Les faux prophètes sont des porte-parole, hérauts ou messagers qui prétendent à tort parler au nom de quelqu'un d'autre, souvent Dieu. Ces prophètes sont généralement motivés par un désir de popularité plutôt que par la loyauté envers Dieu. C'était la différence clé entre le prophète Jérémie et ses contemporains. Tandis que Jérémie avertissait de la catastrophe (Jr 4.19), les faux prophètes promettaient la paix (Jr 6.14 ; 8.11). Le peuple préférait les mensonges réconfortants des faux prophètes. Ils disaient même : « Ne nous prophétisez pas des vérités, Dites-nous des choses flatteuses, Prophétisez des chimères ! » (Es 30.10)
Le message d'un faux prophète faisait souvent appel à la fierté nationale. Ils rappelaient au peuple qu'Israël était la nation choisie de Dieu. Son temple était parmi eux, donc tout irait bien (Jr 7.10). Jérémie toutefois les avertissait de ne pas se laisser tromper en pensant qu'ils étaient en sécurité juste à cause du temple (Jr 7.12–15). Ce conflit entre le véritable prophète de Dieu et la religion nationale est visible dans l'histoire d'Amos et d'Amatsia, le prêtre de Béthel. Amatsia accusait Amos de comploter contre Israël (Am 7.10–13). Mais Amos avait raison. Les Assyriens ont conquis le royaume du nord en 722 av. J.‑C. et ont exilé les Israélites.
Le message du faux prophète visait à plaire au peuple et était motivé par l'intérêt personnel. Même si le faux prophète ne souhaitait pas mentir, son message devenait souvent erroné, car il reposait sur de mauvaises motivations. Cela montre qu'un vrai prophète pouvait devenir faux et, parfois, un faux prophète pouvait être utilisé par Dieu pour un bon but. Dieu donnera par exemple une vision à Balaam, un non-Israélite. Il était partagé entre plaire à Balak, qui l'avait engagé, et obéir au Dieu d'Israël, qui lui parlait (Nb 22–23). Une histoire dans 1 Rois 13 décrit deux prophètes qui ne sont pas nommés. L'un est vrai, l'autre faux. Ils échangent soudainement leurs rôles. Le faux prophète dit la vérité, tandis que le vrai prophète devient faux à cause de sa désobéissance.
Dans un autre exemple, Jérémie confronte Hanania, le fils d'Azzur, dans le temple. Les deux prophètes délivrent des prophéties contradictoires. Hanania, un homme de Gabaon, semblait être un vrai prophète. Il prophétisera ce que le peuple voulait entendre : Babylone tomberait bientôt. Cependant, des événements ultérieurs prouveront que la prophétie d'Hanania était un vœu pieux. Ainsi, nous pouvons dire que la fausse prophétie est égocentrique, trompeuse et irréaliste.
Le concept du faux prophète se poursuit dans le Nouveau Testament. Jésus met en garde contre ceux qui semblent être des brebis inoffensives. Ils sont, en réalité, des loups prêts à détruire. Il avertira également ses disciples que de faux messies surgiraient, essayant de tromper même le peuple élu de Dieu (Mt 24.24). L'Église primitive devra faire face à de nombreux faux prophètes. En effet, les lettres apostoliques mettent également en garde contre eux (voir 2P 2.1 ; 1Jn 4.1). Dans ces lettres, « prophètes » et « enseignants » sont souvent interchangeables. Le texte original toutefois les appelle « faux prophètes ». Ces faux enseignants prétendent être chrétiens mais répandent des enseignements trompeurs. Ils peuvent même accomplir des miracles, mais leur pouvoir vient des esprits mauvais, non de l'Esprit du Christ (voir Ap 13.11–15).
Les faux prophètes, les esprits trompeurs et les enseignements erronés sont des problèmes persistants dans l'Église. Les croyants doivent toujours rester vigilants face à ceux qui déforment habilement la vérité (voir Ep 4.14–16). Ils doivent éprouver les esprits des prophètes pour voir s'ils viennent de Dieu ou du malin (1Co 12.10–11). Nous ne devons pas croire tout le monde qui prétend avoir un message de Dieu. Nous devons « éprouver » les esprits et vérifier si leur message vient du Saint-Esprit. Celui-ci doit s'aligner avec la vérité que Jésus est le Fils de Dieu en forme humaine (voir 1Jn 4.1–3).
Voir aussi Antéchrist ; Faux Christs, Faux Messies ; Prophétie ; Prophète, Prophétesse.