Ville du nord-est de la Mésopotamie, située à environ 15 km au sud-ouest de l'actuelle Kirkouk. Elle était à l'origine appelée Gasur, mais est désormais connue sous le nom de Yorgan Tepe. Des fouilles archéologiques qui ont eu lieu de 1925 à 1931 ont révélé de nombreuses découvertes intéressantes. Yorgan Tepe est célèbre pour ses tablettes d'argile, qui traitent principalement de transactions commerciales.
Au 3e millénaire av. J.‑C., Gasur était principalement habitée par des peuples sémitiques. Au milieu du 2e millénaire, les résidents étaient des Hourrites, et le nom de la ville changera pour Nuzi. Les Hourrites sont identifiés comme les Horites dans la Bible (voir Gn 14.6 ; 36.20–21 ; Dt 2.12, 22).
De nombreuses tablettes d'argile datant du 3e millénaire av. J.‑C. ont été trouvées, incluant la plus ancienne carte connue. Les archives montrent que l'achat d'articles par paiement échelonné y était déjà pratiqué.
Aux 15e et 14e siècles av. J.‑C., les scribes hourrites écriront des milliers de tablettes d'argile, principalement en babylonien. Ces documents fournissent de nombreuses informations sur les coutumes et pratiques juridiques du Proche-Orient, éclairant la période patriarcale de la Bible.
Voici quelques exemples de connexions possibles entre Nuzi et la Bible :
À Nuzi, une épouse sans enfant pouvait donner sa servante à son mari pour avoir des enfants en son nom. Cette pratique sera suivie par Saraï, Rachel et Léa (Gn 16.1–4 ; Gn 30.1–8 ; Gn 30.9–13). Le père devait élever l'enfant comme la progéniture de son épouse légale, et l'épouse ne pouvait pas chasser l'enfant. Ainsi, Saraï n'avait pas le droit de chasser le fils d'Agar, Ismaël (Gn 16.4–6).
À Nuzi, vendre des biens en dehors de sa famille était interdit. Pour contourner cela, les gens utilisaient l'adoption ou l'échange de biens. Pour les soins à vie et les frais d'enterrement, un riche propriétaire terrien pouvait être « adopté » par des paysans et recevoir leurs biens. Le même homme pouvait être adopté par trois-cents ou quatre-cents paysans. Un couple sans enfants pouvait adopter quelqu'un pour s'occuper d'eux et hériter de leurs biens, similaire à la relation entre Abram et son serviteur Éliézer (Gn 15.2). Des biens de peu de valeur pouvaient être échangés contre des biens de valeur, parfois avec de l'argent pour couvrir la différence. À Nuzi, un homme nommé Tehip-tilla a vendu ses droits d'héritage à son frère Kurpazah pour trois moutons, à l'instar d'Ésaü qui a vendu son droit d'aînesse à Jacob en échange d'un potage (Gn 25.27–34).
À Nuzi, un testament oral ou une bénédiction donnée sur un lit de mort était juridiquement contraignant. Un dénommé Huya, sur son lit de mort, donnera à son fils Tarmiya une épouse, Sululi-Ishtar. Les deux frères de Tarmiya contesteront la question devant tribunal, mais le juge confirma les droits de Tarmiya. De même, Isaac se devra d'honorer la bénédiction qu'il avait donnée à Jacob, même si elle avait été obtenue par tromperie (Gn 27.33).
À Nuzi, la personne qui possédait les dieux domestiques (théraphim) héritait des biens du propriétaire. Voilà pourquoi Rachel a pris les théraphim de son père Laban (Gn 31.19). Laban était très contrarié par leur disparition (Gn 31.30–35).
Un autre exemple d'adoption est similaire à un cas dans la Bible. Nashwi adoptera Wullu et donnera sa fille Nuhuya en mariage à celui-ci. Si Wullu épousait une autre femme, il perdrait la propriété de Nashwi. De même, Laban fera promettre à Jacob de ne pas prendre une autre femme en dehors de Léa et Rachel (Gn 31.50).
Voir aussi Inscriptions.