Une synagogue est un bâtiment où les Juifs se rassemblent pour adorer, prier et étudier leurs écrits sacrés. Le mot français provient du grec sunagoge, qui signifie « rassemblement ». Ce mot est utilisé plus de 50 fois dans le Nouveau Testament (NT) pour désigner principalement des lieux de rassemblement communautaires juifs en Palestine et dans la Diaspora (les communautés juives en dehors de Palestine). Dans la traduction grecque de l'Ancien Testament (AT), le mot sunagoge traduit souvent les mots hébreux qui décrivent des assemblées.
Origines et histoire ancienne
Nous ne savons pas exactement quand les synagogues ont commencé à être établies. Elles se sont peut-être développées après la destruction du temple de Jérusalem par les Babyloniens en 586 av. J.‑C. Les Israélites qui n'avaient pas été exilés et qui résidaient près de Jérusalem ont probablement voulu continuer à adorer Dieu ensemble. Il est très probable qu'ils aient voulu se rassembler pour louer Dieu, pour enseigner la loi et pour écouter le message des prophètes. Certains pensent que c'est dans ce contexte que les premières synagogues sont nées.
Les Juifs de la Diaspora (dispersion) avaient sans doute les mêmes besoins. Les anciens des Juifs vont voir et écouter Ézéchiel pendant l'exil à Babylone (Ez 8.1 ; 14.1 ; 20.1). Cependant, nous n'avons aucune preuve indéniable qu'il existait déjà des synagogues à cette époque. Après l'exil, lorsque le peuple revient à Jérusalem, le scribe Esdras lit et explique la loi de Dieu au peuple (Né 8.1–8). Le peuple écoute, et quand Esdras loue Dieu, le peuple baisse la tête pour adorer. Cela correspond aux éléments de base d'un culte synagogal. La première mention indéniable d'une synagogue provient d'Égypte, au 3ᵉ siècle av. J.‑C. De nombreuses synagogues sont attestées à divers endroits au premier siècle av. J.‑C.
Synagogues à l'époque du Nouveau Testament
Les Évangiles révèlent l'existence de nombreuses synagogues dans le territoire d'Israël. En effet, Jésus y enseigne souvent (p. ex. Mt 4.23 ; 9.35), surtout en Galilée et probablement en Judée aussi. Alors qu'il est interrogé par le souverain sacrificateur, Jésus lui dit : « J’ai parlé ouvertement au monde ; j’ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple, où tous les Juifs s’assemblent » (Jn 18.20).
Dans le livre des Actes, il est question de synagogues à Jérusalem (Ac 6.9), Damas (Ac 9.2), Chypre (Ac 13.5), dans la province romaine de Galatie (Ac 13.14 ; 14.1), en Macédoine, en Grèce (Ac 17.1, 10, 17 ; 18.4), ainsi qu'à Éphèse, dans la province romaine d'Asie (Ac 19.8). Paul allait habituellement dans les synagogues pour y prêcher quand il en avait l'autorisation.
Culte synagogal
Les Évangiles et les Actes des Apôtres montrent que les Juifs se rassemblaient le jour du sabbat pour adorer à la synagogue. Ils se réunissaient également pour adorer le deuxième et le cinquième jour de la semaine. Le récit dans Luc 4.16–30 décrit le déroulement d'un culte synagogal. La Mishna (un livre qui rassemble et met à l'écrit les lois et enseignements oraux des juifs) décrit ainsi le déroulement modèle du culte dans une synagogue :
La déclaration de foi appelée le Chema (Shema) était récitée. Cela incluait la lecture de Deutéronome 6.4–9 ; 11.13–21 et de Nombres 15.37–41.
Il y avait un temps de prière qui incluait la récitation d'une série de prières traditionnelles appelée les « dix-huit bénédictions ».
