Région mentionnée uniquement dans l'Ancien Testament (AT). Cependant, plusieurs de ses villes sont mentionnées dans le Nouveau Testament (NT), particulièrement Tyr et Sidon. Le nom « Liban » désigne généralement la double chaîne de montagnes qui s'étend depuis la région de Tyr en direction du nord-est le long de la côte méditerranéenne. Les deux chaînes du Liban sont parallèles l'une à l'autre : le Liban à l'ouest et l'Anti-Liban à l'est. Le nom « Liban » vient de la racine hébraïque l-b-n, qui signifie « blanc ». Elles ont peut-être été appelées ainsi à cause du calcaire blanc qui les compose, ou bien à cause de la neige qui les recouvre pendant six mois de l'année (Jr 18.14).
Géographie
À leur extrémité sud, les chaînes du Liban sont le prolongement des collines du nord de la Galilée. Le mont Hermon (aussi appelé Sirion et Senir dans l'AT) est très proéminent dans la chaîne de l'Anti-Liban. Il s'élève à 2 813 mètres. Les deux chaînes sont séparées par une large vallée : la vallée du Liban (Jos 11.17) ou « l’entrée de Hamath » (Nb 34.8 Darby). Elle est aujourd'hui appelée la Bekaa.
Au sud, la chaîne du Liban est séparée des collines de Galilée par une gorge profonde qui va d'est en ouest. Le fleuve Litani y coule. Il se verse dans la Méditerranée juste au nord de Tyr. Les régions supérieures de la chaîne du Liban suivent la vallée de la Bekaa en direction du nord-est jusqu'à proximité de Baalbek. La crête du Liban fait environ 161 kilomètres. Elle s'étend vers le nord jusqu'à la vallée du fleuve Nahr al-Kebir qui va d'est en ouest. Cette crête est couronnée d'une série de pics. À son sud et du côté est de Sidon se trouvent les monts suivants : djébel Rihan, Tomàt et djébel Niha. Ils font de 1 636 à 1 899 mètres d'altitude. Au centre de la vallée et à l'est de Beyrouth se trouvent djébel Bàroûk, djébel Keneïsé et djébel Sannîn. Ces months font respectivement 2 200 mètres, 2 100 mètres et 2 600 mètres d'altitude. Plus au nord, à l'est de Tripoli, se trouvent Qurnat as Sawda' et Qurnat Aruba qui font environ 3 000 et 2 230 mètres d'altitude.
Ces hautes montagnes retiennent les pluies qui viennent de la Méditerranée. Les zones montagneuses et la côte reçoivent ainsi d'abondantes pluies. Au-delà des montagnes, les pluies diminuent. C'est le long de la zone côtière entre les montagnes et la mer que les Phéniciens ont prospéré et que des villes comme Tyr, Sarepta, Sidon, Béryte (Beyrouth), Byblos (Jubayl) et Tripoli se sont développées. La zone côtière compte un certain nombre de promontoires (avancées dans la mer). Ce sont des extensions de la chaîne de montagnes du Liban. La route côtière a dû être taillée autour de (et à travers) ces promontoires. Le promontoire de Nahr el-Kalb (« fleuve du Chien »), un peu au nord de Beyrouth, est un bon exemple de ce genre d'avancée.
Du côté est de la chaîne du Liban se trouve la vallée de la Bekaa. Le fleuve Oronte prend sa source au nord de cette vallée et coule vers le nord avant de se jeter dans la Méditerranée au nord de l'ancienne Ougarit. Toute cette région de la vallée était appelée la Cœlé-Syrie (« Syrie creuse ») dans la littérature classique. C'était le « grenier » des Romains (c'est-à-dire que c'est de là qu'ils tiraient le plus gros de leur nourriture).
À l'est de la vallée de la Bekaa se trouve la chaîne de l'Anti-Liban, où la rivière Barada prend sa source et coule vers l'est en direction de l'oasis fertile de Damas. Le mont Hermon, dans la partie sud de la chaîne, était appelé Sirion par les Phéniciens et Senir par les Amorites (Dt 3.9).
