Mot utilisé pour traduire le mot grec psuche et le mot hébreu nephesh.
Le philosophe grec Platon, qui vivait au 4ᵉ siècle av. J.‑C., croyait que l'âme était la partie éternelle de l'homme. Il croyait que le corps mourait, mais que l'âme ne mourait pas. Selon lui, quand une personne mourait, son âme entrait dans un autre corps. Si la personne avait été mauvaise, son âme pouvait aller dans un être humain inférieur, dans un animal. En passant ainsi d'un corps à un autre, l'âme se faisait purifier du mal au fils du temps. Pendant les premiers siècles de l'ère chrétienne, le gnosticisme enseignait également que le corps était la prison dans laquelle l'âme habitait. La rédemption, ou le salut, était comprise par les Gnostiques comme se produisant pour ceux qui apprenaient les secrets gnostiques, permettant ainsi à leurs âmes de se libérer de leur corps.
Perspective biblique sur l'âme
Ce que la Bible enseigne sur l'âme est très différent des croyances mentionnées ci-dessus.
L'âme dans l'Ancien Testament
Dans l'Ancien Testament (AT), l'âme est essentielle à la vie humaine. Les mots hébreux et grecs qui se traduisent par le mot « âme » signifient souvent « vie » et peuvent parfois désigner la vie d'animaux (Gn 1.20 ; Lv 11.10). Par exemple, dans Exode 21.23, le sens est que les juges feront payer « vie pour vie ». Dans les textes juridiques, ce même mot sert souvent simplement à désigner une personne (p. ex. « quelqu'un » dans Lv 4.2 ou des « personnes » dans Ex 1.5 ; Dt 10.22).
Le mot âme peut dans certains contextes désigner à la fois les émotions et la force intérieure. Ainsi, les Israélites étaient appelés à aimer Dieu de tout leur cœur et de toute leur âme (Dt 13.3).
L'âme est décrite comme l'origine de la connaissance et de la compréhension (Ps 139.14), de la pensée (1S 20.3), de l'amour (1S 18.1) et de la mémoire (Lm 3.20). Le concept d'âme se rapproche ici de qu'on appellerait aujourd'hui le moi, la personnalité ou l'égo.
L'AT n'enseigne pas que l'âme se déplace vers un autre corps après la mort. Les êtres humains sont représentés comme l'union d'un corps et d'une âme. Il ne s'agit pas de deux parties distinctes de la personne, mais plutôt de la même personne vue sous des angles différents. Dans Genèse 2.7, les mots « un être vivant » sont parfois incorrectement traduits « une âme vivante » (p. ex. dans la Darby). Ce passage ne dit pas que l'homme est devenu une âme, car il avait aussi clairement un corps. L'accent est sur le fait d'avoir reçu le souffle de vie : il est devenu un être vivant.
Le concept de l'unité de la personne dans l'AT aide à comprendre pourquoi les anciens hébreux pensaient à l'existence après la mort de façon obscure. En effet, il leur était difficile d'imaginer une existence sans corps (Ps 16.10 ; 49.16 ; 88.4–13). Là où l'espérance d'une vie après la mort apparaît dans l'AT, cette espérance repose sur la puissance de Dieu de vaincre la mort ou une conviction personnelle que la communion avec Dieu peut survivre à la mort (Ex 3.6 ; 1S 2.6 ; Jb 19.25–26 ; Ps 16.10–11 ; 73.24–25 ; Es 25.8 ; 26.19 ; Dn 12.2 ; Os 6.1–3 ; 13.14).
