Ville située au centre de la Palestine occidentale, près de la ligne de partage des eaux qui sépare celles s'écoulant vers le Jourdain de celles descendant vers la Méditerranée. Le site se trouve à 65 km au nord de Jérusalem, à l'entrée est du passage entre le mont Ébal et le mont Garizim. L'ancienne ville se dressait sur la pente sud-est inférieure ou l'épaule du mont Ébal, d'où provient le sens du nom (Sichem = épaule). Samarie, qui deviendra plus tard la capitale d'Israël, se trouvait à environ 13 km au nord-ouest. Bien que stratégiquement située (la ville contrôlait toutes les routes à travers la région montagneuse centrale de la Palestine) elle ne disposait pas de défenses naturelles et nécessitait d'importantes fortifications.
Références bibliques
Sichem apparaît d'abord dans la Bible comme le premier campement d'Abram après son entrée en Canaan depuis la Mésopotamie. C'est là que Dieu lui promet le pays de Canaan, et c'est là qu'Abram construit son premier autel dans le pays (Gn 12.6–7). Après le séjour de vingt ans de Jacob dans le nord de la Mésopotamie à Paddan-Aram, il retourne à Sichem et achète une parcelle de terre. À ce moment-là, le lieu était déjà une ville fortifiée avec une porte (34.20, 24). Après la souillure de leur sœur Dina, Siméon et Lévi massacreront la population masculine de Sichem par vengeance. Des années plus tard, lorsque la famille patriarcale vivait dans la région d'Hébron, Joseph ira à Sichem pour chercher ses frères (37.12–14).
Après la Conquête, la cérémonie de bénédiction et de malédiction antiphonale sur les monts Garizim et Ébal sera accomplie dans les environs de Sichem (Jos 8.30–35). Lors de la division et du peuplement du pays, Sichem deviendra l'une des villes de refuge (20.7; 21.21) et l'une des quarante-huit villes lévitiques (21.21). C'est là que Josué prononcera son discours d'adieu (24.1, 25), et les ossements de Joseph seront enterrés sur le terrain que Jacob y avait acheté (v. 32).
Durant les jours troublés des juges, Abimélec, le fils de Gédéon, s'y proclamera roi d'Israël, d'abord avec le soutien des habitants. Cependant, une révolte ultérieure contre lui entraînera la destruction de la ville (Jg 9.1–7, 23–57). Roboam y sera couronné juste avant la division du royaume (1R 12.1), et Jéroboam, premier roi du royaume du nord, reconstruira la ville pour en faire la première capitale du royaume.
Histoire
Les fouilles révèlent que le premier établissement sur le site remonte au 4e millénaire av. J.‑C. Toutefois, le premier établissement significatif aura lieu pendant la première moitié du deuxième millénaire et était l'œuvre des Amoréens ou des Hyksos. Les Hyksos ont entouré la ville d'un immense remblai incliné d'environ 25 m de large et 6 m de haut, sur lequel ils construiront un mur de briques. Il y avait une porte à deux entrées du côté de l'orient et une porte à trois entrées du côté nord-ouest. Sur l'acropole, ils construiront ce qui a été interprété comme un temple forteresse, qui a été reconstruit plusieurs fois et sera détruit définitivement par les Égyptiens vers 1 550 av. J.‑C.
Environ un siècle plus tard, les Cananéens reconstruiront Sichem à une plus petite échelle. Un nouveau temple forteresse sera construit sur les ruines de l'ancien et mesurait 15 m de large et 12,5 m de profondeur, avec une entrée sur le côté long. Il avait trois pierres sacrées dressées à côté d'un autel dans la cour ouverte. Ce temple est considéré comme la maison de Baal-Berith détruite par Abimélec vers 1150 av. J.‑C. (Jg 9.3–4, 46), et sa zone sacrée ne sera jamais reconstruite. Avant cela, cependant, il n'y a aucune preuve archéologique de destruction pendant environ 300 ans, ce qui confirme l'indication biblique que les Hébreux n'ont pas pris la ville au moment de la Conquête et que les habitants vivaient paisiblement parmi les Hébreux.
De toute évidence, Salomon a reconstruit Sichem pour en faire une capitale provinciale, mais elle subira une grande destruction à la fin du 10e siècle, sans doute aux mains de Schischak d'Égypte lors de son invasion de la Palestine en 926 av. J.‑C. (1R 14.25). Peu de temps après, Jéroboam 1er renforcera la ville pour en faire la capitale du royaume d'Israël. Lui, ou un de ses successeurs, construira un entrepôt gouvernemental sur les ruines du temple. Le Sichem israélite sera rasé par le roi assyrien Salmanasar V en 724 av. J.‑C., juste avant la destruction de Samarie. La ville restera quasiment inhabitée pendant environ 400 ans.
Au 4e siècle, Alexandre le Grand établira un camp sur le site pour ses soldats. Par la suite, les Samaritains quitteront Samarie et s'y installeront. Ils construiront leur temple sur le mont Garizim. Jean Hyrcan a probablement détruit Sichem pour la dernière fois en 128 av. J.‑C. Son opposition violente aux Samaritains a entraîné la destruction de leur temple sur le mont Garizim et de la Samarie en même temps.