Épicuriens

Adeptes des enseignements du philosophe grec Épicure (342–270 av. J.‑C.). Paul en a rencontré certains à Athènes (Ac 17.18).

Épicure a passé son enfance sur l'île de Samos, près de la côte occidentale de l'actuelle Turquie. À la fin de son adolescence, il a déménagé à Athènes pour effectuer son service militaire. Après celui-ci, il a consacré son temps à l'étude et à l'enseignement de la philosophie. Ce travail l'a emmené loin d'Athènes, mais il est revenu en 307 av. J.‑C. pour fonder une école. Il a attiré un nombre considérable de disciples, et ses adeptes ont diffusé son message à travers le monde civilisé. Le fait que Paul ait rencontré des Épicuriens plus de trois siècles après la mort d'Épicure montre à la fois l'attrait de ses enseignements et l'engagement de ses disciples. Au 1er siècle av. J.‑C., ces enseignements ont trouvé leur expression dans l'écriture du poète romain Lucrèce. Son ouvrage, De la nature des choses, est un guide utile pour comprendre Épicure, d'autant plus que seuls des fragments des écrits d'Épicure subsistent.

Les Épicuriens étaient des empiristes ; ils se fiaient à l'expérience sensorielle pour acquérir des connaissances. Cela les opposait à ceux qui préféraient faire des déclarations sur le monde uniquement sur la base de la raison, se méfiant ou rejetant les données des sens. Les Épicuriens s'intéressaient aux preuves naturelles et aux aspects pratiques, montrant ainsi un caractère quelque peu scientifique. Ils étaient peu enthousiastes à l'égard des mathématiques en raison de ce qu'ils considéraient comme sa qualité abstraite, ayant peu à voir avec les questions importantes de la vie. L'éthique, l'étude du comportement juste, était leur centre d'intérêt principal.

L'épicurien évaluait la valeur d'une action ou d'une chose en fonction du plaisir ou de la douleur qu'elle procurait ; une position appelée hédonisme. Il s'agissait d'un hédonisme égoïste, car la personne cherchait son propre plaisir plutôt que celui d'autrui. Cette description peut évoquer l'image d'un glouton irresponsable ou d'un amateur de fêtes sauvages, mais cette image, encouragée par le sens moderne du mot « épicurien », est trompeuse. Épicure rejetait justement ce genre de comportement. Il comprenait que le plaisir momentané peut mener à une douleur durable et que certaines douleurs peuvent être bénéfiques. Il considérait le plaisir davantage comme une qualité de vie qu'une série de sensations fortes. Ce qu'il recherchait correspond plus au mot « bonheur », plutôt que plaisir. Basant ses conseils sur l'expérience, il prônait la modération, le calme, l'amitié et une vie simple. Il évitait les festins, la passion sexuelle et les conflits. En réalité, il évitait la douleur plus qu'il ne recherchait le plaisir. Le plaisir de la tranquillité, de la paix, pouvait être trouvé dans l'absence de douleur, et c'était là son objectif. Pour assurer la tranquillité, un homme doit prendre soin de son estomac, mais il doit aussi s'occuper de son esprit, le dirigeant vers la sagesse.

Épicure considérait la croyance aux dieux comme une menace sérieuse pour la tranquillité. Les dieux étaient généralement vus comme des êtres puissants et intrusifs qui terrifiaient les mortels ordinaires, sources d'insécurité plutôt que de paix et de bonheur. Épicure enseignait que les dieux n'étaient pas, en fait, ainsi, mais qu'ils étaient des hédonistes tranquilles qui se tenaient à l'écart des hommes. Ils évitaient les conflits liés au contact avec les gens sur terre. En bref, ils étaient inoffensifs pour nous.

Épicure a enseigné que nous, ainsi que tout ce qui nous entoure, sommes constitués d'atomes de différentes qualités. Par exemple, les atomes de l'âme humaine seraient lisses et ronds. Bien que les théories atomiques mènent souvent à la conviction que toutes les actions humaines sont déterminées par les lois qui régissent le mouvement des atomes, la théorie d'Épicure, elle, ne le conduisait pas à cette conclusion. Il admettait la liberté humaine en affirmant que certains atomes quittent spontanément leurs trajectoires rectilignes, déclenchant ainsi une chaîne de collisions imprévisibles. Le comportement de l'homme est alors libre et non mécanique.

En dépit de sa liberté, l'homme demeurerait une collection d'atomes, et lorsque les atomes se séparent, l'homme cesserait alors d'exister ; il n'est pas immortel. Épicure voyait cela comme une raison de ne plus craindre la mort, car après la mort, toute expérience cesse. Il n'y aura pas de douleur, et donc aucune raison de ressentir de l'angoisse.

Des thèmes épicuriens peuvent être trouvés dans la Bible, comme par exemple la modération (Ph 4.5) et la paix qui vient de l'exercice de la sagesse (Pr 3.13–18). Cependant les différences sont claires. La Bible révèle un Dieu qui est intimement impliqué dans le monde, l'immortalité de l'âme humaine, et la vérité que le bonheur authentique dépend de la communion avec Dieu et du service envers lui (Ph 4.6–7).

Voir aussi Philosophie.

Tiré du Dictionnaire biblique Tyndale, adapté par Mission Mutual. CC BY-SA 4.0.

Références Bibliques (4)

Proverbes

Actes

Philippiens