Ressources naturelles
Au temps de l'Antiquité, le Liban était célèbre pour ses riches forêts de cyprès et de cèdres. Les zones côtières, la vallée de la Bekaa et les pentes inférieures des montagnes étaient favorables à la culture des oliviers et des arbres fruitiers, aux vignobles, ainsi qu'à certaines cultures céréalières. Une des productions importantes du pays provenait de la mer : un mollusque de la classe des gastéropodes qui donnait une teinture rouge ou pourpre. Le nom « Phénicien » dérive du grec phoinos, c'est à dire, rouge-pourpre. De la laine teinte en pourpre se trouvait à Ougarit vers 1500 av. J.-C. Les Phéniciens ont eu le monopole de cette industrie pendant des siècles. Le peuple d'Israël, qui a utilisé beaucoup de teinture pourpre dans les ornements de son tabernacle (Ex 26) et les vêtements de ses sacrificateurs (Ex 28.4–6 ; 39.1, 28–29), obtenait probablement cette teinture des Phéniciens.
Le roi Salomon a d'importantes relations commerciales avec la Phénicie. Il commande du bois de cèdre et de cyprès à Hiram Ier de Tyr (1R 5.6, 9, 14 ; 7.2 ; 10.17, 21 ; 2Ch 2.8, 16) pour la construction du Temple à Jérusalem. Salomon échange ce bois contre un approvisionnement en blé et en huile d'olive (1R 5.11). Les arbres sont transportés par mer jusqu'au territoire de Salomon. Ils sont ensuite acheminés vers Jérusalem. Les cèdres et les cyprès du Liban et de l'Anti-Liban servent également à la construction des navires de Tyr (Ez 27.5), de barges (bateaux) sacrées et de meubles en Égypte, et du second Temple à Jérusalem (Esd 3.7).
À partir des ports du Liban, les Phéniciens faisaient du commerce avec de nombreux pays. Cétaient des maîtres dans l'art de la construction navale : leurs navires étaient utilisés en temps de paix comme en temps de guerre. Ézéchiel 27 détaille la nature et l'étendue des activités commerciales des marchands de Tyr, Sidon, Guebal (ou Byblos) et Arvad.
Histoire
La région attire l'attention des Égyptiens pendant la quatrième dynastie (vers 2600 av. J.-C.). Le pharaon Snéfrou obtient 40 cargaisons de cèdre du Liban. Byblos passe sous l'influence égyptienne pendant la douzième dynastie (vers 1980–1800 av. J.-C.). Les Égyptiens échangent alors des ornements en or contre du cèdre. Pendant la dix-huitième dynastie (vers 1552–1306 av. J.-C.), l'Égypte conquiert la Syrie. Les archives mentionnent régulièrement que du cèdre est payé à l'Égypte comme tribut. Plus tard, un envoyé de Ramsès XI nommé Ounamon doit payer du cèdre à grand prix (vers 1100 av. J.-C.).
Le pouvoir égyptien diminue ensuite, et les Assyriens prennent contrôle de la région. Dès l'époque de Tiglath-Piléser Ier (vers 1100 av. J.-C.), ils reçoivent de grandes quantités de cèdre comme tribut. Plus tard, le Liban passe au pouvoir de Nebucadnetsar et de la nation babylonienne. Babylone emporte de grandes quantités de cèdre pour construire des temples et des palais. Ésaïe et Habakuk parlent du pillage des forêts du Liban (Es 14.8 ; Ha 2.17). Au cours des siècles suivants, le Liban passe aux mains des Perses, puis des Grecs, puis des Romains.
À l'époque du NT, les villes de Tyr et de Sidon sont fréquemment mentionnées ensemble (Mt 15.21 ; Mc 3.8 ; 7.24, 31 ; Lc 6.17 ; 10.13–14 ; Ac 12.20). Cela n'est pas toujours le cas (Ac 21.3, 7). Marc 7.26 parle d'une femme grecque Syro-Phénicienne. Jésus prêche dans ces régions pendant son ministère. Dans la poésie biblique, les grands cèdres du Liban sont symboles de majesté et de force (Jg 9.15 ; 2R 14.9 ; Ps 92.12 ; 104.16 ; Es 35.2 ; 60.13). Ils sont aussi symboles de l'orgueil terrestre qui se brisera un jour devant la colère de Dieu (Ps 29.5 ; Is 2.13 ; 10.34 ; Jr 22.6 ; Ez 31.3).