Le fait de dissimuler sa véritable personnalité, par exemple le fait de dire de belles paroles ou de faire de bonnes actions dans le but de prétendre être quelqu'un de louable, alors que cela ne représente pas qui on est vraiment ou ce que l'on pense vraiment. L'hypocrisie s'applique particulièrement à toute tentative de donner une apparence trompeuse de piété ou de vertu. L'usage du terme dans la culture biblique chrétienne a beaucoup influencé la façon dont il est compris en français. Ce terme désigne souvent la tromperie, le fait de se donner une autre apparence ou de prétendre avoir des vertus ou des qualités que l'on n'a pas.
En contraste à cet usage biblique, le mot « hypocrisie » n'avait pas de connotation négative à l'origine parmi les Grecs. Sous sa forme verbale, il signifiait « expliquer, interpréter ou exposer ». Le nom « hypocrisie » pouvait signifier « une réponse ». Cependant, l'autre forme nominale, « un hypocrite », désignait presque toujours un « acteur » et dérivait probablement du sens verbal « exposer ».
À l'origine, un « hypocrite » pouvait donc être un orateur ou un acteur qui interprétait les mots d'un poète ou la musique d'un compositeur. L'acteur, ou « hypocrite », s'efforçait de représenter devant son public ce que le poète ou le compositeur avait écrit. À une plus grande échelle, l'« hypocrite » pouvait être un acteur parmi d'autres dans une pièce de théâtre jouée sur scène. Un bon « hypocrite » interprétait fidèlement son rôle, tandis qu'un « hypocrite » indésirable l'interprétait mal.
À l'époque hellénistique (env. 325–125 av. J.‑C.), le monde était couramment perçu comme une scène, et toute la conduite humaine comme l'art de jouer son rôle sur cette scène. Le rôle et le script de chacun étaient écrits pour lui par son environnement familial, culturel et religieux. Ce rôle et ce script pouvaient être exécutés soit avec succès, soit avec médiocrité. Comprise dans ce sens, l'hypocrisie ne désignait pas la prétention ou la fausseté. Néanmoins, dans certains cas, le terme « hypocrite » était utilisé pour décrire une personne qui jouait le rôle de sa vie de manière trompeuse. L'image qu'elle présentait aux autres (le « public ») n'était qu'un masque derrière lequel la vraie personne, différente des apparences qu'elle s'efforçait de donner, restait cachée.
Dans les Évangiles, Jésus utilise souvent les termes « hypocrisie » (Mt 23.28 ; Mc 12.15 ; Lc 12.1) et « hypocrite » (Mt 7.5 ; 24.51 ; Lc 6.42 ; 13.15) pour dénoncer la fausse religion. Jésus reprochait aux pharisiens et aux sadducéens de suivre à la lettre des règles religieuses pointilleuses sans se préoccuper vraiment de la justice et de l'amour de Dieu (Lc 11.38, 42). Au lieu de cela, ils faisaient de leurs pratiques religieuses un spectacle public pour paraître pieux (Mc 7.1–13). L'homme extérieur était tout propre ou paraissait juste, mais était rempli de mauvais désirs et de méchanceté à l'intérieur (Lc 11.39 ; Mt 23.28).
Jésus condamne l'hypocrisie parce qu'elle déforme la justice que Dieu désire. Plutôt que de rechercher une véritable sainteté intérieure, les hypocrites font de la justice des règles religieuses de conformité qui ont pour but d'obtenir les louanges des autres (Mt 23.2–7). Cette idée de la justice démontre une conception déformée de Dieu et de la manière dont il se réconcilie avec les pécheurs (Lc 16.15). Ces hypocrites, qui se présentaient comme des autorités concernant la volonté de Dieu, éloignaient en fait les pécheurs de lui (Lc 11.52). Ils empêchaient ainsi les autres d'entrer dans le royaume de Dieu et n'y entraient pas eux-mêmes (Mt 23.13).