La partie la plus haute du corps, située au-dessus du cou, qui contient le cerveau, les principaux organes sensoriels et la bouche. Elle est amplement mentionnée dans la Bible. Le terme hébreu qui signifie « tête » est également souvent utilisé au sens figuré dans l'Ancien Testament (AT), désignant souvent la prééminence ou l'autorité.
Élever la tête de quelqu'un signifie de mettre quelqu'un en avant (Gn 40.20) ou de lui donner de l'importance (Ps 27.6). Élever sa propre tête pouvait indiquer l'orgueil (Jg 8.28 ; Ps 83.2). Courber ou laisser retomber la tête était un signe d'humilité (Es 58.5) ou de tristesse (Lm 2.10). Relever la tête signifie alors ne plus être humilié ou triste (Ps 3.3).
Dans l'hébreu biblique, le mot « tête » sert aussi à désigner le sommet d'une montagne (Gn 8.5), de bâtiments (Gn 11.4) ou d'arbres (2S 5.24), ainsi que la source d'une rivière ou d'un fleuve (Gn 2.10). Le terme était couramment utilisé pour désigner des positions d'autorité politique, militaire ou familiale et souvent traduit « chef ». Dans ce sens, la « tête » exerçait un contrôle sur tous ceux qui lui étaient soumis (Jg 10.18 ; 1S 15.17 ; Ps 18.43 ; Es 7.8–9 ; Jr 31.7 ; Os 1.11). Dans 1 Samuel 28.2, l'expression traduite « la garde de ma personne » est littéralement « le gardien de ma tête » en hébreu (voir aussi Jg 9.53 ; Ps 68.21).
Les philosophes grecs utilisaient l'image d'un corps pour représenter l'univers. La tête de ce corps (appelée Zeus ou le Verbe) était responsable de la création et de l'entretien des autres membres (les êtres célestes, l'humanité, les animaux, les plantes et les objets inanimés). Le « corps », c'est à dire l'univers, devait son existence à la « tête ».
Entre 460 av. J.‑C. (date généralement estimée des premiers écrits d'Hippocrate) et 200 apr. J.‑C. (date de la mort de Galien, qui a développé les découvertes d'Hippocrate), la science médicale grecque a compris que la tête était le siège de l'intelligence. Le corps pouvait fonctionner efficacement uniquement parce que le cerveau était capable d'interpréter les données reçues du corps (yeux, oreilles, peau, etc.). Le cerveau envoyait ensuite des impulsions adaptées aux différents membres du corps, en fonction des données reçues. La capacité du cerveau à interpréter et à diriger rendait le corps complètement dépendant de lui.
Dans le Nouveau Testament, le mot « tête » peut désigner au sens littéral celles d'êtres humains (Mt 5.36 ; 6.17 ; 14.8 ; 26.7 ; Mc 6.27 ; 14.3 ; Lc 7.46 ; Jn 13.9 ; 20.7), d'êtres célestes (Ap 1.14 ; 4.4 ; 12.1) ou d'animaux (Ap 9.7, 17, 19 ; 12.3). « Amasser des charbons ardents sur la tête » de quelqu'un se produit lorsqu'on rend le bien pour le mal (Rm 12.20). Il est question de « se raser la tête » pour signifier un vœu pris devant Dieu (Ac 21.24) et de « poser la tête » dans le sens de dormir (Mt 8.20 ; Lc 9.58).
L'apôtre Paul utilise le sens métaphorique du mot « tête » dans l'AT, qui communique l'autorité, pour exprimer celle de Dieu sur Christ, de Christ sur l'homme et de l'homme sur la femme (1Co 11.3–16 ; Ep 5.23). Christ est aussi décrit comme le « chef » (l'original en grec dit « la tête ») de l'univers (Ep 1.21–22 ; Col 2.10).
Paul utilise aussi l'image de la tête (la LSG traduit « chef ») et du corps pour décrire la relation entre Christ et son Église (Ep 4.15 ; 5.23 ; 1Co 12.12–27). En plus du concept de tête signifiant une personne d'autorité dans l'AT, il est possible que les connaissances médicales de l'époque font partie de ce que Paul signifie quand il appelle Christ la tête de l'Église, qui est son corps. En effet, Christ n'est pas seulement le chef de l'Église mais aussi celui qui lui donne sa direction et son unité. La capacité de l'Église à fonctionner et le point focal de son activité proviennent de sa « tête », Jésus-Christ. Pour cette raison, certains érudits modernes ont soutenu que la notion de tête ne signifie pas tant Christ en tant qu'« autorité » que Christ en tant que « source » de l'Église. Celui qui est la tête est la source d'origine. Selon cette interprétation, Dieu est la source de Christ, Christ de l'homme et l'homme de la femme.