Dans la Bible, le mot « médiateur » n'est pas utilisé pour décrire une personne qui négocie un accord ou un compromis, mais uniquement pour désigner une personne qui sert d'intermédiaire entre Dieu et les hommes. Cette personne peut ainsi transmettre connaissance et assurance avec l'autorité divine.
Ancien Testament
Job désire pouvoir avoir recours à un tel médiateur (texte de la Septante de Giguet) : « Car vous n’êtes point comme moi un homme, avec qui je puisse contester et comparaître en justice. Que n’existe-t-il entre nous un médiateur, un censeur, qui écoute la cause entre vous et moi ! Détournez de moi votre verge ; que l’effroi qu’elle m’inspire ne me trouble plus. Et je ne craindrai plus, mais je parlerai ; car je ne sais plus où j’en suis ! » (Jb 9.32–35; la LSG traduit « arbitre »).
Le rôle biblique de médiateur est cependant mieux connu comme servant à relayer la connaissance de Dieu et de sa volonté. L'alliance de Dieu avec Israël est mise en place par l'intermédiaire d'anges et de Moïse (Ex 20.18–21 ; Dt 33.2 ; Ac 7.53 ; Ga 3.19 ). Ceci est à comparer avec l'alliance avec Abraham où Dieu, agissant seul, sert pour ainsi dire également de « médiateur » en se portant lui-même garant par serment (Hé 6.13–17).
Les prophètes, ayant un accès privilégié à Dieu, exposaient la loi de l'alliance, tandis que les sacrificateurs communiquaient ses réponses par les thummim et les urim et bénissaient en son nom (Dt 10.8 ; 33.8–10 ; 2Ch 15.3 ; Jr 23.10–11, 18–22, 31–34 ; Mi 3.11 ; Ml 2.7). La médiation liturgique du sacrificateur est un type de médiation biblique important. Ce rôle a parfois été assumé par Moïse (Ex 24.4–8) ou par une personne désignée et formée aux rituels du culte (28.1). En vertu de l'alliance avec le Dieu saint, il était essentiel de pourvoir un moyen de purifier et pardonner Israël de ses péchés. C'était un aspect important du ministère des sacrificateurs qui agissaient ainsi comme médiateurs. Ils servaient d'intermédiaire pour le peuple devant Dieu, présentant la pénitence, les confessions et les prières du peuple, tout en portant les noms des tribus d'Israël gravés sur le pectoral en sa présence. Ils servaient aussi d'intermédiaires pour Dieu devant le peuple en leur communiquant son pardon et sa bénédiction (voir Hé 5.1–4 ; 7.27–10.11).
Nouveau Testament
Il n'est pas surprenant que la mission de Jésus ait été décrite en termes de médiation. En premier lieu, il était prophète, parlant pour Dieu aux humains et le faisant connaître (Mc 6.15 ; 8.28). Cependant, le titre de « médiateur » est donné à Jésus spécifiquement pour décrire son rôle dans l'institution de la nouvelle alliance. Cette nouvelle alliance établit une nouvelle relation entre Dieu et l'humanité (Hé 8.6 ; 9.15 ; 12.24). Il est aussi ainsi décrit dans 1 Timothée 2.5, où le rapport est établi entre le Dieu unique et un médiateur unique et sans rival, le Christ.
Ce passage mentionne aussi que Jésus « s’est donné lui-même en rançon pour tous ». Cette médiation correspond au rôle du sacrificateur qui offre les sacrifices pour le péché et constitue l'un des thèmes centraux de l'épître aux Hébreux. Seul Christ, en tant que Fils de Dieu, choisi par Dieu, sans péché, souffrant, tenté, compatissant et obéissant, est ainsi qualifié pour être le souverain sacrificateur du peuple de Dieu sous la nouvelle alliance. En tant que sacrificateur, il offre un sacrifice parfait. En tant qu'intercesseur, il vit éternellement pour intercéder pour ceux qui s'approchent de Dieu à travers lui. Jésus exerce ce ministère de médiation à « la droite de Dieu ». Son intercession pour les siens est également mentionnée dans Romains 8.34 et probablement décrite aussi dans 1 Jean 2.1. C'est ainsi que les anciens commentaires et d'autres autorités comprennent sa description comme « avocat auprès du Père ». Son sacrifice, qu'il présente en tant que représentant et médiateur pour l'humanité, est mentionné dans Matthieu (Mt 26.28), Jean (Jn 1.29), Romains (Rm 3.25) et 1 Jean (1Jn 1.7 ; 2.2 ; 4.10).
Le NT met tout autant en avant le fait que la connaissance ultime de Dieu, du salut et de l'espérance de son peuple est venue par Christ seul. S'étant fait pauvre pour nous, il est mort et ressuscité pour nous. Notre paix, notre accès à Dieu, notre réconciliation, l'expiation du péché, la grâce, la vérité, la prière et toutes les bénédictions spirituelles sont « par lui », « en lui », « par son sang » et « en son nom ». Le dessein de Dieu est centré sur lui. Il a été médiateur à la création et à la rédemption (Col 1.15, 22). En lui habite toute la plénitude de Dieu et le visage du Christ révèle la gloire de Dieu. Personne ne connaît le Père si ce n'est le Fils et ceux à qui le Fils le révèle. Personne ne vient au Père que par lui. Il n'y a de salut en aucun autre.
La médiation de Christ est l'accomplissement et la fin de toute autre médiation entre Dieu et l'humanité. L'épître aux Hébreux débute en déclarant que Christ est supérieur à tous les autres médiateurs : les anges, Moïse et les sacrificateurs de l'ordre d'Aaron. Son sacerdoce est sans fin, comme celui de Melchisédek. Son sacrifice est « une fois pour toutes » et par celui-ci, nous avons été consacrés à Dieu « pour toujours ». L'alliance qu'il a établie entre Dieu et les hommes est meilleure de tous points de vue, car elle repose sur un meilleur sacrifice et un meilleur sanctuaire, de meilleures promesses et une meilleure espérance (Hé 7.19 ; 8.6 ; 9.1, 11–15). La médiation du Christ surpasse tellement toutes les autres qu'elle ne pourra jamais être surpassée et remplacée. Il est sacrificateur sans rival et pour toujours (voir aussi 1Tm 2.5).
Sans faire de comparaison explicite au rôle de sacrificateur, Jean souligne la même vérité. Le fossé qui sépare les humains de leur Dieu a été comblé, de façon décisive et définitive, par l'Incarnation. Au lieu de se tenir entre Dieu et l'homme, le Christ unit les deux en lui-même en étant devenu homme. Médiateur au commencement lors de la création, le Christ est lui-même la Parole (appelé le Verbe dans certaines traductions). Près du Père, il envoie l'Esprit de Dieu, incarne le message de Dieu et transmet sa puissance. Personne n'a jamais vu Dieu, mais en tant que Fils unique et divin, Jésus « fait connaître » Dieu (Jn 1.18). Comme représentant de l'humanité, Jésus prie pour ses disciples (ch. 17), obéit parfaitement au Père, donne sa vie pour son troupeau et s'offre comme le sacrifice sans tache qui ôte le péché du monde.
Voir aussi réconciliation.