rédempteur, rédemption

Les mots rédempteur et rédemption proviennent d'un terme latin qui a le sens général de « racheter ». Ceci peut signifier le rachat d'un objet, le paiement d'une rançon ou la libération d'un prisonnier ou d'un esclave. Le mot grec équivalent signifie racheter ou libérer. Il est utilisé pour désigner la libération de l'esclavage ou de prison, et la délivrance.

Termes clés dans l’Ancien Testament et le Nouveau

Pour bien comprendre le concept de rédemption, il est nécessaire d'examiner comment il est exprimé dans l'Ancien Testament (AT). Trois mots différents sont utilisés en hébreu pour exprimer l'idée de rédemption dans des contextes différents. Le sens de ces termes repose sur des pratiques légales, sociales et religieuses qui sont souvent étrangères aux cultures modernes. Il faut donc comprendre ce contexte culturel pour saisir le sens de ces termes et la façon dont ils sont utilisés.

Le premier terme qui communique la rédemption est utilisé dans contexte légal. Le verbe padah peut être employé lorsqu'un animal est sacrifié comme substitut (ou rachat) d'une personne ou d'un autre animal. Le nom qui dérive de la racine de ce mot désigne la rançon ou le prix compensatoire payé. Dans certaines situations où le rachat était une exigence de la loi de Moïse, il fallait soit substituer un autre animal ou payer le prix fixé. Sinon, l'animal était tué. Toutefois, la loi n'envisage pas de possibilité qu'une personne soit tuée dans ces situations. Elle doit absolument être rachetée (Ex 13.13 ; 34.20). Le terme padah est aussi parfois utilisé pour parler du rachat d'une esclave israélite par quelqu'un d'autre ou de façon plus générale du paiement d'une rançon pour sauver quelqu'un (Ex 21.8 ; Jb 6.23).

Le concept de rédemption était particulièrement important pour les premiers-nés. En Israël, le premier-né mâle, humain ou animal, appartenait à Dieu. Les premiers-nés des animaux qui pouvaient être offerts en sacrifice (animaux purs) devaient être sacrifiés à Dieu. Certains animaux qui ne pouvaient pas être offerts en sacrifice (animaux impurs), comme l'âne, devait être rachetés ou tués. Les fils premiers-nés des Israélites étaient obligatoirement rachetés (Nb 18.15–16).

Le deuxième terme clé concernant la rédemption dans l'AT est la racine hébraïque ga’al. Celle-ci est principalement utilisée dans le contexte de lois sur les propriétés familiales et les devoirs familiaux. Par exemple, si un bien était perdu par un membre de la famille, le plus proche parent avait à la fois le droit et le devoir de le racheter. Ce droit de rachat servait à protéger l'héritage familial. Le nom dérivé de cette racine équivaut à « rédemption » et la personne qui rachète le bien est le go’el ou rédempteur.

Un Israélite qui était contraint de se vendre en esclavage pour rembourser ses dettes pouvait être racheté par un proche parent ou se racheter lui-même (Lv 25.47–49). Les terres pouvaient également être rachetées de la même manière (25.25–28 ; Jr 32.6–9).

Le droit de rachat s'appliquait également aux personnes dans certaines circonstances particulières. Un frère avait le devoir d'épouser la veuve de son frère décédé sans enfant (Dt 25.5). Dans le livre de Ruth, celui qui épouse la veuve est aussi appelé un rédempteur, même s'il ne s'agit pas du rachat de quelqu'un d'autre ou de payer de l'argent. Dans ce récit, Boaz devient le rédempteur de la propriété de son parent décédé, qu'il rachète, et de sa veuve Ruth, qu'il épouse (Ru 3.13 ; 4.1–6).

Le troisième terme clé concernant la rédemption dans l'AT est le verbe racine kaphar, qui signifie « couvrir ». De cette racine viennent les termes qui signifient couvrir le péché, faire réparation ou expier. Le nom dérivé, kopher, quand il est utilisé dans un sens religieux, désigne le prix payé pour couvrir le péché ou faire réparation.

Le terme est utilisé pour désigner le paiement effectué pour toute vie qui devrait être perdue. Par exemple, il désigne le prix payé par le propriétaire d'un bœuf ayant encorné une personne à mort. Selon la loi, si le propriétaire savait que le bœuf était sujet à frapper, mais qu'il ne l'a pas fait surveiller, il est responsable et mérite la mort. Toutefois, il peut racheter sa vie en payant la rançon requise (Ex 21.28–32).

Les trois termes hébreux décrits ci-dessus sont traduits par le même verbe grec, lutroō, qui signifie racheter, délier ou délivrer. Le nom lutron (rançon) est aussi occasionnellement utilisé pour traduire les trois termes hébreux. Ceci confirme que, bien que l'hébreu utilise des mots différents dans des contextes différents, le concept de rédemption est commun à ces trois mots. Le concept de rachat ou de délivrance est d'importance capitale dans l'AT.

Dieu en tant que Rédempteur

Dans l'AT, le peuple entier (ou la nation), plutôt que l'individu, est généralement l'objet de la rédemption de Dieu. Le concept de la rédemption d'Israël en tant que nation commence avec le récit de sa libération de l'esclavage en Égypte. Alors qu'ils sont dans la servitude, Dieu les affranchit et les rachète (Ex 6.6 ; Dt 15.15).

