Ésaïe, par exemple, signifie « Yah est salut » (Yah est une abréviation de Yahweh). Il est donc possible qu'avant Jacob, les parents nommaient leurs enfants ish-ra-ilu, ce qui signifie « El [Dieu] l'a emporté ». La nouveauté dans l'histoire de Jacob était sa rencontre personnelle avec Dieu et la bénédiction qu'il a reçue.

Certains noms d'Ebla apparaissent sous deux formes :

  1. Avec -ilu (signifiant El ou Dieu)

  2. Avec -ya (possiblement signifiant Yah, abréviation de Yahvé)

Ainsi, les deux prénoms mi-ka-ya (Michée, Michée) et mi-ka-il (Micaël) se trouvent aux côtés d'autres noms théophores (porteurs de Dieu). Cependant, si la terminaison -ya était vraiment un nom divin (Yah, le Seigneur), son apparition soulève une question importante. Dans Exode 6.3, Dieu dit qu'Abraham, Isaac et Jacob le connaissaient comme El Shaddai, « mais je n’ai pas été connu d’eux sous mon nom, l’Éternel [Yahweh] ». Cela implique que le nom Yahweh n'était pas connu avant le Sinaï.

Cependant, le nom Yahweh apparaît de nombreuses fois dans la Genèse. Il ne se trouve pas seulement dans les récits où un auteur ultérieur aurait pu l'ajouter. Il est également présent dans :

  • Les promesses faites par des personnes utilisant le nom de Yahweh, et

  • Des citations qui suggèrent que les gens utilisaient réellement le nom Yahweh.

Ces serments et citations suggèrent que l'on utilisait réellement le nom Yahweh dans la vie quotidienne.

Les experts de la Bible sont conscients de ce problème depuis longtemps et se répartissent en deux grands camps :

  • Les experts qui pensent que l'on ne connaissait pas le nom Yahweh avant Moïse, ou

  • Les experts qui pensent que l'on connaissait le nom, mais estiment que celui-ci a acquis un nouveau sens lorsque Dieu a libéré les Israélites d'Égypte.

Les tablettes d'argile d'Ebla nous ont offert une nouvelle manière d'appréhender le passé. Il faudra de nombreuses années pour comprendre tout ce qui est écrit sur ces tablettes. Certaines choses sont déjà claires, toutefois : il est peu probable que les histoires d'Abraham, d'Isaac et de Jacob dans Genèse 11–35 aient été écrites par des auteurs des 8e ou 7e siècles av. J.‑C. Il est peu probable qu'un auteur de ces siècles ait pu inclure au hasard des centaines de noms historiquement exacts de lieux, de personnes, d'articles de commerce et d'autres détails dans ces chapitres. Les fouilles modernes (l'archéologie) ont trouvé les mêmes noms, lieux, articles de commerce et autres détails dans les tablettes d'Ebla. Il n'est pas raisonnable de penser que cela soit dû au hasard. Les données retrouvées à Ebla remettent fortement en question l'idée que les histoires de la Genèse aient été créées longtemps après les événements qu'elles décrivent.

Voir aussi Inscriptions.

Tiré du Dictionnaire biblique Tyndale, adapté par Mission Mutual. CC BY-SA 4.0.

Références Bibliques (6)

Exode