Personne qui demande la charité aux passants pour sa propre subsistance, habituellement de l'argent ou de la nourriture, dans un lieu public.
La Bible n'utilise pas souvent le mot « mendiant ». Dans l'Ancien Testament (AT), des expressions différentes sont utilisées à propos de personnes pauvres ou dans le besoin, comme « chercher » ou « demander » son pain. Dans le Nouveau Testament (NT), plusieurs mots liés au verbe « demander » servent aussi à décrire les mendiants et l'action de mendier.
Il est probable que l'époque de Moïse est la seule pendant laquelle il n'y a pas eu de mendiants en Israël. En effet, dans le désert, Dieu a pourvu de la nourriture pour tout le peuple. Quand il donnait de la manne comme nourriture quotidienne au peuple, « celui qui avait ramassé plus n’avait rien de trop, et celui qui avait ramassé moins n’en manquait pas. Chacun ramassait ce qu’il fallait pour sa nourriture » (Ex 16.18).
Il n'y a pas de commandement qui mentionne spécifiquement les mendiants dans la loi de Moïse. Toutefois, la loi organisait la société Israélite de sorte à protéger les pauvres (Dt 15.11) :
Pendant l'année sabbatique (tous les sept ans), la production de la terre était laissée aux pauvres et toutes les dettes étaient annulées (Lv 25, Ex 23.11, Dt 15.1).
Il était du devoir de tout Israélite qui le pouvait d'être généreux envers les pauvres et de leur prêter ce dont ils avaient besoin (Dt 15.7–11).
Les pauvres qui louaient leurs services comme ouvriers devaient être payés quotidiennement, car c'était leur subsistance (Dt 24.14–15).
Lorsque les Israélites ont pris le pays en possession, les terres ont été partagées entre les tribus, les clans et les familles. Il est raisonnable d'assumer qu'au début, tous les Israélites ont eu des opportunités de subsistance comparables à celles des autres. Si Israël obéissait complètement à l'Éternel, sa bénédiction serait telle qu'il n'y aurait pas pauvres parmi eux (Dt 15.4). Toutefois, Deutéronome 15.11 et d'autres passages anticipent que l'idéal n'a le plus souvent pas été la réalité.
La condition pour qu'il n'y ait pas de pauvres parmi les Israélites était leur obéissance aux commandements de Dieu. Cependant, dès le début, ils s'en sont régulièrement détournés. Il était donc inévitable qu'il y ait des pauvres. Même si les pauvres étaient les victimes des gens injustes, les commandements de la loi montraient aux justes comment les aider.
Les fouilles à Thirtsa près de Naplouse montrent que la taille des maisons au 10ᵉ siècle av. J.‑C. est uniforme (c'est-à-dire qu'elle était assez similaire pour tous). Cependant, au 8ᵉ siècle av. J.‑C., un grand changement se produit. Il y a désormais des quartiers de maisons de riches et des quartiers de maisons de pauvres dans la ville. Ce changement social se produit lorsqu'Israël devient une monarchie. Il semblerait que cette nouvelle situation ait donné l'occasion aux fonctionnaires de s'enrichir. Les prophètes ont particulièrement dénoncé l'accumulation de richesses injustes (p. ex. Es 5.8 ; Os 12.8 ; Am 8.4–7 ; Mi 2.2). Le prophète Amos condamne ceux qui profitent des pauvres (Am 2.6–8 ; 8.6). Malgré cela, presque rien n'est dit à propos de mendiants dans l'AT. Les reproches d'Amos semblent indiquer qu'au lieu de mendier, les pauvres devenaient des esclaves.
Cependant, la situation économique d'Israël et du peuple Juif évolue beaucoup entre les deux Testaments. Les écrits juifs de cette période parlent de donner l'aumône aux pauvres (p. ex. Tb 4.7) et en font un devoir religieux important (p. ex. Si 3.30 ; 7.10).
Dans le NT, la présence de mendiants semble être devenue fréquente et ils sont mentionnés un certain nombre de fois. Jésus guérit un mendiant aveugle à Jérusalem (Jn 9.8–9) et un autre, Bartimée, à Jéricho (Mc 10.46–52). Dans la parabole du mauvais riche, le pauvre Lazare mendie à sa porte (Lc 16.19–31). Pierre et Jean guérissent un mendiant boiteux de naissance à la Belle Porte à Jérusalem (Ac 3.1–11).
Jésus dénonce le fait de donner l'aumône pour être vu et admiré par les autres (Mt 6.1–4). Il faut donner pour les bonnes raisons, particulièrement à ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas rendre la pareille (Mt 5.42–48). À l'époque de Jésus, beaucoup de mendiants vivaient à Jérusalem, probablement parce que donner aux pauvres dans la ville sainte était considéré un acte de piété important. Les mendiants étaient souvent aux abords de lieux religieux importants. Le bassin de Béthesda, par exemple, était un lieu où se produisait des guérisons miraculeuses. Les malades et les handicapés y venaient dans l'espoir d'être guéris et probablement aussi pour mendier (Jn 5.2–9).
Dans l'Église de Jérusalem, des responsables sont choisis pour distribuer de l'aide aux chrétiens pauvres (Ac 4.32–35 ; 6.1–6). Des collectes d'argent sont organisées pour aider les Églises dans le besoin (Ac 11.27–30 ; Rm 15.25–27 ; 1Co 16.1–4). La pauvreté pouvait être aggravée par les taxes imposées par Rome. Les Évangiles mentionnent souvent les collecteurs d'impôts.
Certains pensent que le mouvement révolutionnaire des Zélotes, qui combattait le pouvoir romain, a été provoqué par un sentiment de révolte contre la pauvreté. L'historien juif Flavius Josèphe affirme qu'il y avait de nombreux pauvres parmi les Zélotes. En 66 apr. J.‑C., les Zélotes ont brûlé des archives à Jérusalem, probablement pour détruire les registres de leurs dettes. Josèphe mentionne également qu'avant la destruction de Jérusalem par Rome, des bandes de mendiants terrorisaient la ville.