Comme l'indiquent les termes utilisés pour racheter ou payer une rançon, il fallait le plus souvent soit payer une valeur spécifique ou substituer une vie à une autre. Toutefois, quand Dieu a racheté Israël, il l'a fait sans payer de prix. Il a utilisé sa puissance pour délivrer son peuple de ceux qui les avaient asservis : « Je suis l’Éternel, je vous affranchirai des travaux dont vous chargent les Égyptiens, je vous délivrerai de leur servitude, et je vous sauverai à bras étendu et par de grands jugements » (Ex 6.6 ; voir aussi Dt 15.15). Dieu délivre ainsi son peuple à d'autres moments de son histoire, comme au temps de l'exil. Dieu est le libérateur national (p. ex. Es 29.22 ; 35.10 ; 43.1 ; 44.22 ; Jr 31.11).

Quand Dieu ramène son peuple de l'exil, il n'y a, cette fois non plus, aucune indication qu'il a dû payer un prix pour libérer son peuple. Dieu « rachète » par sa propre puissance : « Car ainsi parle l’Éternel : C’est gratuitement que vous avez été vendus, Et ce n’est pas à prix d’argent que vous serez rachetés » (Es 52.3). Lorsque Cyrus libère les captifs du peuple, il n'y aucune rançon qui est payée, ni d'autre paiement qui est effectué (45.13).

Dans les premiers siècles de l'Église, certains chrétiens pensaient que la mort de Christ n'était pas juste un prix payé pour le pardon des péchés, mais une rançon. Ils enseignaient que le pécheur inconverti était retenu captif par Satan. La mort de Christ était considérée comme une rançon payée par Dieu à Satan pour libérer les pécheurs. Cet enseignement n'est pas conforme aux Écritures. Christ prend sur lui-même la punition des péchés. Il meurt à la place des pécheurs et les réconcilie ainsi à Dieu. Cela ne signifie pas que sa mort était un prix payé à Satan. Les Écritures ne représentent jamais Dieu comme s'engageant dans une telle transaction commerciale avec Satan. Toutefois, l'œuvre de rédemption de la croix reste un mystère divin.

La rédemption et le Messie

Dans l'AT, l'espérance d'une rédemption future est étroitement liée à celle de la venue du Messie. Depuis l'exode, Dieu s'est révélé comme libérateur de son peuple. Pendant la captivité à Babylone et en Perse, l'espoir est grand que Dieu viendra à nouveau délivrer son peuple. Ainsi, les prophètes parlent fréquemment de lui comme rédempteur ou libérateur. Cette espérance s'accomplira par l'intermédiaire du Messie (l'oint de Dieu), qui sera un descendant de David (Es 8.23–9.5 ; 11.1–9 ; Jr 23.5–6).

L'espérance messianique s'est intensifiée pendant les périodes d'exil et de persécution. En fait, au cours de longs siècles de persécution, l'espérance d'un libérateur messianique est plus forte que jamais. Cette période, généralement appelée la période intertestamentaire, a duré environ quatre siècles. Elle commence avec le dernier des prophètes de l'AT et prend fin avec l'arrivée de Jean le Baptiste et de Jésus.

Le Nouveau Testament (NT) présente Jésus le Christ (ou Messie) comme l'accomplissement ultime du concept de la rédemption de l'AT. Ce thème de rédemption en Christ est très évident dans les Évangiles. Jean le Baptiste décrit Jésus de Nazareth comme l'accomplissement du royaume qui doit amener la rédemption de Dieu (Mt 3.12). Jésus est donc le Messie d'Israël qui a été prédit, et le Fils de l'homme qui est venu donner sa vie en rançon pour beaucoup (Mt 20.28 ; Mc 10.45). Le Messie se substitue aux pécheurs, en sorte de mourir à leur place et pour leur bénéfice.

Paul représente également l'œuvre de Christ de cette façon dans ses écrits. Christ est une victime propitiatoire pour le péché devant le Père (Rm 3.25). La rédemption s'accomplit au prix de son sang (Ac 20.28) pour affranchir son peuple (1Co 7.22–24 ; 2Co 5.14–17, voir aussi 1P 2.9). Ces termes et ces expressions sont utilisés pour présenter l'idée centrale de rédemption ou d'expiation. Jésus-Christ est donc celui qui, en lui-même, est l'accomplissement ultime du concept de rédemption dans la Bible. Par son sacrifice, il a obtenu la rédemption des pécheurs.

Le concept de rédemption a une importance profonde et essentielle pour le peuple de Dieu. Dans l'AT, il démontre le fait que Dieu est le Sauveur du peuple avec qui il a fait alliance. Même quand Israël tombe dans le péché en abandonnant la loi de Dieu, il ne les détruit pas mais les rétablit dans sa grâce quand ils se repentent.

Dans les prophètes, en particulier, l'œuvre rédemptrice de Dieu devait être accomplie par le Messie et son sacrifice rédempteur. Les disciples de Jésus ont compris qu'il était le Messie apportant la rédemption au monde entier. La force motrice de l'amour divin sert de base à la restauration et à la rédemption (Jn 3.16). Celui qui croit est libéré de l'esclavage au péché et retrouve la faveur du Dieu qui l'a racheté.

Voir aussi expiation ; rançon ; salut.

Tiré du Dictionnaire biblique Tyndale, adapté par Mission Mutual. CC BY-SA 4.0.

Références Bibliques (33)

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