L'âme dans le Nouveau Testament
Dans le Nouveau Testament (NT), le mot pour âme (psuche) a des sens similaires à ceux de nephesh dans l'AT. Souvent, psuche désigne la vie elle-même, le fait d'être vivant. Ainsi, les disciples de Jésus exposent leur vie pour son nom (Ac 15.26 ; voir aussi Jn 13.37 ; Rm 16.4 ; Ph 2.30). Jésus, en tant que Fils de l'homme, est venu pour servir et donner sa vie comme rançon pour beaucoup (Mt 20.28 ; Mc 10.45). En tant que bon berger, il donne sa vie pour les brebis (Jn 10.14, 17–18). Dans Luc 14.26, être disciple signifie être prêt à renoncer à soi-même au point d'être prêt à perdre sa vie pour Christ (voir Lc 9.23 ; Ap 12.11).
Parfois, psuche peut simplement signifier une personne et est traduit différemment selon le contexte (« chacun » Ac 2.43 ; « quiconque » 3.23 ; « personne » 7.14 ; Rm 13.1 ; 1P 3.20 ; « âme » Rm 2.9). L'expression « tout être vivant » (Ap 16.3) décrit tout ce qui a la vie en soi. Comme dans l'AT, l'âme peut désigner l'énergie émotionnelle d'une personne. Elle représente l'être intérieur de la personne. Alors que Jésus est dans l'angoisse à l'approche de son arrestation, il dit que son « âme » est « triste jusqu’à la mort » (Mt 26.38 ; Mc 14.34 ; voir aussi Ps 42.6). Dans un autre contexte, Jésus promet le repos aux âmes de ceux qui viendront à lui (Mt 11.29). Utilisé ainsi, le mot « âme » signifie l'essence de la personne (voir aussi Lc 2.35 ; 2Co 1.23 ; 2Th 2.8 ; 3Jn 1.2).
Âme et esprit
Plusieurs passages mentionnent l'âme et l'esprit en même temps. Luc 1.46–47 est probablement un parallélisme poétique, c'est-à-dire une même idée qui est répétée en utilisant des mots différents. Ici, âme et esprit sont deux façons de parler de l'être intérieur de Marie. Hébreux 4.12, « jusqu’à partager âme et esprit » est une image qui montre avec quelle précision la Parole de Dieu sonde l'être intérieur. Dans 1 Thessaloniciens 5.23, la prière pour que les lecteurs soient gardés irrépréhensibles en esprit, en âme et en corps signifie le désir qu'ils soient gardés entièrement irrépréhensibles. Ici, psuche pourrait avoir le sens de « vie naturelle » (et donc d'existence physique) alors que l'esprit pourrait désigner une vie supérieure ou « spirituelle ».
Dans d'autres passages, l'âme peut signifier les émotions, la volonté et la pensée, c'est-à-dire la personne intérieure. L'homme doit aimer Dieu de toute son âme (Mt 22.37 ; Mc 12.30 ; voir aussi Dt 6.5). Dans Éphésiens 6.6 et Colossiens 3.23, le contexte dans lequel ce même mot est utilisé fait qu'il est souvent traduit « cœur ». Le sens véritable est encore une fois l'être intérieur, mais en français, l'expression consacrée est « de tout cœur ». Dans Philippiens 1.27, les saints sont appelés à combattre « d’une même âme » et le sens est probablement qu'ils aient la même pensée (voir Ac 4.32 ; 14.2). Ces différences dans la façon dont psuche est traduit dans nos Bibles modernes reflètent le fait que la conception biblique de termes tels qu'âme, esprit et cœur ne correspond pas exactement à la nôtre.
L'âme et le salut
Un certain nombre de passages du NT utilisent psuche pour parler du salut. Dans ces passages, le terme est souvent, mais pas toujours, traduit « âme » (Mt 10.28 ; Lc 12.5 ; Hé 6.19 ; 10.39 ; 12.3 ; 13.7 ; Jc 1.21 ; 5.20 ; 1P 1.9, 22–23 ; 2.25 ; 4.19 ; Ap 6.9 ; 20.4). Dans ces passages, « âme » peut désigner ce qui en l'être humain n'est pas physique ou peut désigner une partie de l'homme qui continue à exister avec Dieu en attendant la résurrection.
Voir aussi être humain ; esprit humain.