Des passages de l'AT étaient lus. Cela incluait toujours des passages de la loi (voir Ac 15.21). Un plan de lecture était suivi qui permettait de lire toute la loi (le Pentateuque) en trois ans. Des passages des prophètes, choisis plus librement, étaient également lus.
Depuis le retour d'exil, beaucoup d'Israélites de Palestine ne comprenaient plus aussi bien l'hébreu biblique. La lecture en hébreu était donc suivie d'une traduction en araméen. Dans la Diaspora, le texte hébreu était traduit en grec.
Après la lecture, toute personne qualifiée pouvait s'adresser à l'assemblée pour l'enseigner, comme Jésus et l'apôtre Paul l'ont souvent fait.
Le culte était conclu avec une bénédiction.
Fonction juridique de la synagogue
La synagogue aidait également à résoudre les différends et à traiter les affaires juridiques de la communauté juive. Les membres de la communauté amenaient devant les anciens ceux qui désobéissaient à la loi et agissaient contre la religion juive. Ces anciens avaient le rôle de juges locaux. Dans les cas extrêmes, ils pouvaient bannir quelqu'un de la synagogue : cette personne ne pouvait pas participer au culte ou à la vie communautaire. Ils pouvaient également ordonner que le coupable soit châtié, souvent avec des coups de bâton (voir Jn 9.22, 34–35 ; 12.42). Jésus avait averti ses disciples qu'ils pourraient avoir à endurer ces punitions quand ils témoigneraient de lui (Mt 10.17 ; Jn 16.2).
Avant sa conversion, Saul persécutait les chrétiens avec zèle. Il avait fait envoyer des lettres de la part des autorités de Jérusalem aux synagogues de Damas. Ces lettres lui donnaient le droit d'arrêter les chrétiens et de les emmener à Jérusalem (Ac 9.2). Dans Actes 22.19, Saul, désormais chrétien et appelé Paul, raconte qu'il les faisait battre et emprisonner. Quand il devient lui-même témoin de Christ, il reçoit lui aussi les 39 coups donnés dans les synagogues (2Co 11.24).
Enseignement de la loi dans la synagogue
La lecture de la loi était très importante dans le culte de la synagogue. L'enseignement de la loi, surtout aux enfants, y était étroitement lié. Cet enseignement se faisait soit dans le bâtiment de la synagogue lui-même, soit dans une école dont c'était la fonction.
Organisation de la synagogue
Le NT mentionne deux rôles spécifiques liés au fonctionnement de la synagogue : les chefs de synagogue et les serviteurs (ou assistants). Le chef de la synagogue maintenait l'ordre et choisissait qui lisait les Écritures (voir p. ex. Mc 5.22 ; Lc 13.14 ; Ac 18.8, 17). L'assistant était responsable des rouleaux des Écritures et disciplinait les élèves qui en avaient besoin (Lc 4.20). Plus tard, il y a eu aussi une personne dont le rôle était de diriger les prières.
Bâtiment de la synagogue
Le bâtiment de la synagogue était structuré de façon similaire au Temple. Elle était souvent construite sur un terrain élevé et de façon à ce que les adorateurs puissent s'assoir dans la direction faisant face à Jérusalem. Les rouleaux de la loi et des prophètes étaient rangés dans un coffre portable. Une estrade était utilisée pour la lecture des Écritures et pour la prédication. Les hommes et les femmes étaient assis séparément. Les scribes préféraient les « premiers sièges » faisant face au peuple (Mc 12.39). Il y avait des décorations comme des feuilles de vigne, des chandeliers à sept branches, l'agneau pascal ou le pot de manne dans de nombreuses synagogues. Les premières synagogues avaient aussi une gueniza, qui était une cave ou un grenier. Cet endroit servait d'espace de rangement pour les rouleaux usagés. En effet, ces rouleaux étaient considérés comme trop sacrés pour être détruits puisque le nom de Dieu y était écrit.
Voir aussi judaïsme ; chef de la synagogue.