L'humilité est soit un trait de caractère, soit une situation dans laquelle quelqu'un se trouve. Comme trait de caractère, elle désigne des sentiments modestes, une façon de s'abaisser soi-même devant Dieu et les hommes et de ne pas se considérer au-dessus des autres. L'humilité peut aussi être une situation dans laquelle quelqu'un est abaissé (pas forcément volontairement), comme par exemple la pauvreté ou le fait d'avoir peu de pouvoir et d'influence. De telles circonstances humbles peuvent amener les autres à considérer ceux dont se trouvent dans une situation humble comme des gens moins importants.
Même si beaucoup considèrent l'humilité comme une faiblesse, les traditions juive et chrétienne enseignent que l'humilité est un trait de caractère indispensable pour marcher avec Dieu. L'humilité est le résultat du fait d'être reconnaissant et de comprendre que la vie est un don. Elle se manifeste en reconnaissant véritablement que l'on dépend entièrement de Dieu.
Humilité dans l'Ancien Testament
Dans la Bible, l'humilité, la douceur et la patience se rejoignent souvent. Dans les premiers siècles de l'histoire d'Israël, les pauvres, les affligés et les impuissants étaient considérés comme étant humbles. Dieu vient en aide aux humbles, mais abaisse les orgueilleux (1S 2.7 ; 2S 22.28). Quand Abraham pose plusieurs questions à Dieu concernant la justice de son jugement, il le fait avec humilité, disant : « Voici, j’ai osé parler au Seigneur, moi qui ne suis que poudre et cendre » (Gn 18.27).
Le peuple d'Israël était un peuple esclave au début de son histoire. Les Israélites devaient se souvenir que Dieu les avait choisis non pas parce qu'ils étaient nombreux ou puissants, mais à cause de son amour et de sa promesse à leurs ancêtres (Dt 7.7–8). Le sage reconnaît humblement que la sagesse, la force et la richesse ne sont pas des sujets de gloire personnelle. L'Éternel est celui qui exerce la bonté, la justice et le droit sur la terre et qui y prend plaisir (Jr 9.23–24).
Dieu se préoccupe toujours de ceux qui sont humiliés et particulièrement des pauvres (Ex 23.6, 11 ; Dt 15.4, 7). Il recherche ceux qui sont humbles de caractère quelles que soient leurs circonstances. Moïse, le serviteur de Dieu, était célèbre pour sa patience et son humilité exceptionnelles (Nb 12.3). Dans l'AT, humilité et justice vont souvent ensemble. Michée 6.8 proclame que Dieu demande « que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde, et que tu marches humblement avec ton Dieu ». Dans les Psaumes en particulier, « les humbles » est souvent une façon de désigner les justes (Ps 22.27 ; 25.9 ; 147.6).
Face à la sainteté de Dieu, les pécheurs doivent s'humilier. Ainsi s'exclame le prophète Ésaïe quand il voit la gloire du Dieu trois fois saint dans le Temple : « Je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures » (Es 6.5). L'humilité est donc davantage un trait de caractère que le simple fait d'être pauvre ou de souffrir. C'est un trait essentiel de la piété et de la sainteté pour tous ceux qui veulent suivre Dieu.
Humilité dans le Nouveau Testament
Dans le NT, l'humilité ne désigne presque jamais le fait d'être dans des circonstances humbles. Il s'agit plutôt presque toujours du trait de caractère. Jésus, en tant que Messie, est l'exemple suprême d'humilité. Il était prédit dans l'AT que le roi à venir serait humble, et cela décrit parfaitement Christ (Za 9.9 ; Mt 21.4–5).
En tant que Fils de Dieu, Jésus ne se préoccupait pas de ses propres intérêts, mais a vécu sur terre une vie d'obéissance et de confiance en Dieu le Père. Comme le dit l'apôtre Paul, Jésus, bien que Fils de Dieu, « n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme » (Ph 2.5–8). Jésus n'a jamais montré d'orgueil ni essayé de se donner de l'importance.
Christ condamne la fausse religion avec fermeté, étant lui-même « doux et humble de cœur » (Mt 11.29). Il met en garde contre le désir d'être élevé aux yeux des hommes et reprend les chefs religieux qui exploitent les pauvres et les faibles (Lc 14.11 ; Mt 23.12). Même si Jésus a été servi et honoré par ses disciples, il a été au milieu d'eux « comme celui qui sert » (Lc 22.27 ; Mc 10.45 ; Mt 20.28).
Pour Jésus, être glorifié, c'était donner sa vie sur la croix en obéissance à la volonté de Dieu le Père. Il montre à tous ses disciples ce que cela veut dire d'être « pauvre en esprit ». Pendant tout son ministère terrestre, il donne constamment gloire au Père et dépend complètement de lui (Jn 5.19 ; 6.38 ; 7.15 ; 8.28, 50 ; 14.10, 24). En lavant les pieds de ses disciples, il s'abaisse à la tâche d'un serviteur sans pour autant perdre sa dignité et son autorité. Il donne cela pour exemple de comment les chrétiens devraient se traiter les uns les autres dans l'amour (Jn 13.1–20 ; Ph 2.1–4).
Ainsi, les disciples de Jésus sont appelés à vivre avec humilité. Au lieu de chercher à être reconnus, à protéger leurs propres intérêts ou à avoir du succès, ils devraient chercher à se mettre au service des autres. L'humilité devient une façon importante de manifester l'amour qui accomplit la loi de Dieu (voir aussi Rm 12.10 ; 13.8–10).